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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le porte-queue demi-lune au Canada

Répartition

Aire de répartition mondiale

L’aire de répartition du S. semiluna s’étend de l’extrême sud de l’intérieur de la Colombie-Britannique jusqu’au côté est de la Sierra Nevada dans le centre de la Californie vers le sud et, de là, vers l’est jusqu’à l’ouest du Montana, l’est du Wyoming et le nord-ouest du Colorado (figure 2). La population de l’Alberta appartient à un phénotype qui s’étend au nord-ouest du Colorado et vers l’ouest à travers le Nevada, l’Oregon et l’Idaho (Mattoon et Austin, 1998). Le statut taxinomique et l’aire de répartition de l’entité de la Colombie-Britannique sont douteux, mais la limite méridionale pourrait se trouver dans la région limitrophe du nord de l’État de Washington, comme le laisse supposer la présence d’un phénotype différent dans le comté de Kittitas (N. Kondla, données non publiées).


Figure 2. Aires de répartition mondiale et nord-américaine du Satyrium semiluna

Aires de répartition mondiale et nord-américaine du Satyrium semiluna (voir description longue ci-dessous).

Source : adapté de Opler (1999), S. Kohler (comm. pers.), N. Kondla (données non publiées) et A. Warren (comm. pers.). Prendre note de la population isolée dans le sud-ouest de l’Alberta.

Description pour la figure 2

Carte montrant l'aire de répartition du Satyrium semiluna. L'aire de répartition s’étend de l’extrême sud de l’intérieur de la Colombie-Britannique jusqu’au côté est de la Sierra Nevada dans le centre de la Californie vers le sud et, de là, vers l’est jusqu’à l’ouest du Montana, l’est du Wyoming et le nord-ouest du Colorado.

Aire de répartition canadienne

L’aire de répartition canadienne du S. semiluna est délimitée par une population connue dans le parc national des Lacs-Waterton ainsi que dans onze sites connus qui pourraient représenter six populations d’une autre sous-espèce situés dans l’extrême sud de l’intérieur de la Colombie-Britannique (figure 3). La population de la Colombie-Britannique est contiguë avec les populations se trouvant dans l’État de Washington (Guppy et Shepard, 2001). Moins de 1 p. 100 de l’aire de répartition mondiale du S. semiluna se trouve au Canada.

Une analyse documentaire révèle qu’au Canada le porte-queue demi-lune a été enregistré (sous le nom de S. fuliginosum) dans seulement quelques régions de la Colombie-Britannique et dans le parc national des Lacs-Waterton en Alberta (Bird et al., 1995; Bowman, 1951; Guppy et Shepard, 2001; Kondla, 2003b; Layberry et al., 1998). La présence de l’espèce n’a pas été relevée dans la région qui entoure le parc national des Lacs-Waterton (Kondla, 2004a). Une mention de cette espèce de la vallée du Bas-Fraser par Llewellyn-Jones (1951) est considérée comme une erreur, car il n’a jamais été documenté que l’espèce, dans toute son aire de répartition, occupe un habitat de forêt humide.


Figure 3. Répartition connue du Satyrium semiluna en Colombie-Britannique

Répartition connue du Satyrium semiluna en Colombie-Britannique (voir description longue ci-dessous).

Note : en raison de l’échelle de la carte, les sites étudiés ne peuvent être tous représentés par un symbole distinct.

Description pour la figure 3

Carte montrant la répartition connue du Satyrium semiluna en Colombie-Britannique : croix = emplacement antérieurement connu et confirmé en 2003; carré = emplacement antérieurement connu non réinventorié en 2003; cercle = nouvel emplacement découvert en 2003; triangle = emplacement inventorié en 2003 mais sans y avoir trouvé de porte-queue.


Avant 2003, l’existence du S. semiluna (alors appelé S. fuliginosum semiluna) était connu au Canada grâce à la collecte historique effectuée en 1923 par J. McDunnough dans le parc national des Lacs-Waterton (spécimen de la Collection nationale canadienne). Kondla a visité cette région en 2003, où il a découvert l’existence d’un spécimen dans la collection entomologique du parc datant de 1967. Il a par la suite découvert une population encore existante sur un cône alluvial situé dans le parc (Kondla, 2003a).

En Colombie-Britannique, le plus ancien enregistrement connu d’un S. semiluna (également désigné à l’origine S. fuliginosum) provient d’un emplacement inconnu à proximité d’Osoyoos (Collection nationale canadienne) et date de 1895. Trois spécimens de la collection du Royal British Columbia Museum ont été capturés dans un emplacement inconnu de la Colombie-Britannique en 1898 et en 1901. Par la suite, quelques collectes furent effectuées à proximité de Keremeos, en 1923, au mont Anarchist en 1975, 1976, 1979, 1985 et 1990, et une observation visuelle a eu lieu au col Richter en 2002. En 2003, Kondla a mené des études sur le terrain afin de vérifier certains anciens enregistrements et de localiser des sites supplémentaires. Ce travail entraîné la découverte de nouveaux sites à proximité du lac Kilpoola, du lac White et du mont Kobau de même que la confirmation de la présence de l’espèce au col Richter et au mont Anarchist. Un site supplémentaire à proximité du parc provincial Keremeos Columns a été signalé par J. Fenneman en 2003 (comm. pers.).

La zone d’occurrence et la zone d’occupation de l’unique population de l’Alberta sont d’environ 5 km2.

La zone d’occurrence de la population connue de la Colombie-Britannique est d’environ 480 km2. La zone d’occupation potentielle maximale est d’environ 250 km2 et est fondée sur une estimation approximative de la superficie d’habitat non forestier comprise dans la zone d’occurrence. Seulement une petite partie de la superficie totale de l’habitat de prairie d’armoise en Colombie-Britannique a été étudiée afin d’y détecter la présence du S. semiluna. Les études sur le terrain de 2003 n’ont pas permis de retrouver l’espèce dans toutes les parcelles d’habitat d’apparence propice et n’ont permis d’obtenir qu’un total de sept sites occupés sur 33 sites étudiés. La documentation et les observations existantes suggèrent que l’espèce ne fréquente pas les terrains escarpés. Il n’y a pas de données disponibles au sujet de la superficie de la zone non forestière soutenant les espèces de lupins présumées être les plantes hôtes des chenilles du porte-queue. De plus, le lupin est une espèce abondante et répandue en Colombie-Britannique et sa présence n’influence manifestement pas l’aire de répartition du papillon dans la province. Compte tenu de ces considérations, il est probable que la zone d’occupation réelle ne soit qu’un petit pourcentage de la zone non forestière. Une estimation préliminaire très approximative est que la zone d’occupation maximale pourrait être de 25 km2 seulement.

La zone d’occurrence pour la population globale (populations de l’Alberta et de la Colombie-Britannique combinées) du S. semiluna au Canada est de 485 km2 et la zone d’occupation est d’environ 30 km2.