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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la petite-centaurée de Muhlenberg au Canada

Information sur l’espèce

Nom et classification 

Nom scientifique :
Centaurium muehlenbergii (Griseb.) Wight ex Piper
Synonymes :
Zeltnera muehlenbergii (Griseb.) G. Mans; Erythraea muehlenbergii Griseb.; C. curvistamineum (Wittr.) Abrams; C. floribundum (Benth.) B.L. Rob. Le nom de l’espèce peut également s’écrire muhlenbergii(Hitchcock et Cronquist, 1973).
Nom français :
Petite-centaurée de Muhlenberg
Noms anglais :
Muhlenberg's centaury, Monteray centaury, June centaury
Famille :
Gentianacées
Grand groupe végétal :
Eudicotylédones

La classification des Centauriumest problématique pour la plupart des taxinomistes (Cronquist et al., 1984; Hickman, 1993; Turner, 1993; Holmes et Wivagg, 1996; G. Mansion, comm. pers., 2001; J. Pringle, comm. pers., 2001). Des études plus poussées pourraient se révéler nécessaires pour la clarification de la position taxinomique du Centaurium muehlenbergii. Il est possible que le nom de C. muehlenbergii ait été donné à tort au C. exaltatum , au C. tenuiflorum , au C. davyi, au C. erythraea , au C. pulchellumet peut-être à trois ou quatre autres Centaurium (J. Pringle, comm. pers.). Le C. tenuiflorum et le C. davyi se rencontrent en Californie. Le C. erythraea et le C. pulchellumne sont pas indigènes de l’Amérique du Nord; cependant, leC. pulchellum se rencontre dans l’est du Canada et des États-Unis. G. Mansion a proposé qu’on reconnaisse un complexe Centaurium muehlenbergii, comprenant le C. curvistamineum , le C. floribundumet le C. tenuiflorum. Kartesz (1999) donne ces trois taxons comme synonymes du C. muehlenbergii. LeC. muehlenbergii est la seule espèce de ce complexe présente au Canada. Selon Mansion, le C. muehlenbergiiserait un hybride du C. erythraea et du C. tenuiflorum (G. Mansion, comm. pers., 2001).

Devant toute la confusion entourant la classification du Centaurium muehlenbergii, il est difficile de distinguer parmi les ouvrages cités ceux qui se rapportent véritablement au C. muehlenbergiide ceux qui se rapportent à d’autres espèces désignées à tort comme C. muehlenbergii .

Description morphologique 

Le Centaurium muehlenbergii est une herbacée annuelle produisant, de juin à août, de petites fleurs roses ou blanches (figure 1). La plante atteint de 3 à 30 cm de hauteur (généralement de 4 à 8 cm chez la population de Colombie-Britannique). Les tiges sont glabres. Les feuilles sont opposées. Les fleurs sont tubulaires. Les anthères, dépassant largement le bord du tube de la corolle, sont bien visibles. Le pédoncule est plus court que le tube du calice, et celui-ci est plus court que le tube de la corolle. Chaque fleur produit un grand nombre de petites (( 0,5 mm) graines brunes (Hitchcock et Cronquist, 1973; Douglas et al., 1999).

Figure 1. Morphologie du Centaurium muehlenbergii : port de la plante (à gauche), fleur épanouie et bouton floral (à droite, en haut), étamine (à droite, en bas). Dessins tirés de Hitchcock et al. (1959) et de Douglas et al. (1999) et reproduits avec la permission de l’University of Washington Press.

Figure 1.  Morphologie du Centaurium muehlenbergii : port de la plante (à gauche), fleur épanouie et bouton floral (à droite, en haut), étamine (à droite, en bas). Dessins tirés de Hitchcock et al. (1959) et de Douglas et al.(1999) et reproduits avec la permission de l’University of Washington Press.

On reconnait deux autres espèces de Centaurium en Colombie-Britannique : l’érythrée petite-centaurée (C. erythraea), originaire d’Eurasie, qui se distingue par sa touffe de feuilles basilaires et ses fleurs sessiles ou quasi-sessiles; la grande érythrée (C. exaltatum), présente uniquement dans le centre-sud de la province et absente à l’ouest des monts Cascades, qui se distingue par l’absence de feuilles basilaires, par son pédoncule, beaucoup plus long que les sépales, et par ses sépales, aussi longs ou plus longs que le tube de la corolle (Douglas et al., 1999). LeCentaurium muehlenbergii se distingue facilement de ces deux espèces de par les caractéristiques décrites ci-dessus.

Description génétique

La structure génétique de la population canadienne deCentaurium muehlenbergii n’a pas été étudiée. Cependant, les trois populations du sud-est de l’île de Vancouver doivent avoir peu d’échanges de matériel génétique entre elles, voire aucun, vu les distances qui les séparent (de 5 à 80 km) et l’absence, chez l’espèce, d’organe spécialisé de dispersion. Compte tenu de l’effectif apparemment réduit de la plupart des populations canadiennes, la perte de capacité adaptative due à la consanguinité pourrait être un facteur limitatif pour l’espèce au Canada. On a observé une baisse de la fécondité et du taux de survie attribuable à une faible diversité génétique et à un faible effectif chez des populations de Gentiana pneumonanthe, espèce rare des prairies à sol calcaire d’Europe (Oostermeijer et al., 1994) appartenant à la même famille que leC. muehlenbergii .

Unités désignables

Au Canada, il n’y a qu’une unité désignable duCentaurium muehlenbergii car les trois seuls sites actuels dans lesquels l’espèce se trouve sont situés dans la même