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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC Baleine noire du Pacifique Nord (Eubalaena japonica) au Canada - Mise à jour

Mise à jour
Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur la
Baleine noire du Pacifique Nord
Eubalaena japonica

au Canada

baleine noire du Pacifique Nord (Eubalaena japonica)

Espèces en voie de disparition 2004

COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada



COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada


Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2004. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la baleine noire du Pacifique Nord (Eubalaena japonica) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa . vii + 26 p.

Rapports précédents

Gaskin, D.E. 1990. Update COSEWIC status report on the Right Whale Eubalaena glacialis in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada, Ottawa, 25 p.

Gaskin, D.E. 1985. Update COSEWIC status report on the Right Whale Eubalaena glacialis in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada, Ottawa, 50 p.

Hay, K.A. 1980. COSEWIC status report on the Right Whale Eubalaena glacialis in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada, Ottawa, 12 p.

Note de production

Le COSEPAC aimerait remercier Moira W. Brown, Miriam O et John K.B. Ford d’avoir rédigé la mise à jour du rapport de situation sur la baleine noire du Pacifique Nord (Eubalaena japonica) aux termes d’un contrat avec Environnement Canada. Hal Whitehead, ancien coprésident du Sous-comité de spécialistes des mammifères marins du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684
Courriel du COSEPAC
Site Web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC assessment and update status report on the North Pacific right whale Eubalaena japonica in Canada.

Illustration de couverture

Baleine noire du Pacifique Nord, par Alistair Denbigh.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2004.
PDF : CW69-14/416-2005F-PDF
ISBN 0-662-79256-4
HTML : CW69-14/416-2005F-HTML
ISBN 0-662-79257-2

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Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Novembre 2004

Nom commun : Baleine noire du Pacifique Nord

Nom scientifique : Eubalaena japonica

Statut : En voie de disparition

Justification de la désignation : Bien que cette espèce n'ait pas été observée au cours des 50 dernières années dans les eaux canadiennes, elle a été observée au sud et au nord des eaux de la Colombie-Britannique. Il n'est donc pas approprié de désigner cette espèce comme étant disparue. Le total des individus de la population de l'est du Pacifique Nord s'établirait à quelques dizaines de baleines.

Répartition : Océan Pacifique

Historique du statut : La baleine noire a été considérée comme une espèce distincte et a été désignée « en voie de disparition » en 1980. Réexamen et confirmation du statut en avril 1985 et en avril 1990. Division en deux espèces en mai 2003. La baleine noire du Pacifique Nord n'a pas été réévaluée en mai 2003, mais a conservé le statut initial « en voie de disparition » de la baleine noire. Réexamen et confirmation du statut « en voie de disparition » en novembre 2004. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

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Résumé

Baleine noire du Pacifique Nord
Eubalaena japonica

Information sur l’espèce

Le statut taxinomique des baleines franches (genre Eubalaena) du monde entier a été l’objet d’une certaine controverse pendant plus de 20 ans. En 2000, le comité scientifique de la Commission baleinière internationale, après examen des données génétiques et morphologiques, a décidé de conserver le nom générique Eubalaena pour les baleines franches et de reconnaître trois espèces, E. japonicadans le Pacifique Nord, E. glacialis dans l’Atlantique Nord et E. australis dans tout l’hémisphère sud, les baleines franches de l’hémisphère boréal étant aussi appelées Baleines noires.

Les baleines noires sont de grande taille et trapues, reconnaissables à leur menton carré, à leur peau généralement noire et parfois tachée de blanc au ventre et au menton, ainsi qu’à l’absence de nageoire dorsale. Elles atteignent une longueur d’environ 18 m, les femelles adultes mesurant en moyenne 1 m de plus que les mâles adultes.

Répartition

Historiquement, d’après les données recueillies par les baleiniers hauturiers (de 1785 à 1913), les baleines noires étaient présentes d’avril à octobre dans les eaux de Colombie-Britannique, où on suppose qu’elles se nourrissaient ou qu’elles empruntaient leurs voies de migration pour atteindre les lieux de mise bas et en revenir. Les baleiniers modernes (de 1900 à 1951), qui pêchaient surtout dans les eaux côtières, n’ont capturé que sept baleines noires. La dernière observation confirmée d’une baleine noire dans les eaux britanno-colombiennes a été faite en 1970, à l’ouest des îles de la Reine-Charlotte. Il n’est pas possible de décrire la répartition actuelle de la baleine noire du Pacifique Nord au large de la Colombie-Britannique.

Habitat

La répartition géographique et les voies migratoires actuelles des baleines noires de l’est du Pacifique Nord sont inconnues. L’emplacement des aires d’alimentation demeure un mystère. On ne peut déterminer ni l’habitat actuellement occupé par l’espèce, ni celui qui serait nécessaire à son rétablissement.

Biologie

On connaît mal les aspects fondamentaux de la biologie et de l’écologie de la baleine noire de l’est du Pacifique Nord.

Taille et tendances des populations

On estime que l’abondance des baleines noires du Pacifique Nord avant leur exploitation dépassait 11 000 têtes et atteignait peut-être le double de ce nombre. Aujourd’hui, les baleines noires sont extrêmement rares dans l’est du Pacifique Nord; elles ont presque disparu à cause de la chasse à la baleine en haute mer au 19e siècle et de la chasse pratiquée illégalement par l’Union soviétique au cours des années 1960. À l’heure actuelle, il n’y a pas de consensus sur la taille de la population; il n’est possible ni de produire une estimation de l’abondance, ni de discerner les tendances des populations de baleines noires dans l’est du Pacifique Nord.

