Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’anguille d'Amérique au Canada

AEED 2 – Est du Saint-Laurent (est du Québec)

Dans l’AEED 2 (figure 13), on dispose des indices d’abondance des juvéniles et des échappées de géniteurs pour deux petits bassins hydrographiques non exploités (200 km²) : la Petite rivière de la Trinité et la rivière du Sud-Ouest(Verreault, 2002; Verreault et al., 2004; Fournier et Caron, 2005). Il existe également des données sur l’abondance des anguillettes pour la rivière Bec‑Scie, sur l’île d’Anticosti.

Figure 13. Stations de collecte de données dans l’aire écologique d’eau douce 2 (Est du Saint-Laurent).

Figure 13. Stations de collecte de données dans l’aire écologique d’eau douce 2 (Est du Saint-Laurent).

 

Indices d’abondance des juvéniles

Les sites d’échantillonnage de la Petite rivière de la Trinité et de la rivière du Sud-Ouest se trouvent tous deux à environ quatre kilomètres de l’embouchure de la rivière. Dans la Petite rivière de la Trinité, sur la rive nord du golfe du Saint-Laurent, le dénombrement des civelles pigmentées a été effectué à une chute, trois fois par nuit, toutes les quatre nuits, entre la mi‑juin et la mi‑août, de 1982 à 1985 et de 1993 à 1996 (Raymond et Caron, 1997). De 1999 à 2001, au même site, on a estimé les remontes d’anguilles au moyen d’une méthode de capture-recapture basée sur l’estimateur de Petersen (figure 14). L’abondance annuelle des civelles (longueur totale inférieure à 120 mm) a été estimée à 14 000, 20 000 et 18 000, respectivement (Fournier et Caron, 2005). La deuxième de ces méthodes est beaucoup plus efficace que la première, aussi n’est-il pas possible de comparer les données recueillies selon les deux méthodes. Les données de pêche électrique recueillies dans la Petite rivière de la Trinité en 2001 permettaient de conclure à une densité moyenne de 4,05 anguilles par 100 m² dans le cours principal de la rivière, relativement à 1,09 anguille par 100 m² dans sa partie supérieure et ses affluents. En habitat lacustre, les estimations vont de 0 à 77,1 anguilles par hectare pour une densité moyenne allant de 31,7 à 33,0 anguilles par hectare, selon l’estimateur utilisé. Les anguilles avaient de deux à vingt-huit ans, leur âge moyen étant de 10,8 ans, une longueur moyenne de 421 mm et un poids moyen de 173 g (Fournier et Caron, 2005).

Figure 14.Indices d’abondance des juvéniles de l’AEED 2

Figure 14. Indices d’abondance des juvéniles de l’AEED 2 :

(A)           Nombre d’anguilles prises dans la Petite rivière de la Trinité (de 1982 à 2001, d’après Fournier et Caron, 2005);

(B)          Indice de l’effectif des classes annuelles fondé sur les captures d’anguilles juvéniles pendant la montaison dans la rivière du Sud‑Ouest (de 1995 à 2002, d’après G. Verreault, MRNF Québec, secteur Faune);

(C)          Anguilles par 100 m² selon les relevés par pêche électrique dans la rivière Bec‑Scie, sur l’île d’Anticosti (de 1988 à 1996).

Dans la rivière du Sud-Ouest, sur la rive sud de l’estuaire du Saint-Laurent, un indice de l’effectif des classes annuelles a été tiré des prises de jeunes anguilles en montaison de 1999 à 2005 (figure 14; Verreault, données inédites). Ces données préliminaires démontrent le déclin de l’indice au fil du temps (de 1,55 en 1995 à 0,66 en 2002).

Des données de pêche électrique sont également disponibles pour la rivière Bec‑Scie, dans le secteur sud‑ouest de l’île d’Anticosti. Le bassin hydrographique draine une zone de 131 km². Des études visant le saumon atlantique (Salmo salar) ont été menées de 1988 à 1993, puis prolongées expressément pour l’anguille entre 1994 et 1996. On a pratiqué une pêche électrique en trois passages dans 16 sites, chacun mesurant 100 m² (Raymond et Caron, 1997). La densité moyenne, dans 100 m² de rivière, a été estimée à 17,7 ± 7,1 anguilles (figure 14). La plus faible densité a été enregistrée en 1992 (8,4 anguilles/100 m²) et la plus élevée l’année suivante, avec 26,8 anguilles/100 m². Aucune tendance ne se dessine dans le cours principal de la rivière, mais les densités de l’un de ses affluents, le ruisseau Castor, sont en baisse depuis 1988 (1988 : 10,7 anguilles/100 m²; 1996 : 1,1 anguilles/100 m²).

Des études récentes portant sur l’anguille d’Amérique dans la rivière Saint‑Jean et son estuaire, dans le secteur est de la Gaspésie, au Québec (Thibault et al., 2005, F. Caron, inédit) ont révélé la présence d’anguilles en grand nombre et de tous les âges. Cette présence permet de croire que le recrutement dans cette région se poursuit, bien qu’aucune série chronologique sur l’abondance ne soit disponible.

 

Indices des échappées de géniteurs

Comme la pêche ne se pratique pas dans la Petite rivière de la Trinité et la rivière du Sud-Ouest, les estimations du nombre d’anguilles argentées en descente correspondent à l’échappée de géniteurs. Sur la rive nord du Saint-Laurent, l’échappée maximale de géniteurs dans la Petite rivière de la Trinité, un habitat d’eau douce de 14,3 km², a été estimée à 103,4 kg/an/km². Dans la rivière du Sud-Ouest, un habitat d’eau douce de 8,7 km², l’échappée maximale de géniteurs a été estimée à 86,8 kg/an/km².