Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le gravelier (Erimystax x-punctatus) au Canada – Mise à jour

Mise à jour
Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur le
Gravelier
Erimystax x-punctatus
au Canada

Gravelier

Disparue du pays 2008

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2008. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le gravelier (Erimystax x-punctatus) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 22 p.

Rapports précédents

COSEPAC. 2000. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur gravelier (Erimystax xpunctatus) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 9 p.

Parker, B., P. McKee and R.R. Campbell. 1987. Update COSEWIC status report on the gravel chub Erimystax x-punctatus in Canada. Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. Ottawa. 1-9 pp.

Parker, B., et P. McKee. 1985. COSEWIC Status Report on the gravel chub Hybopsis x-punctata in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Ottawa. 13 p.

Note de production

Le COSEPAC aimerait remercier Robert R. Campbell et Scott M. Reid qui ont rédigé la mise à jour du rapport de situation sur le gravelier (Erimystax x-punctatus). R. Campbell et C. Renaud, coprésidents du Sous-comité de spécialistes des poissons d’eau douce, ont supervisé le présent rapport et en ont fait la révision.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684
Courriel du COSEPAC
Site web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Update Status Report on the gravel chub Erimystax x-punctatus in Canada.

Illustration de la couverture

Gravelier -- Illustration de Joe Tomelleri. Reproduction autorisée en vertu d'une licence accordée à Pêches et Océans Canada.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2008.

de catalogue CW69-14/549-2008F-PDF
ISBN 978-0-662-04137-5

Retournez à la table des matières

Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Avril 2008

Nom commun : Gravelier

Nom scientifique : Erimystaxx-punctatus

Statut : Disparue du pays

Justification de la désignation : L’aire de répartition historique canadienne de ce petit méné était à l’origine un seul bassin versant dans le sud de l’Ontario. La dernière mention de l’espèce remonte à 1958, malgré la réalisation d’échantillonnages répétés de grande envergure dans des sites connus ainsi que dans d’autres aires d’habitat convenable, au cours des 50 dernières années. La remise en état de l’écosystème du bassin versant est en cours, mais la recolonisation naturelle par l’espèce est impossible, car il n’y a aucune population adjacente dans le bassin versant des Grands Lacs.

Répartition : Ontario

Historique du statut : La dernière observation a eu lieu en 1958 dans le bassin hydrographique de la rivière Thames, en Ontario. Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 1985. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « disparue du pays » en avril 1987. Réexamen et confirmation du statut en mai 2000 et en avril 2008. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d’un rapport de situation.

Retournez à la table des matières

Résumé

Gravelier
Erimystax x-punctatus

Information sur l’espèce

Le gravelier est un méné au corps élancé et arrondi (figure 1) dont la longueur moyenne est de 76 mm LT (longueur totale) et la longueur maximale est d’environ 100 mm LT. Il est le seul membre du genre Erimystax à avoir existé au Canada.

Répartition

La répartition du gravelier est vaste dans le centre-est de l’Amérique du Nord. Au Canada, l’espèce a seulement été signalée dans le sud-ouest de l’Ontario, dans la rivière Thames.

Habitat

En Amérique du Nord, on a signalé que le gravelier habite seulement des rivières à l’eau claire ou modérément trouble, à débit permanent et présentant typiquement des radiers bien définis de sable, de gravier ou de roche, où le courant nettoie le fond du limon et de l’argile non consolidés. L’espèce tend à éviter les zones où sont présents des macrophytes, des algues de grande taille et des mousses aquatiques. En Ontario, l’espèce se rencontrait autrefois dans des tronçons de la Thames. Ces tronçons présentent un courant constant et ont une profondeur de 1 à 3 m. Leur fond est composé de sable, de roche et de galets, avec des zones de matière organique molle et de limon. L’eau y est trouble, et il y a très peu de végétation sur les berges.

Biologie

On en sait peu sur la biologie générale du gravelier. Les spécimens adultes du Canada mesuraient de 52 à 57 mm de long. La fraye a lieu au début du printemps dans les sites du Kansas. La principale nourriture est probablement les insectes épibenthiques. On croit également que le gravelier fouille sous les rochers et dans les crevasses à l’aide de son museau sensible.

Taille et tendances des populations

Au Canada, on a signalé le gravelier seulement dans deux sites, mais aucun individu n’a été observé dans ces deux sites ou dans d’autres sites convenables du Canada depuis 1958.

Facteurs limitatifs et menaces

Les besoins en matière d’habitat du gravelier sont stricts. On trouve seulement l’espèce dans des eaux peu troubles, au courant suffisant pour empêcher l’envasement du fond. Ces conditions limitent l’occurrence de l’espèce. En outre, les ouvrages de retenue dans les zones de radiers menacent le gravelier. La turbidité et l’envasement accrus peuvent aussi être à l’origine de la disparition du pays du gravelier.

Importance de l’espèce

Lespopulations de l’Ontario étaient les seules représentantes du genre Erimystax au Canada et la seule preuve de l’existence de l’espèce dans les eaux du bassin des Grands Lacs. La plus grande importance de l’espèce pour l’homme réside dans le fait qu’il peut constituer un indicateur de la dégradation des habitats à cause de sa sensibilité à l’envasement.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le gravelier figure sur la liste des espèces disparues du pays de la Loi sur les espèces en péril (LEP). En plus d’offrir une protection juridique à l’espèce et à son habitat, la LEP exige l’élaboration de programmes de rétablissement.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2008)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged, Note de bas de pagee
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

Retour à la référence de la note de bas de pagea

Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

Retour à la référence de la note de bas de pageb

Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

Retour à la référence de la note de bas de pagec

Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

Retour à la référence de la note de bas de paged

Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Retour à la référence de la note de bas de pagee

Retournez à la table des matières

Information sur l’espèce

Nom et classification

Règne :
Animaux
Embranchement :
Cordés
Classe :
Actinoptérygiens
Ordre :
Cypriniformes
Famille :
Cyprinidés
Espèce :
Erimystax x-punctatus (Hubbs et Crowe, 1956)
Sous-espèce :
Erimystax x-punctatus trautmani (Hubbs et Crowe, 1956)

