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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la petite-centaurée de Muhlenberg au Canada

Évaluation et Rapport de situation
du COSEPAC
sur la
Petite-centaurée de Muhlenberg
Centaurium muehlenbergii
au Canada

Petite-centaurée de Muhlenberg

En voie de disparition 2008

COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada



COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2008. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la petite-centaurée de Muhlenberg (Centaurium muehlenbergii) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 35 p.

Note de production :

Le COSEPAC aimerait remercier Michael T. Miller et Wynne Miles qui ont rédigé le rapport de situation sur la petite-centaurée de Muhlenberg (Centaurium muehlenbergii), au Canada. Le COSEPAC aimerait également remercier le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique et le Ministry of Environment de la Colombie-Britannique de leur aide financière. Erich Harber, coprésident (plantes vasculaires) du Sous-comité de spécialistes des plantes et lichens du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision avec la participation des membres du COSEPAC. Cet examen peut avoir entraîné des modifications et des ajouts à la version initiale de ce rapport.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684

Courriel du COSEPAC
Site Web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Muhlenberg's Centaury Centaurium muehlenbergii in Canada.

Illustration de la couverture :

Petite-centaurée de Muhlenberg -- Illustration par Hitchcock et al. 1959 et Douglas et al. 1999, reproduit avec permission de l’University of Washington Press.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2008.

No de catalogue CW69-14/554-2008F-PDF

ISBN 978-0-662-04178-8

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COSEPAC Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Avril 2008

Nom commun : Petite-centaurée de Muhlenberg

Nom scientifique : Centaurium muehlenbergii

Statut : En voie de disparition

Justification de la désignation : Cette petite plante annuelle n’est présente que dans trois petites zones d’habitat principalement humide, dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique. La population canadienne totale compte moins de 1 000 individus. Les populations sont fortement isolées de l’aire de répartition principale de l’espèce qui s’étend de l’Oregon vers la Californie et le Nevada. L’espèce est constamment menacée par des facteurs tels que la prolifération de plantes envahissantes et les activités humaines, y compris le piétinement dans les zones d’activités récréatives.

Répartition : Colombie-Britannique

Historique du statut : Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 2008. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

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COSEPAC Résumé

Petite-centaurée de Muhlenberg
Centaurium muehlenbergii

Information sur l’espèce

La petite-centaurée de Muhlenberg (Centaurium muehlenbergii) est une petite herbacée annuelle de la famille des gentianacées. Au Canada, la plante atteint généralement de 4 à 8 cm de hauteur. Les feuilles sont opposées. Les fleurs, roses ou blanches, sont tubulaires, avec les lobes de la corolle évasés.

Répartition

L’aire de répartition de l’espèce s’étend depuis la Colombie-Britannique jusqu’en Oregon, en Idaho, au Nevada et en Californie. Au Canada, l’espèce est confinée à la région du sud-est de l’île de Vancouver, pour laquelle seulement trois populations sont répertoriées. L’une se trouve dans le Grand Victoria, une autre, dans les îles Gulf, et la troisième, près de Nanaimo. La zone d’occurrence de l’espèce est de 160 km², et sa zone d’occupation est inférieure à 20 km². Cependant, la superficie réellement occupée par l’espèce est d’environ 110 seulement.

Habitat

Le Centaurium muehlenbergii se trouve dans la zone biogéoclimatique côtière à douglas, où elle occupe des types d’habitat allant de mares printanières (zones inondées uniquement au printemps) et de suintements printaniers aux marges d’un marais côtier. L’étalement urbain autour de Victoria ainsi que l’assèchement des milieux humides au profit de l’agriculture et de l’aménagement ont profondément modifié l’écologie de la région, et la superficie de milieu pouvant abriter le C. muehlenbergii est réduite à une fraction de ce qu’elle était autrefois.

Biologie

Le Centaurium muehlenbergii est une annuelle fleurissant en été et produisant de petites graines qui demeurent en dormance dans le sol durant l’hiver et germent l’année d’ensuite. On pense qu’un certain nombre de graines demeurent en dormance plus d’un an et forment un réservoir permanent, mais cela n’a pas été confirmé. On connaît peu d’autres choses sur l’écologie de l’espèce, notamment sur les conditions de germination, les taux de survie et de recrutement, les mécanismes de dispersion et les facteurs intrinsèques de vulnérabilité face aux perturbations.

Taille et tendances des populations

Selon les estimations, l’effectif du Centaurium muehlenbergii se situerait entre 500 et 1 000 individus, la majorité d’entre eux étant regroupés dans un même site. Aucun signe de déclin n’a été observé dans les dix dernières années, et les populations semblent plus ou moins stables.

Facteurs limitatifs et menaces

Les facteurs écologiques limitant l’abondance et la répartition du Centaurium muehlenbergii au Canada sont très peu connus. Outre la perte d’habitat au profit de l’urbanisation, les principales menaces à la survie de l’espèce au Canada tiennent à l’envahissement par des espèces introduites, en particulier de graminées, au piétinement par les piétons, les vélos et les chiens, à la circulation de véhicules tout-terrains, à la modification du régime hydrologique, à la modification du régime de feux et à la perturbation du sol par la Bernache du Canada.

Importance de l’espèce

Des espèces du genre Centaurium sont depuis longtemps appréciées pour leurs vertus médicinales. On ne connaît toutefois aucune utilisation médicinale du Centaurium muehlenbergii au Canada.

La population de la Colombie-Britannique de C. muehlenbergii se trouve à environ 300 km au nord de l’aire de répartition principale de l’espèce, qui s’étend de l’Oregon à la Californie. Les populations périphériques sont souvent génétiquement distinctes, et la population canadienne de C. muehlenbergii pourrait présenter un intérêt particulier à cet égard.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

En Colombie-Britannique, le Centaurium muehlenbergiifigure sur la liste rouge des espèces en péril, et on lui a attribué la cote S1 (gravement en péril [critically imperiled]). À l’échelle du Canada, le C. muehlenbergii a la cote N1, mais il n’existe aucune protection juridique de l’espèce ni de son habitat essentiel. Toutefois, l’espèce pourrait être protégée en vertu de la Wildlife Amendment Act (2004) de la Colombie-Britannique, par décision du Cabinet provincial, si elle est désignée espèce disparue, en voie de disparition ou menacée dans la province suite à une évaluation détaillée de sa situation.

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Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril(LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2008)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce àl’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Information sur l’espèce

Nom et classification 

Nom scientifique :
Centaurium muehlenbergii (Griseb.) Wight ex Piper
Synonymes :
Zeltnera muehlenbergii (Griseb.) G. Mans; Erythraea muehlenbergii Griseb.; C. curvistamineum (Wittr.) Abrams; C. floribundum (Benth.) B.L. Rob. Le nom de l’espèce peut également s’écrire muhlenbergii(Hitchcock et Cronquist, 1973).
Nom français :
Petite-centaurée de Muhlenberg
Noms anglais :
Muhlenberg's centaury, Monteray centaury, June centaury
Famille :
Gentianacées
Grand groupe végétal :
Eudicotylédones

La classification des Centauriumest problématique pour la plupart des taxinomistes (Cronquist et al., 1984; Hickman, 1993; Turner, 1993; Holmes et Wivagg, 1996; G. Mansion, comm. pers., 2001; J. Pringle, comm. pers., 2001). Des études plus poussées pourraient se révéler nécessaires pour la clarification de la position taxinomique du Centaurium muehlenbergii. Il est possible que le nom de C. muehlenbergii ait été donné à tort au C. exaltatum , au C. tenuiflorum , au C. davyi, au C. erythraea , au C. pulchellumet peut-être à trois ou quatre autres Centaurium (J. Pringle, comm. pers.). Le C. tenuiflorum et le C. davyi se rencontrent en Californie. Le C. erythraea et le C. pulchellumne sont pas indigènes de l’Amérique du Nord; cependant, leC. pulchellum se rencontre dans l’est du Canada et des États-Unis. G. Mansion a proposé qu’on reconnaisse un complexe Centaurium muehlenbergii, comprenant le C. curvistamineum , le C. floribundumet le C. tenuiflorum. Kartesz (1999) donne ces trois taxons comme synonymes du C. muehlenbergii. LeC. muehlenbergii est la seule espèce de ce complexe présente au Canada. Selon Mansion, le C. muehlenbergiiserait un hybride du C. erythraea et du C. tenuiflorum (G. Mansion, comm. pers., 2001).

Devant toute la confusion entourant la classification du Centaurium muehlenbergii, il est difficile de distinguer parmi les ouvrages cités ceux qui se rapportent véritablement au C. muehlenbergiide ceux qui se rapportent à d’autres espèces désignées à tort comme C. muehlenbergii .

