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Chabot pygmée du lac Cultus (Cottus sp.)

Évaluation et Rapport
de situation du COSEPAC

sur le 

chabot pygmée du lac Cultus

Cottus sp.

au Canada

chabot pygmée du lac Cultus

texte:Espèce menacée

 COSEPAC logo


Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

Nota : Toute personne souhaitant citer l’information contenue dans le rapport doit indiquer le rapport comme source (et citer l’auteur); toute personne souhaitant citer le statut attribué par le COSEPAC doit indiquer l’évaluation comme source (et citer le COSEPAC). Une note de production sera fournie si des renseignements supplémentaires sur l’évolution du rapport de situation sont requis.

COSEPAC 2000. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le chabot pygmée du lac Cultus (Cottus sp.) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.Ottawa . vii + 11 p.

(http://www.registrelep-sararegistry.gc.ca/sar/assessment/status_f.cfm).

COFFIE, P.A. 1997. Rapport du COSEPAC sur la situation du chabot pygmée du lac Cultus (Cottus sp.) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. Pages 1-11.

Note de production :

Veuillez remarquer que le statut proposé à la section « Évaluation et statut proposé » du rapport peut différer de la dernière désignation assignée à l’espèce par le COSEPAC.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC

a/s Service canadien de la faune

Environnement Canada

Ottawa (Ontario)

K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215

Téléc. : (819) 994-3684

Courriel : COSEWIC/COSEPAC@ec.gc.ca

http://www.cosepac.gc.ca

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Cultus Pygmy Sculpin Cottus sp. in Canada.

Illustration de la couverture :

Chabot pygmée du Lac Cultus – Réjean Roy – D’après Nature.

©Ministre de Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, 2002

No de catalogue CW69-14/138-2002F-IN

ISBN 0-662-32114-6

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COSEPAC Sommaire de l’évaluation

 

Sommaire de l’évaluation -- Novembre 2000

Nom commun : Chabot pygmée du lac Cultus

Nom scientifique : Cottus sp.

Statut : Espèce menacée

Justification de la désignation : Cette espèce endémique de la Colombie-Britannique est limitée à un petit lac se trouvant dans un secteur touché par le développement industriel et urbain. L’espèce est également la proie des salmonidés qui coexistent dans le lac.

Répartition : Colombie-Britannique

Historique du statut : Espèce désignée « préoccupante  » en avril 1997. Réexamen du statut : l’espèce a été désignée « menacée » en novembre 2000. Dernière évaluation fondée sur un rapport de situation existant.

 

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COSEPAC Résumé du Rapport de situation de 1997

 

Chabot pygmée du lac Cultus

Cottus sp.

 

Description

Les chabots pygmées (Cottus sp.) du lac Cultus constituent une population limnique de cottidés de petite taille qui dériveraient évolutivement du Cottus aleuticus et qui semblent endémiques des eaux profondes du lac Cultus, situé dans le bassin du fleuve Fraser, dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique.

Cette forme n’a pas été officiellement décrite, et on ne connaît pas l'origine du nom commun; on sait seulement que l'espèce ne se rencontre que dans le lac Cultus, et il semble que le nom soit bien établi localement. La forme parente, le chabot côtier (Cottus aleuticus), est typique du genre, avec une tête large et trapue et un corps qui s’effile vers l’arrière jusqu’à un pédoncule caudal déprimé latéralement et modérément haut. Le corps élancé mesure en moyenne de 7,6 cm à 10,2 cm. On note une épine préoperculaire très développée et un certain nombre de pores préoperculo-mandibulaires, dont un est situé au bout du menton. Les nageoires pectorales sont larges et en éventail, et les nageoires pelviennes sont petites. Il y a deux nageoires dorsales, la nageoire caudale est légèrement arrondie, et la nageoire anale est longue. Il n'y a pas d'écailles types, mais on trouve des petits piquants derrière chacune des nageoires pectorales. Ces poissons (Cottus aleuticus) sont de couleur brun à gris avec des taches foncées; les flancs sont plus pâles et la face ventrale est presque blanche. Ils présentent généralement deux ou trois taches en forme de selle sur les flancs, sous la deuxième nageoire dorsale. Les nageoires portent une pigmentation, formant habituellement des barres. Les juvéniles sont dépourvus de pigmentation sur les nageoires, et les mâles en période de fraye sont généralement plus foncés et portent une bande orangée sur le bord de la première nageoire dorsale.

