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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’anguille d'Amérique au Canada

Résumé

Anguille d’Amérique

Anguilla rostrata

 

Information sur l’espèce

L’anguille d’Amérique,Anguilla rostrata(LeSueur, 1817), appartient à l’ordre des anguilliformes et à la famille des anguillidés. Les membres du genre Anguilla sont appelés anguilles d’eau douce bien que certaines espèces (y compris l’anguille d’Amérique) puissent passer leur vie entière en eau salée. Tant l’anguille d’Amérique que l’anguille d’Europe (Anguilla anguilla) frayent dans la mer des Sargasses, dans la partie méridionale de l’Atlantique Nord. L’anguille d’Amérique est qualifiée de panmictique, ce qui signifie que tous les individus de l’espèce s’accouplent au hasard pour former une seule population de reproduction. L’analyse génétique sur laquelle repose cette conclusion, cependant, ne comprenait pas d’échantillons du haut Saint-Laurent et du lac Ontario.

Le présent rapport reconnaît cinq régions, désignées sous le nom d’Aires écologiques d’eau douce (AEED), qu’occupent les anguilles au Canada. Ce sont : 1) les Grands Lacs et l’Ouest du Saint-Laurent (Ontario et régions du centre et de l’ouest du Québec); 2) l’Est du Saint-Laurent (est du Québec); 3) les Maritimes (Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Île-du-Prince‑Édouard et régions du centre et du sud de la Gaspésie, au Québec); 4) les Îles de l’Atlantique (Terre-Neuve); 5) l’Arctique de l’Est (Labrador).

 

Répartition

La répartition continentale de l’anguille d’Amérique va du nord de l’Amérique du Sud au Groenland et à l’Islande. Son aire de répartition historique au Canada comprend toutes les eaux douces accessibles, les estuaires et les eaux marines côtières reliés à l’océan Atlantique, jusqu’à la mi-hauteur de la côte du Labrador. Les anguilles juvéniles arrivant de l’aire de fraye et les anguilles argentées qui y retournent utilisent les plates-formes continentales. Les chutes Niagara constituent la limite naturelle de leur répartition dans les Grands Lacs.

 

Habitat

Les anguilles d’Amérique occupent des eaux salées pendant leurs migrations océaniques et, pendant leur phase continentale, elles habitent toutes les zones de salinité, y compris les eaux marines abritées et peu profondes et les estuaires, ainsi que les rivières et les lacs d’eau douce. Certaines anguilles demeurent dans une zone de salinité donnée pendant toute leur phase continentale tandis que d’autres vont et viennent entre les eaux douces et les eaux salées. Les densités d’anguilles dans les cours d’eau moyens et grands diminuent ordinairement à mesure que l’on s’éloigne de la mer. Les anguilles proches de la maturité qui descendent des rivières où se trouvent des barrages hydroélectriques risquent la mort dans les turbines. Les anguilles en phase continentale de croissance sont très adaptables quant à leur usage de l’habitat. Elles sont surtout benthiques, se servant du substrat et des débris de fond pour se protéger et s’abriter.

L’habitat de l’anguille d’Amérique jouit de la protection de la Loi sur les pêches du Canada et d’autres lois. Certains secteurs de son habitat profitent aussi d’une protection particulière (p. ex. les aires marines protégées), mais l’exploitation n’y est pas forcément interdite.

 

Biologie

La fraye se déroule dans la mer des Sargasses. Les larves écloses prennent une forme rappelant une feuille et portent le nom de leptocéphales. Les leptocéphales de l’anguille d’Amérique dérivent à l’ouest, en direction de la plate-forme continentale, où ils se métamorphosent en civelles transparentes (ou cristallines), de petite taille, serpentiformes comme les spécimens adultes. À mesure que les civelles transparentes s’approchent des côtes, elles se pigmentent et deviennent des civelles pigmentées. L’arrivée des civelles a ordinairement lieu en mai et au début de juin sur la côte atlantique des Maritimes, en été dans le golfe du Saint-Laurent. Certaines civelles demeurent dans des eaux salées protégées et peu profondes, d’autres se rendent dans les estuaires et d’autres encore remontent en eau douce. Les civelles deviennent des anguilles jaunes, dont le dos est foncé et le ventre, jaunâtre. La différenciation sexuelle se produit pendant la phase jaune. La détermination du sexe semble dépendre de facteurs environnementaux, dont la densité paraît être le plus important, les densités fortes favorisant la production de mâles. Les anguilles du haut Saint-Laurent et du lac Ontario sont pratiquement toutes femelles. Les femelles dominent à de nombreux endroits ailleurs au Canada, mais le rapport mâles-femelles varie dans les rivières des Maritimes qui se jettent dans l’océan Atlantique et dans la baie de Fundy. Les anguilles jaunes établies en eau douce peuvent poursuivre leur migration pendant de nombreuses années; celles qui remontaient le haut Saint-Laurent ces dernières années avaient environ 12 ans. Les anguilles établies dans des eaux saumâtres ou salées grandissent plus rapidement que celles des eaux douces. Les anguilles hibernent dans la vase, et leur habitat d’hiver englobe toutes les zones de salinité; dans certains sites d’hivernage, on trouve des remontées d’eau douce. Quand les anguilles jaunes atteignent une certaine taille, leur livrée tourne à l’argent et elles se préparent à la migration de reproduction. Dans le haut Saint-Laurent et dans le lac Ontario, la taille à l’argenture est plus grande qu’ailleurs. Ces grosses anguilles sont très fécondes et peuvent contribuer largement à la reproduction générale de l’espèce. Une génération de ces anguilles dure environ 22 ans. La génération est beaucoup plus brève chez les anguilles qui grossissent en eau salée (environ 9 ans), en raison de leur croissance plus rapide dans cet habitat. Comme l’anguille d’Amérique est une espèce qui vit longtemps, les indices de population, à n’importe quel stade autre que celui de la civelle transparente ou pigmentée, comprennent ordinairement plusieurs classes d’âge.

