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Répartition

Aire de répartition mondiale

Le yucca glauque est une plante vivace des régions semi-arides des Grandes Plaines d’Amérique du Nord. L’espèce se rencontre depuis le Texas jusqu’à l’Alberta et depuis les montagnes Rocheuses jusqu’au fleuve Mississippi (figure 3; Fairbarns, 1985). Moins de 1 % de l’aire de répartition mondiale de l’espèce se trouve au Canada. La teigne du yucca, pollinisateur obligatoire de la plante et prédateur de ses graines, pollinise en fait plusieurs espèces du genre Yucca et possède donc une plus grande aire de répartition, allant du sud du Texas au Canada et des Rocheuses à la côte Atlantique (Pellmyr, 1999).

Aire de répartition canadienne

Deux des populations connues du yucca glauque se trouvent dans le sud-est de l’Alberta. Une de ces populations est située près de Onefour, dans le bassin de la rivière Lost, affluent de la rivière Milk. Cette population se trouve dans les limites de la station de recherche de Onefour, qui relève d’Agriculture et Agroalimentaire Canada. L’autre population se trouve dans la réserve de pâturage de Pinhorn, au sud de Manyberries (figure 4).

Deux autres populations de yucca glauque ont déjà été signalées en Alberta. Olson (1976) indiquait sur une carte rudimentaire que le yucca glauque poussait à environ 11 km au sud-est de la localité connue de Pinhorn, le long de la rivière Milk. Johan Dormaar a effectué des recherches ciblées dans le secteur de 1999 à 2008, mais il n’a pas retrouvé le site. Des entretiens avec Olson n’ont pas permis d’obtenir plus de précisions à ce sujet. De même, Csotonyi et Hurlburt (2000) mentionnent qu’A. Fischer a signalé une population de yucca glauque « environ une heure au nord de la frontière des États-Unis, le long de la route 4 » [citation traduite de l’anglais], mais cette population n’a jamais été retrouvée. Ces deux mentions demeurent donc non confirmées et ne seront pas incluses dans la présente évaluation.


Figure 3. Aire de répartition mondiale actuelle du yucca glauque à l’état indigène

Carte montrant la répartition mondiale actuelle du yucca glauque à l’état indigène (voir description longue ci-dessous).

Tiré de Hurlburt, 2001.

Description pour la figure 3

Carte montrant la répartition mondiale actuelle du yucca glauque à l’état indigène. L’espèce est présente dans l’ensemble des Grandes Plaines, depuis le Texas jusqu’à l’Alberta et depuis les Rocheuses jusqu’au fleuve Mississippi. Au Canada, le yucca glauque se rencontre en Alberta, le long de la rivière Milk et d’un de ses affluents, la rivière Lost, ainsi qu’en Saskatchewan, près de Rockglen.

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Une autre occurrence du yucca glauque, constituée de 6 clones, a été découverte en 2000 au bord d’un chemin, à Rockglen, en Saskatchewan (D. Henderson, comm. pers., 2001). En 2003, une inflorescence observée à Rockglen semblait avoir les pédicelles dilatés, ce qui indiquerait qu’une pollinisation avait eu lieu et que la teigne du yucca était sans doute présente (ASYMRT, 2006). On a établi que les individus de Rockglen avaient été introduits dans cette localité à partir du Montana il y a une quinzaine ou une vingtaine d’années (Environnement Canada, 2011), mais ces plantes poussent dans un milieu non perturbé semblable à l’habitat des deux populations d’Alberta (prairie indigène de terrain élevé ayant été épargné par les glaciations), possèdent une ou plusieurs rosettes et présentent des signes de floraison antérieure (D. Hurlburt, comm. pers., 2012; D. Henderson, comm. pers., 2012). Or, selon les Lignes directrices du COSEPAC concernant les populations manipulées (COSEPAC, 2010), les individus ayant été introduits accidentellement ou délibérément peuvent quand même être inclus dans l’évaluation s’ils poussent dans un milieu naturel situé à l’intérieur de l’aire de répartition naturelle de l’espèce et si la population se maintient de manière autonome. Chez le yucca glauque, la reproduction comprend la production de nouvelles rosettes (en plus de la reproduction sexuée); par conséquent, il semble bien que ce groupe d’individus se maintient de manière autonome. Par ailleurs, on peut considérer que le site de Rockglen fait partie de l’aire de répartition naturelle du yucca glauque, étant donné la présence de populations de l’espèce dans certains secteurs du Montana situés au sud des sites d’Alberta et au sud de celui de Saskatchewan. La population de Rockglen est donc considérée comme faisant partie de l’espèce sauvage, et les clones se trouvant dans ce site sont inclus dans l’effectif total de l’espèce au Canada. (Cependant, comme rien ne prouve que la population de Rockglen abrite des populations autonomes de teigne du yucca, de teigne tricheuse du yucca ou de fausse-teigne à cinq points du yucca, le site n’est pas considéré comme une localité de ces espèces de papillons.)