Nom commun

Français:
gravelier (Coad, 1995)
Anglais:
gravel chub (Nelson et al., 2004)
Autre nom anglais:
spotted chub

Description morphologique

Le gravelier est un méné au corps élancé et arrondi (figure 1) dont la longueur moyenne est de 76 mm LT (longueur totale) et la longueur maximale est d’environ 100 mm LT (voir Scott et Crossman [1998] pour une description détaillée). Il est vert olive sur le dos, argenté sur les flancs et blanc sur le ventre. Le dos et les flancs du gravelier, dont les écailles sont aléatoirement bordées de noir, présentent des marques caractéristiques en forme de X, de W et de Y. Cette bordure est parfois absente chez les adultes de grande taille. Elle était habituellement peu évidente chez les spécimens de l’Ontario (Scott et Crossman, 1998). Une petite tache noire proéminente se trouve à la base de la nageoire caudale. Le museau est arrondi et long et surplombe la bouche, dont chaque commissure porte un barbillon petit, mais évident.

Figure 1. Gravelier (Erysmatix x-puntatus) [≈X 2]. ©Joseph Tomelleri (reproduction autorisée en vertu d’une licence accordée au MPO).

Figure 1.  Gravelier (Erysmatix x-puntatus) [»X 2]. ©Joseph Tomelleri(reproduction autorisée en vertu d’une licence accordée au MPO).

Description génétique

Deux populations géographiquement distinctes sont reconnues comme sous-espèces (Gilbert, 1980). La sous-espèce nominale (E. x. x-punctatus) vit à l’ouest du fleuve Mississippi, alors que l’E. x-p. trautmani vit à l’est (Gilbert, 1980). Hubbs et Crowe (1956) ont classé les populations canadiennes de graveliers dans la sous-espèce E. x. trautmani, qui se distingue morphologiquement de la sous-espèce E. x. x-punctatus. Simons (2004) a confirmé la validation génétique en vue de la désignation des sous-espèces d’après le gène du cytochrome b.

Unités désignables

Tous les spécimens canadiens ont été trouvés dans la zone biogéographique des Grands Lacs et du Haut-Saint-Laurent, selon la classification de la zone biogéographique d’eau douce adoptée par le COSEPAC. Aucune donnée ne justifie d’identifier les unités désignables à un niveau inférieur à l’espèce.

Admissibilité

Le gravelier est une espèce reconnue (Nelson et al., 2004). On le considérait autrefois comme indigène au Canada, mais il est absent des eaux canadiennes depuis 1958.

Bien que l’espèce ait une aire de répartition fragmentée aux États-Unis et qu’elle soit en péril dans de nombreuses localités, il y a un manque surprenant de données récentes sur son habitat et son écologie.

Les tentatives pour obtenir des connaissances traditionnelles autochtones (CTA) sur l’espèce n’ont produit aucune nouvelle donnée.

Retournez à la table des matières

Répartition

Aire de répartition mondiale 

Le gravelier se rencontre dans le centre-est de l’Amérique du Nord (où son aire de répartition est fragmentée [figure 2]), depuis le centre-sud de l’Arkansas jusqu’au sud du Minnesota, vers le nord, et jusqu’au sud de l’Ontario et à l’ouest de l’État de New York, vers l’est. La sous-espèceE. x. trautmani se limite au bassin de la rivière Ohio, en Illinois, en Indiana, en Ohio, dans l’État de New York, en Pennsylvanie et au Kentucky, ainsi qu’à la rivière Thames, en Ontario.

Figure 2. Aire de répartition mondiale du gravelier

Figure 2. Aire de répartition mondiale du gravelier.

Aire de répartition canadienne 

Au Canada, l’espèce a été signalée seulement dans le bassin de la rivière Thames, dans le sud-ouest de l’Ontario, à environ 300 km du lieu des mentions états-uniennes les plus proches, en Ohio (figures 2 et figure3). C’est en 1958 qu’on a pour la dernière fois documenté l’espèce comme existante; toutes les tentatives subséquentes pour capturer des individus ont été vaines. La zone d’occurrence connue mesurait sans doute moins de 200 km², et la zone d’occupation, moins de 20 km² (mesure directe en fonction de l’habitat aquatique occupé) ou moins de 100 km² d’après un quadrillage de 1 km² (voir COSEPAC, 2007).

Figure 3. Ancienne aire de répartition canadienne du gravelier

Figure 3.  Ancienne aire de répartition canadienne du gravelier.

Retournez à la table des matières

Habitat

Besoins en matière d’habitat

Le site de capture de graveliers dans la Thames de 1923 se trouvait entre l’embouchure du ruisseau Hogg et un point sur la Thames, à la hauteur de Muncey (Holm et Crossman, 1986). L’habitat de ce site consistait en une eau claire, des courants forts et des substrats formés de sable et de gravier propres. La profondeur allait jusqu’à 1,5 m (Parker et al., 1987). La largeur de la rivière au site de capture de 1923 n’est pas connue. Au milieu des années 1980, la rivière faisait de 20 à 30 m de largeur et de 1 à 3 m de profondeur. Les fosses et les radiers prédominaient. Les matériaux du fond étaient composés de sable, de roche et de galets, avec des zones de matière organique molle et de limon. L’eau était trouble (mesure du disque de Secchi de moins de 1 m [Parker et McKee, 1980; Holm et Crossman, 1986]). Le couvert végétal des berges était minime, et la végétation immergée se limitait à des algues encroûtantes et filamenteuses. Les plages de température de l’eau allaient de 18 à 25 ºC en juillet (Holm et Crossman, 1986), de 21 à 24 ºC en août (Parker et McKee, 1981) et de 12 à 15 ºC en octobre (Holm et Crossman, 1986). En 1958, neuf graveliers ont été capturés au chalut dans le lot 16 du canton de Mosa, à la limite orientale de la réserve indienne de Moravian (Holm et Crossman, 1986). On ne dispose d’aucune donnée sur l’emplacement de ces captures.

