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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la baleine boréale au Canada – Mise à jour

Importance de l'espèce

La population de la baie d’Hudson et du bassin de Foxe est probablement endémique du Canada, mais la population des mers de Béring, des Tchouktches et de Beaufort et la population du détroit de Davis et de la baie de Baffin ne le sont pas. McLeod et al. (1993) affirment que la baleine boréale est une espèce relique (en termes tant géographiques qu’évolutionnaires) qui est probablement apparue dans l’hémisphère nord durant le Pliocène. Selon Tynan et DeMaster (1997) la baleine boréale pourrait constituer une espèce indicatrice des changements climatiques dans l’hémisphère nord, et revêt donc un intérêt particulier du point de vue scientifique. La baleine boréale est une espèce monotypique; son plus proche parent est la baleine franche australe (Eubalaena australis). La baleine boréale est désignée en péril à l’échelle mondiale, même si la population des mers de Béring, des Tchouktches et de Beaufort contient plus de 90 p. 100 des individus survivants du monde (Marine Mammal Commission, 1999).

Des baleines boréales sont prises par la chasse de subsistance en Alaska et en Russie, et une chasse à plus petite échelle est pratiquée par les Inuits dans l’Arctique canadien. La International Whaling Commission (IWC) réglemente la chasse en Alaska et en Russie. Au Canada, la chasse à la baleine boréale est cogérée par Pêches et Océans Canada et les conseils de gestion des ressources fauniques créés dans le cadre des accords sur des revendications territoriales. Ces conseils sont le Comité mixte de gestion de la pêche dans la région désignée des Inuvialuit et le Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut.

La baleine boréale était vitale pour les premières communautés humaines qui se sont établies le long des côtes de l’Arctique. La chasse à la baleine boréale pour la subsistance était une tradition dans la baie d’Hudson et le bassin de Foxe bien avant que les Anglais et les Américains n’y introduisent la chasse commerciale (Reeves et Mitchell, 1990). Les vestiges archéologiques révèlent que plusieurs espèces de baleines étaient chassées dans le nord du Canada il y a au moins 2 000 ans (Freeman et al., 1998). D’environ 1100 à 1440, les ancêtres des Inuits de l’est de l’Arctique canadien ont chassé la baleine boréale (Freeman et al., 1998). La chasse de cette espèce était l’une des plus importantes pour les Inuits; une seule baleine fournissait à un camp suffisamment de nourriture, d’huile et de matériaux de construction pour une année (CGRFN, 2000).

La chasse commerciale a eu une incidence profonde pour les Inuits et pour les espèces sauvages dont ils dépendaient pour survivre. Durant la plupart de la période de la chasse commerciale, les Inuits de la mer de Beaufort et du Nunavut ont bénéficié d’un approvisionnement abondant en muktuk et en viande de baleine boréale, sous-produits de l’exploitation commerciale de la baleine (Freeman et al., 1992; CGRFN, 2000). Cette facilité d’approvisionnement en muktuk auprès des chasseurs commerciaux a provoqué un arrêt de la chasse traditionnelle à la baleine boréale. Pour les Inuits, la fermeture des stations baleinières, auprès desquelles ils s’étaient habitués à vivre, a annoncé le début de temps très durs (Freeman et al., 1998). Les baleines boréales ayant été gravement décimées, ces cétacés ont perdu de leur importance pour la subsistance des Inuits (Reeves et Mitchell, 1990).

Aujourd’hui, l’importance de la baleine boréale pour l’homme réside dans le fait qu’elle pourrait être une ressource renouvelable pour la subsistance et la valeur esthétique (Reeves et Mitchell, 1990). La plupart des Inuits s’inquiètent de la perte de leurs connaissances sur la baleine boréale et sur la technique de chasse de cette espèce (CGRFN, 2000). Les Inuits souhaitent ardemment préserver leur culture, qui est intimement liée à la baleine boréale et à la chasse à la baleine, et plusieurs sont d’avis que le retour de la chasse à la baleine pourrait contribuer à préserver cette culture (CGRFN, 2000).

Des baleines boréales ont été chassées en nombre limité depuis 1990. Les Inuvialuit de l’ouest de l’Arctique ont débarqué une baleine boréale en 1991 et une autre en 1996 avec un permis du MPO. Une baleine boréale de la population du détroit de Davis et de la baie de Baffin a été prise en 1993, et cinq individus de la population de la baie d’Hudson et du bassin de Foxe ont été capturés depuis 1993.