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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’ours grizzli au Canada – Mise à jour

8. Protection actuelle ou autres désignations

8.1 Échelle internationale

À l’échelle mondiale, l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) attribue à l’ours grizzli (ou ours brun) la cote LR(lc) : faible risque, préoccupation mineure. L’espèce figure à l’annexe II de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction), mais les populations du Bhoutan, de Chine, de Mongolie et du Mexique figurent à l’annexe I.

Aux États-Unis, l’ours grizzli des 48 États contigus a reçu en 1975 la désignation d’espèce menacée (threatened) en vertu de la Endangered Species Act (USFWS, 1993). L’aire de répartition actuelle de l’espèce aux États-Unis représente moins de 2 p. 100 de ce qu’elle a déjà été et les cinq ou six unités démographiques qu’on y trouve comptent 800 à 1 000 ours au total. Certaines de ces unités démographiques sont établies dans des territoires contigus à des secteurs de l’aire de répartition de l’espèce au Canada.

8.2 Gestion au Canada

8.2.1 Alberta

En Alberta, l’ours grizzli figure sur la liste bleue (espèces pouvant être en péril). L’accroissement de la population jusqu’à 1 000 ours est l’objectif premier du plan de gestion de l’ours grizzli en Alberta (Nagy et Gunson, 1990). Ce plan définit 13 secteurs de gestion des ours (SGO). La densité de population des ours grizzlis a été estimée, à partir de données de recherche, pour cinq zones d’habitat représentatives, et les résultats obtenus ont été extrapolés à l’ensemble de l’aire de répartition occupée par l’ours grizzli, puis ajustés au besoin. Les densités de population calculées étaient comprises entre 4,0 et 14,7 ours par 1 000 km2. Le nombre d’ours résidents dans chaque SGO et chaque secteur de gestion de la faune (SGF) a été déterminé à l’origine (1988) à partir de la superficie d’habitat propice et de la densité estimée de la population d’ours.

Dans la formule utilisée, l’incidence des perturbations de surface sur le nombre d’ours grizzlis que pouvait soutenir l’habitat a été estimée au moyen des cartes d’utilisation des terres. La superficie perturbée réelle a été multipliée par deux de manière à tenir compte de la zone d’influence des perturbations. On a considéré que les résultats correspondaient à la population maximale d’ours grizzlis au printemps dans chaque SGO ou SGF.

Dans les années subséquentes, l’estimation des populations a été reprise tous les ans en prenant les résultats de 1988 comme niveaux de référence. La formule pour la révision des estimations démographiques repose sur l’hypothèse que si le total des mortalités de cause anthropique connues est inférieur au niveau jugé soutenable, la population est en expansion. Pour deux secteurs où des recensements établis à partir de l’ADN ont été récemment effectués (Mowat et Strobeck, 2000; Boulanger, 2001), les niveaux de référence pour l’estimation des populations ont été révisés à la hausse.

La mortalité de cause anthropique maximale admissible est de 6,0 p. 100 de la population estimée dans chacun des SGO. Pour établir les quotas annuels de chasse, on soustrait les mortalités de cause anthropique non cynégétiques, évaluées à partir de la proportion d’ours abattus légalement dans le nombre total d’ours tués. La mortalité de cause anthropique  non documentée est estimée à 25 p. 100 de la mortalité de cause anthropique documentée. Les quotas de récolte ainsi obtenus se situent ordinairement entre 2 p. 100 et 4 p. 100 de la population estimée dans chaque SGO ouvert à la chasse. Un autre objectif visé est de limiter à 35 p. 100 la proportion de femelles dans la mortalité de cause anthropique totale.

En Alberta, la chasse de l’ours grizzli est réservée aux résidents de la province, elle se tient au printemps et les permis sont accordés par tirage. Tous les ours formant un groupe (deux individus ou plus) sont protégés. Il est interdit d’appâter les ours grizzlis, et les ours tués doivent être déclarés.

