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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le smilax à feuilles rondes (population des plaines des Grands Lacs et population de l'Atlantique) au Canada – Mise à jour

Résumé

Smilax à feuilles rondes
Smilax rotundifolia
population des plaines des Grands Lacs
population de l'Atlantique

Information sur l’espèce

Le smilax à feuilles rondes (Smilax rotundifolia) est une plante ligneuse grimpante pouvant atteindre plus de 4 m de longueur. Les tiges principales sont cylindriques et armées de gros aiguillons aplatis, tandis que les rameaux sont parfois quadrangulaires. Les feuilles sont alternes, simples, ovées, longues de 5 à 10 cm, à base cordée. Chaque individu est unisexué. Les fleurs, mâles ou femelles, sont petites, vertes et réunies en ombelles arrondies au bout de pédoncules naissant à l’aisselle des feuilles. Chaque ombelle femelle produit un petit nombre de baies bleu-noir, renfermant la plupart du temps deux graines.

Répartition

L’espèce est présente dans une bonne partie de l’est de l’Amérique du Nord, depuis le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse jusqu’au nord de la Floride et, vers l’ouest, depuis le Michigan et le sud-ouest de l’Ontario jusqu’à l’est du Texas. Au Canada, l’espèce se rencontre près de la rive nord du lac Érié, dans le sud de l’Ontario, ainsi que dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. Les 13 populations ontariennes encore existantes ont une zone d’occurrence d’environ 2 500 km² et une zone d’occupation évaluée à 13 km², si une grille à mailles de 1 km est utilisée, ou à 40 km², si une grille à mailles de 2 km est utilisée. En Nouvelle-Écosse, l’espèce compte plus de 50 populations, qui forment une zone d’occurrence de moins de 5 000 km² et une zone d’occupation de beaucoup plus de 50 km².

Habitat

En Ontario, le smilax à feuilles rondes privilégie les forêts claires humides à très humides, souvent sur sol sableux. En Nouvelle-Écosse, il se rencontre communément au bord des lacs. Aux États-Unis, l’habitat de l’espèce est très variable.

Biologie

Le smilax à feuilles rondes est une plante dioïque; les fleurs mâles et femelles sont donc portées par des individus différents. Chaque souche produit une couronne de tiges et se multiplie par voie végétative au moyen de rhizomes et de stolons. Seules les populations réunissant des individus des deux sexes produisent des fruits. Les graines semblent avoir besoin d’une période de froid pour pouvoir ensuite germer. Il est possible que les semis aient besoin d’ouvertures dans le couvert forestier pour s’établir. La multiplication végétative produit des clones qui peuvent, avec le temps, couvrir de grandes superficies. Chaque clone peut vivre longtemps.

Taille et tendances des populations

En Ontario, 14 sites où l’espèce est présente ont été confirmés. Un de ces sites est aujourd’hui disparu. Six autres ont été confirmés en 2006, et un en 2007; un autre l’a été en 2005. Les cinq autres sites n’ont fait l’objet d’aucun relevé en 2006, mais on peut supposer qu’ils existent encore, puisque l’habitat est encore présent (certains propriétaires n’étaient pas disponibles, tandis que d’autres ont refusé l’accès à leur terrain). Parmi les 13 sites encore existants, quatre ont été découverts après la première évaluation de la situation de l’espèce par le COSEPAC. Il existe entre 1 000 et 5 000 couronnes approximativement, chacune représentant un « individu » composé de plusieurs tiges et pouvant ou non être physiquement séparé des autres couronnes. Plus de 50 occurrences sont connues en Nouvelle-Écosse, où la population totale de l’espèce est jugée stable et comprend entre 3 000 et 10 000 individus.

Facteurs limitatifs et menaces

Même si le smilax à feuilles rondes se multiplie par voie végétative et vit relativement longtemps, il est limité en Ontario par le petit nombre de sites comptant des individus des deux sexes. Cette capacité limitée de produire des graines pourrait nuire à la variabilité naturelle des populations ontariennes et donc restreindre leur capacité d’adaptation. Les populations de la région du Niagara sont également menacées par l’urbanisation ainsi que par une diminution de la superficie d’habitat potentiel. En Nouvelle-Écosse, il semble que la plupart des populations ne sont pas menacées ou sont exposées à des menaces très limitées.

Importance de l’espèce

Il n’existe pratiquement aucune connaissance traditionnelle autochtone faisant état d’utilisations actuelles du smilax à feuilles rondes. Dans les secteurs où l’espèce est une composante importante de la forêt, elle constitue une nourriture extrêmement importante pour les espèces sauvages.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

En Ontario, une des populations est située dans un parc municipal, et une partie d’une autre population se trouve sur un terrain de l’Office de conservation de la nature de la région de Long Point. Les autres se trouvent sur des terrains privés, sans protection particulière. En Nouvelle-Écosse, aucune donnée spécifique n’a été compilée sur l’espèce, puisque celle-ci n’est pas considérée en péril dans la province. On sait cependant que l’espèce est présente dans certaines aires protégées, comme le parc national Kejimkujik et l’aire de nature sauvage Tobeatic.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2007)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged, Note de bas de pagee
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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