Dans d’autres régions d’Amérique du Nord, on signale que le gravelier habite des rivières à l’eau claire ou modérément trouble, à débit permanent et présentant des radiers bien définis de sable, de gravier ou de roche, où le courant nettoie le fond du limon et de l’argile non consolidés (Pflieger, 1957; Trautman, 1981). En Ohio, des graveliers ont été observés dans des cours d’eau moyens à grands, à des profondeurs de 0,3 à 1,2 m l’été et de 0,6 à 1,8 l’hiver (Trautman, 1981). D’après Trautman (1981), l’espèce évitait les zones où sont présents des macrophytes, des algues de grande taille et des mousses aquatiques. On peut penser que de telles zones sont favorables à l’envasement. Dans le Wisconsin, des individus ont été prélevés dans des eaux troubles dépourvues de végétation, au-dessus de radiers graveleux à courant rapide de 0,3 à 0,9 m de profondeur et dont le chenal mesurait de 9 à 12 m de largeur (Becker, 1983). Moore et Paden (1950) ont décrit les micro-habitats préférés de l’espèce comme de petites cavités sous les roches dans les zones de radiers où le courant est atténué.

Tendances

Les habitats aquatiques dans l’aire de répartition canadienne du gravelier ont connu des transformations majeures. La perte d’habitats humides et de végétation riveraine, l’altération des rives, le dragage, la canalisation des cours d’eau, le rejet de substances chimiques toxiques ainsi que l’augmentation des charges en sédiments et en nutriments ont été associés à l’altération de la composition et à la baisse de la productivité des communautés de poissons régionales (Dextrase et al., 2003; MacLennan et al., 2003; Ryan et al., 2003). Lors du dernier relevé ciblé de graveliers, les habitats de radiers existaient encore, mais ils étaient troubles (Holm et Crossman, 1986). En août 2005, les mesures du disque de Secchi dans la Thames à la hauteur de Muncey (0,25 m et 0,38 m) indiquaient encore des degrés élevés de turbidité (Marson et al., 2006). L’envasement et la turbidité accrus dans le cours inférieur de la Thames (unités Jackson = 69,5) résultent principalement des pratiques agricoles dans le bassin de la Thames (Bailey et Yates, 2003). Les terres sont consacrées aux activités agricoles à 78 et à 88 pour 100 respectivement dans le bassin du cours supérieur et dans le bassin du cours inférieur (Taylor et al., 2004).

Les nutriments tels que l’azote et le phosphore pénètrent dans la rivière Thames par les voies suivantes : épandage de fumier et d’engrais, déversement de fumier, et défaillance des systèmes de traitement des eaux usées ou des systèmes de fosses septiques (Taylor et al., 2004). Depuis les années 1970, les teneurs en phosphore dans la plupart des sites du bassin affichent une tendance progressive à la baisse, mais restent au-dessus des recommandations provinciales (30 ug/L) pour la protection de la vie aquatique. Les concentrations de nitrates et de chlore dans la Thames ont augmenté ces 30 dernières années (Taylor et al., 2004). Les fortes teneurs en azote et en phosphore peuvent favoriser les proliférations d’algues. Une couverture algale étendue peut réduire la qualité des habitats touchés pour le gravelier, tandis que la décomposition associée à la mortalité massive d’algues peut abaisser les concentrations d’oxygène dissous et augmenter les risques de mortalité massive de poissons (Miltner et Rankin, 1998).

Pour répondre à ces pressions passées et actuelles, des programmes de rétablissement d’espèces en péril sont en cours d’élaboration et de mise en œuvre dans la Thames. Des mesures visant à protéger et à améliorer l’habitat des lieux où vivaient autrefois des graveliers sont définies dans le Programme de rétablissement du gravelier (Erimystax x-punctatus) au Canada (Edwards et al., 2007) et dans le programme de rétablissement de l’écosystème aquatique de la rivière Thames (TRRT, 2005). Ce dernier aborde les besoins de rétablissement des 24 espèces aquatiques et semi-aquatiques figurant sur la liste du COSEPAC (7 moules, 6 reptiles, 11 poissons, dont le gravelier) qui ont habité la rivière par le passé ou qui l’habitent encore. Parmi les objectifs d’amélioration de l’habitat de la rivière Thames qui profiteraient au gravelier figure la réduction des charges en sédiments, en nutriments et en substances chimiques toxiques.

Protection et propriété

La Loi canadienne sur l’évaluation environnementale, la Loi canadienne sur la protection de l’environnement, la Loi sur les pêches du gouvernement fédéral, la Loi sur les ressources en eau du Canada, la Loi sur la protection de l’environnement de l’Ontario, la Loi sur les évaluations environnementales de l’Ontario, la Loi sur l’aménagement du territoire de l’Ontario, la Loi sur les ressources en eau de l’Ontario et la Loi sur les espèces en péril peuvent offrir une certaine protection à l’espèce grâce aux dispositions sur la protection des milieux humides et des habitats d’autres espèces.

La plupart des terres le long du cours inférieur de la Thames sont privées. Les terres adjacentes aux sites historiques de capture de graveliers se trouvent sur les territoires des Premières nations suivants : réserve indienne de Muncey 1 (Première nation Munsee-Deleware); réserve indienne d’Oneida 41 (Première nation Onyota’a:ka) et réserve indienne de Caradoc 42 (Première nation des Chippewas de la Thames).

Retournez à la table des matières

Biologie

Généralités

On ne connaît rien de la biologie du gravelier au Canada, et il existe peu de données sur les populations nord-américaines de cette espèce (Trautman, 1981; Becker, 1983). Les spécimens trouvés dans la Thames mesuraient de 52 à 57 mm de longueur, et, d’après les données obtenues sur les spécimens de l’Ohio (Trautman, 1981), il est probable que les spécimens ontariens étaient des adultes.

Reproduction

Aux États-Unis, les graveliers frayent au printemps, dans des zones à courant rapide, au-dessus de radiers de gravier (Becker, 1983; Parker et al., 1987). Au Kansas, la fraye a eu lieu en avril à une température de l’eau de 15,5 °C (Becker, 1983). Les œufs non adhésifs sont dispersés sur le substrat de gravier et y restent jusqu’à l’éclosion. Aucun soin parental n’est prodigué (Coker et al., 2001).