Facteurs limitatifs et menaces

Un certain nombre de facteurs pourraient contribuer à la lenteur générale du rétablissement de la population ou même empêcher ce rétablissement. Les baleines noires de l’est du Pacifique Nord forment une population dont la taille est si faible que le taux de reproduction doit en souffrir, et elles courent un haut niveau de risque face aux effets stochastiques, ce qui pourrait limiter leur rétablissement.

Importance de l’espèce

La baleine noire de l’est du Pacifique Nord est une des espèces de grandes baleines les plus menacées; c’est aussi celle qui a été le moins bien étudiée.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

À l’échelle mondiale, toutes les baleines franches sont protégées par la Convention internationale pour la réglementation de la chasse à la baleine, mise en œuvre par la Commission baleinière internationale. Cependant, on a documenté la pratique illégale généralisée de la chasse à la baleine par l’Union soviétique jusque dans les années 1960. La baleine noire du Pacifique Nord est classée comme étant une espèce en danger dans la liste rouge des animaux et végétaux menacés établie par l’UICN (Union mondiale pour la nature) et dans l’Endangered Species Act (loi sur les espèces menacées) aux États-Unis.

Au Canada, les baleines noires sont protégées contre la chasse et le harcèlement par les dispositions du Règlement sur les mammifères marins dans le cadre de la Loi sur les pêches ainsi que par la Loi sur les espèces en péril (adoptée en juin 2003). Le ministère des Pêches et des Océans, à titre d’organisme chargé de sa gestion, a publié en 2003 un plan de rétablissement de la baleine noire du Pacifique Nord (Eubalaena japonica) dans les eaux canadiennes du Pacifique.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétences, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (Novembre 2004)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes DINote de bas de paged,Note de bas de pagee
Espèce sauvage pour laquelle l'information est insuffisante pour évaluer directement ou indirectement son risque de disparition.

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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Information sur l'espèce

Nom et classification

Pendant plus de vingt ans, le statut taxinomique des baleines franches (genre Eubalaena) du monde entier a été l’objet d’une certaine controverse. La plupart des auteurs s’entendaient pour reconnaître deux espèces, E. glacialis désignant les populations de l’Atlantique Nord et du Pacifique Nord (qu’on nommait baleines noires ou baleines franches boréales), et E. australis, toutes les populations de l’hémisphère sud (baleines franches australes). Parfois, les formes de l’Atlantique Nord et du Pacifique Nord étaient considérées comme des sous-espèces, soit E. glacialis glacialis et E. g. japonica respectivement (voir Schevill, 1986). Rice (1998) a regroupé les baleines noires et les baleines boréales (Balaena mysticetus) dans le genre Balaena, et combiné toutes les baleines franches en une seule espèce, B. glacialis, divisée en deux sous-espèces, B. g. glacialis (Atlantique Nord et Pacifique Nord) et B. g. australis (hémisphère sud). Cependant, on a recommandé, lors d’un atelier de la Commission baleinière internationale (CBI) tenu en 1998, de maintenir séparé le genre Eubalaena (baleines franches), et déclaré que le comité scientifique de la CBI n’envisagerait de modifier le statut taxinomique qu’en se fondant sur des articles publiés (IWC, 2001a). Rosenbaum et al. (2000) ont passé en revue les données génétiques sur les baleines franches du monde entier et conclu que trois espèces devaient être reconnues. Le comité scientifique de la CBI, après examen des données génétiques et morphologiques, a décidé en 2000, lors de sa réunion annuelle, d’accepter l’analyse et la proposition de nomenclature de Rosenbaum et al. Il a été convenu de garder le nom générique Eubalaena pour les baleines franches, et de reconnaître trois espèces, E. japonica dans le Pacifique Nord, E. glacialis dans l’Atlantique Nord et E. australis dans l’hémisphère sud (IWC, 2001a).

Les baleines franches étaient autrefois communes aux latitudes tempérées de tous les océans du monde. Les populations boréales et australes étaient naturellement séparées par les ceintures tropicales des océans Atlantique et Pacifique. De plus, les populations de l’Atlantique Nord et du Pacifique Nord étaient isolées l’une de l’autre par les continents nord-américain et eurasien ainsi que par l’océan Arctique.

Deux espèces de baleines noires sont présentes dans les eaux canadiennes : E. japonica dans le Pacifique (figure 1) et E. glacialis dans l’Atlantique. Ce rapport traite uniquement du statut de l’E. japonica dans l’est du Pacifique Nord; aucune sous-espèce n’est reconnue. Les deux noms communs utilisés en français au Canada sont baleine noire et baleine franche. Le nom commun utilisé en anglais est Eastern North Pacific Right Whale. Les Nuu-chah-nulth appelaient la baleine franche kw’utskii, ce qui signifie « moules bleues comestibles sur la tête » (Webster, 1982).

Figure 1. Répartition historique de la baleine noire le long de la côte canadienne du Pacifique. Préparé par J. Beaudin Ring. Septembre 2002.

Figure 1. Répartition historique de la baleine noire le long de la côte canadienne du Pacifique.

Cette carte est une projection de Mercator (méridien central= -62,00). Couvertures côtières tirées de Woods Hole Coastal and Marine Science Center (site disponible en anglais seulement). Données d'observation provenant de la base de données du Right Whale Consortium.

