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Partie 2 – Programme de rétablissement du scinque pentaligne (Plestiodon fasciatus) – Population carolinienne et population du Sud du Bouclier canadien, en Ontario, préparé par David C. Seburn pour le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario.

Table des matières

Information sur le document – Partie 2

Liste des figures

Liste des tableaux

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Information sur le document – Partie 2

Scinque pentaligne (Plestiodon fasciatus) - population carolinnienne et population du Sud du Bouclier canadien

Scinque pentaligne

Série de Programmes de rétablissement de l’Ontario

Septembre 2010

Photo : Rob Tervo

Programme de rétablissement préparé en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition.

Naturel. Apprécié. Protégé.

Ministère des Richesses naturelles

Gouvernement de l'Ontario

À propos de la Série de Programmes de rétablissement de l’Ontario

Cette série présente l’ensemble des programmes de rétablissement préparés ou adoptés à l’intention du gouvernement de l’Ontario en ce qui concerne l’approche recommandée pour le rétablissement des espèces en péril. La province s’assure que la préparation des programmes de rétablissement respecte son engagement de rétablir les espèces en péril en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD 2007) et de l’Accord pour la protection des espèces en péril au Canada.

Qu’est-ce que le rétablissement?
Le rétablissement des espèces en péril est le processus par lequel le déclin d’une espèce en voie de disparition, menacée ou disparue du pays est arrêté ou inversé et par lequel les menaces qui pèsent sur cette espèce sont éliminées ou réduites de façon à augmenter la probabilité de survie à l’état sauvage.

Qu’est-ce qu’un programme de rétablissement?
En vertu de la LEVD 2007, un programme de rétablissement fournit les meilleures connaissances scientifiques disponibles quant aux mesures à prendre pour assurer le rétablissement d’une espèce. Un programme de rétablissement présente de l’information sur les besoins de l’espèce en matière d’habitat et sur les types de menaces à la survie et au rétablissement de l’espèce. Il présente également des recommandations quant aux objectifs de protection et de rétablissement, aux méthodes à adopter pour atteindre ces objectifs et à la zone qui devrait être prise en considération pour l’élaboration d’un règlement visant l’habitat. Les paragraphes 11 à 15 de la LEVD 2007 présentent le contenu requis et les délais pour l’élaboration des programmes de rétablissement publiés dans cette série.

Après l’inscription d’une espèce sur la Liste des espèces en péril en Ontario, des programmes de rétablissement doivent être préparés dans un délai d’un an pour les espèces en voie de disparition et de deux ans pour les espèces menacées. Une période de transition de cinq ans (jusqu’au 30 juin 2013) est prévue pour l’élaboration des programmes de rétablissement visant les espèces menacées et en voie de disparition qui figurent aux annexes de la LEVD 2007. Des programmes de rétablissement doivent obligatoirement être préparés pour les espèces disparues de l’Ontario si leur réintroduction sur le territoire de la province est jugée réalisable.

Et ensuite?
Neuf mois après l’élaboration d’un programme de rétablissement, un énoncé de réaction est publié. Il décrit les mesures que le gouvernement de l’Ontario entend prendre en réponse au programme de rétablissement. La mise en œuvre d’un programme de rétablissement dépend de la collaboration soutenue et des mesures prises par les organismes gouvernementaux, les particuliers, les collectivités, les utilisateurs des terres et les partenaires de la conservation.

Pour plus d’information
Pour en savoir plus sur le rétablissement des espèces en péril en Ontario, Les espèces en péril du ministère des Richesses naturelles (en anglais seulement).


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Référence recommandée

Seburn, D. C. 2010. Programme de rétablissement du scinque pentaligne (Plestiodon fasciatus), population carolinienne et population du Sud du Bouclier canadien, en Ontario, Série de Programmes de rétablissement de l’Ontario, document élaboré pour le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Peterborough (Ontario), vi + 23 p.

Illustration de la page couverture : Rob Tervo

© Imprimeur de la Reine pour l’Ontario, 2010
ISBN 978-1-4435-4001-8 (PDF)

Le contenu du présent document (à l’exception de l’illustration de la page couverture) peut être utilisé sans permission, mais en prenant soin d’indiquer la source.

Cette publication hautement spécialisée Recovery strategies prepared under the Endangered Species Act, 2007, n’est disponible qu’en anglais en vertu du Règlement 411/97 qui en exempte l’application de la Loi sur les services en français. Pour obtenir de l’aide en français, veuillez communiquer avec Pamela Wesley au ministère des Richesses naturelles au 705-755-1661.

Auteurs

David Seburn, Seburn Ecological Services

Remerciements

Le présent programme de rétablissement a grandement tiré parti de la recherche menée sur le scinque pentaligne en Ontario et des travaux novateurs du défunt Henry Fitch au Kansas. En outre, les personnes suivantes ont révisé le document et ont fourni de précieux commentaires : Dave Bland, Graham Buck, Jennifer Chambers, Sandy Dobbyn, Tammy Dobbie, Wendy Dunford, Ed Paleczny, Stephen Hecnar, Briar Howes, Anita Imrie, Vicki McKay, Joe Nocera, Richard Post, Kent Prior, Michelle Rodrick, Carolyn Seburn, Emily Slavik, Barbara Slezak, Kara Vlasman et Bree Walpole. Marlene Ross et Jean­Christophe Laurence, du bureau du MRN de Guelph, ont élaboré la version mise à jour de la carte de l’aire de répartition à partir des données fournies par le CIPN et des observations complémentaires de Jonathan Choquette.

Déclaration

Le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario a mené l’élaboration du présent programme de rétablissement du scinque pentaligne conformément aux exigences de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition. Le présent programme de rétablissement a été préparé afin de conseiller le gouvernement de l’Ontario, d’autres compétences responsables et les nombreuses parties concernées  par le rétablissement de l’espèce.

Le programme de rétablissement ne représente pas nécessairement les opinions de l’ensemble des personnes qui ont offert des conseils ou qui ont contribué à son élaboration ni le point de vue officiel des organisations auxquelles ces personnes sont associées.

Les buts, les objectifs et les approches en matière de rétablissement qui figurent dans le programme sont fondés sur les meilleures connaissances disponibles et sont susceptibles d’être modifiés à mesure que de nouveaux renseignements seront rendus disponibles. La mise en oeuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des compétences et des organisations participantes.

La réussite du rétablissement de l’espèce dépend de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en oeuvre des orientations définies dans le présent programme.

Compétences responsables

Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario
Environnement Canada – Service canadien de la faune (région de l’Ontario)
Agence Parcs Canada

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Sommaire

Le scinque pentaligne (Plestiodon fasciatus) est le seul lézard indigène de l’Ontario. Les jeunes et certains adultes arborent cinq rayures qui s’étendent sur toute la longueur de leur dos. Les jeunes ont la queue bleu vif, mais la couleur s’estompe avec l’âge. Normalement, la femelle pond 9 ou 10 œufs qu’elle place à l’abri, comme sous des troncs ou des roches. Les scinques pentaligne atteignent la maturité en un peu moins de deux ans et vivent habituellement moins de cinq ans.