Survie

On ne dispose d’aucune information sur la longévité de l’espèce, mais l’on croit que les individus peuvent vivre jusqu’à quatre ans, comme les autres espèces du même genre. Ils atteignent probablement leur maturité à 1 an ou à 2 ans (voir Jenkins et Burkhead, 1983).

Alimentation

Le gravelier est un poisson qui se nourrit sur le fond, probablement d’insectes aquatiques (Parker et McKee, 1980). La nourriture est probablement constituée d’insectes épibenthiques (Parker et McKee, 1980). Davis et Miller (1967) ont découvert que les bourgeons gustatifs présents sur les barbillons étaient extrêmement gros, ce qui peut indiquer que ce poisson fouille sous les rochers et dans les crevasses à l’aide de son museau sensible.

Déplacements et dispersion

Inconnus. Étant donné les besoins stricts en matière d’habitat et l’aire de répartition restreinte, les populations étaient probablement confinées dans des zones au courant suffisamment fort pour empêcher l’envasement du fond (voir Becker, 1983). Scott et Crossman (1998) croient que, lorsque les zones de gravier de l’habitat privilégié s’envasent, les graveliers se déplacent vers des endroits moins profonds à eaux plus vives.

Relations interspécifiques

Le rôle écologique de l’espèce dans la Thames n’est pas connu (Edwards et al., 2007). Les assemblages de poissons dans la Thames (Edwards et Mandrak, 2006) comprennent des prédateurs piscivores (McAllister et al., 1985) tels que le crapet de roche (Ambloplites rupestris), l’achigan à petite bouche (Micropterus dolomieu), le grand brochet (Esox lucius) et la perchaude (Perca flavescens).

Comportement

Inconnu.

Adaptabilité

L’espèce est sensible à la turbidité et à l’envasement; elle ne s’adapte apparemment pas rapidement aux perturbations de la qualité de son habitat (Becker, 1983; Trautman, 1981). Un accroissement de l’aire de répartition et de l’abondance des graveliers a été signalé depuis les récentes améliorations apportées à la qualité de l’eau et aux habitats des rivières Illinois et Ohio (Retzer, 2005; Yoder et al., 2005).

La dispersion d’individus en captivité des espèces étroitement apparentées du genre Erimystax a été entreprise avec succès (Conservation Fisheries Inc., 2001). Une tentative d’étendre l’aire de répartition de la sous-espèce de l’ouest (E. x-punctatus punctatus) dans la rivière Rock, dans le Wisconsin, a toutefois été vaine. Le taux de survie pendant le transfert était élevé, mais aucun gravelier n’a été recapturé au cours des deux à trois années de suivi. Le manque de succès a été attribué au faible nombre d’individus transférés, à un manque d’information sur les facteurs limitatifs des populations et à un manque de données quantitatives sur l’habitat avant le début du projet (John Lyons, Wisconsin Department of Natural Resources, comm. pers., 2007).

Retournez à la table des matières

Taille et tendances des populations

On a rapporté le gravelier dans seulement deux localités au Canada, toutes deux dans le réseau de la Thames. La première capture, réalisée en 1923, était constituée de six spécimens de la Thames, prélevés à environ 70 km au nord-est (en aval) de la réserve indienne de Moravian (Holm et Crossman, 1986). Les prélèvements réalisés en 1941 par le Musée royal de l’Ontario (MRO), dans le même site ou à proximité, n’ont pas permis d’observer de spécimens de l’espèce. Neuf individus ont été recueillis en 1958 dans un site se trouvant au sud-ouest de la réserve indienne de Moravian, à Muncey (Holm et Crossman, 1986). Six d’entre eux ont été catalogués sous le numéro « ROM 20018 ».

Des tentatives subséquentes de capture de cette espèce menées au début des années 1970 par le Musée national des sciences naturelles (maintenant le Musée canadien de la nature [MCN]), le MRO et le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (MRNO) ont échoué, tout comme les efforts de B. Parker et P. McKee entre 1971 et 1980 (Parker et McKee, 1980). La rareté du matériel recueilli montre que les populations étaient localisées. Parker et McKee (1980, 1981) pensent que l’échec des tentatives récentes visant précisément les endroits où le gravelier avait été capturé a laissé planer le doute sur la présence de populations au Canada (Scott et Crossman, 1998). McAllister et Gruchy (1977) ont considéré que le gravelier était en voie de disparition au Canada, désignation qui a été confirmée en 1985 par le Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada (CSEMDC – ancien nom du COSEPAC).

Par conséquent, le personnel du MRO a entrepris deux excursions sur le terrain en 1985 (du 22 au 26 juillet et du 20 au 23 octobre) dans le but précis de mener des échantillonnages dans les deux sites où des graveliers avaient été capturés par le passé, ou à proximité. D’autres habitats convenables ont été échantillonnés à la senne et/ou à la pêche électrique le long d’un tronçon de 17 km, en amont et en aval des premiers sites de capture dans la Thames (Holm et Crossman, 1986). Aucun gravelier n’a été capturé. Le CSEMDC a réévalué l’espèce en avril 1987 et l’a alors désignée espèce disparue du Canada. Les activités sporadiques d’échantillonnage entre 1985 et 2000 n’ont pas non plus permis d’observer l’espèce au Canada. Le statut a donc été réexaminé et confirmé de nouveau par le COSEPAC en mai 2000.

