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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le gravelier (Erimystax x-punctatus) au Canada – Mise à jour

Taille et tendances des populations

On a rapporté le gravelier dans seulement deux localités au Canada, toutes deux dans le réseau de la Thames. La première capture, réalisée en 1923, était constituée de six spécimens de la Thames, prélevés à environ 70 km au nord-est (en aval) de la réserve indienne de Moravian (Holm et Crossman, 1986). Les prélèvements réalisés en 1941 par le Musée royal de l’Ontario (MRO), dans le même site ou à proximité, n’ont pas permis d’observer de spécimens de l’espèce. Neuf individus ont été recueillis en 1958 dans un site se trouvant au sud-ouest de la réserve indienne de Moravian, à Muncey (Holm et Crossman, 1986). Six d’entre eux ont été catalogués sous le numéro « ROM 20018 ».

Des tentatives subséquentes de capture de cette espèce menées au début des années 1970 par le Musée national des sciences naturelles (maintenant le Musée canadien de la nature [MCN]), le MRO et le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (MRNO) ont échoué, tout comme les efforts de B. Parker et P. McKee entre 1971 et 1980 (Parker et McKee, 1980). La rareté du matériel recueilli montre que les populations étaient localisées. Parker et McKee (1980, 1981) pensent que l’échec des tentatives récentes visant précisément les endroits où le gravelier avait été capturé a laissé planer le doute sur la présence de populations au Canada (Scott et Crossman, 1998). McAllister et Gruchy (1977) ont considéré que le gravelier était en voie de disparition au Canada, désignation qui a été confirmée en 1985 par le Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada (CSEMDC – ancien nom du COSEPAC).

Par conséquent, le personnel du MRO a entrepris deux excursions sur le terrain en 1985 (du 22 au 26 juillet et du 20 au 23 octobre) dans le but précis de mener des échantillonnages dans les deux sites où des graveliers avaient été capturés par le passé, ou à proximité. D’autres habitats convenables ont été échantillonnés à la senne et/ou à la pêche électrique le long d’un tronçon de 17 km, en amont et en aval des premiers sites de capture dans la Thames (Holm et Crossman, 1986). Aucun gravelier n’a été capturé. Le CSEMDC a réévalué l’espèce en avril 1987 et l’a alors désignée espèce disparue du Canada. Les activités sporadiques d’échantillonnage entre 1985 et 2000 n’ont pas non plus permis d’observer l’espèce au Canada. Le statut a donc été réexaminé et confirmé de nouveau par le COSEPAC en mai 2000.

D’importantes activités d’échantillonnage (pêche à la senne et pêche électrique principalement) ont été déployées de 2003 à 2006 le long du cours inférieur de la Thames, près des anciens sites de capture de graveliers. À l’aide de divers engins passifs et actifs, Edwards et Mandrak (2006) ont pris un total de 71 espèces (dont 7 espèces en péril) en 2003 (51 sites) et 2004 (41 sites dans le chenal principal et 28 sites dans les affluents) à partir d’une variété d’habitats peu profonds et profonds entre London et l’embouchure de la Thames. Aucun gravelier n’a été capturé. Des traits ont été tentés seulement en aval de Chatham, près du confluent avec le ruisseau Baptiste. Des traits de sennes effectués dans 13 sites le long de la Thames, près de Muncey, ont pris 28 espèces (dont 2 espèces en péril), mais aucun gravelier (Marson et al., 2006). En 2006, 128 sites ont fait l’objet d’un échantillonnage à la senne entre London et Chatham. Plus de 50 espèces ont été capturées, mais il n’y avait aucun gravelier dans les prises. On a caractérisé les sites en fonction d’un éventail de types de substrats dominants (du limon aux galets), et, parmi les sites, on trouvait des habitats touchés par les phénomènes d’érosion et de dépôt. D’autres traits de senne dans des rapides et des radiers de gravier à eaux plus vives n’ont pas non plus permis de capturer de graveliers (A. Dextrase, MRNO, Peterborough [Ontario]; comm. pers., 2007).

Une immigration à partir de populations états-uniennes est peu probable, car les sites canadiens où vivaient autrefois des graveliers se trouvent à environ 300 km des populations états-uniennes les plus proches (bassin de la rivière Ohio, dans le bassin versant du Mississippi).