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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la violette jaune des monts de la sous-espèce praemorsa au Canada - Mise à jour

Mise à jour
Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur la
Violette jaune des monts
Viola praemorsa ssp. praemorsa
sous-espèce praemorsa
au Canada

Violette jaune des monts

En voie de disparition 2007

COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada


COSEWIC

Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2007. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la violette jaune des monts de la sous-espècepraemorsa (Viola praemorsa ssp. praemorsa) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada – Mise à jour. Ottawa.vii + 27 p.

Rapports précédents :

COSEWIC. 2000. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la violette jaune des monts de la sous-espècepraemorsa (Viola praemorsa ssp. praemorsa) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 23 p.

Ryan, M. et G.W. Douglas. 1995. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la violette jaune des monts de la sous-espèce praemorsa (Viola praemorsa ssp. praemorsa) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. 1-23 p.

Note de production :

Le COSEPAC aimerait remercier Matt Fairbarns qui a rédigé la mise à jour du rapport de situation sur laviolette jaune des monts de la sous-espèce praemorsa (Viola praemorsassp. praemorsa) au Canada, en vertu d’un contrat avec Environnement Canada. Erich Haber, coprésident du Sous-comité de spécialistes des plantes et lichens du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684

Courriel du COSEPAC
Site web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Update Status Report on the yellow montane violet, Viola praemorsa ssp. praemorsa, praemorsa subspecies in Canada.

Illustration de la couverture :

Violette jaune des monts de la sous-espèce praemorsa-- Par L.M. Richards in Douglas et al. 2000.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2008.

de catalogue CW69-14/53-2008F-PDF

ISBN 978-0-662-08752-6

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COSEPAC Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Novembre 2007

Nom commun : Violette jaune des monts de la sous-espèce praemorsa

Nom scientifique : Viola praemorsa ssp. praemorsa

Statut : En voie de disparition

Justification de la désignation : La sous-espèce n'existe au Canada que dans le sud-est de l'île de Vancouver et la région sud des îles Gulf adjacentes, où on la retrouve en 14 petites populations circonscrites et grandement fragmentées. Cette vivace, dont la durée de vie est courte, est restreinte aux terrains boisés de chênes de Garry et aux prés maritimes, où la qualité de l'habitat est en constant déclin en raison de facteurs tels que la propagation de graminées exotiques envahissantes ainsi que d’arbres et d’arbustes résultant de la suppression des incendies.

Répartition : Colombie-Britannique

Historique du statut : Espèce désignée « menacée » en avril 1995. Réexamen et confirmation du statut en mai 2000. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « en voie de disparition » en novembre 2007. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

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COSEPAC Résumé

Violette jaune des monts
Viola praemorsa ssp. praemorsa
sous-espèce praemorsa

Information sur l’espèce

La violette jaune des monts (Viola praemorsa ssp.praemorsa) est une herbacée vivace pubescente, à feuilles basilaires ovées à lancéolées, à tige courte dépourvue de feuilles ou portant quelques feuilles réduites. Elle produit des fleurs pétalifères jaunes, solitaires sur un long pédoncule axillaire. Elle produit également des fleurs cléistogames, apétales et peu visibles, portées par un court pédoncule inséré près de la base de la tige. Chez les fleurs pétalifères comme chez les fleurs cléistogames, l’ovaire se transforme à maturité en capsule de 6 à 11 mm de longueur renfermant plusieurs graines brun foncé.

Tout au long du présent rapport, le nom « violette jaune des monts » fait précisément référence à la sous-espècepraemorsa présente en Colombie-Britannique. Il ne fait référence qu’à toute l’espèce uniquement lorsque l’aire de répartition mondiale est énoncée

Répartition

La violette jaune des monts se rencontre depuis l’île de Vancouver jusqu’en Californie, principalement à l’ouest des monts Cascades. En Colombie-Britannique, l’espèce est confinée à la côte sud-est de l’île de Vancouver et à des îles voisines du détroit de Georgie. La population la plus proche de celles du Canada se trouve à environ 100 km au sud, de l’autre côté de Puget Sound. La zone d’occurrence de l’espèce est d’environ 450 km². Sa zone d’occurrence historique était d’environ 2400 km². Le déclin de l’aire canadienne de la violette jaune des monts s’est produit surtout au cours des décennies 1960 à 1990. La zone d’occupation, calculée au moyen d’une grille de 1 km sur 1 km, est de 14 km², et, calculée au moyen d’une grille de 2 km sur 2 km, de 56 km². La superficie que l’espèce occupe réellement est inférieure à 20 ha.

Habitat

En Colombie-Britannique, la violette jaune des monts se rencontre dans des chênaies de Garry et des prés maritimes. La plupart des populations de l’espèce poussent dans une mince couche de sol gisant sur le substratum rocheux. Les sites sont relativement plats ou orientés au sud. Ils sont dépourvus ou presque de strate arbustive, mais possèdent une abondante couverture herbacée.

La superficie de milieu pouvant servir d’habitat à la violette jaune des monts s’est beaucoup rétrécie depuis un siècle, la zone côtière du sud-est de l’île de Vancouver ayant été en grande partie aménagée à des fins résidentielles et récréatives. La majeure partie de ce qu’il en reste a été profondément transformée par des graminées et arbustes exotiques envahissants.

Trois populations ont été détruites par l’aménagement. La plupart des populations qui subsistent sont à l’abri du développement, du moins pour les dix prochaines années.

Biologie

Le réchauffement du sol lève la dormance des pousses en mars, et les feuilles sont entièrement déployées à la fin d’avril ou au début de mai. La plante commence à se flétrir dans les deux dernières semaines de juin et meurt dans les deux dernières semaines de juillet, à mesure que s’installe la sécheresse estivale. Souvent, la violette jaune des monts met plusieurs années pour atteindre la maturité. Lorsque le fruit, une capsule, est sec, il s’ouvre brusquement en projetant ses graines jusqu’à 1 mètre de distance. Les graines sont dures, luisantes et pourvues à chaque extrémité d’un corps oléagineux (élaïosome) de couleur claire. Attirées par les élaïosomes, les fourmis emportent les graines, augmentant ainsi la distance de dispersion par rapport à la plante mère. La violette jaune des monts ne peut pas être multipliée par voie végétative.