Le scinque pentaligne est répandu dans l’est de l’Amérique du Nord, et on le retrouve de la Floride au Texas dans le sud et du Minnesota à l’Ontario dans le nord. Au Canada, il se limite à l’Ontario, où il est présent dans deux régions isolées : une petite région dans le sud-ouest de l’Ontario, sur les rives des lacs Érié, Sainte-Claire et Huron (population carolinienne) et le long de la marge sud du Bouclier canadien (population du Sud du Bouclier canadien). Selon la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition, la population du Sud du Bouclier canadien est désignée « préoccupante », tandis que la population carolinienne, qui est réduite à seulement quelques sites, est maintenant désignée « en voie de disparition ». Il existe très peu de renseignements sur l’abondance ou les tendances des populations de l’Ontario. La seule étude approfondie sur le scinque pentaligne a été menée au parc national de la Pointe-Pelée, où l’abondance a diminué en raison de la perturbation des abris. Environ 36 pour cent et 76 pour cent des occurrences d’élément de la population du Sud du Bouclier canadien et de la population carolinienne, respectivement, sont considérées comme historiques ou disparues. La population carolinienne a été réduite à six occurrences d’élément.

Le scinque pentaligne est associé aux clairières et aux lisières des forêts décidues. Dans cette vaste catégorie, une variété d’habitats sont utilisés, notamment les affleurements rocheux, les dunes stabilisées, les forêts riveraines, les forêts décidues ouvertes et les clairières. Les scinques pentalignes de la population carolinienne occupent généralement des secteurs sablonneux et ceux de la population du Sud du Bouclier canadien, des secteurs rocheux.

La principale menace pour l’espèce est la perte et la dégradation de son habitat en raison de l’aménagement. Les perturbations, en l’occurrence la destruction ou l’élimination des abris utilisés par le scinque pentaligne, sont aussi une menace importante. La capture illégale, la mortalité sur les routes et la prédation accrue sont aussi des menaces importantes.

Une importante lacune dans les connaissances est liée au fait qu’on ne connaît pas encore toute l’aire répartition du scinque pentaligne. Les autres lacunes en matière de connaissances comprennent un manque de renseignements sur les déplacements (utilisation de l’habitat, domaine vital et capacité de dispersion), les estimations justes de la population pour la plupart des sites en Ontario et l’évaluation de l’importance de la menace que représente la succession pour les sites de l’Ontario.

Un but du rétablissement a été établi pour chaque population. Pour la population carolinienne, le but est d’assurer la survie à long terme de toutes les sous-populations restantes. Ce but reconnaît que, dans certains sites existants, l’habitat convenable pourrait être insuffisant pour soutenir l’espèce à long terme. Pour assurer le rétablissement de l’espèce, il faut accorder un niveau élevé de priorité à l’accroissement de la quantité d’habitat et de microhabitats convenables.

Pour la population du Sud du Bouclier canadien, le but est d’assurer la survie à long terme de toutes les sous-populations représentatives dans l’aire de répartition.

Les objectifs en matière de protection et de rétablissements pour les deux populations sont :

  1. Déterminer l’ensemble de l’aire de répartition du scinque pentaligne en Ontario;
  2. Accroître la compréhension des estimations de la population et de l’écologie spatiale, et préciser les menaces incertaines;
  3. Élaborer et mettre en œuvre des mesures de gestion visant à protéger les sites, à atténuer les menaces déterminées et à accroître l’habitat disponible.

Il est recommandé que toute unité du système de classification écologique des terres où se trouve une occurrence confirmée du scinque pentaligne de la population carolinienne soit désignée comme de l’habitat de l’espèce dans un règlement sur l’habitat, sauf si l’observation est faite en dehors de l’habitat convenable. Cette approche est recommandée parce qu’elle permet de s’assurer que tous les éléments d’habitat requis par le scinque pentaligne (sites de nidification, d’alimentation et sites d’hibernation) sont réglementés. Seuls les sites où des scinques pentalignes ont été observés au cours des 20 dernières années doivent être prescrits comme étant de l’habitat de la population dans le règlement sur l’habitat de l’espèce. On a établi cette période en raison de la nature cryptique du scinque pentaligne et de sa capacité de persister même dans de petits îlots d’habitat convenable. Aucune aire n’est recommandée pour la population du Sud du Bouclier canadien puisque, en raison du classement de cette population comme espèce préoccupante, les dispositions de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition relatives à l’habitat ne s’appliquent pas.

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1.0 Contexte

1.1 Évaluation et classification de l’espèce

Nom commun :   Scinque pentaligne

Nom scientifique : Plestiodon fasciatus

Classification dans la liste des EEPEO :
Scinque pentaligne (population carolinienne) : En voie de disparition (2009)
Scinque pentaligne (population du Sud du Bouclier canadien) : Préoccupante (2009)

Historique de la désignation dans la liste des EEPEO :
Scinque pentaligne (population carolinienne) : En voie de disparition (2009)
Scinque pentaligne (population du Sud du Bouclier canadien) : Préoccupante (2009)
Scinque pentaligne : Préoccupante (2004)

Historique de la désignation du COSEPAC :
Scinque pentaligne (population carolinienne) : En voie de disparition (2009)
Scinque pentaligne (population des Grands Lacs et du Saint Laurent) : Préoccupante (2009)
Scinque pentaligne : Préoccupante (1998)

Statut selon l’annexe 1 de la LEP :
Scinque pentaligne (population carolinienne) : En voie de disparition (18 mars 2009)
Scinque pentaligne (population des Grands Lacs et du Saint Laurent) : Préoccupante

Cotes de conservation :
G : G5    N : N3   S : S3

Un glossaire présenté à la fin du présent document donne la signification des abréviations susmentionnées.

1.2 Description et biologie de l’espèce

Description de l’espèce
Le scinque pentaligne est un petit lézard dont la taille peut atteindre environ 86 mm (du museau au cloaque) (COSEPAC, 2007). La queue peut être plus longue que le corps. Les jeunes et certains adultes arborent cinq rayures de couleur crème qui s’étendent sur toute la longueur de leur dos. Leur corps prend une couleur bronze plus uniforme avec l’âge; les femelles conservent toutefois un peu plus du motif juvénile que les mâles (COSEPAC, 2007). Les jeunes ont la queue bleu vif, mais la couleur s’estompe avec l’âge. La tête des mâles adultes est plus large que celle des femelles et elle acquiert une coloration orange dans la région des mâchoires et du menton au cours de la période de reproduction du printemps. Le scinque pentaligne peut s’amputer d’une partie ou de toute sa queue lorsqu’il est attaqué par un prédateur. La queue se régénère, mais elle aura généralement une apparence différente. Le scinque pentaligne est le seul lézard indigène de l’Ontario.

Jusqu’à tout récemment, le scinque pentaligne était classé dans le genre Eumeces. Le genre Eumeces comprend des scinques de l’Amérique du Nord, de l’Afrique et de l’Asie. De récents travaux en génétique ont permis de déterminer que le genre Eumeces comprend plusieurs genres, c’est pourquoi les scinques de l’Amérique du Nord sont maintenant classé dans le genre Plestiodon (Schmitz et coll., 2004; Smith, 2005).

Une analyse phylogéographique effectuée dans l’ensemble de l’aire de répartition du scinque pentaligne a révélé six grandes lignées mitochondriales (Howes et Lougheed, 2008). Les deux populations de l’Ontario font partie de la lignée de l’est, soit l’unité la plus répandue géographiquement. Les populations de l’Ontario ont une diversité génétique inférieure à celles des populations plus centrales (Howes et Lougheed, 2008). La dissemblance génétique de population de la région carolinienne et de celle du Sud du Bouclier canadien est importante (COSEPAC, 2007).

Biologie de l’espèce
Comme tous les lézards, le scinque pentaligne est ectotherme; il ne maintient pas une température corporelle constante, il contrôle plutôt sa température corporelle en s’exposant au soleil. Par conséquent, il doit hiberner pendant environ la moitié de l’année en Ontario. Le scinque émerge de son hibernation à partir du début d’avril pour la population carolinienne (Hecnar et M’Closkey, 1998) et jusqu’en mai pour la population du Sud du Bouclier canadien (Wick, 2004). En Ontario, le scinque peut être actif jusqu’à la fin de septembre ou début d’octobre (Hecnar et M’Closkey, 1998; Wick, 2004).

