Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la loutre de mer au Canada - Mise à jour (2007)

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Au Canada, la Loi sur les pêches et la Loi sur les espèces en péril (LEP) s’appliquent à la loutre de mer. Aux termes de la LEP, la loutre de mer est légalement inscrite à la catégorie « menacée » depuis 2003, ce qui interdit de la tuer, de la blesser, de la harceler, de la capturer et de la prendre. En vertu de la Loi sur les pêches, il est interdit de prendre ou de perturber la loutre de mer et des dispositions protègent son habitat. De plus, des modifications au Règlement sur les mammifères marins dans la Loi sur les pêches sont actuellement élaborées dans le but d’améliorer la protection des mammifères marins contre les activités humaines sans valeur de consommation. La Wildlife Act de la Colombie-Britannique et ses règlements d’application fournissent également un cadre pour empêcher que la loutre de mer soit chassée, piégée ou tuée. Toutefois, la chasse par les peuples autochtones à des fins de subsistance, sociales ou cérémonielles pourrait être limitée là où la violation des droits ancestraux pour des motifs de conservation ne serait pas justifiée. Cette chasse à la loutre de mer devrait être autorisée par un permis délivré en vertu de la Loi sur les pêches sous réserve d’un avis adressé à Pêches et Océans Canada prouvant que la survie ou le rétablissement de l’espèce ne seront pas mis en péril.

En 1981, le gouvernement de la Colombie-Britannique a créé la réserve écologique de la baie Checleset au large de la côte ouest de l’île de Vancouver. Il s’agit d’une aire protégée provinciale qui comprend 33 321 hectares d’habitat marin (3 p. 100 de la zone d’occurrence de la loutre de mer au Canada) et qui constitue la seule zone désignée expressément pour protéger l’habitat de la loutre de mer (Jamieson et Lessard, 2000). À l’heure actuelle, Pêches et Océans Canada interdit la pêche d’invertébrés dans la réserve, notamment de la panope, de la fausse-mactre, des oursins rouges ou verts, et des holothuries.

La loutre de mer est protégée depuis 1911 en vertu du Traité international sur le phoque à fourrure, signé par les États-Unis, le Japon et la Grande-Bretagne (pour le Canada). Aux États-Unis, la protection de la loutre de mer a été consolidée en raison de l’adoption de la Marine Mammal Protection Act (MMPA) de 1972. En vertu de cette loi, il est interdit de harceler, de chasser, de capturer ou de tuer la loutre de mer, ou de tenter de la harceler, de la chasser, de la capturer ou de la tuer. Des dispositions de la MMPA permettent toutefois aux peuples autochtones de l’Alaska de la chasser à des fins de subsistance ou de création d’articles artisanaux et d’articles vestimentaires autochtones authentiques. Des permis spéciaux permettent la prise de la loutre de mer pour la recherche, l’exposition publique et la photographie à des fins éducatives ou commerciales, et la prise accessoire liée aux pêches commerciales (USFW, données non disponibles). 

Au Canada, la loutre de mer a été désignée « en voie de disparition » par le COSEPAC en avril 1978. Son statut a été réévalué et confirmé, et l’espèce a été désignée « en voie de disparition » en avril 1986 et redésignée « menacée » en avril 1996. Une réévaluation du statut a confirmé que l’espèce était « menacée » en mai 2000. En avril 2007, son statut a été réévalué et l’espèce a été désignée « préoccupante »

Le centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique a désigné la loutre de mer comme étant en sécurité à l’échelle mondiale (secure globally). Toutefois, le gouvernement de cette province l’a inscrite à la Liste rouge et lui a attribué la cote provinciale S2 (S = statut provincial; 2 = en péril [imperiled]) parce que la population de la Colombie-Britannique est de petite taille et a une aire de répartition limitée, selon Watson et al. (1997) (Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, 2005).

Dans l’État de Washington, la loutre de mer est inscrite à la catégorie « en voie de disparition dans l’État » (« State Endangered ») en vertu de la Special Species Policy. Cependant, seules les loutres de mer se trouvant en Californie et dans l’ouest de l’Alaska sont inscrites à la liste nationale en vertu de la Endangered Species Act (ESA), une loi fédérale des États-Unis. Aux termes de l’ESA, les loutres de mer de la Californie, la sous-espèce Enhydra lutris nereis, et la portion de la population distincte de l’ouest de l’Alaska, la sous-espèce Enhydra lutris kenyoni, sont inscrites à la catégorie « menacée » (« Threatened ») (Lance et al., 2004).

L’UICN (Union mondiale pour la nature) a inscrit l’espèce à la catégorie « en voie de disparition » (Endangered) en raison d’un déclin observé allant jusqu’à 90 p. 100 au cours de 10 dernières années. Cette inscription est le résultat du déclin phénoménal de la population dans l’ouest de l’Alaska, une région qui représentait auparavant la majeure partie de l’aire de répartition de la population mondiale de loutres de mer, du faible rétablissement en Californie et des données insuffisantes sur la population en Russie, laquelle semble menacée par le braconnage (UICN, 2004.).

La loutre de mer fait partie de l’annexe II de la CITES, mais la sous-espèce du sud (Enhydra lutris nereis) figure à l’annexe I. L’annexe I comprend les espèces menacées de disparition, dont la CITES interdit le commerce international. L’annexe II est une liste des espèces qui ne sont pas nécessairement menacées de disparition immédiate, mais qui peuvent le devenir si le commerce n’est pas étroitement surveillé (CITES, données non disponibles).