Taille et tendances des populations

En Colombie-Britannique, il subsiste 14 populations de la violette jaune des monts. La superficie qu’elles occupent est inférieure à 1 km². Selon les données les plus récentes, l’effectif de l’espèce se situerait environ entre 32 000 et 49 000 individus florifères, dont environ 80 à 90 p. 100 seraient répartis entre les deux principales populations. Le nombre de populations est en déclin – cinq sont disparues, mais aucune au cours des dix dernières années.

Facteurs limitatifs et menaces

Les espèces envahissantes, en particulier les graminées exotiques, et la perturbation du régime de feux sont les principales menaces à la survie de la violette jaune des monts. L’abandon du brûlage, pratiqué autrefois par les Premières nations pour stimuler la croissance de plantes alimentaires, a entraîné une modification de la structure de la végétation, puisque l’absence de feu a permis la croissance des arbres et des arbustes que les brûlages fréquents tenaient en échec. Dans certaines localités, un arbuste indigène intolérant au feu semble avoir envahi la majeure partie des milieux convenant à la violette jaune des monts.

Le piétinement a endommagé une partie importante de certaines populations situées en bordure de sentiers pédestres. Plusieurs populations sont vulnérables à des phénomènes stochastiques en raison de leur faible effectif.

Importance de l’espèce

Les populations de la Colombie-Britannique de la violette jaune des monts présentent un intérêt scientifique du fait qu’elles sont géographiquement isolées de l’aire de répartition principale de l’espèce et, par conséquent, pourraient être génétiquement distinctes.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

En 1995, le COSEPAC a classé la violette jaune des monts comme espèce menacée au Canada. La situation de l’espèce a été réévaluée en 2000, et son statut a été confirmé. Par la suite, la violette jaune des monts a été inscrite sur l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du Canada. Le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique a inscrit la violette jaune des monts sur la « liste rouge » des taxons menacés ou en voie de disparition dans la province. La violette jaune des monts est visée au même titre que d’autres espèces rares par un programme de rétablissement multi-espèces des écosystèmes de chênes de Garry.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de laLoi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2007)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce àl’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Information sur l’espèce

Nom et classification

Nom scientifique : Viola praemorsa Dougl. ex Lindl. ssp. praemorsa
Nom français : violette jaune des monts
Noms anglais : yellow montane violet, canary violet, upland yellow violet
Famille : Violacées
Grand groupe végétal : Eudicotylédones

Le Viola praemorsa Dougl. ex Lindl. ssp. praemorsa était également désigné sous le nom de Viola nuttallii Pursh ssp. praemorsa Dougl. ex Lindl., mais ce synonyme n’est plus valable (ITIS, 2006). La sous-espèce praemorsa est l’une de trois sous-espèces distinctes du Viola praemorsa. La sous-espèce linguifolia (Nutt.) M.S. Baker & J.C. Clausen ex M.E. Peck, présente dans le sud-est de l’Alberta, lui est étroitement apparentée, mais s’en distingue par ses feuilles caulinaires plus longues, plus étroites, à marge moins nettement dentée en scie (Fabijan et al., 1987). La sous-espèce flavovirens n’est pas répertoriée pour le Canada.

Tout au long du présent rapport, le nom « violette jaune des monts » fait précisément référence à la sous-espèce praemorsa présente en Colombie-Britannique. Il ne fait référence qu’à toute l’espèce uniquement lorsque l’aire de répartition mondiale est énoncée.

Description morphologique

La violette jaune des monts est une herbacée vivace à racine fasciculée atteignant 5 à 20 cm de hauteur (figure 1). La tige est courte, dressée, partiellement souterraine, dépourvue de feuilles ou portant quelques feuilles réduites. Les feuilles basilaires présentent une pubescence clairsemée à dense. Elles sont portées par un pétiole de 3 à 15 cm. Le limbe, long de 2 à 10 cm, large de 1 à 3,5 cm, est ové à lancéolé, et sa marge est régulièrement dentée.

Les fleurs pétalifères sont solitaires sur un long pédoncule axillaire. Elles sont longues de 5 à 15 mm et, comme chez les autres violettes, présentent une symétrie bilatérale. Le calice est formé de cinq sépales lancéolés. Les pétales sont jaunes. L’inférieur présente des stries violet brunâtre, et sa base est munie d’un éperon. Les deux latéraux sont frangés. Les deux supérieurs sont légèrement plus petits que les trois inférieurs, et leur face dorsale est plutôt brunâtre. L’androcée se compose de deux paires d’étamines d’inégale longueur. Le pistil est formé d’un style unique surmonté d’un stigmate (surface réceptive).

Figure 1. Morphologie de la violette jaune des monts (L.M. Richards, tiré de Douglas et al., 2000).

Figure 1. Morphologie de la violette jaune des monts

Comme de nombreuses autres violettes, la violette jaune des monts produit également des fleurs cléistogames. Celles-ci sont apétales et demeurent closes, leur fécondation s’opérant par autogamie. Elles sont généralement portées par un court pédoncule inséré près de la base de la tige et passent souvent inaperçues.

À maturité, l’ovaire des fleurs pétalifères comme des fleurs cléistogames se transforme en une capsule de 6 à 11 mm de longueur renfermant plusieurs graines brun foncé.

Description génétique

La violette jaune des monts, au niveau de l’espèce, possède un nombre chromosomique de 2n=36 ou 48 (Little, 1993). Aucune étude n’a été réalisée sur les différences génétiques des sous-espèces du Viola praemorsa.

Unités désignables

Il existe au Canada deux unités désignables de la violette jaune des monts. Le présent rapport concerne la sous-espèce praemorsa, qu’on ne rencontre que dans une petite région de la Colombie-Britannique. La deuxième unité désignable est la sous-espèce linguifolia, qu’on rencontre en Alberta, où elle est classée comme espèce en péril (S2). La sous-espèce linguifolia est également admissible à la préparation d’un rapport de situation.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

La violette jaune des monts, en tant qu’espèce, se rencontre depuis l’île de Vancouver jusqu’en Californie (figure 2), principalement à l’ouest des monts Cascades (Hitchcock et Cronquist, 1961).

Figure 2. Aire de répartition mondiale de la violette jaune des monts.

Figure 2. Aire de répartition mondiale de la violette jaune des monts.