La morphologie de la forme limnique du lac Cultus est nettement différente de celle du Cottus aleuticus. Les poissons du lac Cultus sont beaucoup plus petits et ressemblent à des larves, leur longueur maximale est de 50 mm, leur densité osseuse est réduite, leur teneur en lipides sous-cutanés est accrue et de gros pores sont présents sur la tête.

Répartition

Le chabot pygmée du lac Cultus semble endémique des eaux profondes du lac Cultus, situé dans le bassin du fleuve Fraser, dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique.

Taille et tendances de la population

Nous ne disposons pas d’information sur la taille de la population, ni d’indications permettant de déterminer des tendances démographiques. Il semble que ce chabot soit endémique du lac Cultus (de 3 000 à 10 000 individus) et se reproduise avec succès.

Habitat

Il s’agit d’une forme limnique confinée aux eaux profondes d’un lac de montagne de faible altitude. La fraye n'a pas été observée directement, mais a probablement lieu dans les eaux profondes du lac. On ne retrouve pas le poisson dans les eaux côtières, et il ne s'y reproduit probablement pas, pas plus que dans les affluents et les émissaires, qui sont saisonniers et s'assèchent durant l'été.

Biologie générale

L'observation de femelles portant de gros œufs indique que la fraye débute à la fin mai ou au début juin et peut continuer pendant tout l'été avec un pic en juillet. On ne connaît pas le sort des alevins nouvellement éclos. Chez la forme parente, les larves deviennent planctoniques et n’adoptent un mode de vie benthique que 32 à 35 jours après l'éclosion.

Ce chabot atteint la maturité sexuelle à l'âge de trois ans. On n'a pas d'information sur sa croissance, mais sa taille maximale est d'environ 5,0 cm; son âge maximal n'est pas connu, mais il est de quatre ans chez la forme parente.

Le régime alimentaire se compose de Daphnia sp., de larves et de pupes de chironomes, d’Epischura sp., d'ostracodes, de Bosmina sp. et de Cyclops sp., et peut‑être aussi de cottidés de plus petite taille. Les relations de prédation demeurent incertaines. Cette forme est la proie de la Dolly Varden, Salvelinus malma, qui est aussi confinée aux eaux profondes du lac. La truite fardée, Oncorhynchus clarki, et le saumon coho, Oncorhynchus kisutch, peuvent se nourrir des larves, mais ne rencontrent que très rarement les adultes puisque ces salmonidés se nourrissent à proximité de la surface de l'eau.

Les adaptations morphologiques (densité osseuse réduite et teneur accrue en lipides sous-cutanés) représentent sans doute des adaptations aux migrations verticales dans la partie supérieure de la zone limnique.

Facteurs limitatifs

Ce chabot est la proie de la Dolly Varden et de la truite fardée, et toute augmentation des populations de salmonidés pourrait réduire ou éliminer cette population. L'ensemencement d'espèces exotiques comme le crapet-soleil (Lepomis gibbosus) et la barbotte brune (Ameirus nebulosus) constitue probablement la menace la plus grave pour cette population.

Protection

Cette forme ne jouit d’aucune protection particulière.


COSEPAC logo

MANDAT DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

DÉFINITIONS

 

Espèce : Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D) : Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC) : Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)* : Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M) : Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)** : Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)*** : Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)**** : Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

* : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

** : Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

*** : Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

**** : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Environment Canada         Environnement Canada

Canadian Wildlife Service          Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.


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Abrégé

 

Les chabots pygmées (Cottus sp.) du lac Cultus constituent une population limnique de cottidés de petite taille qui dériveraient évolutivement du Cottus aleuticus et qui semblent endémiques des eaux profondes du lac Cultus, situé dans le bassin du fleuve Fraser, dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique. On ne dispose pratiquement d’aucune information sur ces poissons, dont la population ne semble menacée que du fait de sa répartition limitée.

