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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le saumon de l’Atlantique (population du lac Ontario) au Canada

Tailles et tendances des populations

Les observations sur les effectifs historiques du saumon atlantique dans le lac Ontario sont surtout fondées sur de l'information anecdotique et non sur des estimations précises. On sait toutefois que le grand nombre de saumons atlantiques du lac Ontario a commencé à chuter au milieu du xixe siècle, et que l'espèce n'était déjà plus présente en 1900 (Parsons, 1973; Scott et Crossman, 1973). La colonisation du Haut-Canada à la fin du xviiie siècle a mené à la disparition du saumon atlantique dans le lac Ontario. Comme l'écrivait Lady Simcoe, les saumons abondaient avant 1800 dans les rivières et les ruisseaux, mais les colons se sont mis à pêcher les poissons à l'excès avec des filets et des harpons, et à construire des barrages à l'embouchure des rivières afin de soutenir l’industrialisation, le tout au détriment des saumons (Dunfield, 1985). Bien qu'il n'existe aucune estimation de la population avant cette époque, les rapports anecdotiques suggèrent que le saumon abondait dans les affluents du lac Ontario avant sa disparition. Un résident du secteur de la rivière Credit affirmait qu'autour de 1810 « les saumons [...] formaient des essaims si denses qu'on les sortait de la rivière avec une pelle ou même avec les mains » (Simcoe, journal personnel). Rien ne semble indiquer cependant que les années où le saumon était abondant dans les affluents du lac Ontario, il l'était également dans le cours supérieur du fleuve Saint-Laurent (Huntsman, 1944).

Samuel Wilmot écrivait en 1879 que, certaines années avant 1868, presque aucun saumon atlantique n'était observé dans les affluents du lac Ontario (Wilmot, 1879). On pense que le dernier saumon indigène a été capturé en 1898 (Dymond, 1965; Carcao, 1986; Scott et Crossman, 1973).

Plusieurs tentatives visant à renforcer, puis à rétablir la population de saumons atlantiques du lac Ontario ont été entreprises depuis 1866, date à laquelle Samuel Wilmot a établi sa pisciculture à Newcastle (Ontario) (Dunfield, 1985; Dymond, 1965). Au début, les efforts d'ensemencement avaient un effet sensible sur la population de saumons, des augmentations ayant été enregistrées dans de nombreux affluents du lac Ontario. Cependant, en 1879, les saumons étaient si peu nombreux que Wilmot écrivait en 1881 que seulement « une demi-douzaine de poissons adultes et quelques madeleineaux sales et décolorés » avaient pu être observés (Dymond, 1965).

Dans les années 1940, le ministère des Terres et des Forêts de l'Ontario a tenté de rétablir la population de saumons atlantiques du ruisseau Duffin avec des œufs provenant de la population de la rivière Miramichi (Bisset et al., 1993). Toutefois, les mortalités attribuables à la température élevée de l'eau du ruisseau pendant l'été et à la prédation qui a eu lieu immédiatement après l'ensemencement ont limité les retombées, des juvéniles n'ayant été observés à cet endroit que pendant deux ans (McCrimmon, 1950).

En 1987, le ministère des Richesses naturelles de l'Ontario (MRNO) a lancé un programme expérimental d'ensemencement. L'objectif du programme était de rétablir le saumon atlantique dans un ou plusieurs affluents du lac Ontario et de créer une pêche sportive basée sur des populations se reproduisant naturellement auxquelles seraient ajoutés des poissons d'élevage (Bisset et al., 1993). Les taux de retour des poissons introduits ont cependant été beaucoup plus faibles que prévu. En 1995, le MRNO a élaboré un plan officiel afin d'évaluer la faisabilité du rétablissement de populations autonomes de saumons atlantiques dans le bassin versant du lac Ontario (Bisset et al., 1995). Le plan était conçu pour explorer de manière systématique les facteurs étant considérés comme les plus importants pour le rétablissement de populations autonomes. Des mesures de référence ont été établies pour chaque stade de vie afin de mesurer les progrès réalisés vers l'atteinte des objectifs du plan. L'ensemencement effectué à l'heure actuelle par le MRNO (voir annexe A) appuie les études scientifiques visant à évaluer le caractère convenable de l’habitat des ruisseaux et les interactions de l'espèce.

En 1983, le Department of Environmental Conservation de l'État de New York (NYSDEC) a lancé un programme de rétablissement du saumon atlantique, dont l'objectif était d’établir dans les affluents de l'État une population reproductrice produisant au moins deux saumoneaux par 100 verges2 d'habitat de fraie convenable en 1990 (Abraham, 1983). À la fin des années 1980, le saumon atlantique est devenu un élément petit, mais constant des prises faites dans le lac. Bien que la croissance des saumons adultes de retour dans les cours d'eau à l'étude fût excellente, aucune reproduction naturelle n'avait cependant lieu (Eckert, 2003). En 1990, le programme du saumon atlantique est passé d'un petit projet expérimental avec un objectif d'ensemencement de 50 000 poissons d'un an par année à un programme de grande envergure d'introduction, de croissance et de prise (objectif de 200 000 poissons d'un an par année) capable de soutenir une pêche sportive aux poissons trophées (Eckert, 2003). Les saumons atlantiques ne sont cependant pas revenus aussi nombreux que prévu. Vu la persistance des faibles taux de retour des poissons ensemencés, le NYSDEC a choisi de réduire l’ampleur du programme (Eckert, 2003).

Bien que les efforts d'ensemencement dans le lac Ontario aient réussi à assurer la présence d'un nombre limité de saumons atlantiques dans le lac et dans ses affluents, aucune population autonome n'a pu être établie, et il n'y a aucune preuve perceptible de reproduction naturelle.

Bien que le saumon atlantique ne soit pas indigène aux autres Grands Lacs, des programmes d'ensemencement ont été entrepris par le gouvernement américain et par des organismes non gouvernementaux pour les lacs Huron, Michigan et Supérieur (annexe B). Il n'y a aucune preuve de reproduction naturelle dans ces lacs (J. Bowlby et D. Reid, biologistes des lacs du MRNO, comm. pers.). Bien que des activités de fraie aient été observées dans la population de la rivière St. Marys, aucune preuve définitive de reproduction naturelle ni de recrutement n'a été documentée (Roger Greil, Aquatic Research Laboratory, Lake Superior State University, Sault Ste. Marie [Michigan]).

Il existe une population non anadrome se reproduisant naturellement dans le lac Trout, près de North Bay (Ontario) (Maraldo et al., 1997). Le saumon atlantique a été introduit pour la première fois dans ce lac en 1935 avec des poissons provenant de la région du lac Saint-Jean, au Québec (Maraldo et al., 1997). À la suite d'un important déversement de zinc survenu en 1967 dans le ruisseau Four Mile, le ruisseau principal du bassin versant, le saumon atlantique a disparu du lac Trout. Des alevins d'un an provenant de la pisciculture de North Bay du ministère des Richesses naturelles de l'Ontario ont été introduits dans le lac en 1989 et, en 1995, un petit nombre de saumons atlantiques viables issus d’une reproduction naturelle ont été capturés lors de relevés de pêche électrique (Maraldo et al., 1997).