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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le porte-queue demi-lune au Canada

Taille et tendances des populations

Activités de recherche

La répartition plausible des populations de la Colombie-Britannique fait l’objet de longues et importantes recherches sur le terrain par bon nombre de personnes depuis plus de 100 ans (Guppy et Shepard, 2001). Trente-trois sites apparemment propices ont été étudiés sur une période de 11 jours par Kondla en 2003 (les détails concernant les sites et les activités de recherche ne sont pas disponibles) dans le cadre d’inventaires de présence et absence menés spécifiquement pour cette espèce. Certaines régions ont été fouillées plus d’une fois avant que n’y soit relevée la présence du porte-queue. Ces recherches ont permis d’observer la présence du papillon dans seulement sept sites. Parce qu’on ne connaît qu’un total cumulatif historique de 11 sites où le S. semiluna est présent, il semble que les populations de la Colombie-Britannique soient fortement localisées et que le petit nombre d’emplacements connus ne soit pas attribuable au fait que l’espèce aurait constamment échappé aux observations.

La zone d’occupation du S. semiluna en Alberta est également comprise dans une région ayant fait l’objet d’activités de recherche considérables sur le terrain (Bird et al., 1995). En 2003 et en 2004, Kondla a étudié plus de 40 sites de l’Alberta (les détails concernant les sites et les activités de recherche ne sont pas disponobles) et a découvert une seule population dans le parc national des Lacs-Waterton.

Abondance

Une estimation préliminaire de la population de l’Alberta du S. semiluna, fondée sur un certain dénombrement des papillons et surtout sur des conjectures, suggère une abondance de population allant de 3 000 à 10 000 adultes en 2003 (Kondla, 2003a). En 2004, seulement 250 adultes environ ont été dénombrés dans la même population (Kondla, 2004b).

La taille des six populations de la Colombie-Britannique est inconnue. L’information disponible, qui est limitée, suggère que les populations varient en taille. Bien qu’aucun dénombrement n’ait été effectué, Kondla et Guppy avancent que la population adulte totale peut vraisemblablement être de l’ordre de 5 000 à 15 000, mais il s’agit d’une estimation très approximative. Le nombre d’adultes observés dans les populations de la Colombie-Britannique en 2003 est de 5 au mont Anarchist, 9 à Blind Creek, 5 à Kilpoola, 47 au col Richter et 56 au lac White. En 2005, Dennis St. John a inventorié le site du lac White à de nombreuses reprises, mais n’a trouvé que deux adultes (O. Dyer, comm. pers.). Les spécimens de musées comptent peu d’individus en provenance de chacun des sites. L’examen des données de collectes de 37 collections canadiennes et d’une collection américaine a révélé un total de 40 spécimens, parmi lesquels 19 appartiennent à une même collection. Trente-trois spécimens de musée proviennent du mont Anarchist. Cinq des sept autres spécimens pourraient également avoir été capturés sur le mont Anarchist, mais l’emplacement exact de la collecte de ces spécimens est inconnu.

Fluctuations et tendances

On ne dispose pas de données suffisantes pour définir les fluctuations et les tendances de la population de la Colombie­-Britannique. La seule information suggestive provient de collectes anciennes et récentes sur le mont Anarchist, où l’espèce a été retrouvée à un certain nombre d’occasions. Le nombre de spécimens recueillis à cet endroit au fil des ans suggère que l’espèce pourrait y avoir été plus abondante dans le passé. En 1975, une recherche effectuée pendant quelques heures le même jour par Guppy a permis de dénombrer neuf adultes. Bien que Guppy soit retourné en 1976 et en 1988, il n’a observé aucun adulte dans les quelques heures de recherche qu’il a alors investies. En 2003, une recherche intensive effectuée par Kondla sur une période de quatre jours n’a permis de dénombrer que cinq adultes. Ces données ne permettent pas de tirer des conclusions sur les tendances de la population.

Quant à la population de la Colombie-Britannique dans son ensemble, il est raisonnable de suggérer que l’aménagement en infrastructure, la réduction dans l’abondance des plantes hôtes par le pâturage du bétail, l’invasion des plantes nuisibles et la progression de la forêt dans les zones ouvertes consécutive aux feux de friches ont causé une diminution de la population de S. semiluna par rapport à la période antérieure à la colonisation européenne.

La population de l’Alberta a été étudiée par les mêmes observateurs en 2003 et en 2004. En 2003, il y avait tellement d’individus qu’ils ne pouvaient être dénombrés par aucune méthode pratique. Une estimation prudente de la population est de plusieurs milliers d’individus. À l’opposé, en 2004, seulement 250 adultes environ ont été observés en quatre jours passés sur le terrain. On ne connaît pas la ou les raisons de cette diminution importante, mais une gelée meurtrière tardive inhabituelle dans la région au printemps 2004 pourrait être en cause (Kondla, 2004b) (annexe 1). Les événements météorologiques stochastiques peuvent causer des fluctuations considérables de la taille de la population de l’Alberta.

Effet d’une immigration de source externe

On croit que les capacités de dispersion des papillons Satyrium sont assez minimes, sur quelques kilomètres, généralement moins. Il existe des populations de S. semiluna dans l’État de Washington qui semblent en sécurité (S4) et qui sont contiguës avec la population de la Colombie-Britannique (Guppy et Shepard, 2001). Ainsi, une immigration d’une source externe dans la population de la Colombie-Britannique est possible. Toutefois, si la disparition d’une population dans un site est causée par la perte ou la dégradation de l’habitat, ce site ne sera pas recolonisé jusqu’à ce que l’habitat propice redevienne disponible. Même à ce moment, la recolonisation pourrait ne pas avoir lieu si la population source est à plus de quelques kilomètres de distance.

L’immigration d’une source externe est très peu probable pour la population de l’Alberta, car il n’existe pas d’emplacements connus à proximité. L’espèce a été enregistrée au Montana, de l’autre côté de la ligne de partage des eaux, mais il faut traiter cet enregistrement avec circonspection, car il constitue pas un habitat typique du S  semiluna (S. Kohler, comm. pers.). Dans tous les cas, l’hypothèse de déplacement du S. semiluna à travers la ligne de partage des eaux n’est pas plausible. La population connue la plus proche du papillon, le long du front est des montagnes Rocheuses au Montana, est à environ 300 km de distance et ne serait vraisemblablement pas une source naturelle d’immigration pour la population de l’Alberta du S. semiluna.