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Information sur l’espèce

 

Introduction

Le chabot pygmée du lac Cultus (Cottus sp.) ne se retrouve que dans le lac Cultus, situé dans le bassin du fleuve Fraser, dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique. La forme est endémique du Canada, mais un poisson semblable existe dans le lac Washington, près de Seattle, dans l’État de Washington (Larson et Brown, 1975; McPhail et Lindsey, 1986). Ces deux formes semblent avoir évolué indépendamment; c’est un cas d’évolution parallèle indépendante (voir Cannings, 1993). Les deux formes dérivent du chabot côtier (Cottus aleuticus, Gilbert, 1985), espèce largement répandue dans les cours d’eau côtiers du Pacifique, du centre de la Californie jusqu’à l'île Kiska et au fleuve Kobuk, en Alaska (Scott et Crossman, 1974; Wallace, 1980).

Si le chabot du lac Cultus est mentionné par Scott et Crossman (1974) dans la section sur le Cottus aleuticus, la seule étude connue de cette forme est celle de Ricker (1960). Ce chabot a été classé dans la catégorie G1 à l’échelle mondiale et dans la catégorie provinciale S1 suivant la classification du Conservation Data Centre et de Nature Conservancy, et placé sur la liste rouge provinciale (voir Cannings, 1993, p. 2-6); c’est donc un poisson dont la situation est préoccupante, mais qui n’avait pas jusqu’ici été considéré par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Le présent rapport vise à faire la synthèse de l’information existante pour déterminer quelle est la situation de cette population.

Description

La famille des cottidés constitue un groupe distinct de poissons appartenant à l’ordre des Scorpaeniformes, mais ressemblant à des Perciformes, qui présentent nombre de traits morphologiques reflétant le mode de vie benthique de cette famille. Les chabots sont des poissons à grosse tête et à corps trapu, avec de grandes nageoires pectorales. Le corps s’effile de la tête à la queue pour former un pédoncule caudal relativement étroit. On observe une dorsale épineuse et une dorsale à rayons mous, ainsi qu’une ou plusieurs épines préoperculaires (McPhail et Lindsey, 1970). Les chabots sont avant tout des espèces marines des mers arctiques et tempérées, mais certaines espèces de la famille sont largement répandues dans les eaux douces de l’hémisphère Nord. On trouve huit espèces dans les eaux douces du Canada, dont six en Colombie-Britannique (Scott et Crossman, 1974). Les chabots d’eau douce sont généralement des poissons de petite taille, qui dépassent rarement une longueur totale de 18 cm, à l’exception du chabot piquant, Cottus asper, qui peut mesurer jusqu’à 31 cm.

Il ne semble pas exister de description officielle du chabot pygmée du lac Cultus, à l’exception de celle de Ricker (1960), et on ne connaît pas l'origine du nom commun; on sait seulement que la forme ne se rencontre que dans le lac Cultus, et il semble que le nom soit bien établi localement (Peden, 1990; McPhail et Carveth, 1992; Cannings, 1993). La forme parente, le chabot côtier (Cottus aleuticus) (figure 1), est typique du genre, avec sa tête large et trapue et son corps qui s’effile vers l’arrière jusqu’à un pédoncule caudal déprimé latéralement et modérément haut. Le corps élancé mesure en moyenne de 7,6 cm à 10,2 cm de longueur totale (Scott et Crossman, 1974). On note une épine préoperculaire très développée, et de nombreux pores préoperculo-mandibulaires (10-1-10), dont un est situé au bout du menton. Les nageoires pectorales sont larges et en éventail, avec de 13 à 16 rayons mous, et les nageoires pelviennes sont petites. Il y a deux nageoires dorsales, la première avec de 8 à 10 épines, la seconde, plus grande, avec de 16 à 20 rayons mous. La nageoire caudale est légèrement arrondie; la nageoire anale est longue, et compte de 12 à 16 rayons mous. Il n'y a pas d'écailles types, mais on trouve des petits piquants derrière chacune des nageoires pectorales. La ligne latérale est complète et compte de 34 à 44 pores (Scott et Crossman, 1974).