 

Taille et tendances des populations 

AEED 1 - Grands Lacs et Ouest du Saint-Laurent (Ontario et régions du centre et de l’ouest du Québec)

On compte depuis 1974 les anguilles juvéniles qui remontent l’échelle à poissons de la centrale Moses-Saunders à Cornwall (Ontario). L’âge moyen des anguilles en remonte est passé de 5,6 ans au milieu des années 1970 à 11,9 ans dans les années 1990. La plupart des anguilles en remonte se dirigent vers le lac Ontario. L’indice quantitatif a marqué une pointe en 1982-1983 puis a chuté très abruptement par la suite. L’indice des dernières années est d’environ trois ordres de grandeur inférieurs au niveau de pointe. Le déclin dans le lac Ontario, mis en évidence par un relevé de pêche électrique et une pêche indicatrice au chalut réalisés dans la baie de Quinte, suit de près le déclin de l’indice de Moses-Saunders, quand on tient compte d’un décalage temporel adéquat. Les effectifs des anguilles à la centrale Moses-Saunders et aux passages à poissons du barrage de Beauharnois, sur le fleuve Saint-Laurent et de la centrale de Chambly, sur la rivière Richelieu, ont montré de légères hausses ces dernières années. Le recrutement vers le lac Champlain, en passant par le Richelieu, représente une modeste fraction des niveaux antérieurs, malgré la restauration du passage à anguilles. L’indice de Moses-Saunders des deux dernières décennies est corrélé négativement à l’indice d’oscillation nord-atlantique (IONA), compte tenu du décalage temporel approprié. Les anguilles argentées pêchées dans l’estuaire du Saint-Laurent proviennent surtout de l’AEED 1. Les pêcheries d’anguilles ont été fermées dans le haut Saint-Laurent et dans le lac Ontario, et l’effort de pêche a diminué dans l’estuaire du Saint-Laurent. Les débarquements de l’estuaire sont passés de 452 tonnes en 1980 à moins de 82 tonnes en 2004. Les captures par unité d’effort (CPUE), du côté commercial, ont décliné depuis le début des séries de données, en 1985, jusqu’à la fin des années 1990. Une pêcherie expérimentale installée près de Québec n’a permis de déceler aucune tendance constante depuis les années 1970, mais les prises d’une trappe commerciale voisine où l’effort de pêche a été constant ont décliné substantiellement pendant la même période. L’effectif des anguilles argentées quittant le Saint-Laurent a été estimé à 488 000 individus en 1996 et 397 000 en 1997. Le taux d’exploitation de ces anguilles était estimé à 15 p. 100 en 1996 et, en 1997, à 26 p. 100.

AEED 2 – Est du Saint-Laurent (est du Québec)

Les dénombrements des anguillettes en montaison dans la Petite rivière de la Trinité, dans le secteur nord-ouest du golfe du Saint-Laurent, de 1982 à 1985 et de 1993 à 1996, n’ont indiqué aucune tendance constante au fil du temps. Un indice de l’effectif des classes annuelles a été tiré des dénombrements des anguilles juvéniles remontant la rivière du Sud‑Ouest, qui se jettent dans l’estuaire du Saint-Laurent, sur la rive sud. L’indice a beaucoup décliné au fil de la série chronologique, qui va de 1999 à 2005. Aucune tendance n’apparaît dans les densités d’anguilles pêchées à l’électricité dans la rivière Bec‑Scie, sur l’île d’Anticosti, de 1988 à 1996, mais les densités d’un tributaire de la Bec‑Scie ont diminué.

