Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Programme de rétablissement de la tortue luth

2.8.2  Menaces sur les plages de nidification

Braconnage

La capture de femelles reproductrices sur les plages et la récolte de leurs œufs pour la consommation humaine ou à d’autres fins est une menace grave pour l’espèce dans une grande partie de son aire. La destruction de femelles reproductrices peut entraîner la disparition de populations locales, et la récolte des œufs réduit le recrutement futur dans la population adulte. Divers programmes de conservation aménagent des écloseries artificielles pour soustraire les œufs au braconnage. Cette mesure augmente certes le nombre de jeunes qui sont relâchés dans la nature, mais l’incubation artificielle, qui se fait généralement à des températures inférieures à celles des températures d’incubation sur les plages, peut par ailleurs donner un nombre plus élevé de mâles (Morreale, et al., 1982; Mrsovsky, 1982; Dutton et al., 1985). Les répercussions à long terme d’une modification du rapport des sexes n’ont pas été étudiées.

La chair de la tortue luth n’est généralement pas prisée; le braconnage de l’espèce en mer et sur les plages pour la chair ou pour l’huile se produit néanmoins dans certaines régions, notamment dans les îles Vierges britanniques, en République dominicaine, en Jamaïque, à Porto Rico et aux îles Vierges américaines (Fleming, 2001). La récolte des œufs pour la vente sur les marchés locaux et étrangers pose un problème encore plus répandu et plus lourd de conséquences, dans ces régions de même qu’aux Bahamas (Fleming, 2001).

Constructions sur les côtes

L’aménagement  des côtes et les ouvrages de défense (murs, revêtements, perrés, sacs de sable, épis, clôtures à sable) érigés pour protéger les constructions contre l’érosion peuvent empêcher l’accès aux plages pour la nidification; cela est vrai aussi bien durant la phase de construction de ces ouvrages, que pendant le temps qu’ils demeurent en place et lorsqu’ils se dégradent. Les ouvrages de défense réalisés en dur peuvent entraîner la perte d’habitat de nidification (NMFS, 1992). Les ouvrages tels que la recharge des plages peuvent rendre celles‑ci impropres à la nidification en raison d’un compactage trop intensif ou d’une pente trop raide. Ils peuvent également transformer le milieu physique de manière qu’il ne favorise plus le développement des embryons ni l’éclosion des oeufs.

Éclairage artificiel

Les sources de lumière artificielle associées aux côtes construites, aux routes qui les desservent et aux travaux de construction peuvent désorienter les femelles ou les empêcher de venir pondre sur la plage, comme elles peuvent désorienter les nouveaux‑nés et les exposer à la mort. Les femelles peuvent craindre les plages trop éclairées ou baignées par une lueur trop forte. Lorsque des œufs éclosent sur des plages éclairées, les nouveaux‑nés sont attirés vers les sources de lumière, perdant leur sens d’orientation naturel qui les dirigerait normalement vers la mer. En conséquence, ils s’égarent, souffrent de stress et de déshydratation et courent un plus grand risque d’être dévorés (Witherington, 1992; Witherington et Bjorndal, 1991).

Changements climatiques

Selon Davenport (1997), le réchauffement planétaire pourrait avoir des effets néfastes sur les tortues marines du fait que le sexe des embryons est déterminé par la température d’incubation des œufs. On peut aussi penser que l’intensification des ouragans qui accompagnera vraisemblablement le réchauffement climatique entraînera une augmentation du nombre de nids de tortues luths qui seront détruits par l’action érosive du vent et des vagues. Enfin, le réchauffement climatique pourrait entraîner une modification des courants marins et, par conséquent, des migrations et de la répartition des tortues marines (Davenport, 1997).

Autres menaces possibles

Plusieurs menaces pour l’espèce sont associées aux plages de nidification : l’érosion, le pillage des nids, la circulation de véhicules, le nettoyage, l’extraction de sable et l’introduction de végétation exotique.