Le scinque pentaligne se nourrit d’une variété d’invertébrés, principalement d’arachnides, d’insectes et de leurs larves ainsi que de vers de terre (Judd, 1962; Hecnar et coll., 2002; COSEWIC, 2007). Les grillons sont les proies les plus communes au parc provincial Rondeau (Judd, 1962), tandis que les arachnides étaient les proies les plus communes au parc national de la Pointe-Pelée (Hecnar et coll., 2002), ce qui donne à penser que le scinque pentaligne n’est pas un prédateur spécialisé. Ce scinque est un chasseur actif; pour repérer ses proies, il se sert de stimulus visuels ou chimiques(qu’il détecte en donnant des coups de langue).

La reproduction a lieu au printemps. Les femelles s’accoupleront avec plus d’un mâle et une paternité multiple pour une couvée d’œufs a été confirmée en Ontario (Wick, 2004). Normalement, la femelle pond 9 ou 10 œufs et reste sur place afin de couver les œufs et de les protéger pendant quatre à six semaines, jusqu’à leur éclosion à la fin de l’été (Vitt et Cooper, 1989; Hecnar, 1994; COSEPAC, 2007). Il est courant de voir plusieurs femelles faire leur nid sous le même abri (Cagle, 1940; Vitt et Cooper, 1986a; Seburn, 1990; Hecnar, 1994). La progéniture arrive normalement à maturité à son deuxième printemps. Les adultes peuvent vivre jusqu’à 10 ans (Fitch, 1956), bien que la plupart des individus ne dépassent pas l’âge de 5 ans (COSEPAC, 2007).

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1.3 Distribution, abondance et tendances démographiques

L’aire de répartition du scinque pentaligne correspond aux forêts décidues de l’est de l’Amérique du Nord (Fitch, 1954). On le retrouve de la Floride au Texas dans le sud et du Minnesota à l’Ontario dans le nord. Au Canada, il se limite à l’Ontario. Le scinque pentaligne est présent dans deux régions très éloignées l’une de l’autre de l’Ontario (COSEPAC, 2007; figure 1) :

  1. La population carolinienne est restreinte à une petite région du sud-ouest de l’Ontario, à proximité des rives des lacs Érié, Sainte-Claire et Huron.
  2. La population du Sud du Bouclier canadien longe la marge sud du Bouclier canadien, de la baie Georgienne à l’ouest jusqu’au comté de Leeds et Grenville à l’est.

Figure 1 : Populations disparues et distribution actuelle du scinque pentaligne en Ontario

Figure 1(Voir description longue ci-dessous.)
Description longue pour la figure 1

La figure 1 indique, pour la population carolinienne du scinque pentaligne en Ontario (qui occupe l’extrême sud de la province), les emplacements des occurrences d’éléments disparues de l’Ontario ou existantes. Les observations sont regroupées comme suit : observations antérieures à 2000, de 2000 à 2009 et disparues du pays.

Le Centre d’information sur le patrimoine naturel du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario dénombre 200 occurrences d’élément (ou sous-populations) du scinque pentaligne en Ontario (CIPN, 2010). Parmi les 175 occurrences d’éléments pour la population du Sud du Bouclier canadien, 63 sont classées historiques (non vérifiées au cours des 20 dernières années) et une est classée disparue (CIPN, 2010). Parmi les 25 occurrences d’élément pour la population carolinienne, 8 sont classées historiques et 11 sont classées disparues (CIPN, 2010). Par conséquent, 36 pour cent et 76 pour cent des occurrences d’élément de la population du Sud du Bouclier canadien et de la population carolinienne, respectivement, sont considérées comme historiques ou disparues. La population carolinienne a été réduite à six occurrences d’élément (CIPN, 2010).

Il y a très peu de renseignements sur l’abondance du scinque pentaligne dans la plupart des sites de l’Ontario. Le scinque est semi-fouisseur et il passe une grande partie de son temps dissimulé en dessous ou à l’intérieur d’abris, ce qui le rend difficile à étudier. Au total, on a marqué 428 individus au parc national de la Pointe-Pelée au cours d’une année (Seburn, 1990). Les adultes constituaient environ 50 pour cent des captures. Aucune estimation pour l’ensemble du parc n’existe, mais, si on avait effectué un relevé sur l’ensemble du parc, le nombre de scinques pentalignes aurait probablement dépassé les 1 000 individus en 1989 (observation personnelle). Des relevés de la densité d’activité (nombre d’individus observés dans une zone définie au cours d’un seul relevé), qui est en corrélation avec la taille de la population, ont été menés chaque année au parc national de la Pointe-Pelée depuis 1990 (Hecnar et Hecnar, 2009). La densité d’activité record était de plus de 80 scinques pentalignes à un site du parc (Hecnar et Hecnar, 2009). Jusqu’à 98 nids ont été observés au cours d’une seule année dans le parc (Hecnar et Hecnar, 2009). Dans le parc provincial Rondeau, il semble y avoir un nombre relativement élevé de scinques pentalignes, bien qu’aucune donnée quantitative n’existe (COSEPAC, 2007). La taille effective de la population a été estimée à 306 (intervalle de confiance de 95 % : de 273 à 346) au parc national de la Pointe-Pelée et à 291 (intervalle de confiance de 95 % : de 259 à 329) au parc provincial Rondeau (COSEPAC, 2007). Normalement, la taille effective de la population est nettement inférieure à la taille déterminée lors du recensement de la population. Le scinque pentaligne semble être moins abondant dans d’autres sous-populations caroliniennes (Hecnar et Hecnar, 2000). Il n’y a pas d’estimation pour le recensement de la population en ce qui concerne les sous-populations du Sud du Bouclier canadien, bien que les tailles effectives de la population ont été calculées pour sept sous-populations; elles varient de 177 à 328 scinques pentalignes (COSEPAC, 2007).

De même, il y a très peu de renseignements sur les tendances démographiques. Les populations peuvent varier naturellement, d’une année à l’autre, en raison du succès variable de la reproduction (Fitch, 1954). L’abondance du scinque pentaligne au parc provincial Rondeau semble stable (COSEPAC, 2007), bien que peu de données quantitatives soient disponibles. Le nombre de scinques pentalignes semble avoir diminué au parc provincial Pinerey, mais, là aussi, aucune donnée quantitative n’est disponible (COSEPAC, 2007). Une étude menée au parc national de la Pointe-Pelée indique que, sur la base des changements de la densité d’activité, le nombre de scinques pentalignes aurait diminué de manière importante de 1990 à 1995 (Hecnar et M’Closkey, 1998). Le nombre de scinques a augmenté jusqu’à atteindre un nombre record en 2000, puis il a diminué à nouveau (Hecnar et Hecnar, 2009). Lorsque les données de 1990 à 2008 ont été examinées, on n’y a décelé aucune tendance notable au fil du temps (Hecnar et Hecnar, 2009). La modélisation de la population donne à penser que la sous-population du parc national de la Point-Pelée est grandement menacée de disparition en raison de la variabilité inhérente de son abondance (Hecnar et Hecnar, 2009). Il est très probable que d’autres sous-populations caroliniennes soient aussi menacées de disparition à l’échelle locale. Il n’y a pas d’estimation de tendance démographique pour les sous-populations du Sud du Bouclier canadien.

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1.4 Besoins en matière d’habitat

Le scinque pentaligne est principalement associé aux clairières ou aux lisières des forêts décidues. Dans cette vaste catégorie, une variété d’habitats sont utilisés, notamment les affleurements rocheux, les dunes stabilisées, les forêts riveraines, les forêts décidues ouvertes et les clairières (COSEPAC, 2007). Le scinque pentaligne occupe des habitats très différents dans les deux populations de l’Ontario.