Critique

L’accroissement de 46 p. 100 de la population d’ours grizzlis noté entre 1988 et 2000 en Alberta (tableau 6) est attribué en bonne partie au rétablissement qui a suivi la baisse de la mortalité cynégétique, amorcée en 1988 (voir la section 6.1). Même s’il est probable que la population se soit rétablie en partie, le taux de croissance avancé est peut-être optimiste. Dans le calcul de ce taux, on suppose que les populations vivant dans des habitats pouvant soutenir davantage d’ours grizzlis se rétablissent rapidement lorsque la pression de chasse est réduite. On suppose aussi que la mortalité de cause anthropique non documentée est demeurée stable et n’a pas compensé la baisse de la mortalité cynégétique. En outre, on suppose que les effectifs sont inférieurs à la capacité des habitats et peuvent donc croître, sans toutefois avoir évalué le point d’atteinte de la capacité des habitats, à partir duquel la croissance démographique ralentit puis s’arrête. Les changements dans la qualité des habitats ne sont pas surveillés ni pris en compte dans des évaluations révisées de la qualité des habitats. Les taux de la mortalité documentée ont certes diminué depuis 1987, mais il est permis de douter que la qualité générale des habitats se soit améliorée au cours de cette période.

Dans la partie de l’Alberta constituée par les SGO 5, 13 et 16 et certaines petites zones dont le potentiel démographique cumulé est inférieur à 20 (Nagy et Gunson, 1990), il est estimé que les effectifs ont doublé depuis 1988, passant de 73 à 150 ours (H.D. Carr, comm. pers.). Le SGO 5 correspond à la région de Kananaskis (Kananaskis Country), région très fréquentée faisant l’objet d’utilisations multiples située à moins d’une heure de route d’un bassin de population d’environ un million de personnes, où, en 1990, la population d’ours grizzlis était estimée à 34 ours, avec un potentiel de 43. Le SGO 13, formé de zones agricoles périphériques, était considéré en 1990 comme dépourvu d’ours grizzlis et incapable de soutenir une population résidente (Nagy et Gunson, 1990). Le SGO 16 correspond à la forêt boréale du nord-est de l’Alberta, qui pourrait soutenir 33 ours et qui en comptait un nombre estimatif de 8 en 1990. À cause des conditions généralement mauvaises ailleurs que dans le SGO 5, on présume que l’augmentation signalée de 77 ours s’est produite pour la plus grande part dans le SGO 5 (Kananaskis Country). Cependant, en 1998, cette population a été estimée à 50 ours au maximum (ESGBP, 1998), et le taux de reproduction (0,19) dans la région est le plus bas de tous ceux observés en Amérique du Nord (Garshelis et al., 2001). Au moyen d’une modélisation par analyse de viabilité de la population (AVP), Herrero et al. (2000) ont établi que l’ours grizzli est menacé dans l’écosystème des Rocheuses centrales, auquel appartient la région de Kananaskis, et il est improbable que l’objectif de maintien ou d’accroissement des effectifs dans cette région soit atteint. Cette partie de l’Alberta est un exemple de cas où le modèle de gestion serait optimiste.

Certains pensent aussi que l’ours grizzli a récemment réoccupé des parties de son aire de répartition historique en Alberta et, par le fait-même, qu’il accroîtrait son aire de répartition et ses effectifs dans cette province (H.D. Carr, comm. pers.). Cette hypothèse est fondée sur la hausse du nombre d’incidents impliquant des ours grizzlis (plaintes concernant des ours nuisibles, par exemple) plutôt que sur des mesures des effectifs et de leur répartition. On sait que dans la plupart des cas, une hausse du nombre d’incidents signalés reflète une intensification de l’activité humaine dans les habitats de l’ours grizzli (Miller, 1990b) et ne constitue pas un indicateur fiable de croissance démographique ou d’expansion géographique. Le plus souvent, la hausse du nombre d’incidents est liée à un déclin plutôt qu’à une hausse de la population d’ours (Miller, 1990b).

Les estimations des mortalités non documentées en Alberta (mortalités non documentées estimées à 25 p. 100 des mortalités documentées) sont probablement trop basses. Dans leur étude, McLellan et al. (1999) ont établi que seulement environ la moitié des mortalités totales auraient été documentées sans radiotélémétrie.