Description morphologique 

Le Centaurium muehlenbergii est une herbacée annuelle produisant, de juin à août, de petites fleurs roses ou blanches (figure 1). La plante atteint de 3 à 30 cm de hauteur (généralement de 4 à 8 cm chez la population de Colombie-Britannique). Les tiges sont glabres. Les feuilles sont opposées. Les fleurs sont tubulaires. Les anthères, dépassant largement le bord du tube de la corolle, sont bien visibles. Le pédoncule est plus court que le tube du calice, et celui-ci est plus court que le tube de la corolle. Chaque fleur produit un grand nombre de petites (( 0,5 mm) graines brunes (Hitchcock et Cronquist, 1973; Douglas et al., 1999).

Figure 1. Morphologie du Centaurium muehlenbergii : port de la plante (à gauche), fleur épanouie et bouton floral (à droite, en haut), étamine (à droite, en bas). Dessins tirés de Hitchcock et al. (1959) et de Douglas et al. (1999) et reproduits avec la permission de l’University of Washington Press.

Figure 1.  Morphologie du Centaurium muehlenbergii : port de la plante (à gauche), fleur épanouie et bouton floral (à droite, en haut), étamine (à droite, en bas). Dessins tirés de Hitchcock et al. (1959) et de Douglas et al.(1999) et reproduits avec la permission de l’University of Washington Press.

On reconnait deux autres espèces de Centaurium en Colombie-Britannique : l’érythrée petite-centaurée (C. erythraea), originaire d’Eurasie, qui se distingue par sa touffe de feuilles basilaires et ses fleurs sessiles ou quasi-sessiles; la grande érythrée (C. exaltatum), présente uniquement dans le centre-sud de la province et absente à l’ouest des monts Cascades, qui se distingue par l’absence de feuilles basilaires, par son pédoncule, beaucoup plus long que les sépales, et par ses sépales, aussi longs ou plus longs que le tube de la corolle (Douglas et al., 1999). LeCentaurium muehlenbergii se distingue facilement de ces deux espèces de par les caractéristiques décrites ci-dessus.

Description génétique

La structure génétique de la population canadienne deCentaurium muehlenbergii n’a pas été étudiée. Cependant, les trois populations du sud-est de l’île de Vancouver doivent avoir peu d’échanges de matériel génétique entre elles, voire aucun, vu les distances qui les séparent (de 5 à 80 km) et l’absence, chez l’espèce, d’organe spécialisé de dispersion. Compte tenu de l’effectif apparemment réduit de la plupart des populations canadiennes, la perte de capacité adaptative due à la consanguinité pourrait être un facteur limitatif pour l’espèce au Canada. On a observé une baisse de la fécondité et du taux de survie attribuable à une faible diversité génétique et à un faible effectif chez des populations de Gentiana pneumonanthe, espèce rare des prairies à sol calcaire d’Europe (Oostermeijer et al., 1994) appartenant à la même famille que leC. muehlenbergii .

Unités désignables

Au Canada, il n’y a qu’une unité désignable duCentaurium muehlenbergii car les trois seuls sites actuels dans lesquels l’espèce se trouve sont situés dans la même

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Répartition

Aire de répartition mondiale

L’aire de répartition du Centaurium muehlenbergiis’étend depuis le sud-ouest de la Colombie-Britannique vers le sud de l’État de Washington jusqu’en Oregon, en Idaho, au Nevada et en Californie (Hitchcock et al., 1959; Hitchcock et Cronquist, 1973; Douglas et al., 1999; NatureServe, 2005) (figure 2). Dans l’État de Washington, l’espèce a déjà été présente depuis le comté de Spokane jusqu’au comté de Kittitas et, vers l’ouest, jusque dans la gorge du fleuve Columbia (Hitchcock et Cronquist, 1973), mais elle est aujourd’hui toujours classée disparue de cet État (NatureServe, 2005), bien que des individus aient été récoltés en 1992 dans les îles San Juan.

Figure 2. Aire de répartition mondiale approximative du Centaurium muehlenbergii (espèce peut-être disparue de l’État de Washington). Les cercles ombrés représentent des mentions probablement erronées.

  Figure 2. Aire de répartition mondiale approximative duCentaurium muehlenbergii (espèce peut-être disparue de l’État de Washington). Les cercles ombrés représentent des mentions probablement erronées.

La présence du C. muehlenbergii est également signalée au Texas, en Louisiane et au Mississippi (USDA-NRCS, 2005), mais il s’agissait probablement du C. tenuiflorum (J. Pringle, comm. pers., 2001).

Aire de répartition canadienne

Au Canada, il existe deux sites connus isolés où se trouve leCentaurium muehlenbergii, soit dans le sud-est de l’île de Vancouver (l’une se trouve à Oak Bay, près de Victoria, l’autre, près de Nanaimo) et un troisième dans une des îles Gulf (partie est de l’île Chatham), au large de Victoria (figure 3 et tableau 1).

Figure 3. Aire de répartition canadienne du Centaurium muehlenbergii. Les cercles pleins représentent des populations confirmées. Les triangles vides représentent des lieux où l’espèce a été recherchée en vain.

Figure 3. Aire de répartition canadienne du Centaurium muehlenbergii.

 

Tableau 1. Localité, année de la première et de la dernière observation, régime foncieret protection de l'habitat (juridique ou effective) pour les populations canadiennes de Centaurium muehlenbergii.
Populationprem. obs. et source1dern. obs. et source1régime foncierprotection (juridique / effective)
Oak Bay (Victoria)1961 / MCM2004 / MMParc municipalAucune / partielle
Îles Gulf 
(partie est de l’île Chatham)
1933 / HT2002 / MMRéserve indienneAucune
Nanaimo2003 / AC2003 / ACPropriété privéeAucune

1AC : Adolf Ceska; MCM : M.C. Melburn; MM : Mike Miller; HT : H. Toms.

La population de l’île Chatham a été répertoriée pour la première fois en 1933, et celle d’Oak Bay, en 1961 (HERB Database, 2005). Jusqu’à récemment, ces deux populations étaient les seules populations canadiennes confirmées deCentaurium muehlenbergii. Toutefois, en 2003, une troisième population, petite, a été découverte près de Nanaimo, soit à environ 80 km au nord des deux populations connues (tableau 1).

Il existe une mention historique datant de 1911, non confirmée, pour le parc Stanley, à Vancouver (Douglas et al., 2002), mais cette mention n’était pas fondée sur un spécimen de référence. L’espèce n’a pas été mentionnée depuis pour cette localité, ce qui donne à penser qu’il s’agissait d’une mention erronée (M. Fairbarns, comm. pers., 2003).

Au Canada, la zone d’occurrence du Centaurium muehlenbergii est d’environ 160 km². La superficie réellement occupée par l’espèce dans cette aire est d’environ 110 (0,0001 km²). Calculée selon une grille de 1 km sur 1 km, la zone d’occupation de l’espèce est de 3 km²; calculée selon une grille de 2 km sur 2 km, elle est de 12 km². L’aire de répartition canadienne du C. muehlenbergii correspond ainsi à beaucoup moins de 1 p. 100 de son aire mondiale. La population récemment signalée à Nanaimo n’est probablement pas une population nouvelle, mais une population qui était jusqu’alors passée inaperçue.

Les populations américaines de Centaurium muehlenbergii les plus proches se trouvent à plus de 300 km au sud, dans la gorge du Columbia. Toutefois, des spécimens de l’espèce ont été récoltés en 1992 dans les îles San Juan (numéro de dépôt WTU 325083 à l’herbier de l’University of Washington). L’organisme NatureServe (2007) maintient cependant la désignation SH (présence historique).

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

La population canadienne de Centaurium muehlenbergii se trouve dans la zone biogéoclimatique côtière à douglas (Douglas et al., 1999), qui englobe une petite partie du sud-est de l’île de Vancouver, plusieurs îles du détroit de Georgie et une étroite bande de la côte continentale voisine (Meidinger et Pojar, 1991). Cette région est abritée des précipitations par les monts Olympic et les montagnes de l’île de Vancouver. Il en résulte un climat de type méditerranéen, à étés chauds et secs et à hivers doux et humides. À Victoria, la température moyenne annuelle est de 10 °C, la température moyenne quotidienne variant entre 4 °C en décembre et 15,6 °C en juillet. La sécheresse estivale détermine dans une large mesure le caractère de la végétation de la région. À Victoria, les précipitations annuelles sont en moyenne de 690 mm, et moins de 5 p. 100 des précipitations sont enregistrées en juillet et en août. Le déficit hydrique annuel dépasse 350 mm (McMinn et al., 1976; Fuchs, 2001).