Aire de répartition canadienne

En Colombie-Britannique, la violette jaune des monts est confinée à la côte sud-est de l’île de Vancouver et à des îles voisines du détroit de Georgie (figure 3). Sa zone d’occurrence (calculée au moyen d’un logiciel cartographique, en soustrayant de grandes étendues d’océan) est d’environ 450 km². Sa zone d’occurrence historique était d’environ 2 400 km². Le déclin de l’aire canadienne de la violette jaune des monts s’est produit surtout au cours des décennies 1960 à 1990. La zone d’occupation, calculée au moyen d’une grille de 1 km sur 1 km, est de 14 km², et, calculée au moyen d’une grille de 2 km sur 2 km, de 56 km². La superficie qu’elle occupe réellement est inférieure à 20 ha.

Figure 3. Aire de répartition canadienne de la violette jaune des monts. (Les cercles pleins représentent des populations actuelles. Les cercles vides représentent les populations disparues. Le triangle représente une population historique dont la situation est incertaine. Certains cercles pleins représentent plusieurs populations.)

Figure 3. Aire de répartition canadienne de la violette jaune des monts.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

En Colombie-Britannique, la violette jaune des monts se rencontre dans des chênaies de Garry et des prés maritimes. Ces écosystèmes de faible altitude (< 30 m), dominés par les herbacées, se trouvent généralement dans les zones côtières (à moins de 3 km du littoral) du sud-est de l’île de Vancouver et de certaines îles du détroit de Georgie, du détroit Haro et du détroit Juan de Fuca. La proximité de l’océan a un effet modérateur marqué sur les températures estivales et hivernales. Les chênaies de Garry et les prés maritimes peuvent être pratiquement dépourvus de végétation ligneuse, et ce, pour plusieurs raisons, notamment les déficits hydriques en été (cas des sites exposés au vent ou à sol mince et grossier), les embruns et une longue pratique du brûlage par les Premières nations. Un seul ou plusieurs de ces facteurs peuvent être en jeu, de sorte que certaines chênaies de Garry et certains prés maritimes sont sujets au recrutement forestier tandis que d’autres demeurent dégagés en dépit de l’abandon du brûlage (Agence Parcs Canada, 2006). La plupart des populations de la violette jaune des monts poussent dans une mince couche de sol gisant sur le substratum rocheux. Les sites sont relativement plats ou orientés au sud. Ils sont dépourvus ou presque de strate arbustive, mais possèdent une abondante couverture herbacée. Au printemps, la strate herbacée est dominée par des espèces à feuilles larges indigènes, dont le Camassia quamash et le Sanicula crassicaulis, tandis qu’en été elle se compose d’un assemblage diversifié de graminées et d’espèces à feuilles larges.

Tendances de l’habitat

La superficie de milieu pouvant servir d’habitat à la violette jaune des monts s’est beaucoup rétrécie depuis un siècle, la zone côtière du sud-est de l’île de Vancouver ayant été en grande partie aménagée à des fins résidentielles et récréatives. Moins de 1 p. 100 de la zone côtière à douglas demeure relativement intouché (Pacific Marine Heritage Legacy, 1996). Dans la région de Victoria, la superficie des écosystèmes à chêne de Garry est passée de 10 510 ha en 1800 à 512 ha en 1997 (Lea, 2002). Depuis, elle n’a pas cessé de se rétrécir, et la majeure partie de ce qu’il en reste a été profondément transformée par des graminées et arbustes exotiques envahissants. Les derniers écosystèmes de chênes de Garry sont isolés et morcelés, de sorte qu’il ne peut y avoir d’échanges significatifs de matériel génétique entre les différentes communautés. On peut penser que les milieux pouvant abriter la violette jaune des monts ont subi un déclin analogue.

La population de la Colombie-Britannique de la violette jaune des monts se trouve au cœur d’une des régions d’Amérique du Nord qui connaissent une croissance très rapide, à savoir la région de Victoria. La population du Grand Victoria est passée d’environ 180 000 habitants en 1966 à 338 738 habitants en 2005, et on prévoit qu’elle atteindra 407 600 habitants d’ici 2026 (CRD, 2006). La population du district régional de Cowichan Valley, où se trouve la majeure partie de la population canadienne de la violette jaune des monts, a connu une croissance de 16 p. 100 entre 1991 et 2001 (Cowichan Region Economic Development Commission, 2001). Cette croissance était concentrée dans l’est du district, soit le seul secteur du district où on trouve des milieux convenant à la violette jaune des monts.

Les sites Saanich 3, Saanich 6 et Nanoose (voir le tableau 1) ont été détruits par l’aménagement. Les deux populations de Saanich sont probablement disparues avant 1980; celle de Nanoose est disparue entre 1973 et 1976. La plupart des populations qui subsistent sont à l’abri du développement, du moins pour les dix prochaines années, sauf le site Saanich 7. Celui-ci se trouve sur un terrain privé d’une grande valeur immobilière puisqu’il offre une vue sur Victoria et les collines Sooke.

Protection et propriété

Des 14 populations canadiennes actuelles de la violette jaune des monts, 7 se trouvent à l’intérieur de parcs municipaux ou régionaux, où elles sont à l’abri du développement, mais gravement menacées par les activités des usagers. Trois autres populations se trouvent soit dans un parc provincial, soit dans une réserve écologique, où elles sont exposées à des activités récréatives moins intenses et bénéficient d’une protection juridique. Deux populations se trouvent dans des aires de conservation privées et bénéficient d’un niveau élevé de protection, puisque les propriétaires prennent des mesures de lutte contre les espèces envahissantes et les effets de l’abandon du brûlage. Les deux autres populations ne bénéficient d’aucune protection (tableau 1).

Une des populations disparues (Nanoose) se trouvait peut-être sur des terres fédérales ou à proximité de terres fédérales. Une des populations actuelles (Saltspring 2) s’étend en partie sur des terres fédérales.

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Biologie

Généralités

Il existe peu de données sur la biologie de la violette jaune des monts. Sauf indication contraire, l’information présentée ci-dessous repose en majeure partie sur des données inédites recueillies par le rédacteur du présent rapport dans le cadre d’une étude phénologique de l’espèce en Colombie-Britannique. Il n’existe aucune information sur d’éventuels usages pharmacologiques ou ethnobotaniques de l’espèce.