Sommaire de l’habitat
Population carolinienne
Dans le sud-ouest de l’Ontario, le scinque pentaligne se limite principalement à un habitat de dunes stabilisées, aux boisés ouverts ou aux savanes au substrat sablonneux à proximité des rives des lacs Érié, Sainte-Claire et Huron (COSEPAC, 2007). Dans ces habitats, on trouve habituellement le scinque pentaligne sous un abri. Les abris sont habituellement de gros débris ligneux, des planches ou des panneaux de bois (Seburn, 1990). En général, le scinque pentaligne semble préférer les abris dont le format est supérieur à la moyenne (Seburn, 1990). Sous les plus gros abris, l’humidité au sol plus élevée en raison d’une évaporation moindre.

Population du Sud du Bouclier canadien
Le scinque pentaligne se limite grandement à la marge sud du Bouclier canadien. Dans cette région, le scinque pentaligne est généralement restreint aux affleurements rocheux dans une zone de forêt mixte, de conifères ou de feuillus (Howes et Lougheed, 2004). La présence d’abris formés par des fragments rocheux reposant sur un affleurement rocheux était la variable prédictive la plus importante de la présence du scinque pentaligne (Howes et Lougheed, 2004). En général, les scinques pentalignes choisissent des roches qui étaient d’une longueur supérieure à la moyenne (55,2 cm plus ou moins 2,1 cm) et situées dans des zones plus ouvertes qu’à ce qu’on aurait pu s’attendre si la sélection se faisait aléatoirement (Quirt et coll., 2006). De plus, des roches se trouvant sur un substrat rocheux étaient généralement utilisées, probablement parce qu’elles offraient des conditions thermiques idéales. Les sites du scinque pentaligne au Minnesota, où l’habitat est semblable à celui du Bouclier canadien, avaient tendance à se trouver près de sources permanentes ou temporaires d’eau, y compris des étangs, des ruisseaux ou même des mares temporaires dans les affleurements rocheux (Lang, 1982).

Habitat de nidification
Population carolinienne
On a déterminé que l’habitat de nidification était un sous-ensemble des abris utilisés tout au long de la saison d’activité (Seburn, 1990). Les abris utilisés pour la nidification avaient une superficie bien plus importante que les autres abris (Seburn 1993). Les sites de nidification se trouvaient plus fréquemment sous de gros débris ligneux que sous des panneaux de bois (Hecnar, 1994). Les plus gros débris ligneux (plus de 15 cm de diamètre et plus de 44 770 cm3) en état de décomposition moyennement avancée étaient plus fréquemment utilisés (Hecnar, 1994).

Population du Sud du Bouclier canadien
Les sites de nidification sont habituellement sous des roches déposées sur une mince couche de terre, de mousse ou de lichen (Seburn et Seburn, 1989; Wick, 2004). Des nids ont été trouvés sous des roches qui avaient une longueur moyenne de 39,3 cm ± 3,1 cm et une épaisseur moyenne de 15,6 cm ± 1 cm, à un site en Ontario (Wick, 2004). Des œufs de scinque ont aussi été trouvés dans un foyer extérieur abandonné construit avec des plaques de roche (Seburn et Seburn, 1989). Il n’y avait pas de terre dans le foyer, mais il y avait beaucoup de vieilles cendres.

Hibernation
Population carolinienne
Le choix de l’habitat pour l’hibernation n’a pas été encore quantifié dans cette population. Les observations des trous dans le substrat et la présence de scinques sous des débris ligneux relevée dans les premiers jours de la saison d’activité suggèrent que les scinques du parc national de la Pointe-Pelée hibernent dans leur domaine vital estival (S. Hecnar, comm. pers., 2010). On a aussi observé que le scinque pentaligne hivernait dans son domaine vital estival au Kansas (Fitch et von Achen, 1977), mais on ignore s’il s’agit d’un phénomène courant. Une corrélation négative entre l’abondance du scinque au parc national de Pointe-Pelée et les niveaux annuels d’eau du lac Érié suggère que le choix du gîte d’hibernation situé sous la ligne de gel et au-dessus de la ligne des hautes eaux est important pour survivre à l’hiver (Hecnar et Hecnar, 2009).

Population du Sud du Bouclier canadien
On sait peu de choses sur le choix de l’habitat d’hibernation, mais, ailleurs qu’en Ontario, des individus en hibernation ont été observés dans des crevasses de formations rocheuses ou dans des fissures de fondations de bâtiments (Harding, 1997). Dans un paysage rocheux semblable à celui du Bouclier canadien, le scinque pentaligne a été observé, au coeur de l’hiver, à deux ou trois mètres sous la surface, dans des fissures de la roche d’une carrière en activité au Minnesota (Lang, 1982). Le scinque pentaligne a été observé en hibernation dans son domaine vital estival au Kansas (Fitch et von Achen, 1977), mais on ignore si c’est chose courante. Par conséquent, il est probable, bien que non prouvé, que le scinque pentaligne hiberne à proximité ou dans son domaine vital estival.

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1.5 Facteurs limitatifs

En Ontario, le scinque pentaligne est à la limite nord de son aire de répartition. Bien qu’il est peu vraisemblable que les individus de la population carolinienne atteignent leur limite thermale, il est possible que la distribution des scinques dans la population du Sud du Bouclier canadien soit limitée aux zones les plus chaudes et les mieux exposées au soleil. Les sites d’hivernage peuvent aussi être un facteur limitatif. Le scinque pentaligne doit hiberner dans un horizon du sol situé au-dessus du niveau de l’eau et sous la ligne de gel (Hecnar et Hecnar, 2009).

Bien que le scinque pentaligne soit observé dans divers habitats au cœur de son aire de répartition aux É.-U., en Ontario on peut considérer qu’il est associé à un habitat spécifique. Les scinques de la population carolinienne semblent être grandement limités aux secteurs au substrat sablonneux, et les individus de la population du Sud du Bouclier canadien sont principalement restreints aux affleurements rocheux parsemés de fragments rocheux. La limite orientale de l’aire de répartition du scinque pentaligne en Ontario semble correspondre à celle des basses terres humides (Ussher et Cook, 1979).

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1.6 Menaces à la survie et au rétablissement

Le scinque pentaligne fait face à un certain nombre de menaces. La liste suivante comprend les menaces connues ou perçues, classées en ordre décroissant d’importance.

Perte d’habitat
La perte, la dégradation et la fragmentation de l’habitat ont été des menaces importantes pour le scinque pentaligne, plus particulièrement dans la population carolinienne où l’habitat a disparu en raison de l’aménagement urbain, de l’agriculture et des loisirs (COSEPAC, 2007).Pour la population du Sud du Bouclier canadien, la perte d’habitat ne semble pas être aussi généralisée, bien qu’il y ait peu de données historiques sur la distribution de l’espèce dans cette région. L’importance de la menace que représente la dégradation et la perte de l’habitat pour la population du Sud du Bouclier canadien augmentera vraisemblablement à mesure que la population humaine augmentera.

On ignore à quel point la succession constitue une menace importante ou généralisée pour le scinque pentaligne en Ontario. Au Minnesota, où le scinque pentaligne utilise aussi les affleurements rocheux, l’habitat ouvert a diminué d’environ deux tiers aux sites connus, entre1940 et 1980 (environ), probablement en raison de l’extinction des incendies (Lang, 1982). La succession forestière a pratiquement éliminé le scinque pentaligne de la Fitch Natural History Reservation (autrefois University of Kansas Natural History Reservation; Fitch, 2006a, b) et on croit aussi que le nombre de scinques pentaligne a diminué dans les sites du Connecticut (H. Gruner, comm. pers., 2009). Une étude des données des sites historiques occupés par le scinque pentaligne dans le sud-ouest de l’Ontario observait également un manque d’habitat convenable attribuable à la succession (Hecnar et Hecnar, 2000).