Figure 4. Populations indigènes connues du yucca glauque (Yucca glauca) au Canada

Carte situant les populations de yucca glauque présentes au Canada (voir description longue ci-dessous).

Description pour la figure 4

Carte situant les populations de yucca glauque présentes au Canada à l’état indigène. Deux des populations se trouvent en Alberta, dont une près de Onefour, dans le bassin de la rivière Lost, affluent de la rivière Milk, et l’autre dans la réserve de pâturage de Pinhorn, au sud de Manyberries. Par ailleurs, une petite population de yucca glauque a déjà été signalée près de Rockglen, en Saskatchewan; la plante y pousse dans des conditions naturelles, et cette population est ici considérée comme une troisième population canadienne de l’espèce.

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Par contre, conformément aux Lignes directrices du COSEPAC concernant les populations manipulées, plusieurs petites colonies isolées de yucca glauque sont exclues de la présente évaluation, soit parce qu’elles poussent dans un contexte horticole, soit parce qu’elles ne montrent aucun signe d’autonomie. On signale que des clones de yucca glauque provenant de Onefour, de Pinhorn ou des États-Unis ont été transplantés dans tout le sud de l’Alberta (Fairbarns, 1985; Csotonyi et Hurlburt, 2000; Hurlburt, 2001, 2007; Saunders et Ernst, 1998) et de la Saskatchewan (Fairbarns, 1985; Hurlburt, 2001). Des clones probablement issus de matériel sauvage d’Alberta se rencontrent dans les jardins, notamment à Etzikom, à Medicine Hat, à Lethbridge ainsi que près de Manyberries et de Wild Horse, en Alberta, de même qu’à Fox Valley, en Saskatchewan. À Lethbridge, ces clones poussent sur des pentes de ravin, mais on n’a jamais signalé qu’ils produisissent des fruits ou de nouvelles rosettes; ils ne sont donc pas considérés comme constituant une population autonome. À Fox Valley, entre 10 et 50 clones de yucca glauque provenant de plantes en pots d’origine inconnue se trouvent à l’intérieur d’un carré de 5 km de côté (Maher et al., 1979; Fairbarns, 1985; Hurlburt, 2001). Deux clones isolés ont récemment été signalés le long de chemins du sud-est de l’Alberta, et leur origine est inconnue (Bradley et al., 2006; Hurlburt, 2007); ils ne sont pas ici considérés comme des populations autonomes. Cependant, certains des sites ici mentionnés pourraient mériter d’être inclus dans les évaluations futures.

On a observé que les clones poussant sur les terres du musée de moulins à vent d’Etzikom, en Alberta, et dans le parc Police Point, à Medicine Hat, en Alberta, ainsi que dans plusieurs jardins privés situés près de Pinhorn et de Onefour produisaient régulièrement des fruits présentant des trous d’émergence laissés par la teigne du yucca (ASYMRT, 2006; Foreman et al., 2006).

La zone d’occurrence a été estimée à 2 040 km2, y compris le site de Rockglen, tandis que l’indice de zone d’occupation est de 16 km2. La zone d’occupation biologique du yucca glauque est de 185 ha en Alberta, selon la superficie de l’habitat essentiel désigné par Environnement Canada (2011).

Activités de recherche

De 1998 à 2011, plusieurs milliers d’heures ont été consacrées à la recherche de populations indigènes de yucca glauque dans les milieux propices d’Alberta et de Saskatchewan, particulièrement le long de la frontière des États-Unis (D. Hurlburt, obs. pers.). Jusqu’à présent, ces activités de recherche additionnelles ont permis de trouver une seule nouvelle population, celle de Rockglen, en Saskatchewan. Comme le yucca glauque est facile à identifier par le public et très visible lorsqu’il est en fleurs, les nouvelles mentions sont souvent le fruit d’observations fortuites faites par des naturalistes ou des non-biologistes. Jusqu’à présent, la plupart de ces mentions visaient des occurrences non naturelles.

En 2007 et 2008, on a lancé une campagne de publicité pour encourager le public à signaler les yuccas cultivés en jardin qui produisaient des fruits, afin d’effectuer un suivi de la fréquence de la teigne du yucca en Alberta (D. Johnson, comm. pers., 2011). Malgré toute l’attention accordée à cette campagne par les journaux, les bulletins et les sites Web dans tout le sud de l’Alberta, aucun nouveau clone indigène ni aucune nouvelle population indigène de la plante n’ont été signalés, mais des clones produisant des fruits ont été observés en 2007 dans des jardins de Lethbridge et de Magrath (D. Johnson, comm. pers., 2011; E.B. Cunningham, comm. pers., 2011; P. Harris, comm. pers., 2011).

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