Dans la zone côtière à douglas, le Centaurium muehlenbergii occupe trois différents types d’habitats. La population d’Oak Bay pousse dans un pré inondé une partie de l’année (mare printanière), situé dans un peuplement de chênes de Garry (Quercus garryana), à 10 mètres d’altitude. Aucun arbre ne pousse dans ce pré en raison des inondations récurrentes. Le profil pédologique n’a pas été établi, mais il s’agit probablement d’un sol de type Tolmie ou Gleysol mal drainé, dérivé de matériaux d’origine marine à texture moyenne à fine recouvrant une argile marine (Day et al., 1959; H. Roemer, comm. pers., 2003). Les herbacées associées au C. muelhenbergii comprennent des espèces indigènes et exotiques, dont la plagiobothride de Scouler (Plagiobothrys scouleri), le jonc de Kellogg (Juncus kelloggii), le psilocarphe élevé (Psilocarphus elatior), la renoncule à feuilles d’alisme (Ranunculus alismifolius var.alismifolius), la callitriche marginée (Callitriche longipedunculata), la camassie camash (Camassia quamash), le jonc des crapauds (Juncus bufonius), le mouron nain (Anagallis minima) et l’hétérocodon rariflore (Heterocodon rariflorum). Le jonc de Kellogg, le psilocarphe élevé et la renoncule à feuilles d’alisme ont été désignés espèces en voie de disparition par le COSEPAC. Plusieurs graminées exotiques envahissantes (Agrostis stolonifera, Bromus hordeaceus, Cynosurus echinatus, Holcus lanatus, Dactylis glomerata, etc.) sont également présentes.

La population des îles Gulf se trouve dans la partie est de la petite île Chatham, située au large de Victoria. Elle pousse dans un sol sableux dénudé à la marge d’un marais à distichlis dressé (Distichlis spicata), juste au-dessus de la ligne de marée haute. Les espèces associées sont l’épilobe cilié (Epilobium ciliatum), la cotule pied-de-corbeau (Cotula coronopifolia), la porcelle enracinée (Hypochaeris radicata) et le jonc de la Baltique (Juncus balticus).

La population de Nanaimo occupe un suintement printanier situé en terrain incliné, à la lisière d’une forêt de douglas (Pseudotsuga menziesii) et d’arbousier d’Amérique (Arbutus menziesii), où elle pousse en association avec des bryophytes, dans une mince couche de sol minéral peu développé recouvrant un substratum de grès ou de conglomérat de la formation de Nanaimo. Le genêt à balais (Cytisus scoparius), un arbuste exotique, a envahi le site et risque de remplacer le Centaurium muehlenbergii.

Aux États-Unis, le Centaurium muehlenbergii est classé comme espèce facultative des milieux humides (USDA-NRCS, 2005). Dans l’ensemble de son aire de répartition étatsunienne, il a été observé dans différents types d’habitats : falaises, clairières humides au sein de forêts, lieux humides au sein d’arbustaies à armoises (J. Pringle, comm. pers., 2001); lieux humides situés à moins de 500 m d’altitude au sein de forêts de séquoia, de chênaies et de forêts mixtes sempervirentes (Munz et Keck, 1959); prairies humides (Guard, 1995); chênaies, forêts de piémont, prairies de vallée et génévraies (Calflora, 2000); prairies annuelles ou à sol serpentineux (Callizo et al., 1997).

En somme, le Centaurium muehlenbergii affiche une assez grande amplitude écologique : il pousse parmi diverses communautés végétales, sur des sols sableux à chernozémiques mal drainés (tolérance possible à la fois aux milieux salins et aux milieux serpentineux). Le C. muehlenbergii est plutôt intolérant à l’ombre et dépendrait d’un régime de feux pour maintenir son habitat dégagé et limiter les espèces qui lui font concurrence. Au Canada, l’espèce semble préférer les sites mouillés en hiver et au printemps, mais s’asséchant durant l’été.

Tendances en matière d’habitat

Il existe peu d’information historique précise pouvant nous renseigner sur un éventuel rétrécissement ou une éventuelle extension de l’aire de répartition du Centaurium muehlenbergii dans la région ou sur une éventuelle diminution ou augmentation du nombre de parcelles d’habitat.

Toutefois, depuis l’arrivée des colons européens dans le sud de l’île de Vancouver, la majeure partie de la savane à chêne de Garry a été détruite au profit de l’agriculture et de l’aménagement urbain, et ce qu’il reste de cette formation végétale a été profondément transformé par la progression d’espèces ligneuses, qui ne sont plus arrêtées par les feux, et la présence d’espèces exotiques envahissantes. Moins de 5 p. 100 (moins de 1 000 hectares) de la superficie originale de chênaie de Garry demeureraient intouchés ou quasi intouchés, et ce reliquat est très fragmenté (Fuchs, 2001). Prentice et Boyd (1988) ont étudié les transformations qu’ont subi les milieux estuariens de la côte est de l’île de Vancouver et, selon leurs estimations, ceux-ci avaient déjà connu un déclin de plus 32 p. 100 au tournant du siècle. Bien que cette destruction ait ralenti depuis, ils ont observé que les forêts et les terres agricoles adjacentes faisaient de plus en plus place à des aménagements urbains.

Le sud-est de l’île de Vancouver est parmi les régions d’Amérique du Nord qui connaissent la plus forte croissance urbaine. La population du Grand Victoria est passée d'environ 180 000 habitants en 1966 à 318 000 habitants en 1996, et on prévoit qu’elle dépassera 400 000 habitants d’ici 2026 (BC Ministry of Management Services, 2003). De même, on prévoit que la population de Nanaimo passera de 127 016 habitants en 2001 à plus de 219 000 habitants en 2026, soit presque le double (BC Ministry of Management Services, 2003). Cette croissance démographique et les infrastructures qu’elle nécessite continueront de causer la destruction et la fragmentation des écosystèmes naturels par le déboisement, l’assèchement des milieux humides et l’affectation des terres à des usages agricoles, commerciaux, industriels et résidentiels (Ward et al., 1998).

Les milieux convenant au Centaurium muehlenbergii n’ont probablement jamais été aussi abondants que les chênaies de Garry et les écosystèmes associés, mais ils ont certainement connu un déclin au moins aussi important que ces derniers, la pression pour l’aménagement à des fins d’habitation et commerciales étant particulièrement forte sur la côte, habitat de prédilection de l’espèce. Les populations d’Oak Bay et de Nanaimo occupent une petite superficie de verdure au cœur ou juste à côté de grandes étendues d’habitation aménagées sur des sites semblables aux sites qui pouvaient anciennement abriter le C. muehlenbergii.

Aux États-Unis, les tendances de l’habitat du Centaurium muehlenbergii sont semblables à celles qu’on observe au Canada. Le C. muehlenbergii est une des espèces indigènes des prairies humides de la vallée de la Willamette (Wilson, 2001). Or, ces prairies sont parmi les écosystèmes les plus rares de l’Oregon, et ce qu’il en reste est très fragmenté. Leur déclin est attribuable à la progression des espèces ligneuses, à la propagation d’espèces nuisibles, à l’exploitation agricole, à l’étalement urbain et à la modification des régimes hydrologiques (Clark et Wilson, 2001).

Protection ou propriété

En Colombie-Britannique, aucune loi ne protège spécifiquement les plantes vasculaires rares ou en voie de disparition, ni les écosystèmes du chêne de Garry ou les écosystèmes associés. Cependant, le Centaurium muehlenbergii pourrait être protégé en vertu de la Wildlife Amendment Act (2004) de la province. À l’heure actuelle, moins de 1 p. 100 de la zone côtière à douglas est protégé (Eng, 1992).

La population d’Oak Bay se trouve dans un grand parc municipal géré par les autorités du district d’Oak Bay (tableau 1). À l’heure actuelle, ce secteur n’est visé par aucun plan d’aménagement, et il est peu probable qu’il le soit dans l’avenir. Il est cependant très utilisé à des fins récréatives, et les espèces en péril qu’il abrite ne bénéficient que du minimum de protection. La population des îles Gulf se trouve en territoire des Premières nations, et l’usage prévu de ces terres, s’il y en a un, nous est inconnu. La population de Nanaimo se trouve sur un terrain privé, et le promoteur entend faire transférer le titre de propriété d’une partie du terrain (justement celle où se trouve la population de C. muehlenbergii) au service des parcs de la ville (J. Kirby, comm. pers., 2008). En dehors de ces secteurs, la majeure partie des milieux pouvant abriter le C. muehlenbergii se trouve sur des propriétés privées dont l’aménagement est du ressort des autorités locales (GOERT, 2002). D’autres habitats potentiels se trouvent sur des terrains gérés par le ministère des Parcs de la province, le service des parcs du district régional de la capitale, diverses organisations non gouvernementales ou le ministère de la Défense nationale. La proportion d’habitat potentiel se trouvant sous chacun de ces régimes fonciers n’a pas été déterminée.

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Biologie

Peu de données ont été publiées sur la biologie du Centaurium muehlenbergii. L’information présentée ci-dessous provient de flores, d’articles scientifiques sur d’autres espèces de Centaurium, de communications personnelles avec des spécialistes des Centaurium et des observations personnelles (inédites) des rédacteurs.

