Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la violette jaune des monts de la sous-espèce praemorsa au Canada - Mise à jour

COSEPAC Résumé

Violette jaune des monts
Viola praemorsa ssp. praemorsa
sous-espèce praemorsa

Information sur l’espèce

La violette jaune des monts (Viola praemorsa ssp.praemorsa) est une herbacée vivace pubescente, à feuilles basilaires ovées à lancéolées, à tige courte dépourvue de feuilles ou portant quelques feuilles réduites. Elle produit des fleurs pétalifères jaunes, solitaires sur un long pédoncule axillaire. Elle produit également des fleurs cléistogames, apétales et peu visibles, portées par un court pédoncule inséré près de la base de la tige. Chez les fleurs pétalifères comme chez les fleurs cléistogames, l’ovaire se transforme à maturité en capsule de 6 à 11 mm de longueur renfermant plusieurs graines brun foncé.

Tout au long du présent rapport, le nom « violette jaune des monts » fait précisément référence à la sous-espècepraemorsa présente en Colombie-Britannique. Il ne fait référence qu’à toute l’espèce uniquement lorsque l’aire de répartition mondiale est énoncée

Répartition

La violette jaune des monts se rencontre depuis l’île de Vancouver jusqu’en Californie, principalement à l’ouest des monts Cascades. En Colombie-Britannique, l’espèce est confinée à la côte sud-est de l’île de Vancouver et à des îles voisines du détroit de Georgie. La population la plus proche de celles du Canada se trouve à environ 100 km au sud, de l’autre côté de Puget Sound. La zone d’occurrence de l’espèce est d’environ 450 km². Sa zone d’occurrence historique était d’environ 2400 km². Le déclin de l’aire canadienne de la violette jaune des monts s’est produit surtout au cours des décennies 1960 à 1990. La zone d’occupation, calculée au moyen d’une grille de 1 km sur 1 km, est de 14 km², et, calculée au moyen d’une grille de 2 km sur 2 km, de 56 km². La superficie que l’espèce occupe réellement est inférieure à 20 ha.

Habitat

En Colombie-Britannique, la violette jaune des monts se rencontre dans des chênaies de Garry et des prés maritimes. La plupart des populations de l’espèce poussent dans une mince couche de sol gisant sur le substratum rocheux. Les sites sont relativement plats ou orientés au sud. Ils sont dépourvus ou presque de strate arbustive, mais possèdent une abondante couverture herbacée.

La superficie de milieu pouvant servir d’habitat à la violette jaune des monts s’est beaucoup rétrécie depuis un siècle, la zone côtière du sud-est de l’île de Vancouver ayant été en grande partie aménagée à des fins résidentielles et récréatives. La majeure partie de ce qu’il en reste a été profondément transformée par des graminées et arbustes exotiques envahissants.

Trois populations ont été détruites par l’aménagement. La plupart des populations qui subsistent sont à l’abri du développement, du moins pour les dix prochaines années.

Biologie

Le réchauffement du sol lève la dormance des pousses en mars, et les feuilles sont entièrement déployées à la fin d’avril ou au début de mai. La plante commence à se flétrir dans les deux dernières semaines de juin et meurt dans les deux dernières semaines de juillet, à mesure que s’installe la sécheresse estivale. Souvent, la violette jaune des monts met plusieurs années pour atteindre la maturité. Lorsque le fruit, une capsule, est sec, il s’ouvre brusquement en projetant ses graines jusqu’à 1 mètre de distance. Les graines sont dures, luisantes et pourvues à chaque extrémité d’un corps oléagineux (élaïosome) de couleur claire. Attirées par les élaïosomes, les fourmis emportent les graines, augmentant ainsi la distance de dispersion par rapport à la plante mère. La violette jaune des monts ne peut pas être multipliée par voie végétative.

Taille et tendances des populations

En Colombie-Britannique, il subsiste 14 populations de la violette jaune des monts. La superficie qu’elles occupent est inférieure à 1 km². Selon les données les plus récentes, l’effectif de l’espèce se situerait environ entre 32 000 et 49 000 individus florifères, dont environ 80 à 90 p. 100 seraient répartis entre les deux principales populations. Le nombre de populations est en déclin – cinq sont disparues, mais aucune au cours des dix dernières années.

Facteurs limitatifs et menaces

Les espèces envahissantes, en particulier les graminées exotiques, et la perturbation du régime de feux sont les principales menaces à la survie de la violette jaune des monts. L’abandon du brûlage, pratiqué autrefois par les Premières nations pour stimuler la croissance de plantes alimentaires, a entraîné une modification de la structure de la végétation, puisque l’absence de feu a permis la croissance des arbres et des arbustes que les brûlages fréquents tenaient en échec. Dans certaines localités, un arbuste indigène intolérant au feu semble avoir envahi la majeure partie des milieux convenant à la violette jaune des monts.

Le piétinement a endommagé une partie importante de certaines populations situées en bordure de sentiers pédestres. Plusieurs populations sont vulnérables à des phénomènes stochastiques en raison de leur faible effectif.

Importance de l’espèce

Les populations de la Colombie-Britannique de la violette jaune des monts présentent un intérêt scientifique du fait qu’elles sont géographiquement isolées de l’aire de répartition principale de l’espèce et, par conséquent, pourraient être génétiquement distinctes.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

En 1995, le COSEPAC a classé la violette jaune des monts comme espèce menacée au Canada. La situation de l’espèce a été réévaluée en 2000, et son statut a été confirmé. Par la suite, la violette jaune des monts a été inscrite sur l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du Canada. Le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique a inscrit la violette jaune des monts sur la « liste rouge » des taxons menacés ou en voie de disparition dans la province. La violette jaune des monts est visée au même titre que d’autres espèces rares par un programme de rétablissement multi-espèces des écosystèmes de chênes de Garry.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de laLoi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2007)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce àl’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.