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Évaluation et Rapport du COSEPAC sur la situation de l’arméria de l’Athabasca (ssp. interior) au Canada – Mise à jour

Facteurs limitatifs et menaces


Facteurs naturels

L’Armeria maritima ssp. interior est limitée par la petite taille de sa population et par la superficie réduite de son habitat.


Facteurs anthropiques

Routes- Lors de la rédaction du rapport du COSEPAC de 1981 (Argus, 1981), la construction proposée d’une route du lac Cluff à la rive sud du lac Athabasca aurait rendu les dunes de l’Athabasca accessibles à l’activité humaine. Cependant il est probable que cette route sera remplacée par une autre allant de Points North au lac Black, et la route du lac Cluff semble donc ne plus devoir constituer un facteur limitatif important (Bihun, comm. pers.).

Visiteurs - Les touristes qui parcourent le parc ainsi que les visiteurs occasionnels en provenance d’Uranium City, et notamment ceux qui se déplacent en véhicule tous terrains, peuvent nuire fortement à l’écosystème des dunes de sable. Actuellement, Uranium City compte environ 200 habitants. Des études de faisabilité sont en cours en vue de l’ouverture possible d’une mine d’or dans ce secteur (Bihun, comm. pers.). Le risque lié à la circulation de véhicules tous terrains dans les dunes est réel, bien que cette activité soit interdite dans le parc. La réglementation régissant l’utilisation du parc peut être bonne, mais peut-on la mettre à exécution? On ignore dans quelle mesure il est possible de modifier la réglementation pour y inclure ces usages multiples.

Le tourisme est en croissance dans la région du lac Athabasca. Actuellement, la principale activité est le trafic d’embarcations en provenance de Fort McMurray, en Alberta, mais peu de pêcheurs semblent s’aventurer sur les dunes. L’écotourisme, cependant, suscite de plus en plus d’intérêt dans le Nord de la Saskatchewan. Les expéditions en canot sur la rivière Fond du Lac à destination des dunes de sable sont de plus en plus fréquentes (une conférence sur une telle expédition a été présentée par l’Association canadienne de canotage récréatif à Merrickville, en Ontario, le 27 novembre 1997). Il existe une réglementation régissant l’emplacement des sites de camping et les activités sur les dunes. Comme les dunes ne font pas l’objet d’un suivi régulier par le personnel du ministère, on ignore quelle est l’efficacité de cette réglementation (Bihun, comm. pers.; Rogers, comm. pers.).

Exploitation minière - L’exploration minière est permise jusqu’à la limite même du parc. Celui-ci est délimité à l’ouest par la bordure ouest du champ de dunes de William River et à l’est par la rivière MacFarlane. Actuellement, il n’est entouré d’aucune zone tampon (Bihun, comm. pers.; Rogers, comm. pers.). La délimitation de la région des dunes, lorsque celle-ci a été désignée zone protégée, prévoyait une zone tampon. Cependant, lorsque le secteur est devenu un parc provincial, la zone tampon a été éliminée. Pour que le secteur et sa flore endémique bénéficient d’une protection suffisante, il faudra rétablir une zone tampon.

En 1997-1998, des levés géophysiques ont été effectués dans la région, et on peut supposer qu’ils étaient liés à la recherche de corps minéralisés d’uranium. Si l’exploitation minière devient économiquement rentable, et lorsque cela se produira, cette activité pourrait se dérouler à la limite même des dunes (Bihun, comm. pers.). Les activités minières proprement dites et le fort accroissement des activités récréatives auraient d’énormes répercussions sur l’habitat des dunes et sur sa flore endémique.

Dans les dunes de sable se déroule une autre activité liée à l’exploitation minière, soit la collecte de graines pour la remise en état des sites de résidus miniers. La compagnie Syncrude de Fort McMurray, en Alberta, étudie l’emploi d’espèces endémiques des dunes de sable pour stabiliser les grandes quantités de résidus produites par l’extraction de pétrole lourd des sables bitumineux de l’Athabasca (Purdy, 1995; Bihun, comm. pers.). Deux entreprises, une de l’Alberta et une de la Saskatchewan, ont déjà récolté des graines dans le parc après avoir fait une demande à cet effet (Purdy, comm. pers.). Le déroulement d’activités de cette nature dans les dunes de sable est incompatible avec la protection de l’habitat des espèces endémiques.

Les dunes de sable de l’Athabasca ne sont plus aussi isolées et éloignées des centre habités qu’autrefois. Les pressions dues à l’exploitation minière, au tourisme, aux activités récréatives et aux autres activités commerciales s’accroissent rapidement, et il est probable que cette tendance se poursuivra à l’avenir. Pour protéger la flore endémique qui caractérise la région, il faudra mettre en place une zone tampon suffisante autour du parc et créer une réglementation dont la mise en œuvre permette de limiter l’accès aux secteurs les plus fragiles; de plus, les agents de conservation provinciaux devront assurer un suivi adéquat.