Cycle vital et reproduction

Le Centaurium muehlenbergii est une petite herbacée des milieux humides dégagés qui fleurit au début de l’été. Le fruit est une capsule bivalve mince renfermant un grand nombre de petites graines. Bien que la production de fruits ait été observée récemment chez les populations de l’île de Vancouver, les taux de production de graines et de recrutement n’ont pas été étayés. On ne connaît pas non plus le mode de reproduction du C. muehlenbergii (J. Pringle, comm. pers., 2001), mais on sait qu’à la fois l’autogamie (autopollinisation) et l’allogamie (pollinisation croisée) sont présentes chez le genre Centaurium (Kugler, 1977). Il est probable que l’allopolyploïdie se soit produite chez plusieurs clades de Centaurium, et le complexe du C. muehlenbergii montre des signes d’hybridation et d’introgression entre divers taxons (G. Mansion, comm. pers.).

La plupart des auteurs définissent le Centaurium muehlenbergii comme espèce annuelle. La base de données sur les plantes de l’USDA-NRCS (2005) le définit comme annuelle ou bisannuelle. Selon Hickman (1993), la plante pourrait accomplir son cycle en deux ans si elle est endommagée.

Il n’existe aucune documentation sur les taux de mortalité ni sur les facteurs de survie pour les différentes étapes du cycle vital du Centaurium muehlenbergii. Le C. erythraea, espèce étroitement apparentée, produit un important réservoir de graines (Davies et Waite, 1998). Il est possible que le C. muehlenbergii se rétablisse également, après une période de conditions défavorables, en partie grâce à un réservoir de graines dormantes.

Herbivores

Aucun cas de broutage direct du Centaurium muehlenbergii n’est répertorié. Toutefois, le site d’Oak Bay a déjà servi de pâturage pour le bétail, et il est aujourd’hui fortement brouté par le lièvre et le chevreuil, tandis que celui de l’île Chatham (îles Gulf) accueille une importante population de Bernache du Canada. On ne connaît pas l’incidence de ces herbivores sur le C. muehlenbergii, mais il est possible que dans certains cas le broutage favorise l’espèce en éliminant la végétation concurrente (M. Fairbarns, comm. pers., 2003).

Physiologie

Les Centaurium se rencontrent dans une grande diversité d’habitats. La plupart sont calciphiles, certains sont acidiphiles (par ex. le C. scilloides), quelques-uns sont limités aux sols gypseux. Toutefois, il semble que les conditions édaphiques soient moins limitatives pour la germination et la croissance des Centaurium que la quantité d’eau et de lumière disponible (G. Mansion, comm. pers., 2001).

Dispersion

Le Centaurium muehlenbergii ne semble posséder aucun mécanisme spécialisé de dispersion. Il est probable que la plupart des graines germent à quelques centimètres tout au plus de la plante mère. La population découverte récemment près de Nanaimo n’est probablement pas une nouvelle population, mais plutôt une population passée inaperçue jusqu’à ce jour en raison de son très faible effectif (7 individus). Dans les quelques décennies depuis que l’espèce a été découverte dans le sud de l’île de Vancouver, aucun cas de dispersion locale ou à distance n’a été observé.

Relations interspécifiques

Les relations interspécifiques du Centaurium muehlenbergii sont en grande partie inconnues. McGee (1985) mentionne qu’en sol pauvre le C. erythraea , espèce parente du C. muehlenbergii , dépend pour sa croissance et sa survie d’une association mycorhizienne.

La plupart des Centaurium ne sont pas très compétitifs, de sorte qu’on les rencontre surtout dans des milieux perturbés ou dégagés (G. Mansion, comm. pers., 2001). Le C. muehlenbergii semble peu compétitif et risque d’être remplacé par des espèces envahissantes, en particulier des graminées exotiques (M. Fairbarns, comm. pers., 2003).

Adaptabilité

Sauf peut-être pour l’existence d’un réservoir de graines et une tolérance aux fluctuations saisonnières d’humidité, on ne connaît au Centaurium muehlenbergii aucune spécialisation particulière qui lui permettrait de s’adapter rapidement à un changement brusque de conditions ou de se rétablir rapidement après un événement stochastique tel qu’un incendie, une période de sécheresse prolongée ou la cueillette. Nous n’avons trouvé aucun rapport d’obtention de semis ou de multiplication artificielle réussie ni d’exploitation horticole de l’espèce. On ne sait pas non plus s’il est possible d’utiliser des semences de source horticole à des fins d’établissement de nouvelles populations. Le C. erythraea (érythrée petite-centaurée), espèce étroitement apparentée au C. muehlenbergii, se cultive beaucoup comme herbe médicinale et figure dans de nombreux catalogues de semences horticoles au Canada, aux États-Unis et en Europe. On recommande généralement pour cette espèce de semer les graines in situ, en sol « moyen » à sableux, en plein soleil ou à l’ombre partielle.

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Taille et tendances des populations

Activités de recherche

Au Canada, il existe actuellement trois sites où se trouvent des populations de Centaurium muehlenbergii, dont seulement un (Oak Bay) a fait l’objet de relevés réguliers au cours des dix dernières années. La population de l’île Chatham (îles Gulf) se trouve sur une terre des Premières nations dont l’accès est limité, et celle de Nanaimo n’a été découverte qu’en 2003 (tableau 1).

En juin 2002, le principal rédacteur du présent rapport a exploré durant une semaine les milieux du sud-est de l’île de Vancouver susceptibles d’abriter le Centaurium muehlenbergii. Cette campagne de relevés s’inscrivait dans une série de projets visant à déterminer la répartition des plantes rares poussant dans les prés dégagés du sud-est de l’île de Vancouver et des îles Gulf. Dans les dix dernières années, plus de 500 jours-personnes ont été consacrés à la recherche d’espèces rares dans les milieux convenables; ainsi, plus de 80 sites couvrant au total 1 000 ha ont été parcourus (Fairbarns et al., 2003). Les secteurs susceptibles d’abriter le C. muehlenbergii ont été délimités à l’aide de photographies aériennes et de cartes topographiques, et les chercheurs se sont rendus sur place lorsque cela était possible. Une superficie d’environ 200 hectares a été parcourue, et aucune nouvelle population n’a été découverte (tableau 1). Certains sites prometteurs appartiennent à des intérêts privés, et les chercheurs n’y ont pas accédé. Voici les sites qui ont été explorés : l’île Trial au complet et certaines parties de l’île Chatham, l’île Discovery, la pointe Rocky, le parc Uplands, le terrain autour de la résidence du lieutenant-gouverneur, la pointe Harling, l’île Griffon, le mont Little Saanich, le mont Mill Hill, le lieu historique national Fort Rodd Hill, le lac Witty’s Lagoon, l’île Sidney, la réserve de chêne de Garry de Somenos, la réserve écologique du mont Tzuhalem et les plaines Harewood (figure 3).

Il est possible qu’il reste des populations de Centaurium muehlenbergii à découvrir dans le sud de l’île de Vancouver et dans les îles Gulf, en particulier dans certains marais côtiers qui n’ont pas été beaucoup herborisés. Il y a donc lieu de poursuivre la recherche sur le terrain.

Méthodologie des relevés. À ce jour, le Centaurium muehlenbergii a fait l’objet de recherches ciblées : des chercheurs connaissant bien le taxon déterminent, d’après leurs connaissances, leur expérience et leur intuition, les secteurs les plus susceptibles de comporter des milieux propices à l’espèce recherchée puis parcourent ces secteurs jusqu’à ce qu’ils estiment avoir assez bien exploré l’habitat potentiel de l’espèce. C’est la méthode jugée par la plupart des spécialistes comme étant la plus efficace et la plus économique pour le relevé de plantes rares, et la méthode la plus employée à ce jour par les botanistes de Colombie-Britannique. Cependant, elle ne permet pas de faire d’estimations statistiques, de sorte qu’on peut difficilement attribuer un niveau de confiance aux résultats de recherches antérieures. 

Abondance

La population d’Oak Bay est la plus grande des trois populations canadiennes connues; en 2002, elle comptait environ 800 (de 500 à 1 000) individus florifères. Ce chiffre n’est qu’une estimation grossière, fondée sur un unique recensement effectué dans dix quadrats de un mètre carré, répartis de façon aléatoire. L’effectif peut avoir été sous-estimé, puisque l’estimation ne tenait pas compte du fait que la floraison s’échelonne sur une certaine période ni de l’existence possible d’un réservoir de graines.

En 2003, la population de l’île Chatham (îles Gulf) comptait 30 individus florifères. La population de Nanaimo, qui occupe une très faible superficie, ne comptait que sept individus (A. Ceska, comm. pers., 2004).