AEED 3 - Maritimes (Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Île-du-Prince-Édouard, régions du centre et du sud de la Gaspésie, au Québec)

Les seuls indices de l’arrivée des civelles au Canada proviennent de deux rivières de la côte atlantique de la Nouvelle-Écosse. Les arrivées ont fluctué, sans accuser de tendance, entre 1989 et 2002. Les densités d’anguilles estimées d’après des relevés à la pêche électrique menés dans la rivière Restigouche, à la limite du Nouveau-Brunswick et du Québec, ont montré une pointe isolée en 2001 et 2002, mais les densités subséquentes étaient inférieures à la moyenne à long terme. Les densités d’anguilles estimées à partir d’un relevé à la pêche électrique dans la rivière Miramichi, dans l’est du Nouveau-Brunswick, constituent la série de données non halieutiques remontant le plus loin pour l’anguille d’Amérique. Les densités ont varié de façon irrégulière pendant les années 1950 et 1960, ont eu une pointe au début des années 1970, ont décliné jusqu’à un minimum à la fin des années 1980 et augmentent depuis ce temps.

Les densités d’anguilles de la rivière Margaree, sur l’île du Cap‑Breton, ont connu une pointe marquée au début des années 1960, une faible pointe dans les années 1970, puis sont tombées à un niveau très bas. À l’Île‑du‑Prince‑Édouard, les CPUE de la pêche commerciale au verveux ont augmenté entre 1996 et 2004.

AEED 4 - Terre-Neuve

Les résultats d’un relevé à la pêche électrique dans le ruisseau Northeast de la baie des Trépassés indiquent un déclin entre le début des années 1980 et le milieu des années 1990. Une tendance comparable, à la baisse, apparaît dans les densités de la rivière Highlands, sur la côte ouest de Terre‑Neuve.

AEED 5 - Labrador

On trouve des anguilles jusqu’au ruisseau Hamilton et au lac Melville. De petits nombres d’anguilles ont récemment été recensés encore plus loin au nord, dans la rivière English. Il n’existe pas de séries quantitatives sur l’abondance des anguilles au Labrador.

Composantes canadiennes d’anguilles dans le contexte nord-américain

On peut recourir à deux méthodes pour estimer, en gros, la contribution relative des anguilles qui ont grossi dans l’AEED 1 et ailleurs au Canada à la ponte totale de l’anguille d’Amérique. La méthode du débit repose sur l’hypothèse que le nombre d’anguillettes recrutées de l’océan est directement proportionnel au débit d’eau douce. Cette méthode tient compte de la variation régionale de la fécondité et du rapport mâles-femelles. Selon la méthode du débit, le bassin du fleuve Saint-Laurent (y compris le secteur ouest de l’AEED 2) contribue pour 59,2 p. 100 à la ponte de l’espèce si on considère que son aire de répartition exclut le bassin du Mississippi, et pour 48,8 p. 100 si on l’inclut. Selon la méthode des débarquements, l’AEED 1 représente 26,4 p. 100 de la ponte. Ces deux méthodes reposent sur des hypothèses non prouvées et il faut tenir compte, dans leur interprétation, des grandes incertitudes qui leur sont propres.

On a évalué les changements dans les séries de données entre les années antérieures à 1980 et la période 2000‑2005. L’intervalle entre ces périodes représente environ trois fois une génération d’anguilles d’Amérique femelles. Les séries incluaient les débarquements déclarés et les indices de relevés de recherche. Le pourcentage de changement entre la période la plus ancienne et la période récente s’étend de ‑ 99,5 p. 100 à + 74,8 p. 100. Les quatre séries sur les débarquements et cinq des six indices de relevés sont négatifs. L’unique série étatsunienne (débarquements déclarés) est négative (‑ 67,5 p. 100). Les débarquements peuvent être influencés par plusieurs facteurs en plus de l’abondance. Il est possible que l’abondance, dans les années 1970, moment où une bonne partie des premières données a été recueillie, ait été stimulée par les conditions favorables de l’oscillation nord-atlantique, ce qui fait d’autant ressortir le déclin observé par comparaison avec la période récente.

 

Effet d’une immigration de source externe

Si les composantes canadiennes s’effondrent, des anguilles dont les parents ont grossi aux États-Unis ou ailleurs pourraient recoloniser les eaux canadiennes. Les avantages, cependant, de cet effet d’immigration de source externe risquent d’être restreints si les composantes d’ailleurs s’effondrent en même temps, particulièrement si la migration est tributaire de la densité.