Il sera essentiel de conserver des zones de protection adéquates avec des liens entre elles à cause de la rapidité et de l’intensité de la dégradation anthropique d’une grande partie de l’habitat de l’ours grizzli en Alberta. Cela vaut particulièrement pour la moitié sud de la province, où l’ours grizzli est confiné à une étroite bande traversée par au moins deux importants corridors de transport et d’exploitation (pas du Nid-de-Corbeau et vallée de la Bow), d’où un risque de dislocation de la population. Puisque des « aires protégées » ont elles-mêmes été sérieusement endommagées (Gibeau, 1998; 2000), des mesures proactives sont requises pour préserver la viabilité de la population d’ours grizzlis.


8.2.2 Colombie-Britannique

En Colombie-Britannique, l’ours grizzli figure sur la liste bleue avec la cote S3 (vulnérable), qui signifie qu’il est exposé à un certain risque à cause de caractéristiques qui le rendent particulièrement vulnérable à des activités humaines ou des phénomènes naturels. L’objectif principal de la stratégie de protection de l’ours grizzli de la Colombie-Britannique est de préserver la diversité et l’abondance des populations et des écosystèmes qui leur sont propices dans l’ensemble de la province (Province of British Columbia, 1995). À cette fin, le principe fondamental de la gestion de l’ours grizzli en Colombie-Britannique est de limiter aux niveaux soutenables la mortalité de cause anthropique totale et de ne pas réduire la viabilité ou l’aire de répartition des populations (Province of British Columbia, 1999).

La gestion de la récolte d’ours grizzlis en Colombie-Britannique est décrite dans des documents rédigés par le gouvernement de la province (Province of British Columbia, 1995; 1999). La gestion de la récolte s’appuie sur un modèle de l’importance des effectifs d’ours grizzlis fondé sur l’habitat (Fuhr et Demarchi, 1990). Ce modèle estime la capacité d’accueil contemporaine, potentielle et historique des habitats à partir des cartes biogéoclimatiques de la province. Les populations actuelles d’ours grizzlis sont estimées à partir du modèle de Fuhr et Demarchi (1990), qui procède par paliers progressifs descendants pour tenir compte de la destruction, de l’altération, du déplacement et de la fragmentation des habitats ainsi que de la mortalité causée par l’homme au cours des années passées, dans chacune des unités démographiques d’ours grizzlis. Les capacités d’accueil des habitats sont généralement révisées aux trois ans. On fait montre de prudence dans l’estimation des populations et l’établissement des taux de récolte de façon à tenir compte des incertitudes inhérentes.

Selon la capacité moyenne d’accueil des habitats, la mortalité de cause anthropique totale est limitée à une valeur comprise entre 3 et 6 p. 100 des effectifs estimés. La mortalité de cause anthropique non documentée (évaluée de 1 à 2 p. 100) et la mortalité de cause anthropique non cynégétique documentée sont soustraites de cette valeur pour obtenir les quotas de récolte pour les diverses régions. La proportion de femelles dans la mortalité de cause anthropique totale ne doit pas dépasser 30 p. 100. La chasse est interdite dans toute unité démographique considérée comme menacée (population < 50 p. 100 de la capacité d’accueil) tant que la population ne s’y est pas rétablie. La chasse sportive est également interdite dans les unités démographiques dont les effectifs sont évalués à moins de 100 ours et qui sont isolées des autres unités démographiques.

À partir de 1996, la chasse a été limitée par l’intermédiaire des permis et elle a été autorisée au printemps seulement ou au printemps et à l’automne. Il est interdit d’appâter les ours, mais l’emploi de chiens est permis. Il est illégal de chasser un ours grizzli de moins de deux ans ou tout ours en sa compagnie, et les ours récoltés font l’objet d’une inspection obligatoire.

En février 2001, le gouvernement de la Colombie-Britannique a décrété un moratoire de trois ans, à l’échelle de la province, sur la chasse à l’ours grizzli (BC M.O.E., 2001c). Ce moratoire visait à permettre la collecte de données de recensement en vue d’un réexamen des plans de conservation et de gestion de l’espèce avant une éventuelle reprise de la chasse. Depuis, des élections générales ont mis au pouvoir un nouveau gouvernement et le moratoire, qui a été un enjeu électoral, a été levé, mais la chasse n’a pas été réouverte dans toutes les régions.