Fluctuations et tendances

Comme les premières mentions du Centaurium muehlenbergii pour l’île de Vancouver ne donnent aucune indication d’effectif, il n’est pas possible de dégager les tendances à long terme des populations. Toutefois, puisque les populations d’Oak Bay et de l’île Chatham subsistent respectivement depuis au moins 40 et 70 ans, on peut penser qu’elles ont été relativement stables. Par ailleurs, il est bien connu que les espèces annuelles peuvent connaître des fluctuations majeures d’effectif d’une année à l’autre (Harper, 1977). Il en est probablement ainsi pour le C. muehlenbergii. Compte tenu de la superficie d’habitat perdue au profit de l’aménagement depuis un siècle, il est raisonnable de penser que les populations de C. muehlenbergii de la région ont connu un déclin analogue.

Immigration de source externe 

Les populations actuelles de Centaurium muehlenbergii les plus proches des populations canadiennes se trouvent en Oregon (NatureServe, 2005). On ne connaît pas la situation de la population des îles San Juan, où des spécimens ont été récoltés en 1992, car le C. muehlenbergii est toujours classé comme espèce historique à l’échelle de l’État de Washington. La distance séparant les populations canadiennes des populations américaines les plus proches rend très improbables les échanges naturels, génétiques ou autres, entre elles. Les différences entre les conditions environnementales des deux régions peuvent avoir mené à l’évolution d’écotypes distincts, mal adaptés pour survivre dans un milieu différent du leur. Cette divergence écologique ou génétique pourrait réduire considérablement les chances de réintroduction de l’espèce au Canada à partir de propagules de sources externes, si la population canadienne venait à disparaître.

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Facteurs limitatifs et menaces

Les connaissances sur les besoins en matière d’habitat et sur la dynamique des populations du Centaurium muehlenbergii sont trop limitées pour permettre de cerner les facteurs expliquant le faible effectif et la faible répartition de l’espèce au Canada. La rareté du C. muehlenbergii au Canada est peut-être due à des facteurs intrinsèques tels qu’une faible compétitivité, une faible capacité de dispersion, une nature hautement spécialisée de l’habitat ou un faible taux de recrutement et de survie, ou à des facteurs extrinsèques tels que des barrières géographiques, les changements climatiques passés, les changements récents d’affectation des terres (transformation de l’habitat, broutage, lutte contre les incendies, etc.), ou encore à diverses combinaisons ou à l’ensemble de ces facteurs.

Aucun lien direct n’a été démontré entre les menaces décrites ci-dessous et le déclin (actuel ou historique) de l’effectif ou de l’aire de répartition du Centaurium muehlenbergii au Canada. Cela tient peut-être simplement au fait que l’espèce n’a pas été observée assez longtemps dans son habitat canadien pour nous permettre de dégager d’éventuels effets de ces menaces. Toutefois, à défaut de preuves du contraire, ces menaces sont considérées imminentes, mais la gravité de leurs conséquences reste à déterminer.

1. Espèces exotiques envahissantes

Partout dans le monde, les espèces envahissantes sont la deuxième cause, après la perte d’habitat, du déclin des espèces indigènes (D’Antonio et Vitousek, 1992; Myers et Bazely, 2003). Dans l’est de l’île de Vancouver, les écosystèmes du chêne de Garry et les écosystèmes associés ont été envahis par des espèces exotiques au point où celles-ci comptent aujourd’hui pour 59 à 82 p. 100 de leur couverture herbacée (Roemer, 1995, cité par Fuchs, 2001; Erickson, 1996). Dans les prés à chêne de Garry, la proportion des espèces introduites est passée d’environ 25 p. 100 en 1972 à 40 à 76 p. 100 en 1995 (Roemer, 1995, cité par Fuchs, 2001), ce qui montre que leur progression s’accélère plutôt qu’elle ne ralentit. Certaines de ces espèces ont été introduites accidentellement, mais un grand nombre ont été introduites délibérément comme fourrage pour le bétail, comme plantes de stabilisation du sol ou comme plantes d’ornement.

Plusieurs auteurs ont décrit les processus susceptibles d’être altérés par la présence d’espèces exotiques. De façon générale, on croit que les espèces envahissantes peuvent nuire au recrutement des espèces indigènes, notamment en occupant les lieux favorables (où les graines peuvent germer); modifier la structure de la végétation; aggraver le déficit hydrique des sols; modifier les conditions édaphiques et microclimatiques, par la litière qu’elles forment; augmenter le risque d’incendie et, le cas échéant, la propagation et l’intensité du feu, par leur contribution à la charge de combustible; modifier la concentration et la répartition des éléments nutritifs du sol; concurrencer directement les espèces indigènes pour l’espace, l’eau, la lumière et les éléments nutritifs (Bergelson, 1990; Facelli et Pickett, 1991; D’Antonio et Vitousek, 1992; Smith, 1994; Gordon, 1998; Brown et Rice, 2000; MacDougall, 2002; Myers et Bazely, 2003). Si leur évapotranspiration est plus élevée que celle des espèces indigènes, les espèces exotiques peuvent causer une modification permanente du régime hydrologique et un abaissement de la nappe phréatique, ce qui entraîne des effets sur la répartition des espèces indigènes (Gordon, 1998).

Oak Bay

À Oak Bay, le pré à chêne de Garry où pousse le Centaurium muehlenbergii est fortement envahi par des espèces exotiques, en particulier par des graminées vivaces, dont le dactyle pelotonné (Dactylis glomerata), la flouve odorante (Anthoxanthum odoratum), le pâturin des prés (Poa pratensis), la houlque laineuse (Holcus lanatus), l’ivraie vivace (Lolium perenne), l’agrostide stolonifère (Agrostis stolonifera) et la crételle hérissée (Cynosurusechinatus). Ces graminées livrent une forte compétition aux autres espèces présentes pour l’eau et les éléments nutritifs et peuvent former une litière dense qui, en empêchant la lumière d’atteindre le sol, empêche la régénération des espèces indigènes. La litière formée par ces espèces peut également alimenter des incendies intenses (Équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry, 2002). Le dactyle pelotonné, à système racinaire particulièrement développé et à exigence en azote élevée, est peut-être la plus grave menace à la survie du C. muehlenbergii. Le dactyle pelotonné a été introduit sur la côte de la Colombie-Britannique comme espèce fourragère pour l’ensemencement des prés. Il est toujours cultivé comme fourrage sec et utilisé dans les mélanges de semences de graminées servant à la stabilisation des déblais et des tranchées de route.

Le frêne commun (Fraxinus excelsior), espèce introduite, domine dans un secteur de 0,5 hectare situé près de la population de C. muehlenbergii. Si aucune mesure n’est prise, il continuera probablement de se propager en livrant aux espèces indigènes une compétition pour l’eau, les éléments nutritifs et la lumière (Collier et al., 2004). Des arbustes exotiques sont également présents dans le parc abritant le C. muehlenbergii, notamment l’aubépine monogyne (Crataegus monogyna), le genêt à balais (Cytisus scoparius), la ronce discolore (Rubus discolor), le daphné lauréolé (Daphne laureola) et l’ajonc d’Europe (Ulex europaeus). Toutefois, ces espèces risquent peu de s’établir dans les sites où pousse le C. muehlenbergii en raison de l’humidité du milieu et ne présentent donc pas une menace immédiate pour cette population.

Le dactyle pelotonné, la houlque laineuse, la flouve odorante, la crételle hérissée, le genêt à balais, l’ajonc d’Europe, le daphné lauréolé, l’aubépine monogyne et la ronce discolore sont au nombre des dix principales espèces envahissantes de l’île deVancouver, classées quant à leur incidence sur les écosystèmes du chêne de Garry, à leur résistance aux mesures prises contre elles et à l’urgence de les enrayer (Murray, 2004).

Îles Gulf

La population de l’île Chatham semble moins menacée par des espèces introduites, bien que la cotule pied-de-corbeau (Cotula coronopifolia) et la porcelle enracinée (Hypochaeris radicata) aient réussi à s’établir dans l’île et pourraient se trouver en compétition avec le Centaurium muehlenbergii pour les ressources essentielles.

Nanaimo

Le genêt à balais, très envahissant, est établi à la marge du suintement printanier où pousse le Centaurium muehlenbergii et présente une menace imminente pour cette population et son habitat. Le genêt à balais a été introduit dans le nord-ouest de l’Amérique du Nord comme plante d’ornement en 1850 et, depuis, est devenu une des espèces dominantes de la végétation de l’est de l’île de Vancouver. À de nombreux endroits, cet arbuste forme des peuplements monospécifiques, ayant totalement remplacé la végétation indigène (Roemer, 1972; Fuchs, 2001). Le genêt à balais, de la famille des légumineuses, a la capacité de fixer l’azote atmosphérique et d’enrichir ainsi le sol en azote disponible pour l’ensemble des espèces de l’écosystème (Parker et Haubensak, 2004). Par ailleurs, il produit de grandes quantités de combustible ligneux pouvant alimenter des feux très intenses et peut ainsi modifier le régime naturel de perturbation.