Description

La baleine noire du Pacifique Nord, Eubalaena japonica (Lacepède, 1818; Rosenbaum et al., 2000), est un mysticète de grande taille et trapu (voir l’illustration de couverture). L’adulte peut mesurer jusqu’à 18 mètres de long et peser plus de 100 tonnes métriques (Kenney, 2001). La femelle est plus grosse que le mâle, et le baleineau mesure de 4,5 à 6 mètres de long à la naissance (Kenney, 2001). La baleine noire se reconnaît à son corps trapu, à sa coloration noire, parfois parsemée de plaques blanches sur la surface ventrale, à l’absence de nageoire dorsale, à son rostre étroit très arqué (environ le quart de la longueur du corps), à sa mâchoire inférieure fortement incurvée et aux callosités qu’elle porte sur la région de la tête (Kenney, 2001). Ces callosités sont des projections cylindriques irrégulières de tissu épithélial épaissi et corné (Kenney, 2001). Les callosités sont observables sur le rostre, à l’arrière de l’évent, au-dessus des yeux, aux coins du menton, et à des emplacements variables le long de la lèvre et de la mâchoire inférieures. La disposition des callosités étant unique à chaque baleine noire, les chercheurs s’en servent pour identifier les individus (Kraus et al., 1986; Hamilton et Martin, 1999). Les callosités semblent jaune clair ou crème à cause des infestations de crustacés de la famille des Cyamidés (poux de baleine). Deux rangées de longs fanons foncés (pouvant atteindre 2,5 m de longueur), au nombre d’environ 225 de chaque côté, pendent à la mâchoire supérieure. La queue est large (jusqu’à 6 m de pointe à pointe), fortement échancrée et toute noire; le bord de fuite est lisse. Le jet prend nettement l’apparence d’un V et peut atteindre 7 mètres de hauteur. On n’a documenté aucune différence morphologique importante entre les baleines franches du Pacifique Nord, de l’Atlantique Nord et de l’hémisphère Sud, mais les animaux du Pacifique Nord donnent beaucoup plus d’huile et de fanons (Best, 1987).

Populations importantes à l’échelle nationale

Le statut de l’E. japonica est considéré comme étant le même dans toute son aire de l’est du Pacifique Nord.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

La baleine noire a déjà été abondante dans le Pacifique Nord. On trouvait et on exploitait des concentrations de ce cétacé dans le golfe de l’Alaska, dans l’est des îles Aléoutiennes, dans le centre-sud de la mer de Béring, dans la mer d’Okhotsk et dans la mer du Japon, ainsi qu’au large, dans une grande partie du Pacifique Nord (Braham et Rice, 1984; Scarff, 1991; Clapham et al., 2004). La figure 2, reproduite d’après Townsend (1935), illustre les données historiques de la chasse à la baleine noire dans l’est du Pacifique Nord d’après les livres de bord des baleiniers américains. Scarff (1991) souligne que les populations apparemment discrètes de baleines noires dans l’est et l’ouest du Pacifique Nord qu’on observe sur les cartes de Townsend pourraient être un artefact découlant de la répartition non aléatoire des baleiniers dans le Pacifique Nord et de leur concentration dans les régions est (zone nord-ouest du golfe de l’Alaska) et ouest (Kamtchatka/mer d’Okhostk) de l’océan.

Aujourd’hui, la répartition et la structure des stocks de baleines noires du Pacifique Nord sont mal connues (Brownell et al., 2001). Il n’existe presque pas de données sur les aires d’estivage et d’hivernage actuelles de la baleine noire de l’est du Pacifique Nord. D’après Gaskin (1987), les données sur la chasse à la baleine assemblées par Nemoto (1957, 1959 et 1962) et Gaskin (1976) indiquent que la plupart des baleines noires qu’il reste dans l’est du Pacifique Nord passent l’été sur le plateau sud-est de la mer de Béring, avoisinant l’est des Aléoutiennes et près de l’île Kodiak. D’autres études des concentrations historiques et quelques observations estivales récentes indiquent que la mer de Béring et le golfe de l’Alaska pourraient contenir d’importantes aires d’alimentation (Scarff, 1986; Scarff, 1991; Goddard et Rugh, 1998; Moore et al., 2000; Brownell et al., 2001; Clapham et al., 2004; Mellinger et al., 2004). L’emplacement des lieux de mise bas est inconnu.

Les observations faites au 20e siècle étayent l’hypothèse selon laquelle il y aurait deux populations dans le Pacifique Nord, du moins en ce qui concerne les concentrations dans les aires d’alimentation : l’une dans l’est et l’autre dans l’ouest, avec la possibilité que le groupe de l’ouest se compose de deux sous-populations séparées (Klumov, 1962; Brownell et al., 2001). Cependant, cette division des populations n’est pas concluante et la question demeure ouverte (IWC, 2001a).

Des observations postérieures à l’époque de la chasse à la baleine ont été signalées vers le sud jusqu’au centre de la Basse-Californie dans l’est du Pacifique Nord, jusqu’à Hawaï dans le centre du Pacifique Nord et, vers le nord, jusqu’aux eaux subarctiques de la mer de Béring et de la mer d’Okhotsk en été (Gilmore, 1956; Herman et al., 1980; Berzin et Doroshenko, 1982; Bruggeman et al., 1984; Scarff, 1986; Gaskin, 1987; NMFS, 1991; Gendron et al., 1999; Salden et Mickelson, 1999).

Figure 2. Carte des prises historiques de baleines noires dans l’est du Pacifique Nord, d’après les livres de bord des baleiniers américains (reproduit d’après Townsend, 1935). La couleur des points représente le mois de la capture.

Figure 2.   Carte des prises historiques de baleines noires dans l’est du Pacifique Nord, d’après les livres de bord des baleiniers américains (reproduit d’après Townsend, 1935). La couleur des points représente le mois de la capture.

