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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le crapet sac-à-lait au Canada – Mise à jour

Répartition

Aire de répartition mondiale

L’espèce est très répandue dans l’est de l’Amérique du Nord, dans les bassins hydrographiques du Mississippi, de l’Atlantique et des Grands Lacs (figure 2) (Lee et al., 1980; Page et Burr, 1991). Dans le bassin hydrographique du Mississippi, on la trouve depuis le golfe du Mexique jusqu’au Wisconsin et depuis l’ouest de l’État de New York jusqu’au Nouveau-Mexique dans le sud-ouest. Dans le bassin hydrographique de l’Atlantique, on la trouve depuis l’Alabama et la Floride jusqu’en Caroline du Nord. Dans le bassin des Grands Lacs, on trouve des populations isolées dans les États de l’Illinois, de l’Indiana, du Michigan, de New York, de l’Ohio et du Wisconsin, et en Ontario. L’espèce a été introduite au Mexique (Nelson et al., 2004).

Figure 2. Répartition mondiale du crapet sac-à-lait, modifiée de Page et Burr (1991).

Figure 2. Répartition mondiale du crapet sac-à-lait, modifiée de Page et Burr (1991)

Aire de répartition canadienne

Au Canada, l’espèce n’a été prise qu’à quatre endroits dans le bassin hydrographique du lac Érié. Elle a d’abord été observée en 1966 dans le parc provincial Rondeau, puis en 1983 dans le parc national de la Pointe-Pelée (Crossman et Simpson, 1984) (figure 3). Un jeune de l’année a été pris dans la baie Long Point en 2003, et trois individus adultes, dans le milieu humide de l’embouchure du ruisseau Big (dans la baie Long Point) en 2004 (N.E. Mandrak, données inédites). On a signalé l’espèce dans le ruisseau Cedar, un affluent du lac Érié, d’après un jeune de l’année capturé en 1994 (Leslie et al., 1999), mais ce dernier a par la suite été identifié comme un crapet à longues oreilles (Lepomis megalotis) (E. Holm, Musée royal de l’Ontario [MRO], comm. pers.). L’espèce a aussi été signalée dans le ruisseau Duck, un affluent du lac Sainte-Claire (Leslie et Timmins, 1998), mais l’individu de référence de cette mention n’a pu être localisé. Celle-ci est donc considérée comme douteuse et a été exclue du présent rapport.

La découverte relativement récente de l’espèce au Canada soulève des questions quant à son origine. S’agit-il d’une espèce indigène ou d’une espèce introduite? Selon Crossman et al. (1996), le crapet sac-à-lait aurait récemment colonisé le Canada de façon naturelle. 

Les poissons du ruisseau Big et des baies Long Point et Rondeau ont fait l’objet d’un échantillonnage intensif, principalement par pêche à la senne, avant les premières mentions de crapets sac-à-lait à ces endroits. Le Musée canadien de la nature (MCN) et la Wilfrid Laurier University (MRO, données inédites) avaient effectué quatre échantillonnages annuels (1979, 1983, 1984, 1985) avant la première mention dans la terre humide du ruisseau Big en 2004.

Figure 3. Répartition canadienne du crapet sac-à-lait.

Figure 3. Répartition canadienne du crapet sac-à-lait

Avant la première mention de 2003, le MCN, le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (MRNO) et le MRO avaient effectué 18 échantillonnages annuels dans la baie Long Point depuis 1928 (MRO, données inédites). En 2004, en utilisant le même équipement et en déployant le même effort d’échantillonnage, on n’a pas réussi à prendre de poissons à l’endroit de la baie Long Point où l’espèce avait été observée pour la première fois ni à 30 autres endroits dans la baie qui avaient fait l’objet d’un échantillonnage intensif par pêche électrique par bateau (> 1 000 sec/site de 500 m) (N.E. Mandrak, données inédites). Avant la première observation de 1966, le MCN et le MRO avaient déjà effectué 14 échantillonnages annuels dans la baie Rondeau depuis 1921 (MRO, données inédites). À l’été 2004, une pêche électrique intensive par bateau (> 1 000 sec/site de 500 m) et une pêche au verveux (deux filets laissés toute une nuit) dans 8 sites n’ont permis de récolter aucun nouvel individu.