2. Piétinement

Oak Bay

Le parc municipal où pousse le Centaurium muehlenbergii se trouve dans un secteur d’habitation situé à quelques kilomètres du centre de Victoria. Facile d’accès, ce parc est très fréquenté par des piétons, des cyclistes et des chiens à longueur d’année, mais surtout au printemps et à l’été, au moment donc où se déroulent les étapes les plus critiques du cycle vital du C. muehlenbergii. Une circulation piétonne légère à modérée ne nuit probablement pas au C. muehlenbergii; elle lui est peut-être même bénéfique, si elle détruit les mauvaises herbes qui lui font concurrence (M. Fairbarns, comm. pers., 2003). Par contre, les piétons et les cyclistes peuvent créer de nouveaux sentiers, modifier la micro-topographie du fond des mares printanières, couper la communication entre baissières, écraser la végétation des mares printanières et favoriser la propagation des espèces envahissantes. Bien que les vélos soient interdits dans le parc, cette interdiction est rarement mise en vigueur, et, à de nombreux endroits, la circulation intense ainsi que le compactage du sol ont détruit la couverture végétale (Collier et al., 2004). Dans le passé, des adeptes du vélo tout-terrain ont, sans autorisation, construit des tremplins pour le saut à vélo à proximité de la population de C. muehlenbergii. De telles activités constituent une menace supplémentaire à la survie de cette population.

Dans le parc, les chiens doivent être tenus en laisse pendant les mois du printemps (avril à juin), mais, encore une fois, cette règle est rarement mise en vigueur, et on voit régulièrement des chiens courir, creuser et poursuivre une balle dans le pré humide où pousse la seule colonie connue de Centaurium muehlenbergii. Un relevé récent de l’utilisation du parc, mené au printemps, a révélé que près de la moitié des visiteurs fréquentant le pré central étaient accompagnés de chiens, alors qu’on n’a observé que 2 p. 100 des chiens en laisse à un moment donné (Collier et al., 2004). Le C. muehlenbergii est une petite plante qui peut aisément être écrasée ou arrachée par les chiens, ou encore être écrasée ou ensevelie sous leurs fèces. Ces risques se sont accrus depuis l’apparition d’une tendance à faire promener son chien par des entreprises commerciales, lesquelles ont commencé à utiliser le parc à cette fin de manière régulière. Un plan d’intendance du parc établi récemment mentionne que l’utilisation fréquente du parc par des entreprises pour faire promener des chiens sera très dommageable pour le sol et pour la végétation dans la plupart des conditions. Comme les plantes en péril se trouvent principalement dans les prés dégagés, là même où on emmène les chiens courir, il y a manifestement conflit entre la préservation des valeurs du parc et l’utilisation non contrôlée du parc comme lieu de promenade pour les chiens (Collier et al., 2004).

Îles Gulf

L’île Chatham est inhabitée, et la population de Centaurium muehlenbergii de l’île est relativement inaccessible, de sorte que les activités récréatives ne constituent vraisemblablement pas une menace d’importance pour cette population.

Nanaimo

La population de Centaurium muehlenbergii de Nanaimo se trouve à côté d’un sentier de randonnée pédestre et de vélo tout-terrain. Elle risque d’être piétinée par les piétons, les vélos et les chiens, en particulier à la fin du printemps, lorsque le sol a commencé à s’assécher, mais qu’il n’est pas encore durci.

3. Aménagement

Oak Bay

Les anciennes cartes de Victoria et d’Oak Bay (datant des alentours de 1860) montrent de grandes étendues de prés à chêne de Garry et de milieux humides saisonniers à la place d’actuels lotissements d’habitation et autres aménagements urbains. Bon nombre de ces milieux inondés au printemps auraient peut-être pu abriter le Centaurium muehlenbergii. On croit qu’il reste aujourd’hui moins de 5 p. 100 de ce type d’habitat (T. Lea, comm. pers., 2003). Le parc abritant la seule population connue de C. muehlenbergii est délimité sur trois côtés par des lotissements à habitations unifamiliales et, sur le quatrième côté, par une voie de communication. Le parc est tenu comme réserve naturelle (Collier, 2003) et n’est visé par aucun plan d’aménagement.

Îles Gulf

On ne sait pas quels sont les plans à long terme pour ce site (réserve des Premières nations). Dans l’immédiat, celui-ci ne semble visé par aucun projet d’aménagement.

Nanaimo

Le terrain de Nanaimo où se trouve la population de Centaurium muehlenbergii appartient à une compagnie forestière privée et est à vendre au moment où nous rédigeons ce rapport. Ce secteur, à valeur écologique unique, est l’un des dix secteurs à acquérir et à protéger en priorité dans le cadre du programme de rétablissement des chênaies de Garry et des écosystèmes associés (GOERT, 2002). La municipalité de Nanaimo est donc en voie d’élaborer un plan de conservation et d’intendance pour ce secteur qui vise à y protéger les espèces en péril et leur habitat (R. Lawrance, comm. pers., 2005). Le terrain où se trouve la population de C. muehlenbergiia été désigné zone assujettie à un permis d’aménagement (Environmental Development Permit Area, ou EDPA). Cette désignation se traduit par des restrictions quant à l’utilisation du sol, visant à protéger les écosystèmes fragiles et les plantes rares. La municipalité de Nanaimo a ordonné au promoteur de réserver 7 hectares de prairie et d’écosystèmes secs, y compris le site où pousse le C. muehlenbergii. Ce morceau de terrain appartient toujours au promoteur, mais on prévoit transférer le titre de propriété au service des parcs de la municipalité (J. Kirby, comm. pers., 2008).

4. Véhicules tout-terrains

Les véhicules tout-terrains sont souvent mentionnés comme facteur menaçant la survie des espèces qui dépendent des mares printanières et d’autres milieux humides éphémères. Ils compactent le sol, favorisent la propagation des espèces envahissantes, modifient le régime hydrologique, écrasent ou déracinent la végétation et fragmentent l’habitat (Clark et al., 1998; US Fish and Wildlife Service, 1998; Douglas et Illingworth, 1998; Donovan, 2004; Agence Parcs Canada, 2006).

Oak Bay

Au cours des ans, le passage occasionnel de camions et d’autres véhicules a laissé des ornières profondes et durables à maints endroits dans les mares printanières et les prés humides, y compris dans des secteurs abritant le Centaurium muehlenbergii. La situation du parc, à proximité de quartiers d’habitation, oblige la municipalité à adopter une politique énergique de lutte contre les incendies, de sorte que les véhicules d’incendie et les véhicules d’entretien (faucheuse, etc.) circulent dans le parc de façon périodique. Récemment, un véhicule du service des incendies s’est enlisé en hiver dans le pré central, où pousse le C. muehlenbergii, alors qu’il faisait l’entretien des prises d’eau. Un chargement de gravier a été transporté sur les lieux pour combler le trou laissé par le camion, ce qui a causé la destruction d’une partie de la population de C. muehlenbergii (A. Ceska, comm. pers., 2004). Si un incendie se déclarait dans le parc, il faudrait vraisemblablement amener les camions d’incendie et d’autres véhicules lourds dans le pré central pour circonscrire le feu, et cela pourrait avoir des conséquences désastreuses pour la population de C. muehlenbergii.

Nanaimo

Bien que cela soit interdit, les amateurs de véhicules tout-terrains, de véhicules à quatre roues motrices et, dans une moindre mesure, de vélos tout-terrains pénètrent régulièrement dans cette propriété. Cette circulation a creusé des ornières jusqu’au substratum rocheux dans la zone de suintement où pousse le Centaurium muehlenbergii et, ainsi, a fragmenté l’habitat, modifié le régime d’écoulement des eaux et menacé directement la survie des individus qui ont été écrasés. La circulation de véhicules récréatifs a également perturbé et compacté le sol dans les prés secs avoisinants, réduisant ainsi les chances que le C. muehlenbergii colonise un jour ces milieux.

5. Modification du régime hydrologique

Les espèces annuelles sont souvent sujettes à de fortes fluctuations naturelles d’effectif et d’étendue (Venable et Lawlor, 1980). La population de Centaurium muehlenbergii de Colombie-Britannique, qui se trouve à la limite nord de l’aire de répartition de l’espèce, ne semble pas cependant être caractérisée par un taux de renouvellement élevé. Cela s’explique peut-être par les conditions relativement prévisibles de son habitat (alternance d’inondation, en hiver, et de sécheresse, en été, pour deux des sites; submersion à marée haute pour un autre). Avec le temps, cette fluctuation entre conditions extrêmes peut même avoir favorisé la survie du C. muehlenbergii en limitant la compétition de la part d’espèces ligneuses et d’herbacées mésophytes moins tolérantes au stress. Si tel est le cas, toute modification majeure du régime hydrologique découlant soit de perturbations locales de l’habitat, soit de perturbations à plus grande échelle, comme un réchauffement planétaire, pourrait sérieusement compromettre la survie de la population canadienne de C. muehlenbergii.