 Le chabot côtier, Cottus aleuticus

Figure 1.  Le chabot côtier, Cottus aleuticus. La forme du lac Cultus est plus petite (5 cm contre de 7 à 10 cm) et porte des pores de grosse taille sur la tête.


Le chabot côtier (Cottus aleuticus) a une livrée de brune à grise avec des marbrures foncées, qui est plus pâle sur les flancs et presque blanche sur la face ventrale. On note généralement deux ou trois marques foncées en forme de selle sur les flancs, sous la seconde dorsale. Les nageoires portent une pigmentation formant généralement des barres. Les jeunes sont dépourvus de pigmentation sur les nageoires, et les mâles en période de fraye sont généralement plus foncés et portent une bande orange sur le bord de la première nageoire dorsale (Scott et Crossman, 1974).

La morphologie de la forme limnique du lac Cultus semble nettement modifiée par rapport à la forme parente, soit le Cottus aleuticus. Les poissons sont beaucoup plus petits et ressemblent à des larves, leur longueur maximale est de 50 mm, leur densité osseuse est réduite, leur teneur en lipides sous-cutanés est accrue et de gros pores sont présents sur la tête (Ricker, 1960; Cannings, 1993). McPhail juge qu’il s’agit là d’un exemple d’évolution néoténique (information communiquée à Cannings, 1993). Comme le signalent Larson et Brown (1975) au sujet des formes du lac Washington, toute décision quant au statut de ces chabots doit être retenue tant qu’on ne connaît pas leur degré d’isolement reproductif par rapport au Cottus aleuticus. Selon Ricker (1960, p. 932), on pourrait considérer cette population comme une « relique » au sens écologique, mais pas au sens géographique.

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Répartition

 

Le chabot pygmée du lac Cultus semble endémique des eaux profondes du la Cultus, situé dans le bassin du fleuve Fraser, dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique (figure 2).

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Protection

 

Cette forme ne jouit d’aucune protection particulière, mais une protection générale pourrait, le cas échéant, être assurée par la législation provinciale sur la faune et les espèces en péril.

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Taille et tendances des populations

 

Nous ne disposons pas d’information sur la taille de la population, et aucune indication ne nous permet de dégager des tendances démographiques. Il semble que cette espèce soit commune dans le lac Cultus (de 3 000 à 10 000 individus) et se reproduise avec succès. Les premiers spécimens ont apparemment été recueillis par Ricker en 1934 (Ricker, 1960), et les spécimens recueillis en 1942 et 1951 sont conservés dans la collection du Institute of Fisheries de la University of British Columbia (BC 55-136, BC 54-433). Cannings (1993) estime que l’effectif de la population est de l’ordre de 3 000 à 10 000 individus, mais note qu’aucune tendance n’est perceptible.

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Habitat

 

Il s’agit d’une forme limnique confinée aux eaux profondes d’un lac de montagne de faible altitude. La fraye n'a pas été observée directement, mais a probablement lieu dans les eaux profondes du lac (Ricker, 1960). On n’observe pas le poisson dans les eaux côtières, et il ne s'y reproduit probablement pas, pas plus que dans les affluents et les émissaires, qui sont saisonniers et s'assèchent durant l'été (Ricker, 1960).

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Biologie générale

 

La fraye n’a pas été observée, et on ne sait pas avec certitude où elle a lieu. L'observation de femelles portant de gros œufs indique que la fraye débute à la fin mai ou au début juin et peut continuer pendant tout l'été (Ricker, 1960) avec un sommet en juillet. On ne connaît pas le sort des alevins nouvellement éclos. Chez la forme parente, les larves deviennent planctoniques et n’adoptent un mode de vie benthique que de 32 à 35 jours après l'éclosion (Scott et Crossman, 1974).

 Répartition canadienne du chabot pygmée du lac Cultus (Cottus sp.)

Figure 2. Répartition canadienne du chabot pygmée du lac Cultus (Cottus sp.).

 

Par approximation fondée sur les groupes de taille, Ricker (1960) a construit une structure d’âge possible pour cette population; il a conclu que les poissons atteignent la maturité sexuelle dans leur troisième année. On ne dispose d’aucune information sur la croissance, mais la taille maximale est d'environ 5,0 cm (Ricker, 1960). L’âge maximal n'est pas connu, mais il est de quatre ans chez la forme parente (Scott et Crossman, 1974).

