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Programme de rétablissement de la tortue luth

2.4 Description et biologie générale[1]

2.4.1 Phylogénie

Il n’existe que sept espèces de tortues marines, dont la tortue luth (Dermochelys coriacea), seul représentant de la famille des Dermochélyidés, qui s’est différenciée des autres tortues il y a 100 à 150 millions d’années (Zangerl, 1980). Deux sous‑espèces de tortue luth ont été décrites : Dermochelys coriacea coriacea (Linnaeus, 1766), la tortue luth de l’Atlantique, et Dermochelys coriacea schlegelii (Garman, 1884), la tortue luth du Pacifique. Cependant, ces deux sous‑espèces sont difficiles à distinguer, et les critères de distinction, à savoir la couleur de l’animal et la longueur de la tête et des membres antérieurs, sont discutables (Pritchard, 1979). Aujourd’hui, la majorité des taxinomistes jugent qu’il n’y a pas lieu de subdiviser l’espèce, ce que confirment les analyses génétiques, qui ont révélé peu de différences entre la population du Pacifique et celle de l’Atlantique (Dutton et al., 1996).

Il est possible que les faibles différences génétiques constatées entre les tortues luths du Pacifique et celles de l’Atlantique soient le résultat d’une récente séparation des deux populations. Par ailleurs, on peut penser que la nature hautement migratrice de l’espèce (voir par exemple Hughes et al., 1998) et l’intervalle de deux ou trois ans qui sépare les rassemblements de ponte (voir par exemple Hughes, 1996) permettent un flux génique entre les deux populations (Binckley et al., 1998).

Les tortues luths qui fréquentent les eaux canadiennes proviennent de différentes parties de l’aire de l’espèce, mais aux fins de gestion elles peuvent être considérées comme une seule population. Les mesures de rétablissement de la tortue luth prises par le Canada prennent en compte les conditions particulières de deux populations fréquentant des bassins océaniques différents : (1) la tortue luth du Pacifique et (2) la tortue luth de l’Atlantique.

2.4.2 Morphologie

 La tortue luth est la seule tortue marine à carapace molle. Sa carapace, de forme allongée, est formée de milliers de petites plaquettes osseuses recouvertes d’une couche de quatre centimètres d’épaisseur de tissu conjonctif coriace saturé en cellules graisseuses (Pritchard, 1971). Elle atteint presque deux mètres de longueur. Le poids de l’animal ne dépasse généralement pas 500 kg (Zug et Parham, 1996). Les pattes antérieures forment d’énormes palettes natatoires dont la longueur est souvent égale à la moitié de celle de la carapace, parfois plus.

La tortue luth ne possède pas la mandibule caractéristique des tortues à carapace dure. Plutôt, le maxillaire est encoché de deux « dents » flanquées de profondes cuspides qui servent à déchiqueter les tissus mous. L’œsophage est tapissé de grandes épines cornées inclinées vers l’intérieur qui facilitent la déglutition de proies molles. La carapace est noire ou noir bleuté et parsemée de taches blanches et roses. Le plastron est principalement blanc. Les adultes ont une tache rose sur le dessus de la tête, dont la forme est unique à chaque individu (McDonald et Dutton, 1996).

Le seul caractère permettant de distinguer à vue un mâle et une femelle adultes est la longueur de la queue : la queue est généralement plus longue que les membres postérieurs chez le mâle, et plus courte que les membres postérieurs chez la femelle (Pritchard, 1971).

 

Figure 1.  Représentation schématique d’une tortue luth adulte montrant ses principaux caractères morphologiques.

Figure 1.  Représentation schématique d’une tortue luth adulte montrant ses principaux caractères morphologiques.