Oak Bay

Durant plus d’un siècle, ce secteur a fait l’objet de travaux extensifs d’assèchement qui ont eu une incidence importante sur les communautés végétales (Collier et al., 2004). La majeure partie des premiers travaux de déviation des eaux ont été réalisés afin d’améliorer les pâturages, mais les ouvrages d’assèchement réalisés plus tard pour la construction de routes et d’habitations à proximité du parc ont également eu des effets permanents sur le régime hydrologique local (Collier et al., 2004). Une voie de communication achalandée traverse le parc à une de ses extrémités et le sépare en deux. La lutte contre les incendies a favorisé les espèces ligneuses (indigènes et exotiques), dont la progression peut avoir modifié la quantité de lumière disponible ainsi que l’écoulement des eaux superficielles et souterraines à l’endroit où pousse le Centaurium muehlenbergii. Certains habitants de la région ont demandé que des fossés supplémentaires soient creusés pour assécher les sentiers de randonnée (R. Collier, comm. pers., 2005). On envisage également de creuser des fossés pour éliminer les eaux stagnantes où peuvent se reproduire les moustiques afin d’apaiser la crainte du public face au virus du Nil occidental.

Nanaimo

Comme il a déjà été mentionné, les ornières laissées par les véhicules tout-terrains ont modifié le régime d’écoulement des eaux dans cette localité, peut-être au détriment de la population de Centaurium muehlenbergii. Un corridor de transport traversant le terrain juste à côté de la population de C. muehlenbergii a également un impact sur l’écoulement des eaux. Les coupes à blanc pratiquées dans les forêts voisines et la construction de chemins forestiers ont vraisemblablement eu une incidence considérable sur le régime hydrologique local et ont peut-être également dégradé l’habitat du C. muehlenbergii.

6. Modification du régime de feux

Avant l’arrivée des colons européens, les feux d’origine naturelle ou allumés par l’homme jouaient un rôle important dans le maintien des forêts de douglas sèches et des savanes à chêne de Garry de l’île de Vancouver (Turner et Bell, 1971; Roemer, 1972; MacDougall et al., 2004). Depuis, la lutte contre les incendies a peut-être contribué au déclin des populations de Centaurium muehlenbergii. Il est probable que dans le passé deux des trois sites pour lesquels l’espèce est répertoriée (Oak Bay et Nanaimo) brûlaient périodiquement. Les feux devaient éliminer une grande partie de la végétation, réduisant ainsi la compétition et créant des microsites dégagés où le C. muehlenbergii pouvait s’établir. Les feux jouaient peut-être également un rôle important dans le développement des sols et l’accroissement de leur fertilité, en libérant continuellement des éléments organiques dans l’horizon supérieur.

À Oak Bay, la lutte contre les incendies a entraîné une réduction considérable de la superficie d’habitat disponible pour le Centaurium muehlenbergii, puisqu’elle a permis l’envahissement généralisé de cet habitat par le douglas (Pseudotsuga menziesii) et une vaste augmentation de la couverture d’arbustes indigènes envahissants comme la symphorine blanche (Symphoricarpos albus), le rosier de Nootka (Rosa nutkana) et l’oemléria faux-prunier (Oemleria cerasiformis) (Collier et al., 2004). Dans les boisés clairsemés ayant pu abriter le C. muehlenbergiidans le passé, la symphorine blanche et plusieurs arbustes exotiques déjà mentionnés dominent aujourd’hui le sous-étage. Ces espèces forment un couvert dense qui limite la quantité de lumière parvenant au sol et nuit ainsi à la croissance des herbacées. En outre, il est possible que l’incursion d’arbres et d’arbustes dans les milieux dégagés ait déjà commencé à modifier le régime hydrologique et le régime d’éclairement, puisqu’elle modifie l’écoulement des eaux, augmente la compétition pour l’eau disponible, intensifie l’ombre et cause une accumulation de chaume. Si rien n’est fait pour contrer cette évolution, elle pourrait mener à l’apparition de boucles de rétroaction susceptibles d’accélérer la succession secondaire.

7. Bernache du Canada

Depuis les années 1960, l’effectif de la Bernache du Canada (Branta canadensis) croît de façon exponentielle dans le sud-est de l’île de Vancouver et dans les îles voisines, en partie à cause d’introductions délibérées (McGrenere, 1990; Campbell et al., 1990; Carsen, 2000). La Bernache du Canada se nourrit d’herbe et, ce faisant, remue souvent le sol de larges étendues avec son bec. L’espèce est devenue abondante dans l’est de l’île Chatham (îles Gulf), où son activité incessante d’alimentation et l’accumulation de ses déjections pourraient nuire à la croissance et compromettre la survie du C. muehlenbergii. On ne peut cependant l’affirmer car l’incidence de ce facteur n’a pas été étudiée.

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Importance de l'espèce

En raison de sa répartition dispersée dans le nord-ouest de l’Amérique du Nord, on croit que le Centaurium muehlenbergii est peut-être une espèce relique de l’hypsithermal, période de climat chaud et sec survenue il y a 4 000 à 6 000 ans. À notre connaissance, l’espèce ne joue aucun rôle écologique particulier et ne suscite aucun intérêt particulier chez les chercheurs ni chez le grand public.

La plupart des Centaurium renferment des composés chimiques à vertus thérapeutiques, principalement des xanthones et des sécoiridoïdes (Khafagy et Mnajed, 1970). Les xanthones sont des pigments jaunes à action pharmacologique. Les sécoiridoïdes sont les principes amers qu’on trouve chez de nombreuses gentianes et qui sont utilisés pour leurs propriétés digestives (G. Mansion, comm. pers.). Le C. erythraea, étroitement apparenté au C. muehlenbergii, renferme des xanthones et des sécoiridoïdes et est utilisé depuis longtemps comme plante médicinale. Une traduction anglaise d’un poème du Xe siècle en latin médiéval donne l’espèce comme remède puissant contre les « wykked sperytis ». L’espèce est également mentionnée dans une traduction anglaise d’un texte de médecine en langue slave du XVe siècle (Grieve, 1992). Plus récemment, on a découvert que le C. erythraea possède des propriétés anti-inflammatoires, antipyrétiques, antioxydantes, antimutagènes et diurétiques (Berkan et al., 1991; Schimmer et Mauthener, 1996), et il est utilisé dans des préparations à base d’herbes pour traiter l’hyperglycémie (Petlevski et al., 2001). D’autres Centaurium, notamment le C. linarifolium, ont également des vertus médicinales (Mandal et al., 1992). Certaines espèces de Centaurium du nord-ouest de l’Amérique du Nord sont utilisées par les herboristes dans la préparation d’un tonique amer utilisé contre les troubles d’appétit et de digestion (Moore, 1995). Cependant, le C. muehlenbergii n’a aucun usage connu chez les Premières nations de Colombie-Britannique (N. Turner, comm. pers., 2003).

Les populations canadiennes de Centaurium muhlenbergii sont peut-être génétiquement distinctes du fait qu’elles sont isolées à la périphérie de l’aire de répartition principale de l’espèce. Si tel est le cas, elles pourraient être essentielles à la survie de l’espèce, devant la menace du réchauffement planétaire.

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

À l’échelle mondiale, le Centaurium muehlenbergii a la cote G5?, qui signifie que l’espèce n’est probablement pas en péril [likely secure]. À l’échelle des États-Unis, l’espèce est classée N5?. En Oregon, au Nevada, en Idaho et en Californie, elle n’est pas classée (cote SNR). Le C. muehlenbergii a déjà été présent dans l’État de Washington, mais on croit qu’il est aujourd’hui disparu, et on lui a attribué la cote SH (NatureServe, 2005).

En Colombie-Britannique, le Centaurium muehlenbergii figure sur la liste rouge des espèces en péril, et on lui a attribué la cote S1 (gravement en péril [critically imperiled]). À l’échelle du Canada, l’espèce a la cote N1 (HERB Database, 2005; NatureServe, 2005). Le C. muehlenbergii ne bénéficie d’aucune protection juridique au Canada. Toutefois, il pourrait être protégé en vertu de la Wildlife Amendment Act (2004) de la Colombie-Britannique par décision du Cabinet provincial s’il est désigné espèce disparue, en voie de disparition ou menacée dans la province suivant une évaluation détaillée de sa situation.

Une des populations canadiennes de Centaurium muehlenbergii se trouve dans un parc municipal et, de ce fait, bénéficie d’une certaine protection dans l’immédiat. Cependant, aucune des populations canadiennes n’est particulièrement visée par un plan de gestion visant à assurer sa survie.