Le régime alimentaire se compose de Daphnia sp., de larves et de pupes de chironomes, d’Epischura sp., d'ostracodes, de Bosmina sp. et de Cyclops sp. On a trouvé dans l’estomac d’un chabot de 37 mm un petit cottidé de 14 mm de longueur (Ricker, 1960).

Les relations de prédation demeurent incertaines. Cette forme est la proie de la Dolly Varden, Salvelinus malma, qui est aussi confinée aux eaux profondes du lac. Ricker signale la présence d’une centaine de ces chabots dans l’estomac d’une Dolly Varden. La truite fardée, Oncorhynchus clarki, et le saumon coho, Oncorhynchus kisutch, peuvent se nourrir des larves, mais ne rencontrent que très rarement les adultes puisque ces salmonidés se nourrissent à proximité de la surface de l'eau (Ricker, 1960). Entre décembre et mars, aucun chabot n’a été retrouvé dans l’estomac des Dolly Varden (Ricker, 1960), mais cela peut s’expliquer par des différences dans le comportement alimentaire de ce salmonidé plutôt que par l’activité des chabots. Rien n’indique que le chabot pygmée du lac Cultus se nourrisse des œufs et des alevins de Dolly Varden ou de saumon, comme c’est le cas pour la forme parente (Scott et Crossman, 1974).

Les adaptations morphologiques (densité osseuse réduite et teneur accrue en lipides sous-cutanés) représentent sans doute des adaptations aux migrations verticales dans la partie supérieure de la zone limnique (Cannings, 1993).

On ne dispose d’aucune information sur les parasites de cette forme. Seuls deux parasites ont été signalés chez la forme parente, les protozoaires Cryptobia lynchi et Cryptobia salmositica (Hoffman, 1967).

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Facteurs limitatifs

 

La population se reproduit avec succès, et on peut penser qu’elle est stable, mais on ne dispose d’aucune preuve à ce sujet. Ce chabot est la proie de la Dolly Varden et de la truite fardée, et toute augmentation des populations de salmonidés pourrait réduire ou éliminer cette population.

La menace la plus grave pour cette population est probablement l'ensemencement d'espèces exotiques comme le crapet-soleil (Lepomis gibbosus) et la barbotte brune (Ameirus nebulosus), qui peuvent faire disparaître en deux ans les populations de petits poissons dans les lacs de faible étendue (McPhail, 1989).

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Importance de l'espèce

 

Cette forme présente un intérêt pour l’homme en ceci qu’elle est (ou a été) utilisée comme espèce fourrage pour les salmonidés; elle présente de plus un intérêt scientifique considérable comme exemple d’évolution néoténique. L’existence d’un poisson semblable dans un lac de l’État de Washington est aussi intéressante, car on pourrait se trouver en présence d’un cas d’évolution parallèle indépendante.

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Évaluation

 

Cette forme est confinée au lac Cultus et n’est endémique que du Canada. C’est une espèce rare, qui est en péril du fait même que sa répartition est limitée.

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Résumé technique

 

ESPÈCE :

Chabot pygmée du lac Cultus, Cottus sp.

Cultus Pygmy Sculpin 

 

RÉPARTITION

  • Zone d’occurrence :              < 100 km2
  • Zone d’occupation :              < 100 km2

INFORMATION SUR LES POPULATIONS

  • Nombre total d’individus au Canada :  inconnu
  • Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada :  inconnu
  • Durée d’une génération :  3 ans
  • Tendance de la population totale : jugée stable
  • Taux de déclin (le cas échéant) de la population totale :  _%_ans/générations
  • Si les données couvrent moins de 10 ans ou de 3 générations :  % déclin en _ans
  • Nombre de sous-populations :  0
  • La population totale est-elle fragmentée?  non
  •             Nombre d’individus dans chaque sous-population :
  •             Nombre d’emplacements toujours existants :  1
  •             Nombre d’emplacements aujourd’hui disparus :  0
  • L’espèce connaît-elle des fluctuations d’effectif?   inconnu

