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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le saumon de l’Atlantique (population du lac Ontario) au Canada

Facteurs limitatifs et menaces

Le saumon atlantique, un membre de la communauté aquatique d’origine du lac Ontario, n'est plus présent à l'état sauvage dans le lac et n'y est pas une espèce reproductrice. Plusieurs facteurs ont contribué au déclin, puis à la disparition du saumon dans le lac Ontario. Cependant, les facteurs qui ont causé le plus de dommages sont la colonisation du bassin versant et l'altération de l'habitat causée par l'exploitation forestière, l'agriculture, la construction de barrages pour les moulins et la pêche commerciale (Dymond, 1965).

Le défrichage effectué pour la récolte de bois et l'agriculture a détruit l'environnement naturel du saumon en faisant fluctuer davantage et plus fréquemment les niveaux d'eau, et en donnant périodiquement lieu pendant les mois d'été à des conditions de sécheresse dans les affluents (Dunfield, 1985). Le défrichage a également eu les effets suivants : l'érosion du sol et l'envasement des cours d'eau, ce qui a gravement détérioré les frayères et aurait fait suffoquer les œufs et les alevins; des modifications du pH, des concentrations de substances nutritives et autres et de l'équilibre entre elles; l'augmentation de la température de l'eau au-delà des valeurs optimales pour le saumon atlantique (Dunfield, 1985).

Le saumon atlantique a été pêché abondamment par les premiers colons (~ 1792). L'espèce était populaire en raison de la taille des individus et de son abondance dans tous les principaux affluents du lac, et parce qu'elle permettait aux colons de varier leur menu (Dunfield, 1985). La pêche commerciale du saumon dans le lac Ontario a débuté en 1840 et, en 1866, les pêches, tant du côté canadien que du côté américain, s'étaient largement effondrées (Dunfield, 1985). Selon Dymond (1965), la surpêche a contribué à la disparition du saumon atlantique, mais elle n’en a pas été la seule cause, car son influence s'est ajoutée à celle des perturbations de l'habitat.

Le facteur ayant eu la plus grande incidence sur les populations de saumons atlantiques dans toute l'aire de répartition mondiale de l'espèce est peut-être la construction de barrages pour le commerce du bois, les tanneries, les filatures et les moulins à blé (Dymond, 1965; Dunfield, 1985). Ces barrages ne prévoyaient généralement pas d'espaces pour laisser passer les poissons, ce qui a empêché les saumons d'atteindre leurs frayères natales. Les poissons qui s'agglutinaient au pied des barrages devenaient vulnérables et pouvaient être encore plus facilement capturés par les pêcheurs. Dans de nombreux cas, ces barrages ont causé la disparition de montaisons complètes de saumons atlantiques du lac Ontario.

Il est pour l'instant impossible de déterminer la date à laquelle le dernier saumon indigène a été capturé dans le lac Ontario. Le dernier saumon à avoir été retiré du lac Ontario aurait été un poisson de 3,2 kg (7 lb) qui, d'après le Globe and Mail, a été pêché en avril 1898, au large de la plage de Scarborough (Carcao, 1986).

Plusieurs des difficultés rencontrées par les efforts de rétablissement du saumon atlantique dans le lac Ontario sont mentionnées dans le présent document et ont notamment trait aux importants changements dans la communauté de poissons, à la qualité de l'habitat des cours d'eau, à la disponibilité d'une souche génétique convenable pour l'ensemencement, aux conséquences possibles de la carence en thiamine sur la reproduction et sur la condition des adultes et à la concurrence interspécifique, surtout dans les cours d'eau.