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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le smilax à feuilles rondes (population des plaines des Grands Lacs et population de l'Atlantique) au Canada – Mise à jour

Répartition

Aire de répartition mondiale

Le smilax à feuilles rondes est naturellement présent dans une bonne partie de l’est et du centre de l’Amérique du Nord, depuis le sud de la Nouvelle-Écosse jusqu’au nord de la Floride et, vers l’ouest, depuis le sud de l’Ontario et le Michigan jusqu’à l’est du Texas (figure 2). À l’échelle mondiale, l’espèce est considérée comme « non en péril » (cote G5). Aux États-Unis, dans les États où l’espèce est classifiée, la cote S5 (non en péril) lui a été attribuée, sauf en Illinois, où la cote est « S3? » (NatureServe, 2006).

Figure 2. Aire de répartition mondiale du smilax à feuilles rondes, d’après Holmes (2002).

Figure 2. Aire de répartition mondiale du smilax à feuilles rondes, d’après Holmes (2002).

Aire de répartition canadienne

Le smilax à feuilles rondes se rencontre au Canada dans deux régions très éloignées l’une de l’autre, d’une part les environs de la rive nord du lac Érié, dans la forêt carolinienne des plaines des Grands Lacs (voir par exemple Soper et Heimburger, 1982), et d’autre part la plaine côtière de l’Atlantique, dans le sud de la Nouvelle-Écosse (voir par exemple Roland, 1998). Dans divers documents axés sur l’Ontario, on a omis de mentionner la population de Nouvelle-Écosse ou on l’a décrite de manière inexacte. White et al. (1982) ainsi que Soper et Heimburger (1982) considéraient le smilax à feuilles rondes comme étant « rare au Canada », tandis qu’Argus et White (1977) considéraient l’espèce comme étant « rare et peut-être disparue du Canada », même si on sait qu’elle est localement répandue dans le sud de la Nouvelle-Écosse, depuis l’expédition de Fernald dans la région, en 1920 (Fernald, 1921).

En Ontario, la situation de l’espèce est demeurée incertaine jusqu’en 1982, Argus et White (1977) ainsi que White et al. (1982) ayant jugé qu’elle était peut-être ou probablement disparue de la province. L’espèce n’a pas été signalée dans le cadre de relevés détaillés de la flore (Botham, 1981) et des aires naturelles (Oldham, 1983) du comté d’Essex.

Les populations ontariennes du smilax à feuilles rondes sont pratiquement contiguës à l’aire de répartition principale de l’espèce, située plus au sud, tandis que les populations de Nouvelle-Écosse sont séparées des populations les plus proches, dans le sud du Maine, par une distance d’environ 200 km traversant le golfe du Maine (Holmes, 2002; figure 3). En Nouvelle-Écosse, le smilax à feuilles rondes est assez répandu dans toute la région à moins de quelque 115 km de l’extrémité sud de la province (Roland et Smith, 1969; Roland, 1998). Plus au nord, l’aire de répartition de l’espèce semble se terminer assez abruptement. Le smilax à feuilles rondes est d’ailleurs une espèce fortement indicatrice de la région où la flore de la plaine côtière est la plus diversifiée en Nouvelle-Écosse (S. Blaney et M. Elderkin, comm. pers.). La carte de la figure 3 montre la répartition connue de l’espèce, selon les spécimens d’herbier et les observations visuelles compilés jusqu’en 2006 par le Centre de données sur la conservation du Canada atlantique. À l’intérieur de cette région d’occurrence limitée, l’espèce est présente dans les fourrés arbustifs et les forêts situés près des rives de la plupart des rivières et des plus grands lacs, mais elle tend à devenir moins commune dans les régions en amont (Roland et Smith, 1969; S. Blaney, comm. pers.).

Les 13 populations ontariennes existantes forment une zone d’occurrence d’environ 2 500 km² répartie en deux polygones convexes, dont le premier, à l’ouest, se situe dans les comtés d’Essex et de Kent, et le second, plus à l’est, va du comté de Norfolk à la région du Niagara. La zone d’occupation est estimée à 13 km², si on utilise une grille à mailles de 1 km, ou à environ 40 km², si on utilise une grille à mailles de 2 km. En Nouvelle-Écosse, l’espèce compte plus de 50 populations, qui ont une zone d’occurrence de moins de 5 000 km² et une zone d’occupation de plus de 50 km².

Histoire biogéographique et phytogéographique en Ontario

En Ontario, la répartition de l’espèce semble être concentrée aux deux extrémités de la zone carolinienne, qui correspondent probablement aux voies de migration empruntées par l’espèce, depuis le sud, durant la période postglaciaire, traverstant les deux pointes de terre entre lacs voisins (figure 4). En effet, il serait difficile d’expliquer autrement la rareté des récoltes entre ces deux secteurs : d’une part, de nombreux oiseaux consomment les fruits de smilax et pourraient donc être d’importants vecteurs de dispersion; d’autre part, la région séparant les deux secteurs présente à la fois des milieux similaires et un climat modéré. Il est également possible que les milieux forestiers ayant déjà existé entre les deux secteurs aient été déboisés avant qu’on y ait mené des relevés botaniques complets. De plus, cette région intermédiaire est dominée par des sols argileux, et non sableux, qui pourraient être moins propices à l’espèce.

Les carrés vides de la figure 4 représentent des mentions non confirmées recensées par Soper et Heimburger (1982). Ces mentions ne semblent s’appuyer sur aucun document. Les auteurs précisent d’ailleurs que l’espèce n’est présente que dans les comtés d’Essex et de Kent, ce qui exclut d’emblée les mentions visant le comté de Middlesex (les deux carrés vides du haut, dans la figure 4). Par ailleurs, aucune information disponible ne permet de confirmer les deux enregistrements visant le comté de Kent (les deux carrés vides du bas, dans la figure 4), puisque le catalogue d’enregistrements compilé par Soper et utilisé par celui-ci pour dresser la carte figurant dans Soper et Heimburger (1982) n’est plus disponible.

Figure 3.  Aire de répartition du smilax à feuilles rondes en Nouvelle-Écosse. Le nombre de points noirs ne correspond pas au nombre de populations (> 50) répertoriées dans la province. Carte dressée par Pamela Mills, du ministère des Ressources naturelles de la Nouvelle-Écosse, à Kentville, en Nouvelle-Écosse, tirée de COSEPAC, 2001.)

Figure 3.  Aire de répartition du smilax à feuilles rondes en Nouvelle-Écosse.

Figure 4. Occurrences connues et enregistrées du smilax à feuilles rondes en Ontario. Les cercles pleins représentent les populations confirmées au cours des 20 dernières années. L’étoile vide représente la population de la pointe Pelée, aujourd’hui disparue. Les carrés vides représentent les mentions non confirmées recensées par Soper et Heimberger (1982).

Figure 4. Occurrences connues et enregistrées du smilax à feuilles rondes en Ontario.