Aire de répartition canadienne

Il n’y a actuellement aucune concentration connue de baleines noires dans les eaux canadiennes de l’est du Pacifique Nord. Il n’y a cependant eu aucun effort d’observation important au cours des dernières décennies. La répartition historique établie d’après les données sur la chasse au large (de 1785 à 1913) indique qu’il y avait des baleines noires dans les eaux britanno-colombiennes d’avril à octobre (Townsend, 1935; Clapham et al., 2004); on pense que ces animaux s’y alimentaient ou qu’ils passaient dans leurs voies de migration vers les lieux de mise bas et en revenaient (figure 2).

Les baleiniers britanno-colombiens du 20e siècle (de 1900 à 1951), qui pêchaient surtout dans les eaux côtières, n’ont capturé que sept baleines noires (figure 3 et tableau 1). La dernière observation d’une baleine noire qui semblait se trouver dans les eaux britanno-colombiennes a été faite en 1970 par S. Wada à bord d’un navire éclaireur japonais, à l’ouest des îles de la Reine-Charlotte (tableau 1). Cependant, en raison de la plage de coordonnées fournies sur cette observation, il est possible qu’elle ait eu lieu hors des eaux britanno-colombiennes. Braham (1986) mentionne une observation non confirmée d’une baleine noire sur le banc Swiftsure, du côté canadien, près de l’embouchure du détroit de Juan de Fuca en 1983 (Reeves et Leatherwood, 1985, cité dans Braham, 1986). Toutefois, une étude plus poussée laisse une incertitude quant à l’identification de l’espèce.

Figure 3. Observations et captures de baleines noires dans les eaux britanno-colombiennes et dans les eaux américaines adjacentes à la frontière canadienne, de 1900 à 2002. Remarques : 1) On n’a pas trouvé les coordonnées des prises localisées ici aux stations baleinières. 2) La plage des coordonnées de l’observation faite par Wada en 1970 est trop étendue pour qu’on puisse la situer sur cette carte.

Figure 3.  Observations et captures de baleines noires dans les eaux britanno-colombiennes et dans les eaux américaines adjacentes à la frontière canadienne, de 1900 à 2002.

Il n’y a eu aucune observation confirmée dans les eaux canadiennes depuis plus de cinquante ans. Cependant, entre 1959 et 1992, trois observations totalisant sept animaux ont été faites dans les eaux américaines près de la frontière entre la Colombie-Britannique et l’État de Washington, à proximité des eaux canadiennes (figure 3, tableau 2). Pour la période de 1958 à 1977, il n’existe que sept mentions dans les eaux du large (c.-à-d. de la limite des 200 milles jusqu’à 145° W) (tableau 3).

Tableau 1. Prises et observations de baleines noires dans les eaux britanno-colombiennes, de 1900 à 2002
DateEmplacementTypeNombreSource
Juin 1914Naden Harbour (pas de coordonnées)Prise1Nichol et al., 2002
Juin 1918Rose Harbour (pas de coordonnées)Prise1Nichol et al., 2002
15 juin 1924Naden Harbour (54°35 N, 133°55 W)Prise1Nichol et al., 2002
24 juin 1924Naden Harbour (54°05 N, 133°40 W)Prise1Nichol et al., 2002
10 juin 1926Naden Harbour (53°40 N, 133°45 W)Prise1Pike et MacAskie, 1969
10 juin 1929Rose Harbour (pas de coordonnées)Prise1Nichol et al., 2002
18 juillet 1951Coal Harbour (50° N, 128° W)Prise1Pike et MacAskie, 1969
1970À l’ouest des îles de la Reine-Charlotte (50-55° N, 130-140° W)Observation2Wada, 1975Note de bas de pagea
1983Détroit de Juan de Fuca (48° 33 N, 124° 39 W)Observation2Reeves et Leatherwood, 1985, cité dans Braham, 1986Note de bas de pageb
Note de bas de page a

En raison de la plage de coordonnées fournie pour cette observation, il y a peu de chances que celle-ci ait eu lieu dans les eaux britanno-colombiennes.

Retour à la référence de la note de bas de pagea

Note de bas de page b

Observation non confirmée.

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Tableau 2. Observations de baleines noires dans les eaux adjacentes aux eaux canadiennes, de 1900 à 2002
DateEmplacementNombreSource
8 avril 1959Au sud-ouest de Grays Harbour, Washington (45°55 N, 125°25 W)
3
Fiscus et Niggol, 1965
17 janvier 1967À l’ouest du cap Flaherty, Washington (48°20 N, 125°06 W)
3
Rice et Fiscus, 1968
24 mai 1992Au nord-ouest de Grays Harbour, Washington (47°17 N, 125°11 W)
1
Rowlett et al., 1994

 

Tableau 3. Observations de baleines noires au large, de 1900 à 2002.
DateEmplacementNombreSource
1958-196750° N, 145° W
2
Pike et MacAskie, 1969
1958-196754° N, 155° W
1
Pike et MacAskie, 1969
196351° N, 145° W
200
Berzin et Doroshenko1982 (cité dans Brownell et al., 2001)Note de bas de pagec
197345-50° N, 140-150° W
1
Wada, 1975
197440-50° N, 140-160° W
1
Anonyme, 1976
197540-45° N, 140-150° W
2
Wada, 1977
197740-50° N, 140-145° W
1
Wada, 1979
197745-50° N, 135-140° W
2
Wada, 1979
Note de bas de page c

Remarque : Berzin et Rovnin (1966) parlent de 200 animaux observés dans tout l’est du Pacifique Nord en 1963; comme aucune observation d’un grand nombre d’animaux n’apparaît près de cet emplacement dans leurs figures, l’exactitude de ce chiffre est contestable (Brownell et al., 2001).

