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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC Baleine noire du Pacifique Nord (Eubalaena japonica) au Canada - Mise à jour

Résumé

Baleine noire du Pacifique Nord
Eubalaena japonica

Information sur l’espèce

Le statut taxinomique des baleines franches (genre Eubalaena) du monde entier a été l’objet d’une certaine controverse pendant plus de 20 ans. En 2000, le comité scientifique de la Commission baleinière internationale, après examen des données génétiques et morphologiques, a décidé de conserver le nom générique Eubalaena pour les baleines franches et de reconnaître trois espèces, E. japonicadans le Pacifique Nord, E. glacialis dans l’Atlantique Nord et E. australis dans tout l’hémisphère sud, les baleines franches de l’hémisphère boréal étant aussi appelées Baleines noires.

Les baleines noires sont de grande taille et trapues, reconnaissables à leur menton carré, à leur peau généralement noire et parfois tachée de blanc au ventre et au menton, ainsi qu’à l’absence de nageoire dorsale. Elles atteignent une longueur d’environ 18 m, les femelles adultes mesurant en moyenne 1 m de plus que les mâles adultes.

Répartition

Historiquement, d’après les données recueillies par les baleiniers hauturiers (de 1785 à 1913), les baleines noires étaient présentes d’avril à octobre dans les eaux de Colombie-Britannique, où on suppose qu’elles se nourrissaient ou qu’elles empruntaient leurs voies de migration pour atteindre les lieux de mise bas et en revenir. Les baleiniers modernes (de 1900 à 1951), qui pêchaient surtout dans les eaux côtières, n’ont capturé que sept baleines noires. La dernière observation confirmée d’une baleine noire dans les eaux britanno-colombiennes a été faite en 1970, à l’ouest des îles de la Reine-Charlotte. Il n’est pas possible de décrire la répartition actuelle de la baleine noire du Pacifique Nord au large de la Colombie-Britannique.

Habitat

La répartition géographique et les voies migratoires actuelles des baleines noires de l’est du Pacifique Nord sont inconnues. L’emplacement des aires d’alimentation demeure un mystère. On ne peut déterminer ni l’habitat actuellement occupé par l’espèce, ni celui qui serait nécessaire à son rétablissement.

Biologie

On connaît mal les aspects fondamentaux de la biologie et de l’écologie de la baleine noire de l’est du Pacifique Nord.

Taille et tendances des populations

On estime que l’abondance des baleines noires du Pacifique Nord avant leur exploitation dépassait 11 000 têtes et atteignait peut-être le double de ce nombre. Aujourd’hui, les baleines noires sont extrêmement rares dans l’est du Pacifique Nord; elles ont presque disparu à cause de la chasse à la baleine en haute mer au 19e siècle et de la chasse pratiquée illégalement par l’Union soviétique au cours des années 1960. À l’heure actuelle, il n’y a pas de consensus sur la taille de la population; il n’est possible ni de produire une estimation de l’abondance, ni de discerner les tendances des populations de baleines noires dans l’est du Pacifique Nord.

Facteurs limitatifs et menaces

Un certain nombre de facteurs pourraient contribuer à la lenteur générale du rétablissement de la population ou même empêcher ce rétablissement. Les baleines noires de l’est du Pacifique Nord forment une population dont la taille est si faible que le taux de reproduction doit en souffrir, et elles courent un haut niveau de risque face aux effets stochastiques, ce qui pourrait limiter leur rétablissement.

Importance de l’espèce

La baleine noire de l’est du Pacifique Nord est une des espèces de grandes baleines les plus menacées; c’est aussi celle qui a été le moins bien étudiée.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

À l’échelle mondiale, toutes les baleines franches sont protégées par la Convention internationale pour la réglementation de la chasse à la baleine, mise en œuvre par la Commission baleinière internationale. Cependant, on a documenté la pratique illégale généralisée de la chasse à la baleine par l’Union soviétique jusque dans les années 1960. La baleine noire du Pacifique Nord est classée comme étant une espèce en danger dans la liste rouge des animaux et végétaux menacés établie par l’UICN (Union mondiale pour la nature) et dans l’Endangered Species Act (loi sur les espèces menacées) aux États-Unis.

Au Canada, les baleines noires sont protégées contre la chasse et le harcèlement par les dispositions du Règlement sur les mammifères marins dans le cadre de la Loi sur les pêches ainsi que par la Loi sur les espèces en péril (adoptée en juin 2003). Le ministère des Pêches et des Océans, à titre d’organisme chargé de sa gestion, a publié en 2003 un plan de rétablissement de la baleine noire du Pacifique Nord (Eubalaena japonica) dans les eaux canadiennes du Pacifique.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétences, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (Novembre 2004)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes DINote de bas de paged,Note de bas de pagee
Espèce sauvage pour laquelle l'information est insuffisante pour évaluer directement ou indirectement son risque de disparition.

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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