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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le rorqual à bosse au Canada

Habitat

Dans le Pacifique Nord, le rorqual à bosse se nourrit le long des côtes nord-américaines, de la Californie aux îles Aléoutiennes (figure 2). La mise bas a lieu dans trois grands secteurs : le Pacifique Ouest, du Sud du Japon jusqu’aux Philippines septentrionales; les îles au vent de l’archipel des Hawaii; au large du Mexique et de l'Amérique centrale jusqu’au Panama. Des données acoustiques et des données sur les déplacements suggèrent que certains échanges se produisent entre ces populations reproductrices (Payne et Guinee, 1983; Baker et al., 1986; Helweg et al., 1990; Darling et Cerchio, 1993; Darling et al., 1996; Calambokidis et al., 1997, 2000, 2001; Salden et al., 1999). Cependant, la comparaison des données génétiques et des observations visuelles entre les zones d’alimentation et de reproduction laisse croire que les individus sont très fidèles à leurs zones d’alimentation de sorte qu’il est possible de définir un certain nombre de stocks distincts en fonction des zones d’alimentation (Darling et Jurasz, 1983; Baker et al., 1986; Calambokidis et al., 1996, 1997; Waite et al., 1999). Baker et Palumbi (1997) font remarquer que dans le Pacifique Nord, les échanges associés aux migrations entre certains de ces stocks (p. ex. entre celui du Sud-Est de l'Alaska et celui du centre de la Californie) seraient, sur le long terme, de moins d’un individu par génération. Le U.S. National Marine Fisheries Service s’est servi de ces données pour gérer trois sous‑populations associées à des aires d’alimentation distinctes dans le Pacifique Nord (voir références ci-dessus et Barlow et al., 1998; Hill et DeMaster, 1998). Bien que selon cet organisme américain deux de ces stocks sont présents en Colombie-Britannique – le stock Californie-Oregon-Washington et Mexique, qui se nourrit jusque dans le Sud de la Colombie-Britannique, et le stock du centre du Pacifique Nord , qui se nourrit du Nord de la Colombie-Britannique jusqu’à l’île Kodiak, en Alaska –, la structure de la population de rorquals à bosse de Colombie‑Britannique est plus complexe et difficile à établir.

Certaines données semblent indiquer que les rorquals qui s’alimentent dans les eaux de la Colombie-Britannique constituent deux agrégations distinctes de celles du Nord et du Sud. Les rorquals à bosse qui se nourrissent au large de la Californie, de l'Oregon et du Sud de l’État de Washington présentent un taux élevé d’échange entre les zones comprises dans cette aire, mais de faibles taux d’échange avec les rorquals qui s’alimentent au large du Nord de l’État de Washington et du Sud de la Colombie-Britannique, et aucun échange avec ceux du Nord de la province (Calambokidis et al., 1996, 2001). En outre, aucun échange n’a été constaté jusqu’ici entre les rorquals identifiés dans le Sud de la Colombie-Britannique et ceux identifiés dans le Nord de la province (Calambokidis et al., 2001; G. Ellis, comm. pers.). Enfin, une demi-douzaine d’individus ont été observés à la fois au nord de la Colombie-Britannique et au sud-est de l'Alaska, mais il s’agit là d’une quantité relativement faible (Ellis et Straley, données inédites; Calambokidis et al., 2001).

Figure 2.  Aires principales d’alimentation et de reproduction du rorqual à bosse : a) Atlantique Nord; b) Pacifique Nord.

Figure 2.  Aires principales d’alimentation et de reproduction du rorqual à bosse : a) Atlantique Nord; b) Pacifique Nord. Les aires d’alimentation sont représentées par les zones pointillées et les aires de reproduction par les zones fortement ombrées. Les flèches en pointillés indiquent les migrations non ou peu documentées. Dans la plupart des régions, les itinéraires exacts ne sont pas connus, de sorte que les flèches ne font que relier les points de départ et d’arrivée des migrations. Reproduction d’une carte du document de Stevick et al. (2002).