D’importantes activités d’échantillonnage (pêche à la senne et pêche électrique principalement) ont été déployées de 2003 à 2006 le long du cours inférieur de la Thames, près des anciens sites de capture de graveliers. À l’aide de divers engins passifs et actifs, Edwards et Mandrak (2006) ont pris un total de 71 espèces (dont 7 espèces en péril) en 2003 (51 sites) et 2004 (41 sites dans le chenal principal et 28 sites dans les affluents) à partir d’une variété d’habitats peu profonds et profonds entre London et l’embouchure de la Thames. Aucun gravelier n’a été capturé. Des traits ont été tentés seulement en aval de Chatham, près du confluent avec le ruisseau Baptiste. Des traits de sennes effectués dans 13 sites le long de la Thames, près de Muncey, ont pris 28 espèces (dont 2 espèces en péril), mais aucun gravelier (Marson et al., 2006). En 2006, 128 sites ont fait l’objet d’un échantillonnage à la senne entre London et Chatham. Plus de 50 espèces ont été capturées, mais il n’y avait aucun gravelier dans les prises. On a caractérisé les sites en fonction d’un éventail de types de substrats dominants (du limon aux galets), et, parmi les sites, on trouvait des habitats touchés par les phénomènes d’érosion et de dépôt. D’autres traits de senne dans des rapides et des radiers de gravier à eaux plus vives n’ont pas non plus permis de capturer de graveliers (A. Dextrase, MRNO, Peterborough [Ontario]; comm. pers., 2007).

Une immigration à partir de populations états-uniennes est peu probable, car les sites canadiens où vivaient autrefois des graveliers se trouvent à environ 300 km des populations états-uniennes les plus proches (bassin de la rivière Ohio, dans le bassin versant du Mississippi).

Retournez à la table des matières

Facteurs limitatifs et menaces

Le gravelier ne tolère pas la pollution et a des besoins stricts en matière d’habitat. Ses populations sont confinées à des zones où le courant est suffisant pour empêcher l’envasement du fond (voir Becker, 1983). L’espèce est sensible à la turbidité élevée et à l’envasement accru (Becker, 1983). L’envasement, ou sédimentation, est l’accumulation dans les lacs et les chenaux fluviaux de particules de sol, habituellement sous l’action de l’érosion des terres adjacentes. La turbidité, une des principales caractéristiques physiques de l’eau, est une expression de la propriété optique qui cause la dispersion de la lumière et son absorption par les particules et les molécules plutôt que sa transmission en ligne droite dans un échantillon d’eau. Elle est causée par la présence de matières en suspension ou d’impuretés qui interfèrent avec la clarté de l’eau, notamment la matière inorganique et organique finement divisée, les composés organiques solubles colorés, et le plancton et d’autres microorganismes. Parmi les sources typiques de turbidité figurent les déchets rejetés, le ruissellement (surtout en provenance de zones perturbées ou érodées), les algues ou les mauvaises herbes aquatiques ainsi que leurs produits de dégradation, les acides humiques, d’autres composés organiques résultant de la décomposition de la matière végétale et les fortes teneurs en fer ou en d’autres minéraux, qui peuvent entraîner la décoloration. L’envasement est le principal facteur limitatif du gravelier, qui a besoin de substrats non limoneux. La turbidité peut également être limitative, selon la source et le courant. Dans les zones à courant faible, la sédimentation de matières en suspension provenant d’eaux troubles peut se produire.

On a associé un envasement accru à la disparition du gravelier dans de nombreuses portions de l’Ohio (Trautman, 1981) et du Wisconsin (Becker, 1983). En Iowa et au Wisconsin, les pesticides, les eaux usées et d’autres rejets ponctuels ont également été désignés comme des causes possibles de la disparition de l’espèce (Schmidt, 2000).

Des modifications semblables de l’habitat dans le bassin de la Thames peuvent expliquer la disparition du gravelier au Canada. En 1923, Brown a décrit la rivière Thames comme suit : sites de capture à eau claire, à fort courant, à substrats sablonneux et graveleux et de profondeur allant jusqu’à cinq pieds (Holm et Crossman, 1986). Le rapport sur les activités d’échantillonnage du MRO en 1985 révèle un changement dans les conditions environnementales, changement néfaste pour l’espèce étant donné la turbidité de l’eau et la présence évidente de limon et d’argile dans tous les sites (Holm et Crossman 1986). Des conditions troubles ont également été observées en 2005, lors de l’échantillonnage de Pêches et Océans Canada dans la Thames, près de Muncey (Marson et al., 2006). Holm et Crossman (1986) ont également observé une hausse de l’abondance d’espèces comme le méné bleu (Notropis spilopterus), connu pour sa tolérance à la turbidité et à l’envasement (Trautman, 1981). De plus, des espèces moins tolérantes comme le méné pâle (Notropis volucellus) et le dard de sable (Ammocrypta pellucida) étaient absentes ou présentaient une abondance moindre qu’au cours des collectes précédentes (Holm et Crossman, 1986). Toutefois, Dextrase (comm. pers., 2008) a noté une abondance relativement élevée de dards de sable dans ces tronçons de la Thames au cours des relevés de 2006.

L’aménagement d’ouvrages de retenue dans les radiers est considéré comme une grave menace pour les populations de graveliers des États-Unis (Becker, 1983; NatureServe, 2007). Les barrages altèrent les conditions des habitats en amont et en aval et agissent comme obstacles, fragmentant ainsi les populations et limitant la recolonisation (NatureServe, 2007; Edwards et al., 2007). La plupart des barrages dans la Thames se trouvent soit dans le bassin du cours supérieur, soit dans les affluents des cours inférieur et moyen de la rivière. L’obstacle le plus en aval dans le chenal principal de la Thames est le barrage Springbank (situé à plus de 40 km en amont de Muncey, dans la ville de London). Les vannes qui sont en place de la mi-mai au début de novembre font obstacle au passage des poissons et créent un petit réservoir de retenue au fil de l’eau (55 hectares). Sauf pour ce qui est du remplissage du réservoir à la mi-mai et de sa vidange en novembre, le barrage a peu d’incidence sur le débit en aval (Reid et Mandrak, 2006). En conséquence, les barrages devraient exercer peu d’effets sur les habitats historiques du gravelier au Canada.

Les charges en limon découlant des activités agricoles et urbaines peuvent être les menaces les plus importantes pour les espèces comme le gravelier, dont les besoins en matière d’habitat sont stricts (eaux non limoneuses et à faible turbidité). Le bassin de la Thames couvre une étendue où les activités agricoles sont les plus intenses de la province, voire du Canada. Soixante-dix-huit pour cent des terres du bassin du cours supérieur servent à des fins de production agricole, alors que ce taux s’élève à 88 pour 100 dans le bassin du cours inférieur (Taylor et al., 2004). Une grande partie des terres est systématiquement drainée par des tuyaux; le ruissellement des eaux de pluie et le drainage par tuyaux entraînent directement le dépôt à grande échelle de sol dans la rivière par l’intermédiaire des drains municipaux et des affluents. En outre, le broutage par le bétail et le travail du sol jusque vers les rives des cours d’eau détruisent la végétation riveraine et contribuent à l’érosion des berges ainsi qu’à la hausse des charges en sédiments (Bailey et Yates, 2003). Les zones les plus gravement touchées sont celles en amont des sites de prélèvement historiques de graveliers.

