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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le saumon de l’Atlantique (population du lac Ontario) au Canada

Résumé

Saumon atlantique

Salmo salar

Population du lac Ontario

 

Information sur l’espèce

Le saumon atlantique (Salmo salar) appartient à la famille des Salmonidés, laquelle regroupe les saumons de l'Atlantique et du Pacifique, les truites, les ombles, l'ombre et les corégones. Le saumon atlantique adulte qui a atteint la mer a un corps semblable à celui de la truite, un dos bleu vert et des flancs argentés. Les adultes dulcicoles qui peuplaient autrefois le lac Ontario étaient, semble-t-il, plus petits et plus foncés que les souches anadromes. Le présent rapport porte sur la population du lac Ontario (unité désignable du COSEPAC).

 

Répartition

À une certaine époque, le saumon atlantique anadrome était présent dans tous les pays ayant des rivières se déversant dans l'Atlantique Nord et la mer Baltique. Au Canada, presque tous les cours d'eau côtiers convenables de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau‑Brunswick, de l'Île-du-Prince-Édouard, du Québec, du Labrador et de Terre‑Neuve accueillaient une montaison de saumons anadromes. De plus, de nombreux lacs intérieurs contenaient des populations dulcicoles ne migrant pas vers l'océan. Les populations de saumons atlantiques ont connu un important déclin dans la majeure partie de leur aire de répartition, tant à l'échelle mondiale que canadienne, et il n'existe plus aucune population autonome à l'ouest de Montréal. La population du lac Ontario a disparu depuis plus de 100 ans.

 

Habitat

Les cours d'eau qui conviennent aux juvéniles et à la fraie des adultes sont caractérisés par des eaux claires dont la température dépasse rarement 25 °C et des lits naturellement stables et inclinés dont le fond est rocheux et composé de matières allant du gros sable et du gravier aux gros blocs. Le saumon atlantique anadrome utilise les estuaires et les marges continentales de même que la haute mer pour atteindre sa taille adulte. On sait peu de choses sur les exigences spécifiques en matière d'habitat dans les cours d'eau ou les lacs de la population de saumons atlantiques disparue du lac Ontario. L'utilisation des cours d'eau était probablement similaire à celle des autres populations de l'est du Canada, et le lac Ontario, en raison de sa taille importante, pouvait sans doute soutenir les individus adultes sensiblement de la même façon qu'un environnement océanique.

 

Biologie

Le saumon atlantique a un cycle vital complexe généralement décrit comme progressant de la façon suivante : œuf, alevin, fretin, tacon, saumoneau, madeleineau, adulte, charognard. Les saumons atlantiques du lac Ontario, contrairement à ceux de l'est du Canada, ne migraient probablement pas vers l'océan Atlantique, mais complétaient plutôt leur cycle vital dans le bassin versant du lac. Les poissons occupaient les rivières du stade de l'œuf à celui du tacon et passaient les stades de saumoneau, d'adulte et de charognard dans le lac. Le cycle vital du saumon atlantique du lac Ontario était probablement similaire à celui de l'espèce en général, quoique des adaptations locales, comme la date de montaison, sont connues.

 

Tailles et tendances des populations

Le saumon atlantique a disparu du lac Ontario. À une certaine époque, les saumons atlantiques étaient si nombreux dans le lac Ontario et dans ses affluents que les prises se mesuraient en barils plutôt qu’en nombre d’individus. Au milieu du XIXe siècle, la population a entamé un déclin, qui s'est poursuivi malgré les diverses activités d'ensemencement amorcées dès 1866. Le dernier saumon atlantique à être prélevé du bassin du lac Ontario a été pêché à la ligne avant 1900. Aujourd'hui, l'écosystème du lac Ontario contient des habitats pouvant convenir au saumon atlantique. Néanmoins, les tentatives visant à ensemencer le lac d'individus non indigènes n'ont toujours pas permis d'établir des populations capables de se reproduire.

 

Facteurs limitatifs et menaces

L'habitat du saumon atlantique du lac Ontario a été détérioré par l'exploitation forestière, l'agriculture, ainsi que par la construction de moulins et de barrages qui ont bloqué l'accès aux frayères. Les saumons atlantiques adultes ont également été capturés en grand nombre pour leur chair par les pêcheurs commerciaux. L'environnement aquatique et les communautés de poissons du lac Ontario ont continué de changer de façon radicale au fil des années, ce qui a posé de nouveaux problèmes pour l'introduction de saumons atlantiques non indigènes. De nombreux efforts d'ensemencement ont été entrepris, mais il n'y a toujours pas de population autoreproductrice de saumons atlantiques dans le lac Ontario.

 

Importance de l’espèce

On dit que le saumon atlantique a encouragé l'expansion territoriale des Européens vers l'intérieur du Canada. Le « roi des poissons » était prisé des peuples autochtones. Il nourrissait les peuples autochtones et les colons, et sa pêche a créé des milliers d'emplois. Le saumon atlantique était une espèce importante au plan écologique, contribuant au transfert de nutriments du lac vers les affluents et étant un prédateur supérieur dans la chaîne alimentaire des rivières et du lac. Plusieurs plans de gestion des pêches dans le bassin versant ont montré l'intérêt du public pour le rétablissement de populations autonomes de saumons atlantiques.

 

Protection actuelle ou autres désignations de statut 

En raison de l'importance de son aire de répartition et du grand nombre d'individus, le saumon atlantique a été coté G5 (espèce répandue, abondante et non en péril) à l'échelle mondiale par Conservation de la nature et N4 (apparemment non en péril) à l'échelle nationale. Cependant, au niveau des provinces et des États, les désignations varient de « présumée disparue » en Ontario à « non en péril » au Québec. Le saumon atlantique de l'intérieur de la baie de Fundy a été désigné en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du Canada, et la majorité des populations américaines voisines ont été désignées en voie de disparition (US Endangered Species Act).

 

HISTORIQUE DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

 

MANDAT DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

 

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

 

DÉFINITIONS

(2006)

Espèce sauvage: Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D): Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP): Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*: Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M): Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**: Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***: Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****: Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce àl'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce.

*           Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.
**         Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.
***       Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
****     Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
*****   Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Environnement                             Environment
Canada                                       Canada

Service canadien                          Canadian
de la faune                                   Wildlife Service

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.