Niveau de menace : Généralisé
Niveau de certitude : Élevé
Niveau de préoccupation : Élevé

Perturbation
De nombreux types de perturbations anthropiques menacent le scinque pentaligne. L’élimination des abris a été observée dans la population du Sud du Bouclier canadien (B.J. Howes, comm. pers., 2009) et il s’agit d’une menace importante au parc national de la Pointe-Pelée (Hecnar et M’Closkey, 1998). Dans les secteurs très utilisés par l’homme, on a observé relativement moins de scinques et relativement moins de débris ligneux. Les visiteurs du parc ont utilisé des abris ligneux comme bois de chauffage, ont collecté des pièces de bois de grève pour en faire des décorations et ont récupéré des planches pour le bois d’œuvre. Non seulement l’élimination des débris ligneux peut forcer les scinques à déménager, mais cela peut aussi réduire le succès de la nidification si les abris utilisés à cette fin sont retirés pendant que les femelles couvent leurs œufs. L’élimination des débris ligneux constitue vraisemblablement aussi une menace à d’autres sites.

Au cours d’études menées au parc national de la Pointe-Pelée, on remarquait souvent que les abris cartographiés avaient été déplacés (Hecnar et M’Closkey, 1998). Bien qu’une majeure partie de la perturbation est probablement causée par l’homme, une partie pourrait être attribuable à des prédateurs cherchant de la nourriture. De gros débris ligneux ont été déplacés ou mis en pièces. Jusqu’à 82 pour cent des abris installés pour le scinque pentaligne ont été perturbés. En juin 1994 et en août 1995, presque tous les abris cartographiés avaient été perturbés. Une perturbation fréquente entraîne fragmentation des abris en abris de petite taille, lesquels sont moins utiles pour le scinque pentaligne (Hecnar et M’Closkey, 1998). La perturbation peut aussi entraîner l’abandon des nids par les femelles couvant leurs œufs (Fitch, 1954). L’activité humaine peut aussi causer de la mortalité accidentelle puisqu’on a trouvé des scinques pentalignes écrasés sous des abris sur lesquels on aurait marché (Hecnar et M’Closkey, 1998). Le scinque pentaligne court aussi le risque d’être écrasé par des véhicules tout-terrain dans la population du Sud du Bouclier canadien.

Niveau de menace : Généralisé
Niveau de certitude : Élevé
Niveau de préoccupation : Élevé

Capture illégale
Plusieurs perturbations à grande échelle d’abris ont été observées au parc national de la Pointe-Pelée de 1990 à 1995 (Hecnar et M’Closkey, 1998). En juin 1994 et en août 1995, presque tous les abris avaient été perturbés (Hecnar et M’Closkey, 1998). À la suite de ces perturbations, un nombre inférieur de femelles gravides et de nids ont été observés et peu de jeunes ont été observés à la fin de l’été et au début de l’automne, lorsqu’ils auraient dû être abondants. Les auteurs ont conclu que cette perturbation généralisée était probablement le résultat de la capture illégale du scinque pentaligne pour le commerce des animaux de compagnie (Hecnar and M’Closkey, 1998).

Niveau de menace : Généralisé
Niveau de certitude : Élevé
Niveau de préoccupation : Élevé

Mortalité sur les routes
Au total, 16 scinques pentalignes ont été trouvés morts sur les routes dans le parc national de la Pointe-Pelée dans le cadre d’une étude intensive sur la mortalité sur les routes des vertébrés menés en 2005 (Farmer, 2007). De même, 18 individus ont été trouvés morts sur les routes dans le parc provincial Rondeau au cours d’études menées en 2005 (Farmer, 2007). La menace que les routes représentent pour le scinque pentaligne a également été mentionnée en Floride (Aresco, 2005) et en Illinois (COSEPAC, 2007).

Niveau de menace : Généralisé
Niveau de certitude : Élevé
Niveau de préoccupation : Moyen

Prédation accrue
Même si la prédation est naturelle, de grandes populations de prédateurs peuvent avoir une incidence importante sur les populations de proies. Par exemple, la densité de population du raton laveur (Procyon lotor) au parc national de la Pointe-Pelée est de quatre fois supérieure à la densité moyenne pour les régions rurales de l’Ontario (Phillips et Murray, 2005). Le raton laveur est un prédateur confirmé du scinque pentaligne (COSEPAC, 2007) et des études suggèrent que la prédation par le raton laveur est importante au parc national de la Pointe-Pelée (Hecnar et Hecnar, 2005). On a aussi observé que le chat domestique s’attaque au scinque pentaligne (Lang, 1982). La croissance rapide de la population de dindon sauvage (Meleagris gallopavo) dans les secteurs comme le parc national de la Pointe-Pelée peut aussi toucher le scinque pentaligne (T. Dobbie, comm. pers., 2009). En plus de la prédation directe, les tentatives de prédation peuvent causer l’amputation de la queue du scinque pentaligne (p. ex. Cooper et Vitt, 1985; Vitt et Cooper, 1986b), ce qui mène à une diminution de la vitesse maximale de locomotion qui dure quelques semaines (Goodman, 2006), ce qui pourrait augmenter sensiblement le risque de prédation.

Niveau de menace : Généralisé
Niveau de certitude : Moyen
Niveau de préoccupation : Moyen

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1.7 Lacunes dans les connaissances

Même s’il existe plusieurs études sur le scinque pentaligne en Ontario, les connaissances sur l’espèce sont déficientes à plusieurs points de vue. Les lacunes importantes dans les connaissances comprennent notamment :

Aire de répartition
On ne connaît pas encore toute l’aire de répartition du scinque pentaligne, même pour la population carolinienne. Un nouveau site a été découvert dans la région carolinienne en 2009 (J. Choquette, comm. pers., 2009). L’espèce pourrait encore être présente dans certains sites classés comme historiques ou dans des sites encore inconnus.

Déplacement
L’utilisation de l’habitat, le domaine vital et la dispersion du scinque pentaligne n’ont pas vraiment fait l’objet d’études. La caractérisation des distances de déplacement et de dispersion l’espèce est importante est fondamentale pour l’élaboration de la réglementation visant l’habitat de l’espèce.

Taille des populations
Il n’existe pas d’estimation de la taille des populations pour tous les sites de l’Ontario, à l’exception du parc national de la Pointe-Pelée. Certains sites de la région carolinienne sont connus seulement en raison de l’observation de quelques individus.

Succession
Bien qu’on sache que la succession entraîne une perte d’habitat convenable pour le scinque pentaligne, on ignore à quel point la succession constitue une menace importante ou généralisée pour le scinque pentaligne en Ontario.

Contrôle des prédateurs
La menace liée à la croissance des populations de prédateurs est un enjeu qui touche de nombreuses espèces en péril. Bien que les tentatives visant à limiter l’accès des prédateurs aux ordures ont été couronnées de succès, les populations de prédateurs disposent encore de sources de nourriture en abondance. Même si l’élaboration de stratégies efficaces de contrôle des populations de prédateurs dépasse le cadre du présent programme de rétablissement, elle doit devenir une priorité dans les secteurs où des prédateurs représentent une menace importante pour de nombreuses espèces en péril.