Cycle vital et reproduction

Le réchauffement du sol lève la dormance des pousses en mars, et les feuilles sont entièrement déployées à la fin d’avril ou au début de mai. La partie aérienne de la plante commence à se flétrir dans les deux dernières semaines de juin et meurt dans les deux dernières semaines de juillet, à mesure que s’installe la sécheresse estivale.

Si les conditions sont favorables, la plante peut fleurir dès la deuxième année, mais le plus souvent elle met plusieurs années pour atteindre la maturité. On ne connaît pas l’âge moyen de la maturité au Canada, mais on pense qu’il se situe entre 3 et 6 ans. Les fleurs chasmogames (fleurs qui s’ouvrent et peuvent être fécondées par pollinisation croisée) se forment à la fin d’avril et en mai, tandis que les fleurs cléistogames (fleurs qui demeurent closes et sont fécondées par autopollinisation) sont produites plus tard. L’apparition de fleurs chasmogames est rare à la fin mai et en juin, mais la plante produit des fleurs cléistogames tant que l’appareil aérien subsiste. La plupart des individus matures produisent 1 à 3 fleurs chasmogames et 0 à 5 fleurs cléistogames. La dispersion des capsules se produit en juin et juillet, et, à la fin juillet, toutes les graines sont libérées. Les capsules sèches s’ouvrent brusquement en projetant leurs graines jusqu’à 1 mètre. Les capsules renferment en moyenne 8,8 graines. La plupart des graines produites tôt dans la saison sont bien formées, et les premières observations donnent à croire qu’elles ont une longue durée de vie. Les graines sont dures, luisantes et pourvues à chaque extrémité d’un corps oléagineux (élaïosome) de couleur claire. On trouve souvent des graines avortées de couleur claire, surtout dans les capsules qui arrivent tardivement à maturité (obs. pers.).

La production à la fois de fleurs chasmogames et de fleurs cléistogames est peut-être une stratégie : les fleurs chasmogames permettent une plus grande recombinaison génétique et limitent ainsi la dépression de consanguinité, tandis que les fleurs cléistogames, produites plus tard dans la saison, lorsque des pluies aléatoires prolongent la vie de la plante, accroissent considérablement la fécondité de celle-ci sans demander le temps et la dépense d’énergie nécessaires à la production des fleurs chasmogames.

La disposition des pièces florales favorise la fécondation par le pollen d’autres fleurs du même individu ou de fleurs d’autres individus (Baker, 1935; Beattie, 1969). La violette jaune des monts est probablement fréquentée par les mêmes pollinisateurs que les espèces étroitement apparentées, à savoir des mouches, des papillons, des abeilles solitaires et des thrips (Baker, 1935; Beattie, 1974; Davidse, 1976).

Les élaïosomes attirent les fourmis, et il a été démontré chez d’autres violettes que les fourmis peuvent disperser les graines à une distance de 50 cm et plus. Le transport des graines par les fourmis augmente la distance de dispersion (Ohkawara et Higashi, 1994), et les graines emportées dans des nids de fourmis ont généralement un taux de germination significativement plus élevé (Culver et Beattie, 1980). On a observé chez une autre violette que les graines des fleurs cléistogames avaient généralement une vitalité légèrement moindre que celles des fleurs chasmogames, mais cette différence de vitalité est compensée par un coût de production beaucoup moindre (Berg et Redbo-Torstensson, 1999).

La violette jaune des monts ne peut pas être multipliée par voie végétative.

Herbivorie

Les feuilles de la violette jaune des monts en Colombie-Britannique sont souvent endommagées par des insectes phytophages, mais les dommages sont généralement légers. Les insectes attaquent également les fleurs chasmogames (obs. pers.).

Le broutage du bétail et des animaux sauvages ne semble pas causer de dommages directs importants à l’espèce. On peut penser qu’il réduit la concurrence d’espèces herbacées ou arbustives plus hautes. Par ailleurs, il semble favoriser les graminées et les espèces à grandes feuilles exotiques. La violette jaune des monts échappe à la pression de compétition du fait qu’elle pousse dans des milieux de faible productivité et qu’elle accomplit la majeure partie de son cycle vital avant le plein développement d’espèces plus compétitives.

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Taille et tendances des populations

Activités de recherche

Depuis le début des années 1980, les secteurs propices ont été explorés à maintes reprises dans le cadre de divers projets visant à déterminer la répartition des plantes rares dans les chênaies de Garry et les prés maritimes du sud-est de l’île de Vancouver et de la partie sud des îles Gulf. Les principaux chercheurs étaient Adolf et Oldriska Ceska, Matt Fairbarns, Hans Roemer, Jenifer Penny, Harvey Janszen, Frank Lomer et feu George Douglas. Tous connaissaient la violette jaune des monts. Ces chercheurs ont exploré plusieurs secteurs en dehors de l’aire de répartition connue de l’espèce, mais n’y ont trouvé aucune population d’importance.

Plus de 90 sites associés aux chênaies de Garry et aux prés maritimes ont été explorés (figure 4), pour plusieurs plus d’une fois durant cette période. Au cours des 10 dernières années, plus de 500 jours-personnes ont été consacrés à la recherche de plantes rares dans des milieux prometteurs. En dépit de ces recherches intensives, une seule population de violette jaune des monts a été découverte depuis 1997 (Duncan 4). Les terres privées et les réserves indiennes, qui ne comptent que pour une petite partie des milieux apparemment propices à l’espèce, n’ont pas été fouillées aussi complètement que les terres publiques.

Figure 4. Localités où la violette jaune des monts a été recherchée de 2001 à 2006.

Figure 4. Localités où la violette jaune des monts a été recherchée de 2001 à 2006

Abondance

À défaut d’information sur le flux génique, sont comptés comme sites distincts les sites séparés par plus 1 000 m. Ainsi, il existerait 18 ou 19 sites valides1 de la violette jaune des monts en Colombie-Britannique (tableau 1). L’incertitude quant au nombre exact de sites tient au fait que les indications concernant la position géographique des populations Saanich 3 et Saanich 6 sont trop vagues pour permettre de déterminer si ceux-ci se trouvaient à plus de 1 000 m l’un de l’autre (les deux semblent aujourd’hui disparus). Quatorze populations existent toujours. Certaines sont formées de plusieurs sous-populations (colonies séparées par moins de 1 000 m).

