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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la baleine boréale au Canada – Mise à jour

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COSEPAC
Résumé

Baleine boréale
Balaena mysticetus

Information sur l’espèce

La baleine boréale (Balaena mysticetus) (Linné, 1758) est un mysticète (baleine à fanons) de grande taille appartenant à la famille des Balénidés. Son corps est dominé par le noir, avec des régions blanches (sans pigmentation) au niveau du menton, des paupières, de l’insertion des nageoires pectorales, de la région ano-génitale, de la base de la queue et de la nageoire caudale.

Répartition

Les baleines boréales ont une répartition quasi circumpolaire dans l’hémisphère nord. Il existe trois populations reconnues au Canada. La population des mers de Béring, des Tchouktches et de Beaufort estive dans l’est de la mer de Beaufort et le golfe d’Amundsen et hiverne dans la mer de Béring. La population de la baie d’Hudson et du bassin de Foxe estive principalement dans le nord-ouest de la baie d’Hudson et le nord du bassin de Foxe et peut hiverner dans le nord de la baie d’Hudson et le détroit d’Hudson. La population du détroit de Davis et de la baie de Baffin estive dans la région du détroit de Lancaster et l’ouest de la baie de Baffin et hiverne dans le détroit de Davis.

Habitat

Les baleines boréales occupent des eaux marines dont les conditions varient de la mer libre à la banquise épaisse et étendue (mais non consolidée).

Biologie

La baleine boréale atteint la maturité sexuelle vers l’âge 25 ans, et les femelles donnent naissance à un seul baleineau tous les trois ans environ. Elles peuvent vivre plus de 100 ans. La croissance est rapide au cours de la première année (1,5 cm/jour) et semble ralentir à moins de 1 m/an après le sevrage. La structure de la population des mers de Béring, des Tchouktches et de Beaufort se répartit comme suit : 5 p. 100 de baleineaux (< 6 m), 54 p. 100 de juvéniles (de 6 à 13 m) et 41 p. 100 d’adultes (> 13 m), avec un rapport des sexes équilibré. Une ségrégation des classes d’âge a été enregistrée dans les trois populations. Les migrations de printemps et d’automne le long de la côte nord de l’Alaska se déroulent selon des modalités dictées par la structure d’âge. Dans l’est de l’Arctique canadien, les juvéniles et les femelles avec leurs baleineaux tendent à demeurer à l’écart du reste des adultes au cours de l’été. Les baleines boréales se nourrissent de zooplancton, en particulier les euphausiacés et les copépodes. Parmi les caractéristiques adaptatives de l’espèce, on relève une extrême longévité, une énorme capacité de stockage de réserves énergétiques, une ouïe assez développée pour la navigation dans les glaces et les communications à longue distance et une tête profilée portant une « couronne » qui leur permet de défoncer la banquise pour respirer.

Taille et tendances des populations

Toutes les populations ont été gravement décimées par la chasse à la baleine intensive qui a été pratiquée avant le XXe siècle. En 2001, la population des mers de Béring, des Tchouktches et de Beaufort comptait environ 10 470 individus (de 8 100 à 13 500, IC de 95 p. 100), pour un taux d’accroissement annuel estimé à 3,4 p. 100 (de 1,7 à 5,0 p. 100, IC de 95 p. 100).

La population de la baie d’Hudson et du bassin de Foxe comptait au moins 345 individus au milieu des années 1990. Ce chiffre n’a pas été corrigé pour tenir compte des baleines immergées qui seraient passées inaperçues lors des relevés aériens, et représente la somme des estimations de 270 individus dans le nord du bassin de Foxe (de 210 à 331, IC de 95 p. 100) et de 75 individus dans le nord-ouest de la baie d’Hudson (de 17 à 133, IC de 95 p. 100). En 2003, la meilleure estimation partielle pour la population de la baie d’Hudson et du bassin de Foxe (corrigée pour les baleines immergées) faisait état de 1 026 individus (de 338 à 3 124, IC de 95 p. 100, avec un facteur de correction de 3,8).

La population du détroit de Davis et de la baie de Baffin comptait au moins 11 000 individus avant l’avènement de la chasse commerciale. On y a dénombré au moins 375 individus au début des années 1990 (de 315 à 435, IC de 95 p. 100, estimations non corrigées), mais des relevés plus exhaustifs menés en 2003 en sont arrivés à une estimation partielle (corrigée pour tenir compte des individus immergés) allant de 1 539 (de 631 à 3 770, IC de 95 p. 100) à 1 944 individus (de 797 à 4 762, IC de 95 p. 100).

La meilleure estimation partielle, en date de 2002, pour toutes les populations de baleines boréales de l’est de l’Arctique canadien est de 5 016 individus (de 2 611 à 9 633, IC de 95 p. 100) (c’est-à-dire la population du détroit de Davis et de la baie de Baffin plus la population de la baie d’Hudson et du bassin de Foxe).

Les données quantitatives sont insuffisantes pour dégager une quelconque tendance dans les deux populations de l’est de l’Arctique.

Facteurs limitatifs et menaces

La baleine boréale est un animal d’une taille imposante et d’une grande longévité; son taux de fécondité est peu élevé et ses populations sont de petite taille. Elle occupe une niche relativement étroite dans les latitudes de l’Extrême-Arctique et peut être touchée par une série de facteurs anthropiques (le bruit sous-marin et le braconnage) et par les changements climatiques susceptibles de faire fondre la banquise, réduisant d’autant les refuges contre la prédation par les épaulards.

Importance de l’espèce

La chasse à la baleine boréale est pratiquée par les peuples autochtones de l’Alaska pour la subsistance et à des fins culturelles. Les Inuits chassent l’espèce à beaucoup plus petite échelle dans l’Arctique canadien.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Toutes les populations de baleines boréales occupant les eaux territoriales canadiennes ont été désignées menacées en 1980. Le dernier examen du statut de la population de la mer de Beaufort remonte à 1986. L’espèce est protégée par la loi canadienne en vertu du Règlement sur les mammifères marins de 1982; la chasse n’est autorisée que pour les détenteurs d’un permis à cet effet. Aux États-Unis, les baleines boréales sont actuellement désignées en voie de disparition (Endangered) aux termes de la Endangered Species Act of 1973 des États-Unis et affaiblies (Depleted) aux termes de la Marine Mammal Protection Act of 1972 des États-Unis.