Avant la première mention de 1983 dans le parc national de la Pointe-Pelée, les étangs avaient été échantillonnés 15 années différentes depuis 1913 par le MCN, le MRO, le personnel du parc et d’autres (H. Surette, University of Guelph, données inédites). Presque tous les échantillonnages historiques avaient été réalisés par pêche à la senne. Vu la présence de substrats organiques mous et de grandes étendues de macrophytes émergentes, et vu les profondeurs habituellement de plus d’un mètre, ce type de pêche ne peut être réalisé que dans de très petites parties des étangs (H. Surette, University of Guelph, comm. pers.). Ces dernières sont habituellement des zones étroites (< 2 m) situées le long de la rive est des étangs bornée par la plage est dans lesquelles on trouve des substrats sableux et une quantité limitée de macrophytes aquatiques. Il ne s’agit pas là de l’habitat favori du crapet sac-à-lait. La capture de seulement 11 des 657 individus pris dans le parc national de la Pointe-Pelée en 2002 et en 2003 par pêche à la senne vient confirmer cette affirmation (H. Surette, University of Guelph, comm. pers.). Il est donc possible que le crapet sac-à-lait ait toujours été présent dans le parc national de la Pointe-Pelée, mais n’ait pas été repéré avant 1983. On trouve aussi des habitats problématiques semblables dans le ruisseau Big et dans les baies Long Point et Rondeau.

Il est peu probable que le crapet sac-à-lait ait été introduit délibérément ou accidentellement (c.-à-d. déversé d’un seau à appâts) puisque la pêche sportive est limitée dans le parc national de la Pointe-Pelée (Vicki McKay, Parcs Canada, comm. pers.) et que les crapets ne constituent pas des appâts légaux ni populaires. Il est possible que l’espèce ait récemment colonisé de façon naturelle la rive nord du lac Érié (par exemple au cours des 50 dernières années) depuis la rive sud, où il est relativement commun. On s’attendrait toutefois à trouver l’espèce dans d’autres habitats adéquats qui auraient servi de points de départ pour la dispersion le long de la rive nord entre les populations de la Pointe-Pelée et de la rive sud. Elle est par exemple absente des milieux humides côtiers de la partie du lac Érié se trouvant au Michigan qui ont fait l’objet d’un échantillonnage (Bailey et al., 2004) et du milieu humide du ruisseau Big (Holiday Beach, comté d’Essex), dans laquelle on a réalisé un échantillonnage intensif par pêche électrique en bateau et par pêche au verveux deux fois par année en 2003 et en 2004. Elle est également absente du milieu humide du ruisseau Cedar (comté d’Essex). De plus, les étangs du parc national de la Pointe-Pelée sont habituellement isolés du lac Érié par la barre de sable est, qui subit rarement des brèches (des brèches se sont produites pendant une période de 5 ans avant 1983, et deux autres brèches ont été prévues d’après les niveaux d’eau) (H. Surette, University of Guelph, comm. pers.). Les occasions de colonisation étaient donc, et demeurent, peu fréquentes. Toutefois, des brèches sont survenues dans la barre de sable au cours d’années consécutives (entre 1973 et 1977), ce qui a donné à l’espèce, si elle était présente durant cette période, une plus grande possibilité de colonisation depuis la baie Rondeau, qui est située à proximité.

L’absence du crapet sac-à-lait d’habitats qui auraient peut-être pu servir de points de dispersion, la rareté des occasions récentes de colonisation dans le parc national de la Pointe-Pelée et la faible probabilité que l’espèce ait été introduite donnent à penser que cette dernière est indigène du Canada et a colonisé de façon naturelle les eaux canadiennes du bassin versant du lac Érié dans un passé plus lointain.