Tableau 1. Sommaire des populations canadiennes de violette jaune des monts.
[Le tableau 1 précise le premier enregistrement, l’observation la plus récente, toute autre observation accompagnée d’estimations démographiques fiables et, le cas échéant, les dénombrements subséquents qui ont échoué.]
Population (localité)AnnéeHerborisateur / observateurNombre d’individus / superficieRégime foncier / notes
Victoria1897Henrydonnées non disponiblesindication de la position géographique trop vague
Victoria 1

1913

1993

1994

1997

2006

Macoun

Douglas

Douglas

Douglas

Fairbarns

données non disponibles

400-450 / 1 100

100-150 / 50

465 / 1 000

885 / 525

parc municipal
Victoria 2

1972

1993

1994

1997

2006

Roemer

Douglas

Ryan et Douglas

Douglas

Fairbarns

données non disponibles

données non disponibles

500 / ?

490 / 435

304 / 2 500

parc municipal
Oak Bay 1a

1994

1997

2004

2006

Douglas

Douglas

Fairbarns

Fairbarns

125 / 18

95 / 18

25-30 / 6

41 / 8

parc municipal
Oak Bay 1b

2004

2006

Fairbarns et Penny

Fairbarns

10 / 5

2 / 6

parc municipal
Oak Bay 2

1963

1993

2003

2006

Young

Ryan et Douglas

Ceska et Ceska

Fairbarns

données non disponibles

population non retrouvée

population non retrouvée

population non retrouvée

parc municipal
Saanich 1

1971

1995

2001

Roemer

Lee

Penny

données non disponibles

2 / 1

86 / &lt;100

parc municipal
Saanich 2

1997

2000

2006

Roemer

Douglas

Fairbarns

données non disponibles

282 / 305

297±20 / 1 874

parc municipal
Saanich 31887Macoundonnées non disponiblesinconnu
Saanich 4

1994

1996

1997

1999

2000

2001

2002

2006

2006

Ryan

Mothersill

Douglas

Mothersill

Mothersill

Mothersill

Mothersill

Fairbarns

Roemer

40 / 27

20 / 2

59 / 10

12 / ?

15 / ?

17 / ?

17 / ?

7 / 20

7 / 5

parc municipal
Saanich 5

1997

2000

2001

2006

Fraser

Fraser

Fraser

Fairbarns

111

66

78 / 10

56 / 12

parc régional
Saanich 61947Non indiquédonnées non disponiblesinconnu
Saanich 7

1919

2003

2005

Newcombe

Fairbarns et Roemer

Fairbarns

données non disponibles

1 / 27

3 / 27

propriété privée
Saanich 8

1964

1987

1995

2001

Hett

Ring

Golinksi

Hartwell

données non disponibles

données non disponibles

population non retrouvée

population non retrouvée

 
Duncan 1

1993

1994

1997

2006

Douglas

Douglas

Douglas

Fairbarns

données non disponibles

25 / 100

56 / 120

33 / 50

réserve écologique
Duncan 2

1933

1997

1998

2000

2006

Newcombe

Douglas

Douglas

Douglas

MacDougall

données non disponibles

&gt;6 400 / 1 000

6 940 / ?

3 205 / 12 373

1 736 ±100 / ?

réserve de conservation d’ONG
Duncan 3

1992

1993

1997

2003

2004

2005

2006

2007

Ceska

Douglas

Douglas

Roemer et Fairbarns

Roemer et Fairbarns

Roemer et Fleming

Roemer et Fleming

Fleming

données non disponibles

données non disponibles

45 000 / 5 700

10 000

28 700 / 4 320

16 300 / 3 100

10 700 / 2 350

 

20 400

réserve de conservation d’ONG
Duncan 42004Douglas et Smith5 / ?église
Saltspring 1

1985

2006

Roemer

McIntosh et Linton

données non disponibles

14 / 100

parc provincial
Saltspring 2

1993

1996

1999

2005

2007

Chatwin

Penny

Lomer

Roemer2

Annschild

&gt;300 / 400

200 / 2 500

200-300 / ?

200 / 50

19 278 individus : 14 096 sur des terres appartenant à Transports Canada et 5 182 sur des terres appartenant à la Couronne provinciale et des terres privées; superficie occupée : environ 10 ha

mixte (Transports Canada, Couronne provinciale, propriétaires privés)
Nanoose Hill

1976

1973

2005

Douglas

Douglas

Fairbarns

données non disponibles

population non retrouvée

population non retrouvée

privé ou fédéral?
Comox

1961

1993

Beamish

Cadrin

données non disponibles

population non retrouvée

parc régional?

Le tableau 1 donne la première mention de la population, toutes les observations ultérieures accompagnées d’estimations fiables, l’observation la plus récente et, lorsqu’il y a lieu, tout relevé subséquent fait en vain.

Selon les données les plus récentes, l’effectif de la Colombie-Britannique de la violette jaune des monts se situerait entre 32 000 et 49 000 individus, dont environ 80 à 90 p. 100 seraient répartis entre les deux principales populations de la sous-espèce, Duncan 3 et Saltspring 2.

Fluctuations et tendances des populations

Le nombre de populations est en déclin – cinq ou six populations sont disparues depuis un siècle, mais aucune d’elles n’est disparue au cours des dix dernières années. Dans la plupart des cas, les registres ne sont pas assez précis pour nous permettre de déterminer en quelle année les populations sont disparues, mais pour quatre d’entre elles il semble que ce soit entre 1961 et 1995.

Bien que les populations Victoria 1 et Saltspring 2 semblent en croissance, l’augmentation de leur effectif résulte de la découverte de nouvelles sous-populations et d’un relevé plus minutieux des sous-populations connues plutôt que d’une croissance réelle. Des données d’observation donnent à croire que les principales populations fluctuent considérablement. La mieux connue à cet égard est la population Duncan 3, dont le nombre d’individus a fluctué entre 10 000 et 28 000 (méthode uniforme de recensement et coordination entre observateurs) au cours de la période 2003 à 2007.

Il n’est pas possible de dégager une tendance nette quant à l’étendue de l’habitat de l’espèce, probablement parce que les observateurs n’ont pas tous utilisé la même méthode d’estimation. La qualité de l’habitat de l’espèce se dégrade surtout à cause de la progression d’espèces exotiques envahissantes.

