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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le saumon de l’Atlantique (population du lac Ontario) au Canada

Habitat

Besoins en matière d’habitat

Elson (1975) a décrit une bonne rivière à saumons comme une rivière dont l'eau est claire, dont la température dépasse rarement 25 °C et dont la pente générale est d'environ 2-11,5 m/km. La rivière doit avoir un lit naturellement stable et incliné dont le substrat est rocheux et composé de matières allant du gros sable et du gravier aux gros blocs. Toutefois, le saumon atlantique a des besoins en matière d'habitat particuliers à chaque stade de son cycle vital.

Habitat de fraie 

Le saumon atlantique adulte construit des nids de fraie dans des zones où l'eau est peu profonde (de 20 à 30 cm) et s'écoule rapidement (de 40 à 50 cm·s-1), surtout à proximité des rives, là où le courant se brise (Bardonnet et Baglinière, 2000; Moir et al., 1998). Le substrat est composé d’une faible proportion de sable et d’une grande proportion de matières grossières, allant du gravier aux galets (Bardonnet et Baglinière, 2000). Ces aires sont également caractérisées par des pentes faibles (0,2 p. 100) à modérées (1 p. 100) (Elson, 1975).

Les saumons du lac Ontario ont été observés en train de frayer sur les hauts-fonds de gravier de cours d'eau dont l'eau était claire et froide et dont la pente était assez abrupte (Parsons, 1973). Les conditions appropriées aux frayères sont généralement observées en amont des radiers ou des bancs de gravier, aux endroits où la concentration de matières fines est faible (de 10 à 15 p. 100 par poids), où la perméabilité est grande, (> 900 cm·h -1) et où, par conséquent, les niveaux d'oxygène dissous sont élevés (Peterson, 1978; cité dans Fleming, 1998). De manière générale, la montaison dans les affluents du lac Ontario débutait en octobre (Goodyear et al., 1982) et le frai s'amorçait à la mi-novembre. Une montaison était également connue en avril et mai dans les cours d'eau situés à l'ouest de Toronto (Huntsman, 1944).

Les alevins émergent des œufs et demeurent habituellement à proximité du lieu d'incubation (à moins d'être emportés par le courant) jusqu'à l'absorption du vitellus. Les alevins préfèrent les habitats similaires à la frayère. Ils peuvent donc y rester ou se disperser dans des habitats semblables (radiers à substrat grossier) à moins de 200 m en aval du nid (Beall et al., 1994).

Habitat des juvéniles 

Les tacons, c’est-à-dire les saumons âgés de 1 à 3 ans, s'installent dans les radiers caractérisés par un substrat de galets, des vitesses de courant de 10 à 60 cm·s1 et des eaux dont la profondeur est faible ou moyenne (de 20 à 70 cm) (Heggenes et Salveit, 1990). Dans les affluents du lac Ontario, en particulier, on a observé que les juvéniles préféraient les secteurs en amont des obstacles, là où les pentes sont généralement plus abruptes et où les substrats rocheux sont plus abondants (Stanfield et Jones, 2003).

Les juvéniles se nourrissent habituellement d'organismes benthiques en dérive, et leur approvisionnement continu en nourriture dépend de la présence de courants rapides (Wankowski et Thorpe, 1979). Rimmer et al. (1984) et Cunjak (1996) ont démontré que les juvéniles se déplaçaient à l'automne vers des zones de cours d'eau plus profondes. Les habitats d’hivernage sont principalement caractérisés par la présence de roches‑abris de dimensions convenables (> 15-20 cm de diamètre) posées sur le fond (Rimmer et al., 1984). La dimension de la roche-abri dépend généralement de la taille du tacon (Cunjak, 1988).

Habitat des adultes 

Les saumons dulcicoles restent généralement dans leur lac jusqu'au moment de la fraie. Ils remontent alors dans leur cours d'eau natal et établissent un lieu de ponte. La majorité des affluents du lac Ontario étant trop petits et ayant dans la plupart des cas des débits et des volumes d'eau insuffisants, ils sont peu accueillants à long terme pour les gros saumons (Parsons, 1973). Après la fraie, les adultes demeuraient rarement dans les cours d'eau plus d'une semaine, et aucun saumon n'a été observé dans les cours d'eau en décembre (Parsons, 1973). On sait peu de choses sur l'habitat lacustre préféré du saumon atlantique, mais des eaux profondes, fraîches et oligotrophes, une base alimentaire composée notamment d'éperlans (Osmerus mordax) et des affluents offrant des frayères et des aires d’alevinage convenables semblent être les caractéristiques les plus appropriées sur le plan écologique (MacCrimmon et Gots, 1979; Cuerrier, 1983). Avec une superficie de 18 960 km2 et une profondeur moyenne de 86 m (Plan d'aménagement panlacustre du lac Ontario, 2004), et parce que les saumons atlantiques présents en grand nombre avaient peu de concurrents, le lac Ontario a peut-être rempli les mêmes fonctions pour les saumons de lacs adultes et juvéniles que l’océan pour les populations anadromes.

 

Tendances en matière d'habitat

Des efforts importants ont récemment été déployés pour restaurer et améliorer l'habitat dans les cours d'eau de fraie traditionnels et à proximité, plus particulièrement dans les zones riveraines. La démolition et la rupture de nombreux barrages ont eu pour effet d'améliorer l'accès à des aires de frai plus convenables et d'augmenter les chances de survie et de reproduction des saumons atlantiques introduits dans les affluents du lac Ontario. Il est important de souligner que l'urbanisation continue (et l'augmentation corrélative du couvert imperméable) de la région du Grand Toronto a probablement des effets directs et indirects sur les caractéristiques biologiques et physiochimiques des cours d'eau des bassins versants (Stanfield et Kilgour, 2005; Stanfield et al., 2005).

De nombreux changements survenus dans le lac, comme l'introduction du saumon pacifique et d'autres salmonidés non indigènes (Christie, 1973) et l'invasion de l’habitat par la lamproie (Christie, 1972) et la moule zébrée, ont peut-être également eu une incidence sur la survie du saumon atlantique.