 

Facteurs limitatifs et menaces

Les anguilles d’Amérique sont exposées à des facteurs de mortalité naturels et anthropiques. Des modifications dans le régime des courants océaniques peuvent réduire la possibilité pour les leptocéphales d’être transportés jusque dans les eaux continentales. Les taux estimés de disparition attribuable à la mortalité naturelle et à l’émigration vers l’aire de fraye sont de 15 p. 100 à 26 p. 100 par an.

Les barrages peuvent bloquer l’accès aux habitats de croissance situés en amont, et les turbines des centrales hydroélectriques tuent une certaine proportion d’anguilles en migration d’avalaison. Il y a sur le fleuve Saint-Laurent deux grands barrages hydroélectriques, mais les anguilles sont en mesure de les contourner en empruntant les échelles à poissons ou en passant par les écluses. La plupart des grands tributaires du Saint-Laurent sont bloqués par des barrages hydroélectriques infranchissables. Le Richelieu fait exception, ses deux barrages étant dotés de passes à anguilles et dépourvus de turbines. On trouve peu de barrages sur les rivières qui se jettent dans le golfe du Saint-Laurent depuis le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse. L’Île-du-Prince-Édouard compte un grand nombre de barrages non hydroélectriques, tandis que les barrages hydroélectriques sont nombreux dans les bassins du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse qui se jettent dans la baie de Fundy et l’Atlantique, tout comme à Terre‑Neuve-et‑Labrador. Le risque de mortalité par turbinage varie selon le concept de la turbine et la taille des anguilles, dont les plus grosses risquent davantage d’être coupées par les pales des turbines. La mortalité par turbinage cumulée attribuable aux deux barrages érigés sur le bras principal du Saint-Laurent, en amont de Montréal, est d’environ 40 p. 100. Les anguilles, à toutes les phases de leur vie continentale, font l’objet d’une pêche commerciale dans au moins quelques régions du Canada. Les prises canadiennes déclarées ont décru dans les années 1990. La pêche de l’anguille jaune pratiquée dans le lac Ontario, qui était autrefois importante, a été fermée en 2004 pour des motifs de conservation. On pêche l’anguille dans le bras principal du Saint-Laurent et la grosse anguille argentée dans l’estuaire. Les anguilles font l’objet d’une pêche intensive dans les eaux à marée du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard. Dans le reste des Maritimes, des pêcheries peuvent avoir lieu dans des eaux salées ou douces, mais de vastes secteurs de l’habitat de l’anguille demeurent inexploités. Dans les années 1970 et 1980, les produits chimiques toxiques déversés dans le réseau du Saint-Laurent ont eu un impact sur les anguilles. Depuis lors, les concentrations des principaux toxiques ont baissé dans le lac Ontario. Le parasite de la vessie natatoire Anguillicola crassus est capable de causer des torts importants aux anguilles. Il n’a pas encore été détecté au Canada, mais sa présence a été documentée à 40 km de la frontière du Nouveau-Brunswick.

L’ensemencement est un moyen possible de réduire le déclin marqué de l’anguille dans l’AEED 1. Le bénéfice net de l’ensemencement pour l’efficacité totale de la reproduction dépend de plusieurs facteurs peu connus, notamment des effets de la translocation sur le rapport mâles-femelles, de la capacité des anguilles transloquées de trouver des parcours de migration vers l’aire de fraye, des taux de survie des anguilles ensemencées relativement aux taux de survie des mêmes anguilles si elles étaient demeurées dans leur habitat naturel, et de l’incertitude quant à la capacité de succès de fraye des anguilles ensemencées.

 

Importance de l’espèce

L’anguille d’Amérique a la plus grande aire de répartition de toutes les espèces de poissons d’Amérique du Nord et elle a soutenu de grandes pêcheries commerciales, sportives et autochtones. Les Autochtones pêchent l’anguille depuis la préhistoire. Le haut Saint-Laurent constitue pour eux un important lieu de pêche. L’anguille a représenté pour les Mi'kmaq des Maritimes une importante source alimentaire.

 

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Les règlements de pêche sont établis par les gouvernements du Québec et de l’Ontario ainsi que, dans le cas des Maritimes, par le ministère des Pêches et des Océans. L’anguille d’Amérique, au Canada, ne figure pas actuellement sur les listes de l’Union mondiale pour la nature et n’avait pas été évaluée par le COSEPAC avant 2006.

 

HISTORIQUE DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

MANDAT DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

 

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

 

DÉFINITIONS

(2006)

Espèce sauvage: Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D): Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP): Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*: Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M): Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**: Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***: Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****: Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce àl'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce.

*            Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.
**          Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.
***        Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
****      Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
*****    Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Environnement               Environment
Canada                         Canada

Service canadien           Canadian
de la faune                    Wildlife Service

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.