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

On ne sait pratiquement rien des besoins en matière d’habitat des baleines noires de l’est du Pacifique Nord.

Tendances

On sait actuellement si peu de choses sur cette population qu’il est impossible d’émettre des commentaires sur les tendances de l’habitat.

Protection et propriété des terrains

La Loi sur les pêches, la Loi sur les océans et la Loi sur les espèces en péril ont pour objet de protéger les baleines noires et leur habitat sur l’ensemble du territoire canadien.

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Biologie

Les aspects fondamentaux de la biologie et de l’écologie de la baleine noire du Pacifique Nord demeurent mal connus.

Reproduction

L’emplacement des aires de reproduction et de mise bas est inconnu (Brownell et al., 2001). On ne sait rien de la reproduction, de la longévité, de l’âge de la maturité sexuelle ni du rapport des sexes de cette espèce, mais le taux de reproduction est probablement faible si on se fie à ce qu’on sait des autres espèces de baleines franches.

Jusqu’à l’observation d’une femelle et de son baleineau dans la mer de Béring le 24 août 2002 (LeDuc, 2004), il n’y avait eu aucune observation confirmée de baleineaux dans l’est du Pacifique Nord depuis au moins 1900 (Brownell et al., 2001).  Deux ou trois paires femelle-baleineau ont été observés dans le sud-est de la mer de Béring à l’été 2004 (Robert Pitman, Southwest Fisheries Center, NMFS, comm. pers.).

Survie

Il n’existe aucune estimation fiable du taux de survie des baleines noires de l’est du Pacifique Nord.

Physiologie

On ignore pratiquement tout de la physiologie des baleines noires de l’est du Pacifique Nord.

Déplacements et dispersion

On ne sait rien des déplacements migratoires de la baleine noire du Pacifique Nord, bien que dans les autres océans, les baleines franches passent généralement l’été dans des aires d’alimentation des hautes latitudes et migrent vers des eaux plus tempérées en hiver (Braham et Rice, 1984). Historiquement, on a trouvé des baleines noires du Pacifique Nord dans une large gamme de latitudes, tant en été qu’en hiver, ce qui indique une migration décalée ou diffuse (Scarff, 1991). Ce mouvement saisonnier est également visible dans le découpage mensuel des registres historiques et du 20e siècle (Clapham et al., 2004).

Alimentation et relations interspécifiques

Les baleines noires du Pacifique Nord se nourrissent, par filtrage, d’animaux d’un faible niveau trophique. Elles se nourrissent exclusivement de zooplancton, surtout des copépodes (Calanus spp.) (Omura et al., 1969). Une seule baleine peut manger plusieurs tonnes métriques de copépodes par jour. C’est la dépendance des baleines noires à l’égard d’aggrégations vastes et denses de proies qui détermine en grande partie leur aire de répartition.

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Taille et tendances des populations

On estime que la population de baleines noires du Pacifique Nord avant l’exploitation de l’espèce dépassait 11 000 têtes (NMFS, 1991), et atteignait peut-être deux fois ce nombre (Scarff, 2001). Aujourd’hui, l’espèce est extrêmement rare dans l’est du Pacifique Nord, ayant été presque exterminée par la chasse en haute mer au 19e siècle et par la chasse pratiquée illégalement par l’Union soviétique au cours des années 1960 (Scarff, 1991; Doroshenko, 2000; Brownell et al., 2001). 

Depuis 1997, on a observé à quelques reprises des baleines noires de l’est du Pacifique Nord dans le sud-est de la mer de Béring; d’après des données acoustiques, les animaux y séjourneraient d’août à novembre (Munger et al., 2003). LeDuc et al. (2001) ont signalé 11 individus identifiés au moyen de techniques photographiques. Ces 11 animaux ont tous fait l’objet d’une biopsie. Sur la base des génotypes, il n’y avait que six individus uniques; ainsi, le nombre total d’individus représentés par les 11 animaux n’était que de six (LeDuc et al., 2001). Tous les six ont été génétiquement identifiés comme des mâles; deux haplotypes étaient représentés (LeDuc et al., 2001). Parmi les neuf autres observations photographiées en 2002 figurent une femelle et son baleineau (LeDuc, 2004). Un groupe de 25 à 30 animaux comprenant deux ou trois paires femelle-baleineau a été observé dans le sud-est de la mer de Béring à l’été 2004 (Robert Pitman, Southwest Fisheries Center, NMFS, comm. pers.). Bien que les travaux génétiques préliminaires semblent indiquer un faible nombre de femelles, il faut nuancer cette opinion en soulignant qu’il est peut-être plus facile de faire la biopsie des mâles ou qu’il peut exister une ségrégation géographique selon le sexe dans les aires d’estivage (LeDuc et al., 2001). Si on se fie à la vaste étendue examinée (LeDuc et al., 2001; LeDuc, 2004) et à la concentration des observations, il est possible que la population de l’est du Pacifique Nord se limite à quelques dizaines d’animaux.

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Facteurs limitatifs et menaces

Chasse à la baleine

La traditionnelle chasse à la baleine autour du Japon et de la Corée a réduit de beaucoup la population de baleines noires dans l’ouest du Pacifique Nord (Gaskin, 1987). Dans l’est du Pacifique Nord, Monks et al. (2001) affirment que les tribus Nuu-chah-nulth (Nootkas) du centre et du nord chassaient les baleines noires, qu’ils poursuivaient chaque fois qu’ils en voyaient. Les Haïdas des îles de la Reine-Charlotte ont peut-être eux aussi chassé la baleine, bien qu’on ignore s’ils ont capturé des baleines noires (Acheson et Wigen, 2002). On sait que divers peuples autochtones de l’État de Washington capturaient les individus de cette espèce (Mitchell, 1979), mais qu’elle ne constituait généralement pas une cible de choix et que le nombre de prises n’était pas considérable (Brownell et al., 2001).