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Résumé technique

Centaurium muehlenbergii

Petite-centaurée de Muhlenberg - Mulhenberg’s centaury

Répartition au Canada : Sud-ouest de la Colombie-Britannique

Données démographiques

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population) < 1 an

Tendance et dynamique de la population

Pourcentage observé de la réduction du nombre total d’individus matures au cours des dix dernières années : Inconnu

Pourcentage prévu de la réduction du nombre total d’individus matures au cours des dix prochaines années :Inconnu

Pourcentage observé de la réduction du nombre total d’individus matures au cours d’une période de dix ans, couvrant une période antérieure et ultérieure Inconnu

Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles? Inconnu

Est-ce que les causes du déclin sont parfaitement comprises? Plusieurs répercussions représentent des limites connues ou présumées. Oui

Est-ce que les causes du déclin ont effectivement cessé? Non

Tendance observée du nombre de populations : Inconnue

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures? Inconnu, mais possiblement puisqu’il s’agit d’une annuelle . Inconnue

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations? Non

Nombre d'individus matures dans chaque population
PopulationNombre d'individus matures
Oak Bay
800 (de 500 à 1 000)
Îles Gulf
~30
Nanaimo
~7
Total
837 (de 500 à 1 000)

Information sur la répartition

Estimation de la superficie de la zone d’occurrence (km²)

L’estimation est fondée sur les données récentes d’un relevé et les données provenant du Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, et représente grossièrement la zone du triangle formée par Nanaimo, Oak Bay, et les îles Gulf avoisinantes. L’emplacement historique de Vancouver de 1911 est exclu de l’estimation de la zone d’occurrence : 160 km²

Tendance observée dans la zone d’occurrence : Inconnue

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence? Non

Superficie estimée de la zone d’occupation (km²) . La zone occupée, selon les observations des rédacteurs aux sites occupés et selon les communications personnelles avec A. Ceska, serait d’environ 110 m² La zone d’occupation, selon un quadrilatère de 1 sur 1 km est de 3 km², et selon un quadrilatère de 2 sur 2, de 12 km². <20 km²

Tendance observée dans la zone d’occupation : Stable

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation? Non

La population totale est-elle très fragmentée? Oui

Nombre d’emplacements actuels : 3

Tendance du nombre d’emplacements. La plus récente collecte représente simplement la découverte d’une population existant déjà, mais non décelée. La tendance est inconnue, mais probablement stable puisque l’existence de deux des populations est connue depuis au moins 40 ans. In Inconnue

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements? Non

Tendance observée de la qualité de l’habitat : Déclin

Analyse quantitative

[0.00 % de probabilité de disparition du pays d’ici années]

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats

  1. Empiètement des espèces envahissantes – Oak Bay, Nanaimo
  2. Piétinement par les randonneurs, les chiens et les cyclistes; les fèces de chiens – Oak Bay, Nanaimo
  3. Urbanisation et expansion résidentielle – menaces limitées provenant de la présence de propriétés résidentielles adjacentes à Oak Bay
  4. Véhicules tous-terrains – Oak Bay, Nanaimo (perte de quelques populations à Oak Bay)
  5. Modifications au régime hydrologique – peut-être principalement une incidence historique sur les populations
  6. Extinction de feux – préoccupation continue
  7. Broutage par la Bernache du Canada et contamination par les dépôts de guano – menace éventuelle, sans être toutefois confirmée

Immigration de source externe

Statut ou situation des populations de l’extérieur? États-Unis : apparemment non en péril en Oregon, au Nevada, en Californie et en Idaho; vraisemblablement disparue à Washington D.C.

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible? Non

Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada? Inconnu

Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants? Oui

La possibilité d’une immigration de populations externes existe-t-elle? Non

Statut existant

COSEPAC : En voie de disparition, 2008

Statut et justification de la désignation

Statut : En voie de disparition

Code alphanumérique : B1ab(iii)+2ab(iii)

Justification de la désignation : Cette petite plante annuelle n’est présente que dans trois petites zones d’habitat principalement humide, dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique. La population canadienne totale compte moins de 1 000 individus. Les populations sont fortement isolées de l’aire de répartition principale de l’espèce qui s’étend de l’Oregon vers la Californie et le Nevada. L’espèce est constamment menacée par des facteurs tels que la prolifération de plantes envahissantes et les activités humaines, y compris le piétinement dans les zones d’activités récréatives.

Applicabilité des critères

Critère A (Déclin du nombre total d’individus matures) : Sans objet. Aucune donnée de déclin.

Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : Correspond au critère B1ab(iii)+2ab(iii), espèce en voie de disparition. La zone d’occurrence et la zone d’occupation présentent des valeurs inférieures au seuil critique; la population totale est gravement fragmentée et comprend seulement trois emplacements connus séparés par une grande distance, et la qualité de l’habitat affiche un déclin continu selon les menaces existantes.

Critère C (Petite population et déclin du nombre d’individus matures) : Sans objet. Bien que le nombre d’individus matures soit de moins de 2 500 et qu’au moins 95 % de la population totale se trouve sur un site, la catégorie C2a(ii), espèce en voie de disparition, ne pouvait pas s’appliquer en raison d’un déclin projeté du nombre total d’individus matures, lequel n’a pas pu être conclu avec certitude puisque deux des populations sont connues depuis plus de 40 ans.

Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : Correspond au critère D1, D2, espèce menacée. Il existe moins de 1 000 individus matures et la zone d’occupation s’étend plutôt sur moins de 20 km² et subit d’incessantes menaces.

Critère E (Analyse quantitative) : Aucune donnée accessible

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Remerciements et experts contactés

Les rédacteurs remercient Matt Fairbarns, Adolf et Oluna Ceska, ainsi que le personnel du Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, d’avoir prêté main-forte aux relevés sur le terrain, et Ted Lea et Brenda Costanzo d’avoir fourni un appui administratif et des conseils d’édition. Le financement pour le présent projet a été fourni par Conservation de la nature Canada, le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique et le Ministry of Water, Land and Air Protection de la Colombie-Britannique (maintenant le Ministry of Environment).

Experts contactés 

Ceska, A. Juillet 2004. Plant Ecologist, Ceska Geobotanical Consulting, Victoria (Colombie-Britannique).

Collier, R. Juillet 2004. Consultant, Victoria.

Eberhardt, E. Biologiste en matière de conservation des espèces en péril, Gestion des données, Bureau national de Parcs Canada.

Fairbarns, Matt. Plant Ecologist, Aruncus Consulting, Victoria (Colombie-Britannique).

Fraser, D. Mars 2005. Species Specialist, Species at Risk, Ministry of Water, Land and Air Protection de la Colombie-Britannique, PO BOX 9338 Stn Prov Govt, Victoria (Colombie-Britannique) V8W9M1.

Lawrance, R. Mars 2005. Environmental Planner, ville de Nanaimo.

Mansion, G. Décembre 2001. Laboratoire de Botanique Evolutive, Institut de Botanique, Emile Argand 11, 2007 Neuchatel (Suisse).

Penny, J. Février 2005. Botaniste, Conservation Data Centre, Ministry of Sustainable Resource Management de la Colombie-Britannique, PO BOX 9358 Stn Prov Govt, Victoria (Colombie-Britannique) V8T 5K7, tél. : (250) 356-5244, téléc. : (250) 387-2733, courriel : Jenifer.Penny@gems3.gov.bc.ca.

Pringle, J. Botaniste, Royal Botanical Gardens, PO Box 399, Hamilton (Ontario) L8N 3H8.

Roemer, H. Botaniste, Mimulus Consulting, Victoria (Colombie-Britannique).

Turner, N. Ethnobotaniste, School of Environmental Studies, University of Victoria, Victoria (Colombie-Britannique).

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Wilson, M.V. 2001. Common native forbs of wetland prairies - research from Oregon State University. (consulté le 26 février 2003).

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Sommaire biographique des rédacteurs du rapport

Michael Miller détient un diplôme de doctorat en biologie de l’Université de Victoria (2004). Sa recherche de doctorat portait sur l'écologie des populations de calochortes de la région de l'Okanagan-Sud. Michaela rédigé de nombreux rapports de situation du COSEPAC, notamment celui sur le calochorte de Lyall, qui a mené à la désignation de celui-ci, en 2001, comme espèce menacée au Canada. Il a pris part à plusieurs inventaires de plantes rares ou en voie de disparition dans le sud de la Colombie-Britannique pour le compte du Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique. Il participe actuellement à titre bénévole aux travaux du groupe de mise en œuvre du rétablissement des espèces en péril (RIG) de l'équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry (ERECG).

Wynne Miles a terminé son baccalauréat ès sciences en 1974. Elle a mené des études sur la flore et la faune dans diverses régions de la Colombie-Britannique ainsi qu’en Alberta et dans les Territoires du Nord-Ouest. Elle a réalisé plusieurs inventaires de plantes rares pour le compte du Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique. En 2001, elle a rédigé le rapport d’intendance visant la petite-centaurée de Muehlenberg pour l’équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry (ERECG) et, en 2002, a contribué à la préparation du rapport de situation du COSEPAC sur le Syntrichia laevipila Brid.

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Collections examinées

Les herbiers suivants ont été consultés :

  • Oregon State University (OSU)
  • Royal British Columbia Museum (V)
  • University of British Columbia (UBC)
  • University of Victoria (UVIC)

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