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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le saumon de l’Atlantique (population du lac Ontario) au Canada

Information sur l'espèce

Nom et classification

Le saumon atlantique (Salmo salar; Atlantic salmon) fait partie de la famille des Salmonidés, laquelle regroupe les saumons atlantiques et pacifiques, les truites, les ombles, l'ombre et les corégones (Mills, 1989). Le saumon atlantique a plusieurs autres noms courants en français et anglais, qui font souvent référence à la situation géographique d'une population ou à un stade précis du cycle vital. Des noms comme saumon noir, madeleineau, charognard, saumoneau, saumon vide et tacon réfèrent tous à des stades du cycle vital (Scott et Crossman, 1973). Les populations dont tout le cycle de vie se déroule en eau douce sont souvent désignées sous les noms de saumon atlantique de lac, saumon non anadrome, ouananiche, sebago, saumon d'eau douce ou freshwater salmon (Scott et Crossman, 1973; MacCrimmon et Gots, 1979). Ces populations ont été observées dans des lacs du Nouveau-Brunswick, du Québec, de Terre-Neuve, de l'Ontario (lac Ontario et une introduite dans le lac Trout) et des États de la Nouvelle-Angleterre.

 

Description 

Scott et Crossman (1973) présentent la description la plus complète du saumon atlantique. L'espèce est décrite dans cet ouvrage comme ayant un corps semblable à celui de la truite, d'une longueur moyenne de 18 po (457 mm), légèrement comprimé sur les côtés et présentant généralement sa plus grande hauteur au niveau de l’origine de la nageoire dorsale ou un peu en arrière (figure 1). En mer, le saumon a le dos bleu‑vert, les flancs argentés et le ventre blanc (Carcao, 1986) et présente plusieurs taches rondes ou en forme de x principalement au-dessus de la ligne latérale (Carcao, 1986). Lorsque le saumon revient en eau douce, il perd sa livrée argentée de guanine et prend une teinte brun verdâtre ou rougeâtre et se couvre de grandes taches bordées de blanc (Scott et Crossman, 1973; Carcao, 1986). Les juvéniles ou les tacons exhibent des marques de tacon ou des bandes verticales pigmentées, et une tache rouge se trouve entre chaque marque le long de la ligne latérale (Scott et Crossman, 1973). Lorsque les poissons passent du stade de tacon à celui de saumoneau, ils perdent leurs marques de tacon et deviennent argentés (Scott et Crossman, 1973). Les saumons adultes du lac Ontario et d'autres saumons dulcicoles étaient, semble-t-il, plus foncés que le « vrai » saumon de la côte est et des îles britanniques (Dymond, 1965).

 

Unités désignables 

Environ 40 affluents du lac Ontario étaient connus comme accueillant des montaisons de saumons atlantiques (Parsons, 1973). La rivière Credit avait la réputation d'être la meilleure rivière à saumons du Haut-Canada (Wilmot, 1879). Les écailles prélevées sur 2 spécimens adultes conservés dans un musée montrent un historique de croissance exclusivement dulcicole, ce qui indique que le saumon qui vivait autrefois dans le lac Ontario était probablement non anadrome (Blair, 1938).

Certains rédacteurs ont suggéré que, avant la construction du barrage R.H. Saunders en 1958 sur le fleuve Saint-Laurent, le saumon atlantique pouvait migrer vers l'océan Atlantique, et ce, malgré la distance de 2 400 km l'en séparant (Carcao, 1986). Il existe cependant des preuves convaincantes que le saumon atlantique du lac Ontario était isolé de la mer et qu'il ne se mélangeait pas à d'autres populations non anadromes. La montaison de printemps dans les affluents du lac Ontario survenait trop tôt pour que des saumons atlantiques adultes dans l'océan aient eu le temps d'en revenir. Il y avait 2 montaisons, une au printemps (mars, avril) et une autre à l'automne (septembre, octobre). Wilmot (1879) écrit que les saumons apparaissaient dans la rivière Humber en avril, et la prise la plus hâtive d'un saumon a été faite un 17 mars. Il est peu probable que les individus anadromes aient pu atteindre le lac Ontario et parvenir dans la rivière Oswego, dans l'État de New York, et dans les rivières Credit et Humber, au Canada, aussi peu de temps après le retrait des glaces du fleuve Saint-Laurent (Webster, 1982). Il est donc fort probable que la population de saumons atlantiques du lac Ontario était isolée sur les plans géographique et reproductif des autres populations nord‑américaines. Les études génétiques en cours qui visent à vérifier cette hypothèse sont limitées par la petite taille de l'échantillon (poissons empaillés).

Le saumon atlantique. Source : A.H. Leim et W.B. Scott. Poissons de la côte atlantique du Canada [1966]

Figure 1. Le saumon atlantique. Source : A.H. Leim et W.B. Scott. Poissons de la côte atlantique du Canada [1966].