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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’ours grizzli au Canada – Mise à jour

3. Répartition

Répartition mondiale

L’Ursus arctos est largement réparti dans la région holarctique (figure 12). Il est présent au Canada, aux États‑Unis et dans peut‑être au moins 42 pays d’Eurasie (Servheen et al., 1999). De nombreuses populations eurasiennes sont isolées, de petite taille et en voie de disparition. On estime que depuis le milieu du 19e siècle, l’Ursus arctos a perdu à l’échelle mondiale la moitié de son aire de répartition et de ses effectifs (Servheen, 1990). Dans les 48 États contigus des États‑Unis, l’Ursus arctos n’est plus présent que dans 2 p. 100 de l’aire de répartition qu’il occupait en 1800 (Servheen, 1999a).


Figure 12. Répartition mondiale de l’ours grizzli (ou ours brun)

Figure 12. Répartition mondiale de l’ours grizzli (ou ours brun)

Répartition canadienne

La répartition post‑glaciaire de l’Ursus arctos englobait pratiquement tout l’Ouest du Canada et s’étendait loin vers l’est. Des preuves fossiles et autres montrent qu’à l’époque préhistorique, l’espèce aurait apparemment été présente en Ontario (Peterson, 1965) et au Labrador (Elton, 1954; Speiss, 1976; Speiss et Cox, 1977; Veitch et Harrington, 1996).

La présence de l’ours grizzli au Labrador au cours de la période historique fait l’objet d’un débat. Le Labrador est spécifiquement exclu des descriptions de l’aire de répartition de l’espèce dans la plupart des documents de référence (voir par exemple Banfield, 1974; Servheen, 1990; Pasitschniak‑Arts, 1993; McLellan et Banci, 1999). Cependant, Elton (1954) et Veitch et Harrington (1996) font état pour le Labrador de mentions anecdotiques, remontant à seulement 1926, concernant le commerce de peaux d’ours qui auraient été des peaux de grizzli. Veitch et Harrington (1996) ont attribué la disparition de l’ours grizzli au Labrador à une chute prononcée du nombre de caribous et à la chasse. Ils pensaient en outre que cette disparition de l’ours grizzli a favorisé la colonisation de la toundra du Labrador par l’ours noir. Jonkel (1987) a contesté l’existence du « grizzli de l’Ungava », mais il a toutefois concédé que certains individus ont pu pousser leurs déplacements jusqu’à l’Est de la baie d’Hudson. Selon les renseignements disponibles, si une population se reproduisait au Labrador au cours de la période historique, sa densité et son abondance devaient être très faibles.

Au Canada, l’ours grizzli occupe actuellement un territoire estimé à 2 574 000 km2, soit 26 p. 100 de la masse continentale du pays (figure 3). Au cours de la période historique, l’aire de répartition de l’espèce a considérablement diminué tant au Canada que dans l’ensemble de l’Amérique du Nord, mais particulièrement dans les Prairies (figure 13). Les principales réductions coïncident avec l’arrivée des Européens et l’introduction des armes à feu. Cependant, aucune réduction de l’aire canadienne de répartition de l’espèce n’a été signalée depuis que le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a attribué le statut d’espèce vulnérable (dit aujourd’hui « espèce préoccupante ») à l’ours grizzli en 1991.