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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la baleine boréale au Canada – Mise à jour

Habitat

Besoins en matière d’habitat

Les baleines boréales occupent des eaux marines dont les conditions varient de la mer libre à la banquise épaisse et étendue (mais non consolidée). Elles sont capables de briser la glace épaisse (plus de 20 cm) pour respirer et savent naviguer sous de grandes étendues de banquise (George et al., 1989). Lorsque les baleines boréales atteignent leur aire d’estivage, leur activité première est de se nourrir (Thomas, 1999; Würsig et al., 2001). Ainsi, leurs besoins en habitat durant cette période varient selon la distribution de leur première source alimentaire (le zooplancton), qui dépend elle-même de la température et de la salinité de l’eau, de la disponibilité des nutriments et de l’intensité lumineuse (Mackas et al., 1985). Ces facteurs, de même que les différences dans les propriétés des masses d’eau, influencent la répartition et l’abondance du zooplancton (Simard et al., 1986; Castel et Veiga, 1990). Les processus physiques, dans la mer de Beaufort, varient considérablement d’année en année, causant une variation dans la répartition et l’abondance du zooplancton (Griffiths et Thomson, 2001).

En juillet, dans leur aire d’estivage, les baleines boréales de la population des mers de Béring, des Tchouktches et de Beaufort semblent se regrouper dans la moitié ouest du golfe d’Amundsen, dans les zones profondes (> 200 m) où la dislocation des glaces est précoce. Avant la fin d’août, elles se seront déplacées plus à l’ouest dans des eaux moins profondes (< 100 m), à l’est et à l’ouest du delta du Mackenzie (Richardson et al., 1987a). Les subadultes (< 10 m de longueur) sont le groupe dominant dans les eaux peu profondes (< 20 m) près de la côte au cours de la migration d’automne dans la partie alaskienne de la mer de Beaufort; les petits subadultes sont de moins en moins nombreux et la proportion de gros subadultes et d’adultes augmente progressivement avec la profondeur de l’eau (Koski et Miller, 2001). Par des observations et des relevés aériens, Moore et al. (2000) ont constaté que les baleines boréales préfèrent les eaux littorales du plateau continental (≤ 50 m) et les glaces minces en automne. Moore (2000) a également démontré que les baleines boréales choisissent les eaux littorales peu profondes du plateau (≤ 50 m) lorsque le couvert de glace est faible à moyen et un habitat de talus plus profond (de 201 à 2 000 m) dans des conditions de glace épaisse. Certains adultes estivent loin des côtes, dans la banquise ou à la limite des glaces (Richardson et al., 1987a; Koski, comm. pers., 1999).

Les baleines boréales du bassin de Foxe se regroupent le long de la limite de la banquise côtière en juin et en juillet, avant la dislocation des glaces. Les baleines fréquentent la bordure de la banquise pour socialiser et se nourrir, peut-être parce que cet habitat offre à la fois de la nourriture et un refuge (Thomas, 1999).

Dans la baie Isabella (côte est de l’île de Baffin), les baleines se rassemblent dans des secteurs correspondant aux grandes lignes du profil bathymétrique (Finley, 1990; Finley et al., 1994) : la plupart des activités de quête de nourriture ont lieu dans deux fosses profondes où la nourriture est concentrée, alors que les activités sociales et sexuelles se déroulent surtout sur le banc Isabella, peut-être parce que celui-ci offre une protection contre les épaulards, les tempêtes et les forts courants (Finley, 1990; Finley et al., 1994).


Tendances en matière d’habitat

Les coordonnées géographiques des observations de baleines boréales pendant la migration d’automne varie considérablement d’une année à l’autre (Koski et Miller, 2001). Il en va de même dans leurs aires d’estivage, dans la partie canadienne de la mer de Beaufort (Richardson et al., 1987a; Moore et Reeves, 1993). La quasi-absence de baleines boréales dans le nord du bassin de Foxe en août 1999, alors qu’elles y sont d’habitude nombreuses, a suscité plusieurs interrogations sur les modes de répartition de la population de la baie d’Hudson et du bassin de Foxe (Cosens et Blouw, 2003). Koski et Miller (2001) jugent que cette variation interannuelle est liée à l’abondance locale des proies de la baleine boréale et à la fluctuation des limites entre les masses d’eau, qui influe sur le zooplancton (Griffiths et Thomson, 2001; Griffiths et al., 2001).

L’exploitation pétrolière dans la partie alaskienne de la mer de Beaufort pourrait forcer les baleines boréales à migrer plus au large. Richardson et al. (1995) ont observé un comportement d’évitement relativement à des navires d’exploration sismique actifs distants de 20 km. Par contre, il n’a pas été démontré que les perturbations liées à l’exploitation pétrolière et gazière ont un effet sur le taux de croissance de la population.


Protection et propriété

L’habitat de la baleine boréale jouit au Canada d’une protection éventuelle en vertu de la Loi sur les pêches, qui interdit la destruction de tout habitat des poissons (article 32 et paragraphe 27(2) de la Loi sur les pêches). Une zone de protection marine est en cours de création à Igaliqtuuq, près de Clyde River, dans le cadre du plan de conservation des baleines boréales d’Igaliqtuuq (Moshenko et al., 2003). Le groupe de travail sur les océans de la baie d’Hudson élabore un plan intégré de gestion pour la baie d’Hudson visant à protéger, à conserver et à assainir l’écosystème de la baie (Oceans Canada, 2002). Bien que la mer de Beaufort ne contienne encore aucune zone de protection marine, un programme de suivi fondé sur les captures, nommé Tariuq (l’océan), a été entrepris par les pêcheurs locaux et vise l’écologie, la gestion et les contaminants de la mer de Beaufort du sud (Oceans Canada, 2002). En outre, la mer de Beaufort et le golfe d’Amundsen chevauchent la région désignée des Inuvialuit. De ce fait, tout projet susceptible d’y perturber l’habitat doit être soumis à un examen, voire à une consultation publique, en vertu du processus d’examen et de consultation prévu par la Convention définitive des Inuvialuit. Dans la région du Nunavut, les projets susceptibles de perturber l’habitat de la baleine boréale sont initialement examinés par la Commission du Nunavut chargée de l’examen des répercussions, qui transmet ses conclusions à d’autres entités comme le MPO et le Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut (CGRFN).