La charge en nutriments provenant du fumier et des engrais, du déversement de fumier et des systèmes de traitement des eaux usées et des eaux domestiques est aussi préoccupante (UTRCA, 1998; Taylor et al., 2004). Au moins 15 usines d’épuration des eaux usées, aux niveaux de traitement variables, rejettent des eaux usées dans la Thames, de sorte que les concentrations de bactéries dépassent souvent les normes provinciales acceptables (100 E. coli/100 ml). Depuis 1998, les proliférations périodiques d’algues (qui ont abaissé les teneurs en oxygène dissous) causées par l’accumulation de nutriments et le rejet de substances chimiques (généralement du pétrole et de l’essence) ont entraîné des mortalités massives épisodiques de poissons (UTRCA, 1998).

Retournez à la table des matières

Importance de l'espèce

Les populations de l’Ontario étaient les seules représentantes du genre Erimystax au Canada et la seule preuve de l’existence de l’espèce dans les eaux du bassin des Grands Lacs. Scott et Crossman (1998) ont jugé que la plus grande importance de l’espèce pour l’homme réside dans le fait qu’il peut constituer un indicateur de la dégradation des habitats à cause de sa sensibilité à l’envasement. Selon Smith (1985), l’espèce est un bon indicateur de la qualité de l’eau.

Retournez à la table des matières

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Dès les années 1970, le Kansas (Platt, 1974) et le Wisconsin (Anonyme, 1979) ont désigné le gravelier « espèce en voie de disparition » (endangered). Gilbert (1980) a signalé sa disparition de diverses localités où il était présent aux États-Unis. L’espèce apparaît sur diverses listes d’espèces protégées par la loi en Indiana et au Wisconsin, et elle est considérée comme préoccupante (of special concern) au Kansas, au Kentucky, au Minnesota et dans l’État de New York (Becker, 1983; Johnson, 1985).

Les cotes mondiales, nationales (États-Unis et Canada), subnationales (État) et provinciales du gravelier sont présentées dans le résumé technique.

Le COSEPAC a réexaminé l’espèce et l’a désignée « espèce disparue du pays » en mai 2000. En Ontario, l’espèce est considérée comme disparue (OMNR, 2007), alors que la cote S de NatureServe est SX (disparue) [NatureServe, 2007]. La cote générale du gravelier est 1 (disparue) au Canada et en Ontario (CESCC, 2006).

Le gravelier est considéré comme apparemment non en péril (apparently secure) à l’échelle mondiale (G4) et à l’échelle nationale aux États-Unis (N4) [NatureServe, 2007]. Les cotes subnationales varient de SX (disparue [extirpated]) au Kentucky à S3? (apparemment vulnérable [apparently vulnerable]) en Arkansas. Seul le Missouri n’a pas attribué de désignation à l’espèce (NatureServe, 2007).

Le gravelier figure sur la liste des espèces disparues du pays de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral [EC, 2007]. En plus d’offrir une protection juridique à l’espèce, la LEP exige l’élaboration de programmes de rétablissement. Des initiatives de rétablissement ont été soulignées dans le programme de rétablissement de l’écosystème aquatique de la rivière Thames (TRRT, 2005) et le Programme de rétablissement du gravelier (Erimystax x-punctatus) au Canada (Edwards et al., 2007). Les équipes de rétablissement sont formées, mais il reste à élaborer des plans d’action.

Retournez à la table des matières

Résumé technique

Erimystax x-punctatus

Gravelier – Gravel Chub

Répartition au Canada :

Ontario : rivière Thames

Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km²) au Canada

(Historique – méthode par polygones) - actuelle < 2000

Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue)

Sans objet

Y a-t-il des fluctioations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?

Non

Superficie de la zone d’occupation (km²)

Historique – habitat aquatique actuel - d’après un quadrillage de 1 km² < 20; - actuelle < 1000

Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue) :

Disparue du pays

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?

Non

Nombre d’emplacements actuels :

0

Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue ) :

Sans objet

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?

Non

Tendances en matière d’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue) :

En déclin

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.) :

De 2 à 3 ans?

Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles) :

0

Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue :

Sans objet

S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une préiode plus courte)

 

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de > 1)?

Non

La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de < 1 individu/année)?

Non

Énumérer les populations et donne le nombre d’individus mature dans chacune :

0

Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue) :

Sans objet

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur >1)?

Non

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  1. Les degrés élevés de turbidité et l’envasement accru causés par les pratiques d’utilisation des terres urbaines et agricoles
  2. Les charges en nutriments causées par les pratiques d’utilisation des terres agricoles et urbaines

Immigration de source externe

Non

L’espèce existe-t-elle ailleurs (au Canada ou à l’extérieur)?

Oui – aux États-Unis, mais pas dans le bassin hydrographique des Grands-Lacs qui pourrait coloniser la rivière Thames

Statut ou situation des populations de l’extérieur?

États adjacents aux lacs Érié et Sainte-Claire : S1 (NY); S3 (OH); S1 (PA)

Une immigration a t elle été constatée ou est elle possible?

Inconnue

Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?

Inconnu

Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?