Critique

La Colombie-Britannique utilise un processus itératif pour la surveillance des changements dans la capacité d’accueil des habitats dans l’aire de répartition de l’ours grizzli. Les tendances de l’utilité de l’habitat sont évaluées par les gestionnaires des terres et les biologistes de la faune régionaux. Le processus employé est probablement le meilleur possible. Sa principale faiblesse est que les estimations démographiques ne sont obtenues que par extrapolation sur de grandes superficies de densités de population estimatives. Si les estimations des densités de population sont exactes, on peut penser que le taux actuel de récolte est probablement soutenable compte tenu de l’état actuel de l’habitat.

Les estimations des mortalités non documentées en Colombie-Britannique sont probablement trop basses. Dans certaines parties de la province, la mortalité non documentée peut égaler la mortalité documentée (McLellan et al., 1999). En outre, dans cette province, la mortalité non documentée comprend les prises des Premières nations, qui ne sont pas tenues de les déclarer.

L’activité industrielle et d’autres formes d’intrusion dans l’habitat de l’ours grizzli vont sans doute se poursuivre avec la même intensité en Colombie-Britannique. Il sera essentiel de maintenir des aires protégées pour assurer la viabilité de la population d’ours grizzlis dans cette province. En raison des stress cumulatifs découlant des diverses utilisations intensives du territoire à la bordure méridionale de l’aire de répartition de l’espèce en Colombie-Britannique, les péninsules d’habitat qu’on y trouve sont particulièrement susceptibles d’être fragmentées.


8.2.3 Yukon

L’ours grizzli est considéré comme une espèce préoccupante au Yukon. La conservation de l’ours grizzli, à titre d’élément constitutif de la biodiversité et des écosystèmes boréaux, est le principe de base de la gestion de l’espèce au Yukon (Yukon DRR, 1997). Les spécialistes ont évalué les populations des 22 unités de gestion du Yukon à partir de consultations auprès de pourvoyeurs et d’estimations des densités de population provenant de 16 études réalisées sur des terres de l’intérieur dans la partie nord du Yukon. On suppose que le sex-ratio des adultes est de 1:1. La mortalité de cause anthropique annuelle admissible pour les femelles adultes est fixée à 2 p. 100 du nombre estimatif de femelles adultes. Elle est fixée à 6 p. 100 pour les mâles. On soustrait de ces quotas de mortalités les mortalités liées à la protection de la vie humaine ou de la propriété pour obtenir le quota de chasse sportive pour les résidents. Toute part restante est attribuée aux pourvoyeurs, à l’intention de chasseurs non résidents.

Un système de points a été mis en place pour encourager la récolte sélective d’ours grizzlis mâles dans les pourvoiries (Smith, 1990). Le gouvernement octroie à chaque pourvoirie un quota de points pour l’ours grizzli; pour chaque femelle récoltée, trois points sont soustraits, et pour chaque mâle récolté, un point est soustrait. Le gouvernement encourage aussi les chasseurs résidents à récolter des mâles, mais le système de points ne s’applique pas à eux.

Les femelles accompagnées de petits et les jeunes, jusqu’à l’âge de deux ans inclusivement, sont protégés. Il est interdit d’appâter les ours grizzlis et tous les ours abattus doivent être déclarés.

Critique

Les études sur le terrain sont assez représentatives pour permettre des estimations ponctuelles de la densité de population des ours d’un bout à l’autre de ce territoire, mais la surveillance se limite à l’examen des caractéristiques de la récolte plutôt que des populations elles-mêmes. Cependant, à moins que les estimations des populations ne soient nettement trop élevées, les taux annuels moyens de récolte (1,1 à 1,3 p. 100) et les taux des mortalités de cause anthropique totales (1,3 à 1,6 p. 100) sont faibles et soutenables. Du fait que la population humaine et que l’économie ont régressé depuis 1997, les pressions s’exerçant sur l’habitat au Yukon ne devraient pas s’accroître substantiellement au cours des prochaines années. Le système de points fondé sur le sexe est innovateur et contribue à la protection des femelles. Toutefois, il présente le risque d’une surexploitation des mâles, et il ne s’applique pas aux prises des résidents.