Immigration de source externe 

La violette jaune des monts n’est pas répertoriée pour les îles proches du détroit deSan Juan (Atkinson et Sharpe, 1993; D. Giblin, comm. pers., 2006) ni pour la péninsule Olympic (Buckingham et al., 1995). La population la plus proche de celles du Canada se trouve près de Tacoma, au Washington, à environ 100 km (Burke Museum of Natural History and Culture, 2006). La situation de la population américaine de la violette jaune des monts n’a pas été déterminée (voir la section « Protection actuelle et autres désignations »). Compte tenu de la très faible capacité de dispersion naturelle de l’espèce au-delà de quelques mètres, il est très peu probable que la population de la Colombie-Britannique se rétablisse naturellement à partir d’une immigration de source externe.


1 La mention pour Metchosin a été rejetée (voir l’explication au tableau 1).

2 Il faudrait réaliser d’autres relevés dans cette localité afin de découvrir toutes les sous-populations existantes.

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Facteurs limitatifs et menaces

Le tableau 2 donne une estimation de la gravité des principales menaces qui pèsent sur les différentes populations de violette jaune des monts.

Tableau 2. Sommaire des menaces pesant sur les populations actuelles de violette jaune des monts3,4
PopulationsHerbacées envahissantesArbustes exotiques envahissantsModification des régimes de brûlagePiétinementPhénomènes stochastiques (imminents)Herbivorie
Victoria 1gravemodéréefaiblemodéréefaiblefaible
Victoria 2gravegravefaiblemodéréefaiblefaible
Oak Bay 1gravegravemodéréegravegravefaible
Saanich 1gravegravemodéréemodéréemodéréefaible
Saanich 2gravemodéréefaiblemodéréefaiblefaible
Saanich 4gravegravefaiblegravegravefaible
Saanich 5gravegravemodéréegravemodéréefaible
Saanich 7modéréegravefaiblefaiblegravefaible
Duncan 1gravegravemodéréemodéréemodéréefaible
Duncan 2gravegravemodéréefaiblemodéréefaible
Duncan 3gravegravegravefaiblemodéréefaible
Duncan 4modéréefaiblefaiblemodéréegravefaible
Saltspring 1gravemodéréefaiblefaiblegravefaible
Saltspring 2gravemodéréefaiblemodéréefaiblegrave

3 D’après les recherches sur le terrain réalisées pour le présent rapport par le rédacteur lui-même ou les observations des biologistes consultés.
4 Il s’agit des menaces de disparition imminente; l’effondrement démographique est à craindre à moyen terme pour la population Duncan 3 (et peut-être la population Duncan 2).

Menaces liées aux plantes envahissantes

Roemer (comm. pers., 2006) mentionne une localité où 42 p. 100 des espèces vasculaires ont été introduites et 88 p. 100 de la couverture herbacée se compose d’espèces exotiques. Bien que les espèces introduites varient d’une localité à l’autre, le degré d’envahissement mentionné par Roemer s’observe dans de nombreux secteurs où pousse la violette jaune des monts. Parmi les principales espèces envahissantes observées dans une ou dans plusieurs localités où la violette jaune des monts est présente se trouvent des graminées (Agropyron repens, Anthoxanthum odoratum, Bromus hordeaceus, B. sterilis, Cynosurus echinatus, Dactylis glomerata, Lolium perenne, Poa pratensis et Vulpia bromoides) et, dans une moindre mesure, des herbacées à grandes feuilles (Erodium cicutarium, Geranium molle, Lychnis coronaria, Trifolium repens et Vicia hirsuta). Le broutage du bétail a probablement contribué dans une large mesure à la dispersion des graminées les plus envahissantes; cependant, l’importance de ce facteur est apparue pleinement seulement une fois que la pression du broutage eut cessé et que les espèces envahissantes eurent le temps de former un peuplement plus haut et plus dense. Sur les terres où le broutage a cessé, la violette jaune des monts est rare, voire absente, dans les milieux à couverture importante de graminées touffues ou d’arbustes envahissants. Il est possible qu’autrefois elle y ait été commune, mais que sa rareté actuelle soit attribuable à un rétrécissement de sa niche écologique dû à la concurrence.

Une des principales espèces menaçant la violette jaune des monts et son habitat est le genêt à balais (Cytisus scoparius), arbuste très envahissant. Le Daphne laureola, autre arbuste envahissant, n’est pas abondant dans les localités pour lesquelles la violette jaune des monts est répertoriée, mais son effectif augmente et son aire s’étend rapidement. Le Daphne laureola affectionne les mêmes types de milieux que la violette jaune des monts au sein des chênaies de Garry et peut y occuper plus de 75 p. 100 de la surface du sol.

Menaces liées à la modification des régimes de brûlage

Les régimes de brûlage pratiqués dans la zone côtière sèche du sud-est de l’île de Vancouver avant l’arrivée des colons européens étaient probablement plus complexes qu’on ne le croit généralement. Il ne fait aucun doute que les Premières nations établies dans la région brûlaient périodiquement certains secteurs afin de stimuler la croissance d’espèces alimentaires, en particulier la camassie, dont les bulbes sont source d’amidon. Ces peuples avaient peut-être également recours au brûlage pour améliorer les aires d’alimentation du gibier (wapiti et cerf) (Turner et Bell, 1971).

Les feux fréquents mais peu intenses éliminaient les jeunes pousses d’aulne rouge et de douglas et freinaient la croissance du peuplier faux-tremble et de la plupart des arbustes, notamment le Symphoricarpos albus et le Rosa nutkana. Il en résultait un niveau accru d’éclairement au sol et un amoindrissement de la concurrence, favorables à la croissance d’espèces herbacées, dont la violette jaune des monts. Ce régime modifiait la composition même de la strate herbacée puisqu’il freinait la croissance de nombreuses espèces très compétitives.