Non

Analyse quantitative

-

Statut existant

  • Classification selon Nature Conservancy (NatureServe, 2007)
    • MondialeG4
    • Nationale
      • États-Unis – N4
      • Canada – NX
    • Régionale
      • États-Unis
        • Arkansas (S3?)
        • Illinois (S1S2)
        • Indiana (S4)
        • Iowa (S3)
        • Kansas (S2S3)
        • Kentucky (SX)
        • Minnesota (S3)
        • Missouri (SNR)
        • New York (S1)
        • Ohio (S3)
        • Oklahoma (S2S3)
        • Pennsylvanie (S1)
        • West Virginia (S1)
        • Wisconsin (S1)
  • Les espèces sauvages 2005 (Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril – 2006)
    • Canada– 1
    • Ontario – 1
  • Ontario – Disparue du pays (MRNO, 2007)
  • COSEPAC
    • En voie de disparition (1985)
    • Disparue du pays (1987, 2000, 2008)

Statut et justification de la désignation

Statut : Disparue du pays

Code alphanumérique : Sans objet

Justification de la désignation : L’aire de répartition historique canadienne de ce petit méné était à l’origine un seul bassin versant dans le sud de l’Ontario. La dernière mention de l’espèce remonte à 1958, malgré la réalisation d’échantillonnages répétés de grande envergure dans des sites connus ainsi que dans d’autres aires d’habitat convenable, au cours des 50 dernières années. La remise en état de l’écosystème du bassin versant est en cours, mais la recolonisation naturelle par l’espèce est impossible, car il n’y a aucune population adjacente dans le bassin versant des Grands Lacs.

Applicabilité des critères

  • Critère A (Population globale en déclin) : Sans objet – aucun individu n’a été vu depuis 1958.
  • Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : Sans objet – aucun individu n’a été vu depuis 1958.
  • Critère C (Petite population globale et déclin) : Sans objet – aucun individu n’a été vu depuis 1958.
  • Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : Sans objet – aucun individu n’a été vu depuis 1958.
  • Critère E (Analyse quantitative) : Sans objet – aucune donnée disponible.

Retournez à la table des matières

Remerciements

Nick Mandrak, Al Dextrase et Becky Cudmore ont fournit des renseignements généraux sur les récentes activités de recherche ainsi que de l’aide au contenu rédactionnel

Retournez à la table des matières

Sources d’information

Anonyme. 1979. Wisconsin ups its protection of native animals and plants, Endangered Species Technical Bulletin 4 (1): 7-12.

Bailey, R., et A. Yates. 2003. Fanshawe Lake ecosystem assessment and recovery strategy, background report, janvier 2003, Western Environmental Science and Engineering Research Institute, Department of Biology, University of Western Ontario, 19 p.

Becker, G.C. 1983. Fishes of Wisconsin, University of Wisconsin Press; Madison (Wisconsin), xii + 1052 p.

Coad, B.W. 1995. Encyclopedia of Canadian fishes, Musée canadien de la nature et Canadian Sportfishing Productions Incorporated.

Coker, G.A., C.B. Portt et C.K. Minns. 2001. Morphological and ecological characteristics of Canadian freshwater fishes, Canadian Manuscript Report of Fisheries and Aquatic Sciences 2554, p. 33-41.

Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP). 2006. Les espèces sauvages 2005 : Situation générale des espèces au Canada, Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, Ottawa (Ontario), 48 p.

Conservation Fisheries, Inc. 2001. Captive propagation of chubs of the genus Erimystax, American Currents 27 (4): 15-16.

COSEPAC. 2007. Manuel des opérations et des procédures, avril 2006, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), Service canadien de la faune, Ottawa (Ontario).

Cross, F.B. 1967. Handbook of fishes of Kansas, University of Kansas Museum of Natural History, Miscellaneous Publication 45: 1-357.

Davis, B.J., et R.J. Miller. 1967. Brain patterns in minnows of the genus Hybopsis in relation to feeding habits and habitat, Copeia 1967 (1): 1-39.

Dextrase, A.J, S.K. Staton et J.L. Metcalfe-Smith. 2003. National Recovery Strategy for Species at Risk in the Sydenham River: An Ecosystem Approach, National Recovery Plan No. 25, Rétablissement des espèces canadiennes en péril (RESCAPÉ), Ottawa (Ontario), 73 p.

EC (Environnement Canada). 2007. Espèces en péril, gravelier, Environnement Canada. Site Web du Registre public des espèces en péril (consulté en septembre 2007).

Edwards, A., et N.E. Mandrak. 2006. Fish assemblage surveys of the lower Thames River, Ontario, using multiple gear types: 2003-2004, Canadian Manuscript Report of Fisheries and Aquatic Sciences 2772, 102 p.

Edwards, A.L., S.M. Reid et B. Cudmore.2007. Programme de rétablissement du gravelier (Erimystax x-punctatus) au Canada [proposé], série des programmes de rétablissement publiés en vertu de la Loi sur les espèces en péril, Pêches et Océans Canada, Ottawa, vi + 22 p.

Gilbert, C.R. 1980. Gravel chub, Hybopsis x-punctata, in Atlas of North American Freshwater Fishes (D.S. Lee et al. éd.), North Carolina Biological Survey Publication No. 1980-12: 196.

Holm, E., et E.J. Crossman. 1986. Report on the search for an Ontario population of H. x-punctata and on a search for the species, Rapport du MRO au MRNO, Toronto, mars 1986.

Hubbs, C.L., et W.R. Crowe. 1956. Preliminary analysis of the American cyprinid fishes, seven new, referred to the genus Hybopsis, subgenus Erimystax, Occasional Paper Museum of Zoology, University of Michichigan No. 578.

Jenkins, R.E., et N.M. Burkhead. 1983. Freshwater fishes of Virginia. American Fisheries Society, Bethseda (Maryland).

Johnson. J.E. 1985. Protected fishes of the United States and Canada, Unpublished Manuscript, 26 p.

MacLennan, D., R.C. Hass, J. Braunscheidel, J. Francis, L. Halyk, D. Hector, B. Locke, R. McGregor, M. Morencie, A. Murray, E. Roseman, M.V. Thomas et G. Towns. 2003. Fish-community goals and objectives for Lake St. Clair, St. Clair River and Detroit River (St. Clair System), Great Lakes Fish Community Special Publication.

Marson, D, N.E. Mandrak et J. Barnucz. 2006. Sampling the fish communities on First Nations lands on the Thames River, 2005 [draft], Canadian Technical Report of Fisheries and Aquatic Sciences, 17 p.