8.2.4 Territoires du Nord-Ouest

Dans les Territoires du Nord-Ouest, l’ours grizzli s’est vu attribuer le statut d’espèce sensible, qui signifie que l’espèce n’est pas menacée de disparaître mais peut avoir besoin d’une attention ou d’une protection spéciales pour ne pas devenir en péril (RWED, 2000). Dans les monts Mackenzie, la chasse à l’ours grizzli est réservée aux résidents des Territoires du Nord-Ouest, et la limite de prises est de un ours à vie. Les estimations des effectifs pour cette région sont fondées sur une seule étude de terrain (Miller et al., 1982). Le nombre de permis à la disposition des résidents est illimité, mais la demande et la récolte sont faibles (A. Veitch, comm. pers.). Il n’y a pas de saison de chasse à l’ours grizzli dans la majeure partie des Territoires du Nord-Ouest, la densité de population de l’ours grizzli y étant jugé faible.

Dans la région désignée des Inuvialuit (RDI), on poursuit les objectifs de gestion suivants : assurer la stabilité des effectifs en veillant à ce que la mortalité totale annuelle due à la chasse, à la protection de la vie humaine ou de la propriété et au braconnage demeure soutenable; permettre le rétablissement des populations s’il se produisait une surexploitation en abaissant les quotas ou en interdisant la chasse dans certaines zones; préserver la superficie actuelle d’habitat de l’ours grizzli (Nagy et Branigan, 1998). Les estimations de population pour cette région sont fondées sur sept études de terrain, réalisées à l’intérieur de la RDI et à sa périphérie. La récolte annuelle totale admissible (incluant les ours abattus pour protéger la vie humaine ou la propriété) est fixée à 3 p. 100 de la population subrégionale estimative d’ours de plus de deux ans. Quant à la récolte des femelles, la valeur de référence a été établie à 33 p. 100. Les quotas sont administrés et les étiquettes délivrées par le comité de chasseurs et de trappeurs d’Aklavik. Dans un des secteurs de gestion, le quota est fixé à trois ours, mais la troisième étiquette n’est disponible que si les deux premiers ours abattus sont des mâles. Tant les résidents que les non-résidents peuvent chasser dans la RDI.

Partout dans les Territoires du Nord-Ouest, les petits et les ours accompagnés de petits sont protégés, comme le sont les ours dans leur tanière. Les ours tués doivent être déclarés.

Critique

Il existe d’assez bonnes données de recensement pour la population d’ours de la RDI, et le plan de cogestion régit la récolte suivant des quotas prudents. Toutefois, le nombre total d’ours tués chaque année étant assez élevé, l’incidence de déclins des effectifs qui passeraient inaperçus serait considérable. Il faudrait exercer un suivi des effectifs.

Même si les récoltes annuelles moyennes sont faibles dans les monts Mackenzie et que la chasse par les non-résidents y est interdite, l’estimation de la population pour cette région remonte à un certain temps, et il faudrait la revoir. Il n’y a plus de saison de chasse à l’ours grizzli dans le reste des Territoires du Nord-Ouest, mais vu la progression rapide des altérations des habitats associée à l’exploitation des ressources, combinée à une très faible densité d’ours et à la vulnérabilité des populations, on devrait y procéder à l’estimation des populations et de leurs besoins en matière d’habitat et prendre les mesures qui s’imposent.


8.2.5 Nunavut

La gestion de l’ours grizzli au Nunavut est en évolution. Il n’existe aucune estimation officielle des effectifs pour le Nunavut (B. Patterson et M. Campbell, comm. pers.). Actuellement, le ministère du Développement durable du Nunavut recommande des quotas de récolte, qui sont administrés par des associations locales de chasseurs et de trappeurs. Des étiquettes, délivrées à la discrétion des associations, sont mises à la disposition des chasseurs de subsistance locaux ou sont vendues à des chasseurs non résidents dans le cadre de forfaits de chasse guidée. Les petits et les ours accompagnés de petits sont protégés, et les ours tués doivent être déclarés.

Critique

Comme l’ours grizzli est géré à titre de gibier au Nunavut, on doit recueillir des données sur les effectifs pour assurer une récolte soutenable. De plus, la possibilité d’une croissance soudaine et forte des activités d’exploitation des ressources nécessite la mise en œuvre de mesures adéquates de protection des populations et de leurs habitats.