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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le scinque des Prairies (Eumeces septentrionalis) au Canada - Mise à jour

COSEPAC Résumé

Scinque des Prairies
Eumeces septentrionalis

Information sur l’espèce

Le scinque des Prairies (Scincidés : Eumeces septentrionalis) est un lézard terrestre mesurant 25 mm (à l’éclosion) à 85 mm (longueur maximale de l’adulte) du museau au cloaque. Il est brun, avec quatre bandes pâles longitudinales. Les juvéniles se distinguent des adultes par leur queue bleu vif, et les mâles adultes des femelles par la présence d’une coloration orange rougeâtre sur la tête et la gorge durant la saison de reproduction.

Répartition

Le scinque des Prairies ne se trouve que dans le centre du Canada et aux États-Unis. Seule la sous-espèce septentrionalis est présente au Canada, où elle est confinée à une région de sols sableux de moins de 1770 km² dans le sud-ouest du Manitoba. La population états-unienne la plus proche vit à plus de 150 km, dans le nord-ouest du Minnesota.

Habitat

Le scinque des Prairies vit dans la prairie mixte. Au Canada, on ne le trouve que dans les zones de sable loameux Stockton et de sables Miniota des dunes de Carberry, dans le delta de l’Assiniboine, une petite population disjointe occupant aussi une zone de sables Souris de faible étendue dans les dunes de Lauder. Dans les dunes de Carberry, l’habitat du scinque des Prairies est fragmenté naturellement en trois secteurs principaux par l’Assiniboine et par la présence d’autres types de sols non occupés par l’espèce. Ce lézard a besoin de sols sableux pour nidifier, hiberner et s’aménager des terriers durant l’été.

Biologie

Les femelles s’accouplent après leur premier ou leur deuxième hiver et pondent de 4 à 18 œufs. Les scinques des Prairies se reproduisent annuellement, mais la reproduction est notablement réduite dans les années de sécheresse. Les œufs peuvent être pondus dans des nids collectifs, jusqu’à trois nids pouvant être présents sous un même abri. La ponte peut aussi être effectuée dans le sol là où il n’y a pas d’abris. Les femelles demeurent près du nid et favorisent la survie des oeufs en faisant en sorte que l’humidité du sol demeure adéquate. Le scinque des Prairies s’alimente d’insectes et d’autres petits invertébrés. Ses déplacements sont très limités, la longueur maximale du domaine vital dépassant rarement 100 m. L’hibernation dure plus de sept mois.

Taille et tendances des populations

On ne connaît pas le nombre ni la taille des populations du scinque des Prairies, mais on sait que l’espèce est limitée par le peu de milieu qui lui est propice; il est aussi bien établi qu’elle subit une perte d’habitat importante et continue. Il est donc très probable que les populations ont diminué depuis le premier rapport de situation du COSEPAC, publié en 1989. Les populations restantes sont fortement fragmentées en raison de la répartition éparse des zones de prairie mixte à sol sableux dont l’espèce a besoin. Ces îlots de milieu propice sont en train d’être détruits par l’agriculture, la prolifération d’une plante exotique - l’euphorbe ésule (Euphorbia esula) - et la succession végétale conduisant à l’établissement de la tremblaie-parc, ce qui entraîne la disparition de populations.

Facteurs limitatifs et menaces

Le scinque des Prairies ne vit que dans la prairie mixte à sol sableux. Cet habitat est en déclin à cause de l’agriculture, de l’urbanisation, de la construction routière et de la lutte contre les incendies, qui favorise la succession végétale et l’envahissement par l’euphorbe ésule et le tremble. Bien qu’une grande partie de l’habitat du scinque des Prairies soit de propriété publique, la succession végétale ou l’envahissement par l’euphorbe ésule ont libre cours parce qu’il y a lutte contre les incendies dans la plupart des terres publiques. L’altération de la prairie mixte à sol sableux propice à l’espèce fait que son habitat est de plus en plus fragmenté. Enfin, dans les hivers peu neigeux, le gel peut pénétrer jusqu’aux hibernacles et tuer des scinques.

Importance de l’espèce

Il n’existe au Canada que six lézards indigènes, et le scinque des Prairies est le seul présent au Manitoba. Les populations du Manitoba sont disjointes des populations des États-Unis et en sont probablement distinctes au plan génétique.

Protection actuelle et autres désignations

Les cotes (Natural Heritage Ranks) du scinque des Prairies sont les suivantes : cote mondiale – G5; États-Unis – N5; Canada – N2; Manitoba – S2. L’espèce ne figure pas sur les listes de la Loi sur les espèces en voie de disparition du Manitoba parce qu’elle n’est pas désignée « menacée » ou « en voie de disparition ». Toutefois, l’espèce et son habitat jouissent d’une certaine protection en vertu de la Loi sur la conservation de la faune de la province, qui régit l’utilisation de la faune.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, à l’échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés ou autres unités désignables qui sont considérées comme étant en peril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes et incluant les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est formé de membres de chacun des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature) et de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité de connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour examiner les rapports de situation sur les espèces candidates.

Définitions (depuis mai 2004)

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de page1
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de page2
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de page3
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page4
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page 3

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 4

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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