McAllister, D.E., et C.G. Gruchy. 1977. Status and habitat of Canadian fishes in 1976, in Canada’s threatened species and habitats (T. Mosquin et C. Suchal, éd.), Canada Nature Federation Special Publication No. 6: 151-157.

Miltner, R.J., et E.T. Rankin. 1998. Primary nutrients and the biotic integrity of rivers and streams, Freshwater Biology 40: 145-158.

Moore, G.A., et J.M. Paden. 1950. The fishes of the Illinois River in Oklahoma and Arkansas, American Midland Naturalist 44 (1): 83 p.

NatureServe. 2007. NatureServe explorer: an online encyclopedia of life, version 6.2, NatureServe, Arlington (Virginie). (consulté en septembre 2007).

Nelson, J.S., E.J. Crossman, H. Espinosa-Perez, L.T. Findley, C.R. Gilbert, R.N. Lea et J.D. Williams.2004. Common and Scientific Names of Fishes from the United States, Canada, and Mexico, 6th Edition, American Fisheries Society Special Publication 29, Bethesda (Maryland), 386 p.

Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (MRNO). 2007. Natural Heritage Information Centre – species tracking database, Centre d’information sur le patrimoine naturel, Peterborough (Ontario). (consulté en septembre 2007).

Parker, B., et P. McKee. 1980. Rare, threatened and endangered fishes in southern Ontario: status reports, un rapport pour le Department of Supply and Services, ministère des Pêches et des Océans, et National Museum of Natural Sciences. Beak Consultants Ltd., Mississauga (Ontario).

Parker, B., et P. McKee. 1981. Status of the gravel chub Hybopsis x-punctata, in Canada, rapport de situation du COSEPAC inédit, Service canadien de la faune, Ottawa (Ontario).

Parker, B.J., P. McKee et R.R. Campbell. 1987. Status of the Gravel Chub, Hybopsis x-punctata, in Canada, Canadian Field-Naturalist 122 (1): 147-153.

Pflieger, W.L. 1975. The fishes of Missouri. Missouri Department of Conservation, 343 p.

Platt, D.R. 1974. Rare, endangered and extirpated species in Kansas, Transactions of the Kansas Academy of Science 76: 97-106.

Reid, S.M., et N.E. Mandrak. 2006. Evalution of the potential impact of Springbank dam restoration on black redhorse (Moxostoma duquesnei) and other sucker species in the Thames River, Ontario, Canadian Technical Report of Fisheries and Aquatic Sciences 2670: vii + 33 p.

Retzer, M.E. 2005. Changes in the diversity of native fishes in seven basins in Illinois, USA, American Midland Naturalist 153: 121-134.

Ryan, P.A., R. Knight, R. McGregor, G. Towns, R. Hoopes et W. Culligan. 2003. Fish-community goals and objectives for Lake Erie, Great Lakes Fish Community Special Publication 03-02, 56 p.

Schmidt, K. 2000. Stream survey results for the gravel chub (Erimystax x-punctatus), slender madtom (Noturus exilis), and bluntnose darter (Etheostoma chlorosomum) in southeastern Minnesota, rapport préparé par le Native Fish Conservatory.

 Scott, W.B., et E.J. Crossman. 1998. Freshwater fishes of Canada, édition révisée, Galt House Publishing, Oakville (Ontario), 966 p.

Simons, A.M. 2004. Phylogenetic relationships in the genus Erimystax (Actinopterygii: Cyprinidae) based on the cytochrome b gene, Copeia 2004 (2): 351-356.

Smith, C.L. 1985. The inland fishes of New York State, New York Department of Environment and Conservation, Albany (État de New York), 572 p.

Taylor, I., B. Cudmore, C.A. MacKinnon, S.E. Madzia et S.L. Hohn. 2004. Synthesis report for the Thames River recovery plan, Upper Thames River Conservation Authority, London (Ontario), 47 p.

TRRT (Thames River Recovery Team). 2005. The Thames River Aquatic Ecosystem Recovery Strategy [draft]: 2004-2009.

Trautman, M.B. 1981. The fishes of Ohio with illustrated keys, Ohio State University Press, Columbus, Ohio.

UTRCA (Upper Thames River conservation authority). 1998. Manure – farming and healthy fish habitat. Issue 1. Disponible à l’adresse : http://www.thamesriver.on.ca/Downloads/downloads_publications.htm (consulté en février 2008).

Yoder, C.O., E.T. Rankin, M.A. Smith, B.C. Alsdorf, D.J. Altfater, C.E. Boucher, R.J. Miltner, D.E. Mishne, R.E. Sanders et R.F. Thoma. 2005. Changes in fish assemblage status in Ohio’s nonwadeable rivers and streams over two decades, pages 399-430, in J.N. Rinne, R.M. Hughes et B. Calamusso, éditeurs, Historical changes in large river fish assemblages of the Americas, American Fisheries Society Symposium 45, Bethesda (Maryland).

Retournez à la table des matières

Sommaire biographique des rédacteurs du rapport

Robert Campbell est coprésident du Sous-comité de spécialistes des poissons d’eau douce du COSEPAC.

Scott Reid est membre du Sous-comité de spécialistes des poissons d’eau douce du COSEPAC. Il est co-auteur des rapports de situation du COSEPAC sur le chevalier noir (Moxostoma duquesnei), le chevalier de rivière (M. carinatum) et le meunier tacheté (Minytrema melanops).

Retournez à la table des matières

Experts contactés et communications personnelles

  • Nicholas E. Mandrak. 2007. Laboratoire des Grands Lacs pour les pêches et les sciences aquatiques, Pêches et Océans Canada, Burlington (Ontario) L7R 4A6.
  • Becky Cudmore. 2007. Laboratoire des Grands Lacs pour les pêches et les sciences aquatiques, Pêches et Océans Canada, Burlington (Ontario) L7R 4A6.
  • Alan J. Dextrase. 2007, 2008. Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, B.P. 7 000, Peterborough (Ontario) K9J 8M5.
  • John Lyons. Wisconsin Department of Natural Resources, Monona (Wisconsin) 53716-3736.

Retournez à la table des matières

Collections examinées

Aucune

Retournez à la table des matières