Les rorquals à bosse associés à ces différentes zones d’alimentation se distinguent également par leurs destinations lors de la migration. Les rorquals qui se nourrissent au large de la Californie, de l'Oregon et de l’État de Washington hivernent surtout au large du Mexique et de l'Amérique centrale (Steiger et al., 1991; Calambokidis et al., 2000, 2001; Urban et al., 2000), alors que ceux qui s’alimentent au large du Sud-Est de l'Alaska hivernent principalement à Hawaii (Darling et Jurasz, 1983; Baker et al., 1986; Calambokidis et al., 2001). Par contre, les rorquals à bosse qui se nourrissent dans les eaux de la Colombie-Britannique méridionale et septentrionale migrent vers plusieurs aires d’hivernage sans démontrer de préférence particulière. Des rorquals de ces deux zones britanno-colombiennes ont migré vers le Mexique (vers la zone continentale et les îles Revillagigedo), Hawaii et l’île d’Ogasawara (une aire de reproduction), au large du Japon (Darling et Jurasz, 1983; Darling et al., 1996; Urban et al., 2000; Calambokidis et al., 2001).

Pour ce qui est de l'Atlantique Nord, des rorquals à bosse des parties ouest et est semblent s’accoupler et mettre bas dans les Antilles (Whitehead, 1982; Martin et al., 1984; Katona et Beard, 1990; Larsen et al., 1996; Stevick et al., 1998, 2003), mais les individus de l’est de l'Atlantique Nord auraient moins tendance à hiverner dans cette région (Stevick et al., 2003). De faibles effectifs de rorquals à bosse ont été observés en hiver dans l’est de l’Atlantique tropical au large des îles du Cap-Vert (Reiner et al., 1996), mais on ne sait pas où ils s’alimentent en été. Cette zone aurait autrefois été une importante zone d'hivernage et de reproduction (Reeves et al., 2002) et pourrait servir aujourd’hui d’aire d'hivernage et de reproduction secondaire pour les rorquals à bosse de l’est de l'Atlantique Nord (Reiner et al., 1996; Hazevoet et Wenzel, 2000). Comme dans le Pacifique Nord, il y a de nombreuses preuves génétiques et fondées sur la photo-identification d’une ségrégation entre les stocks des diverses aires d’alimentation (Clapham et Mayo, 1987; Katona et Beard, 1990; Clapham et al., 1993; Palsboll et al., 1995; Larsen et al., 1996; Waring et al., 2000). Dans l’ouest de l'Atlantique Nord, quatre stocks sont ainsi reconnus, dont trois sont présents dans les eaux canadiennes. Ces quatre stocks sont ceux du golfe du Maine (qui comprend des individus de la baie de Fundy et de la plate‑forme néo-écossaise; Clapham et al., 2001), du golfe du Saint-Laurent, de Terre‑Neuve-et-Labrador et du Groenland occidental (Katona et Beard, 1990; Waring et al., 2000). Le stock du golfe du Maine a fait l’objet d’études approfondies. Toutefois, peu de recherches ont été entreprises récemment sur les autres stocks. L’étude des marqueurs génétiques semble indiquer que les animaux du détroit de Belle Isle appartiennent au stock de Terre-Neuve-et-Labrador (P. Palsboll, comm. pers.). Selon les données de photo-identification, il y aurait davantage d’échanges d’individus entre les stocks du golfe du Saint-Laurent et de Terre-Neuve-et-Labrador qu’entre d’autres paires de stocks. Il se pourrait donc qu’on doive les considérer comme un seul stock (Anonyme, 2001). De jeunes individus des stocks du golfe du Maine et de Terre-Neuve se regroupent dans des zones de latitudes moyennes pendant les mois d’hiver (Barco et al., 2002). La Commission baleinière internationale a récemment mené un examen approfondi des connaissances existantes sur le rorqual à bosse de l'Atlantique Nord et conclu que l’unité de gestion appropriée devait être le stock associé à telle ou telle aire d’alimentation (Anonyme, 2001). Il existe néanmoins des preuves d’une certaine organisation spatiale au sein de ces stocks (Robbins et al., 2001); autrement dit, les individus se regrouperaient selon différentes zones d’alimentation préférentielles à l’intérieur de ces grandes régions.