La chasse commerciale à la baleine dans des embarcations non pontées a débuté en 1835 dans le Pacifique Nord et s’est intensifiée surtout pendant la décennie 1839-1848, au cours de laquelle ont eu lieu environ 80 pour cent des prises commerciales historiques de baleines noires (Scarff, 1991, 2001). Le nombre estimé de prises de baleines noires par les baleiniers américains a totalisé au moins 14 500 animaux (Best, 1987; IWC, 1986), et Scarff (2001) estime que la mortalité totale reliée à la chasse à la baleine au cours de la période de 1839 à 1909, y compris les baleines touchées et perdues et les prises faites par des baleiniers non américains, se situe entre 26 500 et 37 000 animaux.

Bien que les baleines noires aient joui d’une certaine protection internationale dès 1935, les principaux pays qui en pratiquaient la chasse dans le Pacifique Nord, le Japon et l’Union soviétique, n’ont pas signé la convention internationale et ont continué de chasser la baleine noire jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale (Scarff, 1986). La première interdiction complète de chasse commerciale, y compris la chasse côtière, convenue par tous les principaux pays exploitants du Pacifique Nord n’est entrée en vigueur qu’en 1946. Cependant, la « chasse à des fins de recherche » étant toujours autorisée aux termes de ce traité, le Japon a capturé légalement 13 baleines noires et l’Union soviétique, dix, au cours des décennies 1950 et 1960.

La chasse illégale dans le Pacifique Nord s’est également pratiquée à une échelle beaucoup plus importante. Brownell et al. (2001) ont pris en compte la chasse illégale pratiquée par l’Union soviétique afin de décrire la situation actuelle des baleines noires du Pacifique Nord. Des centaines de baleines noires ont été capturées illégalement dans les îles Kouriles et la mer d’Okhotsk, et 372 ont été tuées dans l’est du Pacifique Nord, principalement dans le golfe de l’Alaska et le sud-est de la mer de Béring (Yablokov, 1994; Zemsky et al., 1995; Tormosov et al., 1998; Doroshenko, 2000; Brownell et al., 2001). Les populations restantes ont peut-être commencé à se rétablir de la chasse commerciale intensive, mais dans les années 1960, les prises illégales des Soviétiques ont compromis ce rétablissement (Brownell et al., 2001).

Dans les eaux canadiennes, la chasse à la baleine n’est pas interdite aux Autochtones, qui ne la pratiquent cependant pas actuellement en Colombie-Britannique. Dans l’éventualité où les Autochtones se remettraient à pratiquer la chasse à la baleine en Colombie-Britannique, il est fort peu probable que les baleines noires en seraient la cible.

Nombre d’individus et diversité génétique

Les baleines noires de l’est du Pacifique Nord forment une population dont la taille est dangereusement réduite (peut-être quelques dizaines d’animaux); le taux de reproduction doit être faible, à cause des effets démographiques de la petite taille de la population, ce qui les expose aussi fortement à des effets stochastiques éventuels, susceptibles de compromettre leur rétablissement.

Circulation maritime et collision avec les navires

Les collisions avec les navires constituent la principale cause de mortalité d’origine humaine documentée chez les baleines noires de l’ouest de l’Atlantique Nord (Knowlton et Kraus, 2001). À ce qu’on sache, elles ne sont pas une cause de mortalité dans l’est du Pacifique Nord. Cependant, les effets de cette menace ne sont probablement déclarés qu’en partie pour toutes les baleines présentes au large de la côte ouest du Canada, vu le caractère isolé de la majeure partie de cette côte.

Enchevêtrement dans les engins de pêche

L’enchevêtrement dans les engins de pêche est une autre cause de mortalité importante chez les baleines noires de l’ouest de l’Atlantique Nord (Kraus, 1990; Kenney et Kraus, 1993; Knowlton et Kraus, 2001; Clapham et al., 1999; IWC, 2001b). Il est possible que les baleines noires de l’est du Pacifique Nord soient aussi vulnérables à cette cause de mortalité, car on emploie des engins de type semblable dans leur aire historique. T. Miyashita a observé une baleine prise dans un filet en mer d’Okhotsk en 1992 (Brownell et al., 2001). La pêche au filet maillant en Russie a causé la mort de deux baleines noires, l’une en 1983, l’autre au large de la péninsule du Kamtchatka (Russie) en 1989 (NMFS, 1991; Kornev, 1994). Bien qu’on n’ait jamais signalé de baleines prises dans des engins dans la mer de Béring ni plus au sud, dans les eaux canadiennes, il y a de grandes pêcheries dans l’est de la mer de Béring et les engins de pêche peuvent être considérés comme une menace pour les baleines noires.

Bruit

Il semble que les baleines noires se servent de sons pour communiquer, s’orienter, attirer leurs partenaires ou détecter leurs prédateurs et leurs proies (Clark, 1994; McDonald et Moore, 2002). Les principales activités humaines qui sont à la source de bruits ambiants sont la prospection sismique du pétrole et du gaz, les sonars actifs et les essais d’explosifs par les militaires, les bruiteurs sous-marins utilisés pour éloigner les mammifères marins des filets de pêche et des parcs à poissons, les expériences en mer produisant un volume sonore élevé et le niveau de bruit croissant du trafic maritime courant (Anonyme, 2000).