POTENTIEL DE SAUVETAGE

  • L’espèce existe-t-elle à l’extérieur du Canada?   non
  • Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?  __oui ___non
  • Les individus immigrants survivraient-ils au Canada?  __oui ___non
  • Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible pour les individus immigrants? __oui ___non

MENACES

Menace inhérente d’extinction attribuable au fait que la seule population à l’échelle mondiale se trouve dans un petit lac d’une région assujettie à l’exploitation industrielle et à l’urbanisation. L’espèce est aussi la ressource alimentaire des salmonidés qui coexistent dans le lac.

STATUT ET JUSTIFICATION

Classification CDC G1, S1; liste rouge provinciale; COSEPAC – en voie de disparition D2 : la population totale à l’échelle mondiale se trouve dans un petit lac d’une région assujettie à l’exploitation industrielle et à l’urbanisation. L’espèce est aussi la ressource alimentaire des salmonidés qui coexistent dans le lac.


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Remerciements

 

La production de ce rapport a été financée par le Fonds mondial pour la nature (Canada). L’accès à la collection de la University of British Columbia a été assuré par R. Carveth grâce à la collaboration de R. Campbell.

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Ouvrages cités

 

Cannings, S. G. 1993. Rare freshwater fish of British Columbia. British Columbia Conservation Data Centre. Rapport à la Fisheries Branch, Ministry of Environment, Lands and Parks de la Colombie Britannique, Victoria (Colombie-Britannique).

Hoffman, G. L. 1967. Parasites of North American freshwater fishes, University of California Press, Los Angeles (Californie).

Larson, K. W., et G. W. Brown Jr. 1975. Systematic status of a midwater population of freshwater Sculpin (Cottus) from Lake Washington, Seattle, Washington. Journal of the Fisheries Research Board of Canada 32:21-28.

McPhail, J. D. 1989. Status of the Enos Lake stickleback species pair. Canadian Field Naturalist 103(2): 216-219.

McPhail, J. D., et R. Carveth. 1990. A foundation for conservation: the nature and origin of the freshwater fish fauna of British Columbia. Rapport inédit à la Fisheries Branch, Ministry of the Environment, Lands and Parks de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique).

McPhail, J. D., et C. C. Lindsey. 1970. Freshwater fishes of northwestern Canada and Alaska.Office des recherches sur les pêcheries du Canada, Bulletin 173.

McPhail, J. D., et C. C. Lindsey. 1986. Zoogeography of freshwater fishes of Cascadia (the Columbia System and rivers north to the Stikine). Pages 615-637, in
C. H. Hocutt et E. O. Wily (éd.), The zoogeography of North America freshwater fishes. John Wiley and Sons, Toronto (Ontario).

Peden A. E. 1990. Freshwater fishes, in R. A. Cannings et A. P. Harcombe (éd.), The vertebrates of British Columbia: scientific and English names. Heritage record 20, Royal British Columbia Museum Wildlife Report R-24. Wildlife Branch, Ministry of the Environment de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique).

Ricker, W. E. 1960. A population of dwarf Coastrange Sculpins (Cottus aleuticus). Journal of the Fisheries Research Board of Canada 17: 929-932.

Scott, W. B. et E. G. Crossman. 1974. Poissons d'eau douce du Canada. Conseil de recherches sur les pêcheries du Canada, Bulletin 184.

Wallace, R. L. 1980. Cottus aleuticus Gilbert, Coastrange Sculpin. Page 801, Atlas of North American freshwater fishes. D. S. Lee, C. R. Gilbert, C. H. Hocutt,
R. E. Jenkins, D. E. McAllister et Jay R. Stauffer, Jr. North Carolina State Museum of Natural History, North Carolina Biological Survey Publication 1980-12.


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L’auteure

 

P.A. Coffie, programmeur indépendant et grand amateur de pêche sportive, s’intéresse depuis toujours aux poissons d'eau douce. Pour mieux connaître ces poissons, il a accumulé de vastes connaissances sur les poissons d'eau douce de l’Est du Canada et leur habitat.

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