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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Paruline à ailes dorées au Canada

Facteurs limitatifs et menaces

Les trois principaux facteurs limitatifs qui touchent la Paruline à ailes dorées dans les aires de reproduction sont la diminution des habitats de régénération arbustive précoce nécessaires à la reproduction, l’hybridation avec la Paruline à ailes bleues et peut-être le parasitisme par le Vacher à tête brune.

Parmi ces trois menaces, la perte de l’habitat de reproduction et l’hybridation avec la Paruline à ailes bleues sont les plus défavorables à la survie de la Paruline à ailes dorées. Toutefois, il faudra effectuer d’autres recherches pour évaluer l’effet combiné de ces menaces, ou déterminer quelle menace individuelle a l’effet le plus marqué sur les populations de Parulines à ailes dorées au Canada.

 

Perte d’habitat

En raison de sa dépendance aux perturbations anthropiques (p. ex. coupe de bois, emprises hydroélectriques et terres agricoles abandonnées), la Paruline à ailes dorées est vulnérable à la disparition locale dans toute son aire de reproduction. La perte d’habitat se produit à mesure que progressent la succession et la reforestation (Confer, 1992). Une perte générale d’habitat de régénération arbustive est en cours dans l’est de l’Amérique du Nord (Confer et Pascoe, 2003; Dettmers, 2003). Il est donc probable que la perte d’habitat joue un rôle prépondérant dans la baisse d’effectifs de la Paruline à ailes dorées dans toute l’aire de reproduction. En témoignent les données sur l’ensemble des espèces, qui montrent que la majorité des espèces aviaires qui subissent actuellement une baisse de population en Amérique du Nord dépendent des écosystèmes créés par les perturbations (Confer et Pascoe, 2003; Sauer et al., 2005).

Toutefois, ce facteur n’explique pas à lui seul le déclin de la Paruline à ailes dorées, puisque celle-ci disparaît parfois de zones où il reste de l’habitat convenable, mais seulement lorsqu’elle est sympatrique avec la Paruline à ailes bleues, ce qui indique que les interactions entre ces espèces jouent également un rôle dans le déclin (J. Confer, comm. pers.).

 

Hybridation avec la Paruline à ailes bleues

Comme il est expliqué précédemment (voir la section Interactions interspécifiques), il existe une hybridation continue et répandue entre la Paruline à ailes bleues et la Paruline à ailes dorées, et le remplacement de la Paruline à ailes dorées 50 ans après l’arrivée de la Paruline à ailes bleues est la norme (Gill, 1997). Seule une région de sympatrie demeure depuis plus d’un siècle, sans qu’on connaisse les raisons de cette coexistence (J. Confer, comm. pers.; Confer, 2000).

Actuellement, aucune raison génétique évidente n’explique pourquoi la Paruline à ailes bleues entraîne la disparition régionale de la Paruline à ailes dorées chaque fois que les deux espèces entrent en contact. Toutefois, compte tenu du mouvement des Parulines à ailes bleues dans les populations actuellement allopatriques de Parulines à ailes dorées, on peut s’attendre à d’autres baisses.

 

Parasitisme par le Vacher à tête brune

Le parasitisme pratiqué par le Vacher à tête brune joue un rôle dans la baisse des effectifs de la Paruline à ailes dorées dans certaines parties des États-Unis. Dans certaines régions de l’État de New York, jusqu’à 30 p. 100 de tous les nids sont parasités, réduisant de 17 p. 100 le nombre d’envols de Parulines à ailes dorées; Confer et al., 2003). Le taux de parasitisme varie sensiblement dans l’aire géographique de la Paruline à ailes dorées. Les territoires situés dans les zones de couvert d’herbes hautes peuvent accueillir des pontes plus grandes, mais ces zones sont aussi plus susceptibles d’être parasitées par le Vacher à tête brune (Confer et al., 2003).

Le parasitisme ne semble pas un facteur important dans au moins une population en Ontario (3,8 p. 100 de nids parasités; R. Fraser, données inédites), mais on n’a pas de données sur les autres régions du Canada, et l’effet réel du parasitisme par le Vacher à tête brune Canada est inconnu.