Le bruit d’origine humaine risque de brouiller les communications acoustiques, car la forte énergie sonore émise par les navires chevauche les basses fréquences des signaux émis par les baleines noires (Richardson et al., 1995; Kenney, 2001). Il est possible qu’un haut niveau de bruit ambiant dans l’océan amène les animaux à s’éloigner de leurs voies migratoires ou d’habitats importants ou qu’il perturbe les facultés de communication des baleines noires, par exemple la transmission des appels nuptiaux sur une longue distance, ce qui pourrait réduire les possibilités d’accouplement. De telles activités devraient être jugées préoccupantes dans les eaux canadiennes, notamment dans les secteurs où on observe déjà, ou on prévoit, la prospection du pétrole et du gaz, la construction de pipelines, un trafic maritime intense ou des exercices militaires.

Changement climatique et approvisionnement en nourriture

Les changements de régime causés par le climat peuvent imprimer de profondes transformations aux relations écologiques sur de vastes régions océanographiques (Francis et Hare, 1994); ces transformations se manifestent plus vite aux niveaux trophiques inférieurs des écosystèmes marins (Benson et Trites, 2002). Les baleines noires se nourrissent exclusivement de zooplancton, surtout des copépodes calanoïdes de taille relativement grande. Elles ne consomment qu’un petit nombre d’espèces de proies et ont besoin de fortes concentrations de ces proies. La présence de ces concentrations dépend de facteurs physiques tels que la structure de l’eau, les courants et la température. Cette combinaison du petit nombre d’espèces de proies et de la nécessité de fortes concentrations de ces proies, dont la présence dépend de facteurs physiques, pourrait rendre la baleine noire plus sensible que d’autres cétacés aux effets de l’évolution du climat mondial (Kenney, 2001).

Pollution

L’effet de la pollution et des contaminants sur le rétablissement de la baleine noire dans l’est du Pacifique Nord est inconnu. En général, les baleines noires se nourrissent de copépodes à des profondeurs variables de la colonne d’eau, de la surface jusqu’au fond. Dans les zones de convergence et les nappes d’hydrocarbures où les courants de surface concentrent les débris jetés à la mer, elles risquent d’ingérer des contaminants, du pétrole et des déchets flottants.

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Importance de l'espèce

La baleine noire de l’est du Pacifique Nord est une des espèces de grandes baleines les plus menacées; c’est aussi celle qui a été le moins bien étudiée.

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

À l’échelle internationale, les baleines noires (et baleines franches) sont toutes protégées par la Convention internationale pour la réglementation de la chasse à la baleine, mise en œuvre par la Commission baleinière internationale (CBI). La CBI protège les baleines noires contre l’exploitation commerciale depuis l’adhésion du Japon et de l’Union soviétique à la CBI en 1949. Cependant, une chasse intensive à la baleine pratiquée illégalement par l’Union soviétique jusque dans les années 1960 a été documentée (Doroshenko, 2000; Brownell et al., 2001). Le Japon a continué de capturer des cétacés en vertu de permis scientifiques, sans toutefois cibler la baleine noire.

Au Canada, les baleines noires sont protégées par les dispositions du Règlement sur les mammifères marins pris en application de la Loi sur les pêches ainsi que par la Loi sur les espèces en péril (LEP), adoptée le 5 juin 2003. La LEP interdit à quiconque de tuer un individu d’une espèce sauvage menacée ou en voie de disparition, de lui nuire ou de le harceler; elle protège en outre l’habitat essentiel de ces espèces. La planification du rétablissement figure également parmi les prescriptions de la LEP.

Les baleines noires du Pacifique et de l’Atlantique ont été inscrites à la liste des espèces « en voie de disparition » du COSEPAC en 1980; à cette époque, elles étaient considérées comme une seule et même espèce fréquentant les eaux canadiennes.

Dans les eaux américaines, les baleines noires de l’hémisphère Nord ont d’abord bénéficié de la protection de l’Endangered Species Conservation Act, précurseur de l’Endangered Species Act (ESA); elles sont aujourd’hui protégées à la fois par l’ESA et par la Marine Mammal Protection Act (MMPA). La baleine noire de l’hémisphère Nord, qui rassemblait alors les populations de l’Atlantique Nord et du Pacifique Nord, a été inscrite sur la liste des espèces en voie de disparition aux termes de l’Endangered Species Conservation Act en juin 1970. La baleine noire du Pacifique Nord a été déclarée « en voie de disparition » aux termes de l’ESA de 1973 et désignée « affaiblie » (depleted) aux termes de la MMPA.

L’évaluation internationale effectuée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a donné lieu à la désignation de la baleine noire du Nord (Eubalaena glacialis) comme espèce « en voie de disparition » en 1996. Cette évaluation ne fait pas la distinction entre les espèces ou les populations du Pacifique, de l’Atlantique et de l’Arctique.

La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) est un accord international passé entre gouvernements. Elle a pour but d’éviter que le commerce international de spécimens d’animaux ou de plantes sauvages ne menace la survie des espèces. Les baleines noires ont été inscrites en 1975 à la liste de l’annexe 1 de la CITES, liste qui regroupe les espèces les plus menacées de disparition. Le commerce de spécimens de ces espèces n’est autorisé que dans des circonstances exceptionnelles.