Le brûlage pratiqué par les Premières nations a également joué un rôle important dans le développement, donc la fertilité, des sols. Un feu de faible intensité ne réduit pas sensiblement la teneur en matière organique de l’horizon minéral supérieur; l’accumulation de matière organique dans cet horizon provient de la décomposition des racines. Par contre, la matière organique se trouvant à la surface du sol brûle complètement en libérant ses éléments constitutifs. Comme les plantes herbacées plutôt que les conifères constituaient la principale source de matière organique, l'horizon minéral supérieur demeurait relativement neutre comparativement aux sols à acidité élevée des forêts de douglas (Broersma, 1973). Enfin, les feux fréquents ont pu maintenir des lieux exempts de litière organique et faciliter ainsi la germination des graines, petites, de la violette jaune des monts.

Dans certaines localités, notamment le site Duncan 3, qui compte pour 30 à 40 pourcent de l’effectif canadien de la violette jaune des monts, le Symphoricarpos albus, arbuste indigène, semble occuper une grande partie des milieux autrefois disponibles pour la violette jaune des monts. Le Symphoricarpos albus abonde dans de nombreux secteurs qui ne sont plus soumis au brûlage ni au broutage.

Piétinement

Les populations de violette jaune des monts sont souvent concentrées le long de sentiers où le passage fréquent de piétons empêche la progression des plantes ligneuses. Qu’elles soient ou non menacées par des plantes ligneuses, les populations traversées par un sentier pédestre subissent généralement des dommages dus au piétinement, qui touche souvent une grande partie de la population.

Phénomènes stochastiques

Certaines des populations de violette jaune des monts sont menacées simplement en raison de leur faible effectif et de la faible superficie qu’elles occupent, facteurs les rendant vulnérables à des phénomènes stochastiques. Six populations de l’espèce comptent au plus 50 individus matures, et la plupart d’entre elles occupent moins de 50 . Les populations Saanich 4, Saanich 7 et Duncan 4 comptent moins de 10 individus matures et semblent particulièrement vulnérables.

Herbivores

On ne connaît pas bien la menace que présentent les herbivores pour les populations de la Colombie-Britannique actuelles de la violette jaune des monts. Deux des principales populations (Duncan 2 et Duncan 3), qui réunissent à elles seules environ 40 p. 100 de l’effectif de la Colombie-Britannique, se trouvent dans des secteurs qui étaient jusqu’à récemment pâturés. La population de la Colombie-Britannique la plus abondante (Saltspring 2) a été si broutée par des ongulés indigènes que les individus ne dépassent pas une petite taille, et leurs fleurs sont souvent manquantes. Le fait que cette population demeure abondante en dépit d’un broutage intense donne à croire que les populations abondantes ne sont pas gravement menacées par le broutage des grands mammifères. Dans certains cas, les dommages directs infligés à la violette jaune des monts par les herbivores semblent compensés par l’élimination d’espèces concurrentes plus hautes.

Dans les jardins et leur voisinage, il arrive que la violette jaune des monts soit fortement endommagée par des limaces exotiques (obs. pers.). Les jardins offrent aux limaces une abondance de jeunes pousses et de plantes, qui sont pour elles une source alimentaire de qualité. Ils leur offrent également de nombreux abris, sous des planches ou des rognures d’herbe. Les populations de violette jaune des monts poussant à proximité de jardins risqueraient donc d’être attaquées par des limaces. Toutefois, il ne faut pas accorder trop d’importance à ce facteur, car les cas observés de dommages graves causés par les limaces sont rares, même pour les relevés effectués en milieu urbain (obs. pers.).

MacDougall (comm. pers., 2006) a observé qu’un nombre considérable de graines pouvaient être endommagées par de petits insectes foreurs. On ne sait pas si ce phénomène est commun ou même s’il se produit ailleurs que dans la population Duncan 2.


 

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Importance de l'espèce

Comme elle n’est pas envahissante et que ses fleurs sont attrayantes, la violette jaune des monts possède une valeur horticole, en dépit du fait que sa fragilité aux limaces la rend difficile à conserver (obs. pers.). Les Premières nations utilisaient diverses autres espèces de Viola, mais aucun usage n’est répertorié dans les connaissances traditionnelles autochtones pour le Viola praemorsa spp. praemorsa (Native American Ethnobotany Database, 2006).

On ne connaît à la violette jaune des monts aucun rôle écologique d’importance.

Les populations de la Colombie-Britannique de la violette jaune des monts présentent un intérêt scientifique du fait qu’elles sont géographiquement isolées de l’aire de répartition principale de l’espèce et, par conséquent, pourraient être génétiquement distinctes.

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

L’organisme The Nature Conservancy a attribué à la violette jaune des monts de la sous-espèce praemorsa, à l’échelle mondiale, la cote G5T3T5 (espèce non en péril à l’échelle mondiale [globally secure], sous-espèce vulnérable à non en péril [vulnerable to secure]). En Californie, en Oregon et au Washington, la violette jaune des monts a la cote SNR (NatureServe, 2006), qui signifie que sa situation n’a pas été officiellement évaluée, ce qui est généralement le cas des taxons apparemment répandus et abondants à l’échelle de l’État où ils sont présents. En 1995, le COSEPAC a classé la violette jaune des monts comme espèce menacée au Canada. La situation de la violette jaune des monts a été réévaluée en 2000, et son statut a été confirmé. Par la suite, la violette jaune des monts a été inscrite à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du Canada.

Le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique a inscrit la violette jaune des monts sur sa « liste rouge » (taxons menacés ou en voie de disparition) d’espèces en péril dans la province (Douglas et al., 2002). Le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique a attribué à l’espèce la cote S2 (espèce en péril [imperilled]) à l’échelle de la province (BC Species and Ecosystems Explorer, 2003).

La violette jaune des monts est visée au même titre que d’autres espèces rares par un programme de rétablissement multi-espèces des écosystèmes de chênes de Garry (Agence Parcs Canada, 2006).

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Résumé technique

Viola praemorsa ssp. praemorsa

Violette jaune des monts (de la sous-espèce praemorsa) -- Yellow montane violet(praemorsasubspecies)

Répartition au Canada : Colombie-Britannique

Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km²) au Canada :450 km² calculés à l’aide d’outils cartographiques pour mesurer les aires non marines dans l’aire de répartition de la variété au Canada
Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue).En déclin
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)? Non
Superficie de la zone d’occupation (km²) [La superficie
réellement occupée est de moins de 0,2 km².] :
14 km² selon une grille de 1 sur 1 km; 56 km² selon une grille de 2 sur 2 km
Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue).Inconnue
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)? Non
Nombre d’emplacements actuels connus ou inférés.14
Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue). Déclin à long terme, mais stable pour les 3 dernières générations ou les 10 dernières années
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)? Non
Tendances en matière d’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue). Qualité en déclin

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.). Probablement entre 3 et 6 ans
Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles). De 32 000 à 49 000
Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue. Inconnue
S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus
matures (ordre de grandeur > 1)?
Non
La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de < 1 individu/année)?