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1.8 Mesures de rétablissement achevées ou en cours de réalisation

Les mesures de rétablissement suivantes ont été entreprises pour le scinque pentaligne ou pour son habitat en Ontario :

Rétablissement

  • Amélioration de l’habitat au marécage Oxley Poison Sumac par l’installation d’abris artificiels (COSEPAC, 2007).
  • Amélioration de l’habitat au parc national de la Pointe-Pelée par l’installation d’abris artificiels (Hecnar et M’Closkey, 1998). Depuis 1996, dans le cadre de mesures de rétablissement continues, le personnel de Parcs Canada coordonne l’intervention des brigadiers d’intendance environnementale de l’Ontario et les bénévoles dans le cadre des activités annuelles de rétablissement du microhabitat du scinque pentaligne ainsi que des activités de marquage et de suivi des débris ligneux (T. Dobbie, comm. pers., 2009).
  • Un contrôle des espèces envahissantes touchant l’habitat du scinque pentaligne a commencé en 2010 au parc provincial Rondeau (S. Dobbyn, comm. pers., 2010). Des abris supplémentaires sont aussi fournis afin d’accroître la disponibilité de microhabitats convenables.
  • Les parcs provinciaux de l’Ontario apportent des changements afin de réduire l’accès des prédateurs aux ordures afin de tenter de contrôler les populations de prédateurs (p. ex. le raton laveur).

Éducation

  • Des activités d’éducation sont menées au parc national de la Pointe Pelée depuis le début des années 90. Des présentoirs permanents sur la biologie et la protection du scinque pentaligne se trouvent au centre d’information et au centre de vacances pour les jeunes du parc. Le scinque pentaligne est aussi compris dans le vidéo de présentation du parc. En 2009, le scinque pentaligne et son habitat ont été inclus dans le programme d’éducation du parc visant les élèves de quatrième année. Des spécimens vivants de scinque pentaligne sont aussi utilisés dans les programmes éducatifs du parc (T. Dobbie, comm. pers. 2009).
  • Le scinque pentaligne est inclus dans les programmes de patrimoine naturel du parc provincial Rondeau depuis de nombreuses années (S. Dobbyn, comm. pers., 2010). Des activités de sensibilisation visent les locataires de chalets.

Recherche

  • Étude phylogéographique menée à l’échelle de l’aire de répartition pour déterminer les lignées évolutionnaires de l’espèce (Howes et coll., 2006).
  • Étude sur la diversité génétique intrapopulation menée à l’échelle de l’aire de répartition visant à déterminer en quoi les populations situées à la périphérie nord de l’aire de répartition diffèrent des populations situées à l’intérieur de l’aire de répartition (Howes et Lougheed, 2008).
  • Recherche et suivi visant le scinque pentaligne en cours au parc national de la Pointe Pelée, menées par le professeur Hecnar et les membres de son laboratoire (p. ex. Baptista, 2007; Hecnar et Hecnar, 2009) avec l’appui de l’Agence Parcs Canada.
  • Suivi du scinque pentaligne dans la partie intérieure de son habitat au parc provincial Rondeau en cours depuis 2003 (S. Dobbyn, comm. pers., 2010).
  • Étude du microhabitat (Howes et Lougheed, 2004) et étude de la thermorégulation (Quirt et coll., 2006) visant la population du Sud du Bouclier canadien.
  • Analyse génétique à petite échelle de la structure de la population du Sud du Bouclier canadien (Wick, 2004).
  • Deux évaluations quantitatives des tendances en matière d’habitat de la savane à langue de sable du lac Érié, menées au parc national de la Pointe Pelée (Smith et Bishop, 2002; Dougan et associés, 2007).

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2.0 Rétablissement

2.1 But du rétablissement

Le but du rétablissement pour la population carolinienne du scinque pentaligne est d’assurer la survie à long terme de toutes les sous-populations restantes. Ce but reconnaît que, dans certains sites existants, l’habitat convenable pourrait être insuffisant pour soutenir l’espèce à long terme. Pour assurer le rétablissement de l’espèce, il faut accorder un niveau élevé de priorité à l’accroissement de la quantité d’habitat et de microhabitats convenables.

Le but du rétablissement pour la population du Sud du Bouclier canadien du scinque pentaligne est d’assurer la survie à long terme de toutes les sous-populations représentatives dans l’aire de répartition. Ce but reconnaît que la présence du scinque pentaligne est généralisée dans tout le Bouclier canadien.

2.2 Objectifs en matière de protection et de rétablissement

Tableau 1 : Objectifs en matière de protection et de rétablissement
Objectifs en matière de protection et de rétablissement
1Déterminer l’ensemble de l’aire de répartition du scinque pentaligne en Ontario.
2Accroître la compréhension des estimations de la population et de l’écologie spatiale, et préciser les menaces incertaines.
3Élaborer et mettre en œuvre des mesures de gestion visant à protéger les sites, à atténuer les menaces déterminées et à accroître l’habitat disponible.

2.3 Approches pour le rétablissement

Tableau 2 : Approches pour le rétablissement du scinque pentaligne en Ontario
ObjectifPriorité relative (population carolinienne)Priorité relative (population du Sud du Bouclier canadien)Échéance relativeThème du rétablissementApproche pour le rétablissementMenaces ou lacunes dans les connaissances visées
1. Déterminer l’ensemble de l’aire de répartition du scinque pentaligne en OntarioEssentielleBénéfiqueÀ court termeInventaire1.1 Faire des relevés dans les sites historiques afin de déterminer si l’espèce y est encore présenteSelon toute vraisemblance, l’aire de répartition de l’espèce n’est pas entièrement connue.
1. Déterminer l’ensemble de l’aire de répartition du scinque pentaligne en OntarioEssentielleBénéfiqueÀ court termeInventaire1.2 Dresser une liste des sites où l’espèce est susceptible d’être présente, classés par ordre de priorité, et y réaliser des relevés en vue d’établir la présence de l’espèceSelon toute vraisemblance, l’aire de répartition de l’espèce n’est pas entièrement connue.
1. Déterminer l’ensemble de l’aire de répartition du scinque pentaligne en OntarioBénéfiqueBénéfiqueÀ court termeInventaire1.3 Déterminer les limites spatiales des sites existants occupésSelon toute vraisemblance, l’aire de répartition de l’espèce n’est pas entièrement connue.
2. Accroître la compréhension des estimations de la population et de l’écologie spatiale, et préciser les menaces incertainesEssentielleBénéfiqueÀ court termeSuivi2.1 Mettre en oeuvre un protocole de relevé uniforme (p. ex. méthode utilisée au parc national de la Pointe Pelée) pour estimer l’abondance du scinque pentaligne à chaque site de la population carolinienne et aux sites représentatifs de la population du Sud du Bouclier canadienIl n’existe pas d’estimation de la population pour la plupart des sites
2. Accroître la compréhension des estimations de la population et de l’écologie spatiale, et préciser les menaces incertainesBénéfiqueBénéfiqueÀ court termeRecherche2.2 Déterminer l’utilisation de l’habitat, les déplacements habituels et la capacité de dispersionL’étendue de l’utilisation de l’habitat et la capacité de dispersion sont largement inconnues
2. Accroître la compréhension des estimations de la population et de l’écologie spatiale, et préciser les menaces incertainesBénéfiqueBénéfiqueÀ court termeRecherche2.3 Déterminer si la succession est une menace importante pour les sites occupés et les techniques qui peuvent aider à maintenir ou à améliorer l’habitat du scinque pentalignePerte d’habitat
3. Élaborer et mettre en œuvre des mesures de gestion visant à protéger les sites, à atténuer les menaces déterminées et à accroître l’habitat disponible.EssentielleBénéfiqueÀ long termeProtection3.1 Élaborer et mettre en œuvre des lignes directrices en matière de protection de l’habitatPerte d’habitat
3. Élaborer et mettre en œuvre des mesures de gestion visant à protéger les sites, à atténuer les menaces déterminées et à accroître l’habitat disponible.EssentielleBénéfiqueEn coursGestion3.2 Accroître ou maintenir la quantité d’habitat et de microhabitats disponibles pour le scinque pentalignePerte d’habitat, perturbation
3. Élaborer et mettre en œuvre des mesures de gestion visant à protéger les sites, à atténuer les menaces déterminées et à accroître l’habitat disponible.NécessaireBénéfiqueEn coursProtection3.3 Valoriser l’observation de la législation existante et augmenter la surveillance de l’habitat pendant la saison de nidification afin décourager la capture de scinques pentalignesCapture illégale
3. Élaborer et mettre en œuvre des mesures de gestion visant à protéger les sites, à atténuer les menaces déterminées et à accroître l’habitat disponible.NécessaireBénéfiqueEn coursÉducation et sensibilisation3.4 Éduquer des groupes cibles (p. ex. propriétaires fonciers, animaleries, visiteurs du parc) sur le scinque pentaligne et son habitatPerturbation, capture illégale
3. Élaborer et mettre en œuvre des mesures de gestion visant à protéger les sites, à atténuer les menaces déterminées et à accroître l’habitat disponible.BénéfiqueBénéfiqueLong-termManagement3.5 Déterminer et mettre en œuvre des approches visant à réduire la mortalité sur les routes (p. ex. fermeture saisonnière de routes dans les aires protégées)Mortalité sur les routes
3. Élaborer et mettre en œuvre des mesures de gestion visant à protéger les sites, à atténuer les menaces déterminées et à accroître l’habitat disponible.BénéfiqueBénéfiqueEn coursRecherche3.6 Élaborer et mettre en œuvre des moyens supplémentaires de gérer les populations de prédateursPrédation accrue; contrôle des prédateurs