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Sommaire du rapport de situation

La survie de cette espèce est clairement menacée. Le principal obstacle prévisible à son rétablissement est la rareté des baleines noires dans l’est du Pacifique Nord. Peu de recherche dans les eaux canadiennes a été effectuée; dans les eaux américaines adjacentes, les observations de baleines noires sont rares malgré des efforts de recherche considérables. Les animaux qu’on aperçoit sont généralement seuls ou en petit groupe. On a observé au total à peine une cinquantaine d’individus au cours des dernières années dans l’est du Pacifique Nord, principalement dans le sud-est de la mer de Béring. Il n’y a pas de moyen de calculer le taux de reproduction ou la structure d’âge, d’évaluer avec précision, ni même d’identifier, les facteurs limitatifs autres que ceux qui sont associés à la taille dangereusement faible de la population.


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Résumé technique

Eubalaena japonica

Baleine noire du Pacifique Nord – North Pacific Right Whale

Répartition au Canada :

Répartition au Canada : Est du Pacifique Nord

Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km²)

Inconnue

Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

Non applicable

Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence (ordre de grandeur)?

Non applicable

Superficie de la zone d’occupation (km²).

Inconnue

Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

Non applicable

Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?

Non applicable

Nombre d’emplacements existants (connus ou supposés).

Non applicable

Préciser la tendance du nombre d’emplacements

Non applicable

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements?

Non applicable

Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat.

Inconnue

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population)

~ 20 ans (si elle est semblable à celle des autres espèces de baleines franches)

Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles).

Peut-être quelques dizaines

Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue.

Inconnue

S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).

Non applicable

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1?

Probablement pas

La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de < 1 individu/année)?

Inconnu

Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Non applicable

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)?

Non

Énumérer les populations et donner le nombre d’individus matures dans chacune.

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  • Blessures graves et mortalité par collision avec des navires (si la situation de l’espèce est semblable à celle de la baleine noire de l’Atlantique Nord)
  • Blessures graves et mortalité par contacts avec des engins de pêche fixes (si la situation de l’espèce est semblable à celle de la baleine noire de l’Atlantique Nord)
  • Faible taux de reproduction (si la situation de l’espèce est semblable à celle de la baleine noire de l’Atlantique Nord)

Effet d’une immigration de source externe

Statut ou situation des populations de l’extérieur?

États-Unis : En voie de disparition

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

Oui (ouest du Pacifique Nord)

Les individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?

Probable

Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible pour les individus immigrants au Canada?

Incertain/Probable

Peut-il y avoir sauvetage par des populations de l’extérieur?

Peu probable

Analyse quantitative

Non applicable

Statut et justification de la désignation

Statut : En voie de disparition

Code alphanumérique : A1d; D1

Justification de la désignation : Bien que cette espèce n'ait pas été observée au cours des 50 dernières années dans les eaux canadiennes, elle a été observée au sud et au nord des eaux de la Colombie-Britannique. Il n'est donc pas approprié de désigner cette espèce comme étant disparue. Le total des individus de la population de l'est du Pacifique Nord s'établirait à quelques dizaines de baleines.

Applicabilité des critères

  • Critère A : Répond au critère « en voie de disparition » A1d (la réduction de la taille de la population est estimée à plus de 70 % au cours des trois dernières générations, soit 75 ans; la durée de génération est estimée à environ 25 ans, d’après les données sur les autres baleines franches).
  • Critère B : La zone d’occurrence et la zone d’occupation sont probablement vastes. 
  • Critère C : Aucun déclin connu.
  • Critère D : Répond au critère « en voie de disparition » D1 (moins de 250 individus matures).
  • Critère E : Non applicable.

 


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Remerciements

Nous tenons à remercier Randall Reeves et Hal Whitehead de leur aide et de leurs observations, qui nous ont permis d’améliorer grandement le manuscrit.

La rédaction du présent rapport de situation a été financée par le Service canadien de la faune, Environnement Canada.

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Sommaire biographique des rédacteurs du rapport

Moira Brown est scientifique principale au New England Aquarium de Boston (Massachusetts) et conseillère scientifique auprès du Canadian Whale Institute de Bolton, en Ontario. Elle était membre des équipes canadiennes de rétablissement de la baleine noire de l’Atlantique Nord et de la baleine noire du Pacifique Nord et est coprésidente de l’équipe canadienne de mise en œuvre du Plan de rétablissement de la baleine noire de l’Atlantique Nord. Ses dernières recherches portent, entre autres, sur la biologie et la démographie de la population de baleines noires dans les eaux canadiennes depuis 1985 et dans les eaux américaines depuis 1997. Elle est titulaire d’un baccalauréat en éducation et d’un baccalauréat en sciences de l’Université McGill, ainsi que d’un doctorat de l’Université de Guelph.

Miriam O est biologiste pour Pêches et Océans Canada à la Station biologique du Pacifique, à Nanaimo (Colombie-Britannique). Elle est coauteure de la Stratégie nationale de rétablissement de la baleine noire du Pacifique Nord (Eubalaena japonica) dans les eaux canadiennes du Pacifique. Elle a obtenu un baccalauréat en sciences de l’Université de la Colombie-Britannique et une maîtrise en sciences de l’Université Memorial de Terre-Neuve.

John Ford est chercheur scientifique à la Station biologique du Pacifique de Pêches et Océans Canada, à Nanaimo (Colombie-Britannique). Il est titulaire d’un baccalauréat en sciences et d’un doctorat de la University of British Columbia.

 

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Experts contactés

Tous les organismes fédéraux (Pêches et Océans Canada) et provinciaux compétents ont été consultés afin de recueillir toute information gouvernementale disponible sur cette espèce.

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Collections consultées

Aucune collection n’a été consultée dans le cadre de la préparation du présent rapport.

 

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