Oui

Énumérer les populations et donner le nombre d’individus matures dans chacune.

Liste des populations et nombre d'individus matures
Les populations ont tendance à fluctuer
PopulationNombres
Victoria 1
885
Victoria 2
304
Oak Bay1
43
Saanich 1
86
Saanich 2
297
Saanich 4
Saanich 5
56
Saanich 7
3
Duncan 1
33
Duncan 2
1 736
Duncan 3
20 400
Duncan 4
5
Saltspring 1
14
Saltspring 2
19 278


Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin,
stable, en croissance, inconnue).

Déclin principalement historique ou antérieur aux 10 dernières années
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)? Non

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

Menaces actuelles :
  • Graminées envahissantes
  • Ombre et compétition attribuables à la propagation d’arbres et d’arbustes en raison de l’absence de brûlage
  • Piétinement près des sentiers pédestres traversant des populations
  • Degré de menace incertain provenant des herbivores, du moins dans les populations plus grandes

 Immigration de source externe

Immigration de source externe Faible
L’espèce existe-t-elle ailleurs (au Canada ou à l’extérieur)? Oui
Statut ou situation des populations de l’extérieur?Protégé
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible? Très rare
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada? Probablement
Y a-t-il suffisamment d'habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?  Oui

Analyse quantitative

Statut existant

COSEPAC :Menacée (2000); En voie de disparition (2007)

Statut et justification de la désignation

Statut : En voie de disparition

Code alphanumérique : B1ab(iii)+2ab(iii)

Justification de la désignation : La sous-espèce n'existe au Canada que dans le sud-est de l'île de Vancouver et la région sud des îles Gulf adjacentes, où on la retrouve en 14 petites populations circonscrites et grandement fragmentées. Cette vivace, dont la durée de vie est courte, est restreinte aux terrains boisés de chênes de Garry et aux prés maritimes, où la qualité de l'habitat est en constant déclin en raison de facteurs tels que la propagation de graminées exotiques envahissantes ainsi que d’arbres et d’arbustes résultant de la suppression des incendies.

Applicabilité des critères

Critère A (Population globale en déclin) : Sans objet. Aucun déclin récent n’a été signalé et la population fluctue.

Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : En voie de disparition B1ab(iii)+2ab(iii). La zone d’occurrence et la zone d’occupation ont des valeurs inférieures au maximum; 14 populations existantes sont gravement fragmentées et assujetties à un déclin continu de la qualité de l’habitat attribuable à des facteurs tels que la propagation d’espèces exotiques et la régénération de plantes ligneuses qui font de l’ombre aux plants de violettes, le tout découlant de la modification des régimes de brûlage.

Critère C (Petite population globale et déclin) : Sans objet. La population est trop vaste.

Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : Sans objet. La population est trop vaste; la zone d’occupation est de plus de 50 km² selon une grille de 2 sur 2 km.

Critère E (Analyse quantitative) : Aucune.

Immigration de source externe

L’immigration de source externe est faible. Même si l’espèce se trouve à l’extérieur du Canada et qu’elle y est protégée, les populations connues les plus près se trouvent à une distance d’environ 100 km et les graines ne sont pas conçues pour une dispersion à grande distance.

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Sources d’information

Agence Parcs Canada. 2006. Programme de rétablissement multi espèces visant les plantes en péril des chênaies de Garry au Canada, in Species at Risk Act Recovery Strategy Series, Ottawa, Agence Parcs Canada, 58 p.

Atkinson, S., et F. Sharpe. 1993. Wild Plants of the San Juan Islands (2nd edition), The Mountaineers, Seattle, 191 p.

Baker, M.S. 1935. Studies in western violets. I. Sections Chamaemelanium and Nominum, Madrono 3:51-57.

BC Species and Ecosystems Explorer. 2003. Victoria (Colombie-Britannique), Canada. (disponible en anglais seulement, consulté le 14 août 2006).

Beattie, A.J. 1969. The floral biology of three species of Viola, New Phytologist 68:1187-1201.

Beattie, A.J. 1974. Floral evolution in Viola, Annals of the Missouri Botanical Garden 61:781-793.

Berg, H., et p. Redbo-Torstensson. 1999. Offspring performance in three cleistogamous Viola species, Plant Ecol. 145:49-58.

Broersma, K. 1973. Dark soils of the Victoria area, British Columbia, thèse de maîtrise ès sciences, Department of Soil Science, University of British Columbia, Vancouver, 110 p.

Buckingham, N.M., E.G. Schreiner, T.N. Kaye, J.E. Burger et E.L. Tisch. 1995. Flora of the Olympic Peninsula, Northwest Interpretive Association, Seattle, 199 p.

Burke Museum of Natural History and Culture.2006. Electronic herbarium database. (disponible en anglais seulement, consulté le 23 septembre 2006).

Cowichan Region Economic Development Commission. 2001. http://www.cvrd.bc.ca/edc/cowichan_region/demographics.htm

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Culver D.C., et A. J. Beattie. 1980 The fate of Viola seeds dispersed by ants, American Journal of Botany 67:710-714

Davidse, G. 1976. A study of some intermountain violets (Viola sectionChamaemelanium), Madrono 23:274-283.

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Sommaire biographique du rédacteur du rapport

Matt Fairbarns est titulaire d’un B.Sc. en botanique de la University of Guelph (1980). Il a travaillé durant une vingtaine d’années à l’inventaire, à la cartographie et à la conservation des plantes et écosystèmes rares de l’Ouest du Canada. Il a occupé un poste de botaniste au gouvernement de la Colombie-Britannique jusqu’en 2003. Il est aujourd’hui directeur d’Aruncus Consulting, société indépendante de recherche en conservation.

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Collections examinées

Les herbiers des établissements suivants ont été consultés :

  • Royal BC Museum
  • University of Victoria

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