Commentaires à l’appui des approches en matière de rétablissement

L’abondance du scinque pentaligne semble remonter rapidement à la suite de déclins si l’habitat et les microhabitats sont disponibles en abondance (Hecnar et M’Closkey, 1998; Hecnar et Hecnar, 2009). Par conséquent, les principales exigences en matière de maintien de l’aire de répartition actuelle du scinque pentaligne devraient être axées sur la protection de l’habitat actuel, ainsi que sur le maintien et l’accroissement, dans la mesure du possible, de la quantité d’habitat et de microhabitats (ou d’abris) disponibles. Une exigence continue consiste à fournir des abris au scinque pentaligne puisque ceux ci se dégradent au fil du temps. Aux sites où le scinque pentaligne se limite à de petites zones, des efforts concertés doivent être déployés afin d’accroître la quantité d’habitat convenable disponible.

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2.4 Mesures de rendement

La réussite du rétablissement, surtout pour la population carolinienne, nécessitera un accroissement de la quantité d’habitat convenable, ainsi qu’une augmentation de l’abondance du scinque pentaligne dans les secteurs où elle est faible. Par conséquent, les principales mesures de rendement pour la population carolinienne sont les suivantes :

  • La quantité d’habitat convenable augmentera d’au moins 25 pour cent en 10 ans. Cette augmentation peut être le résultat de l’augmentation de la superficie des milieux ouverts ou de l’augmentation du nombre de microhabitats (c. à d. des abris), ce qui accroît le caractère convenable de l’habitat.
  • Les estimations de l’abondance du scinque pentaligne demeureront stables ou augmenteront à tous les sites existants.
Tableau 3 : Mesures du rendement
ObjectifApprocheMesure du rendement
1. Déterminer l’ensemble de l’aire de répartition du scinque pentaligne en Ontario1.1 Faire des relevés dans les sites historiques afin de déterminer si l’espèce y est encore présenteDes relevés de scinques pentalignes ont été effectués dans la majorité des sites historiques.
1. Déterminer l’ensemble de l’aire de répartition du scinque pentaligne en Ontario1.2 Dresser une liste des sites où l’espèce est susceptible d’être présente, classés par ordre de priorité, et y réaliser des relevés en vue d’établir la présence de l’espèceDes relevés de scinques pentalignes on été effectués dans la majorité des sites prioritaires.
1. Déterminer l’ensemble de l’aire de répartition du scinque pentaligne en Ontario1.3 Déterminer les limites spatiales des sites existants occupésLa cartographie de l’habitat de la majorité des sites de la population carolinienne est achevée.
Objectif 2 : Accroître la compréhension des estimations de la population et de l’écologie spatiale, et préciser les menaces incertaines2.1 Mettre en oeuvre un protocole de relevé uniforme (p. ex. méthode utilisée au parc national de la Pointe-Pelée) pour estimer l’abondance du scinque pentaligne à chaque site de la population carolinienne et aux sites représentatifs de la population du Sud du Bouclier canadienDes estimations de l’abondance on été faites pour la majorité des sites de la population carolinienne et pour au moins cinq sites de la population du Sud du Bouclier canadien à l’aide d’un protocole uniforme.
Objectif 2 : Accroître la compréhension des estimations de la population et de l’écologie spatiale, et préciser les menaces incertaines2.2 Déterminer l’utilisation de l’habitat, les déplacements habituels et la capacité de dispersionL’étude sur l’utilisation de l’habitat et les déplacements est achevée pour un ou plusieurs sites en Ontario.
Objectif 2 : Accroître la compréhension des estimations de la population et de l’écologie spatiale, et préciser les menaces incertaines2.3 Déterminer si la succession est une menace importante pour les sites occupés et les techniques qui peuvent aider à maintenir ou à améliorer l’habitat du scinque pentaligneLa perte de l’habitat liée à la succession a été analysée dans au moins 10 sites.
Objectif 3 : Élaborer et mettre en œuvre des mesures de gestion visant à protéger les sites, à atténuer les menaces déterminées et à accroître l’habitat disponible3.1 Accroître la superficie d’habitat protégéDes lignes directives en matière de protection de l’habitat sont mises en œuvre dans un certain pourcentage des sites.
Objectif 3 : Élaborer et mettre en œuvre des mesures de gestion visant à protéger les sites, à atténuer les menaces déterminées et à accroître l’habitat disponible3.2 Accroître ou maintenir la quantité d’habitat et de microhabitats disponibles pour le scinque pentaligneLa quantité d’habitat ou de microhabitats du scinque pentaligne a augmenté ou s’est maintenue dans la majorité des sites de la région carolinienne et dans au moins cinq sites supplémentaires du sud du Bouclier canadien.
Objectif 3 : Élaborer et mettre en œuvre des mesures de gestion visant à protéger les sites, à atténuer les menaces déterminées et à accroître l’habitat disponible3.3 Valiriser l’observation de la législation existante et augmenter la surveillance de l’habitat pendant la saison de nidification afin de décourager la capture de scinques pentalignes

Les groupes ciblés (p. ex. animaleries, gardiens de reptiles, visiteurs du parc) font preuve d’une connaissance accrue de la législation.

Des patrouilles sont faites dans les zones de nidification connues, au besoin.

Objectif 3 : Élaborer et mettre en œuvre des mesures de gestion visant à protéger les sites, à atténuer les menaces déterminées et à accroître l’habitat disponible3.4 Éduquer des groupes cibles (p. ex. propriétaires fonciers, animaleries, visiteurs du parc) sur le scinque pentaligne et son habitatLes groupes ciblés (p. ex. animaleries, gardiens de reptiles, visiteurs du parc) se montrent plus sensibles aux menaces et aux questions d’intendance.
Objectif 3 : Élaborer et mettre en œuvre des mesures de gestion visant à protéger les sites, à atténuer les menaces déterminées et à accroître l’habitat disponible3.5 Déterminer et mettre en œuvre des approches visant à réduire la mortalité sur les routes (p. ex. fermeture saisonnière de routes dans les aires protégées)Des techniques de réduction de la mortalité sur les routes ont été mises en œuvre et mises à l’essai dans des secteurs préoccupants connus.
Objectif 3 : Élaborer et mettre en œuvre des mesures de gestion visant à protéger les sites, à atténuer les menaces déterminées et à accroître l’habitat disponible3.6 Élaborer et mettre en œuvre des moyens supplémentaires de gérer les populations de prédateursDes techniques de contrôle des prédateurs ont été mises à l’essai dans au moins un secteur et des techniques efficaces sont adoptées pour les sites protégés occupés par le scinque pentaligne.

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2.5 Aire à prendre en considération lors de l’élaboration d’un règlement sur l’habitat

En vertu de la LEVD 2007, un programme de rétablissement doit comporter des recommandations au ministre des Richesses naturelles sur l’aire à prendre en compte lors de l’élaboration d’un règlement sur l’habitat. Un règlement sur l’habitat est un instrument juridique qui prescrit une aire devant être protégée à titre d’habitat de l’espèce. La recommandation énoncée plus bas par l’auteur représentera une des nombreuses sources dont le ministre tiendra compte dans l’élaboration d’un règlement sur l’habitat pour cette espèce.

Une recommandation quant au secteur à prendre en compte dans l’élaboration d’un règlement sur l’habitat est seulement requise pour la population carolinienne du scinque pentaligne. Aucune aire n’est recommandée pour la population du Sud du Bouclier canadien puisque, en raison du classement de cette population comme espèce préoccupante, les dispositions de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition relatives à l’habitat ne s’appliquent pas.

La superficie d’habitat occupée par le scinque pentaligne à chaque site restant de la région carolinienne est très variable. Les sites s’étendent sur une longueur d’une centaine de mètres à plusieurs kilomètres. La plupart des sites du scinque pentaligne de la population carolinienne se trouvent à moins de un kilomètre de la rive d’un lac; le scinque pentaligne peut toutefois occuper des sites qui ne se trouvent pas à proximité d’un lac et dans des milieux ouverts se trouvant à plus d’un kilomètre d’un plan d’eau. L’habitat du scinque pentaligne change aussi au fil du temps. Il peut diminuer en raison de la succession, qui entraîne la fermeture du couvert, ou il peut s’accroître en raison de la formation d’ouvertures. Par exemple, l’aire de répartition du scinque pentaligne semble atteindre de nouveaux secteurs du parc national de la Pointe-Pelée (Hecnar et Hecnar, 2009).

Sites de nidification
Généralement, le scinque pentaligne fait son nid sous de gros débris ligneux ou des objets artificiels comme des panneaux (Fitch, 1954; Seburn, 1990; Hecnar, 1994). Ces abris sont essentiels à la persistance à long terme du scinque pentaligne (Hecnar et M’Closkey, 1998), et la quantité et la qualité des abris doivent être maintenues dans les secteurs occupés par le scinque pentaligne.

Sites d’alimentation
En général, les scinques n’utilisent que de petites zones, et ils se déplacent normalement de moins de 25 mètres au cours d’une année (Fitch, 1954). Toutefois, on a vu des individus qui franchir plus de 100 mètres en Ontario (Seburn, 1993) et plus de 200 mètres au Kansas (Fitch, 1954). Le scinque pentaligne peut changer de centre d’activités plus d’une fois pendant la saison d’activité, ce qui peut donner lieu à des domaines vitaux de plus de 2 000 mètres carrés (Fitch and von Achen, 1977). La taille et la forme de l’habitat utilisé par le scinque pentaligne varieront grandement d’un site à l’autre, selon l’habitat disponible.

Sites d’hibernation
On en sait peu sur les sites d’hibernation du scinque pentaligne dans la région carolinienne de l’Ontario. Il peut hiverner dans son domaine vital estival (Fitch et von Achen, 1977), mais pas toujours. Les déplacements semblent être généralement inférieurs à 200 mètres (Fitch, 1954), ce qui donne à penser que la plupart des sites d’hibernation se trouveront à l’intérieur de l’habitat estival où dans un secteur adjacent.

Recommandation
Il est recommandé que toute unité du système de classification écologique des terres (Lee et coll., 1998) où se trouve une occurrence confirmée du scinque pentaligne de la population carolinienne soit désignée comme étant de l’habitat de l’espèce dans un règlement sur l’habitat, sauf si l’observation est faite en dehors de l’habitat convenable. Cette approche est recommandée pour de nombreuses raisons, notamment les suivantes :

  • La plupart des observations du scinque pentaligne ont été effectuées sous des abris; l’espèce utilise pourtant d’autres types d’habitats.
  • Cette approche permet d’accroître la probabilité que tous les éléments d’habitat dont le scinque pentaligne a besoin soient inclus.
  • Les renseignements sur les limites spatiales de l’habitat utilisé par le scinque pentaligne sont insuffisants pour la plupart des sites.
  • L’utilisation de l’habitat par le scinque pentaligne peut varier au fil du temps en raison des changements à l’habitat.

On recommande que l’élaboration du règlement sur l’habitat prenne en considération tous les sites de la région carolinienne où des scinques pentalignes ont été observés au cours des 20 dernières années et où de l’habitat convenable existe toujours. On a établi cette période en raison de la nature cryptique du scinque pentaligne et de sa capacité de persister même dans de petits îlots d’habitat convenable. Le règlement sur l’habitat doit être rédigé de manière à inclure immédiatement les sites historiques où la présence du scinque pentaligne est confirmée de nouveau ainsi que toute occurrence nouvellement découverte.

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Glossaire

Comité de détermination du statut des espèces en péril de l’Ontario (CDSEPO) : Constitué en vertu de l’article 3 de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition, le comité est chargé d’évaluer et de classer les espèces en péril en Ontario.

Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) : Le comité est chargé d’évaluer et de classer les espèces en péril au Canada.

Cote de conservation : cote attribuée à une espèce ou à une communauté écologique, et qui indique principalement le degré de rareté de l’espèce ou de la communauté au niveau mondial (G), national (N) ou infranational (S). Ces cotes, désignées par les lettres « G », « N » et « S », ne sont pas des désignations légales. La situation d’une espèce ou d’un écosystème quant à sa conservation est indiquée par un chiffre allant de 1 à 5, précédé de la lettre G, N ou S qui représente l’échelle géographique de l’évaluation. Les chiffres ont la signification suivante :

1 = gravement en péril
2 = en péril
3 = vulnérable
4 = apparemment non en péril
5 = non en péril

Liste des espèces en péril en Ontario (EEPEO) : Règlement adopté en vertu de l’article 7 de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition qui indique la situation officielle des espèces en péril en Ontario. La liste a été publiée pour la première fois en 2004 en tant que politique et elle est devenue un règlement en 2008.

Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD 2007) : loi provinciale qui protège les espèces en péril en Ontario.

Loi sur les espèces en péril (LEP) : loi fédérale qui protège les espèces en péril au Canada. Cette loi établit l’annexe 1 en tant que liste légale des espèces sauvages en péril visées par les dispositions de la LEP. Les annexes 2 et 3 contiennent les listes des espèces dont l’évaluation restait à faire au moment de l’entrée en vigueur de la loi. Lorsque les espèces inscrites aux annexes 2 et 3 sont réévaluées et jugées « en péril », elles sont soumises au processus d’inscription au terme duquel elles sont inscrites à l’annexe 1 de la LEP.

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