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Programme de rétablissement du chabot des montagnes Rocheuses (Cottus sp.) (populations du versant est) au Canada

6. Stratégies et mesures générales pour atteindre les objectifs

Les stratégies proposées pour supprimer les menaces actuelles ou éventuelles et orienter la recherche appropriée de même que les activités de gestion nécessaires pour atteindre les objectifs du rétablissement des populations et de répartition font l'objet d'un examen en vertu des approches plus vastes suivantes :

  • 1. Recherche
  • 2. Surveillance
  • 3. Mesures de gestion et de réglementation
  • 4. Éducation et sensibilisation

Chaque stratégie sert à évaluer, à atténuer ou à éliminer les menaces propres à l'espèce, à combler les lacunes en matière d'information qui pourraient autrement empêcher le rétablissement de l'espèce ou, encore, à contribuer au rétablissement de l'espèce en général. Ces stratégies sont récapitulées pour chaque approche dans le tableau 13, où elles figurent par ordre de priorité et sont liées à chaque objectif de rétablissement précis.

6.1 Tableau sur la planification

Tableau 13. Objectifs du rétablissement, stratégies pour les atteindre et effets prévus (Objectif 1 : Mesurer et maintenir les effectifs actuels de la population de chabot des montagnes Rocheuses dans les bassins des rivières St. Mary et Milk (selon la fourchette des variations naturelles de la population), déterminés à partir d'une étude normalisée).
StratégiePrioritéNote de bas de page aEffet prévu
R4. Élaborer des modèles de la populationNécessaireÉtablir la tendance au moyen de données chronologiques. Améliorer les connaissances en matière de variabilité naturelle et de viabilité de la population. Améliorer la capacité de relever les incidences anthropiques.
S1. Surveiller la populationNécessaireÉtablir la tendance au moyen de données chronologiques. Améliorer les connaissances en matière de variabilité naturelle et de viabilité de la population. Améliorer la capacité de relever les incidences anthropiques.

 

Tableau 13 suite. Objectifs du rétablissement, stratégies pour les atteindre et effets prévus (Objectif 2 : Améliorer les connaissances relatives à la taxonomie, aux caractéristiques du cycle biologique, à la biologie fondamentale et aux exigences en matière d'habitat du chabot des montagnes Rocheuses en vue de définir et de protéger l'habitat essentiel).
StratégiePrioritéNote de bas de page aEffet prévu
R1. Confirmer la répartition et l'abondanceNécessairePréciser l'étendue de la répartition de l'espèce et l'abondance relative dans le ruisseau Lee, dans la rivière Milk Nord et dans la rivière Milk.
R2. Préciser les caractéristiques de l'évolution biologiqueNécessaireLe fait de mieux connaître les paramètres du cycle biologique de l'espèce aidera à déterminer des populations cibles et à améliorer la désignation de l’habitat essentiel.
R3. Préciser les exigences en matière d'habitatNécessaireLe fait de mieux connaître l'utilisation de l'habitat aidera à cibler les efforts d'atténuation des effets et de rétablissement et à améliorer la désignation de l’habitat essentiel.
R4. Élaborer des modèles de la populationNécessaireÉtablir des modèles de population fiables qui comprennent des estimations de la viabilité de la population, ainsi que des mesures provisoires appropriées fondées sur l'abondance relative de l'espèce, sa présence ou son absence, les déplacements entre les bassins de même que les données concernant la structure de la population.

 

Tableau 13 suite. Objectifs du rétablissement, stratégies pour les atteindre et effets prévus (Objectif 3 : Mieux comprendre comment les activités humaines se répercutent sur la survie du chabot des montagnes Rocheuses dans le but d'élaborer des plans qui permettront d'éviter, d'éliminer ou d'atténuer ces menaces).
StratégiePrioritéNote de bas de page aEffet prévu
GR1. Gérer et conserver l'eauNécessaireÉviter la dégradation inutile de l'habitat du chabot des montagnes Rocheuses et la mortalité chez cette espèce.
GR2. Atténuer les effets de l'aménagement du territoireNécessaireÉviter la dégradation inutile de l'habitat du chabot des montagnes Rocheuses et la mortalité chez cette espèce.
GR3. Rationaliser le programme d'ensemencementBénéfiqueÉviter la dégradation inutile de l'habitat du chabot des montagnes Rocheuses et la mortalité chez cette espèce.
GR4. Collaborer à l'échelle internationaleBénéfiqueÉviter la dégradation inutile de l'habitat du chabot des montagnes Rocheuses et la mortalité chez cette espèce.
GR5. Conserver les donnéesNécessaireVeiller à ce qu'il soit possible de revoir les données et les échantillons au besoin. Éviter la perte d'information importante et le dédoublement inutile des efforts.
E1. Améliorer la sensibilisation à l'espèceBénéfiqueAméliorer la sensibilisation au chabot des montagnes Rocheuses et à son habitat. Favoriser la compréhension et la communication en ce qui concerne l'espèce. Réduire sa capture fortuite et la destruction de son habitat.
E2. Favoriser la participation des personnes concernéesBénéfiqueAméliorer la sensibilisation à l'espèce et à son habitat de même que le soutien local aux initiatives de rétablissement de l'espèce.
E3. Faciliter l'échange d'informationNécessaireAméliorer l'accessibilité et la sécurité des données.
E4. Prévenir les introductions d'espècesBénéfiqueRéduire le risque que les prédateurs et les concurrents introduits causent des dommages aux populations de chabot des montagnes Rocheuses.
R5. Évaluer les facteurs de stressNécessairePermettre l'évaluation et l'atténuation des menaces pesant sur l'espèce ou sur son habitat dues à l'activité humaine.
S2. Surveillance de l'habitatNécessaireÉtablir la tendance au moyen de données chronologiques. Améliorer la connaissance de la variabilité naturelle dans les paramètres relatifs à l'habitat. Améliorer la capacité de relever les incidences des activités humaines.

Notes de bas de page

Note de bas de page A

Urgent = Priorité élevée pour la conservation immédiate de l'espèce; mesure à adopter le plus rapidement possible. Nécessaire = Priorité moyenne pour la conservation de l'espèce à long terme. Bénéfique = Priorité plus faible; mesure principalement dirigée vers des activités futures.

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6.2 Exposé à l'appui du tableau sur la planification du rétablissement

6.2.1 Recherche

De solides connaissances scientifiques doivent former la base de tous les efforts déployés pour le rétablissement du chabot des montagnes Rocheuses. Actuellement, bon nombre de conclusions concernant cette espèce vivant dans les bassins des rivières St. Mary et Milk sont hypothétiques et sont fondées sur de l'information très limitée et souvent induite. On observe des lacunes en ce qui concerne les connaissances sur la taxonomie, le cycle biologique fondamental, la biologie, les exigences en matière d'habitat, la structure et l'abondance de la population de même que les menaces. Celles-ci doivent être corrigées afin d'améliorer le programme de rétablissement et de s'assurer que l'espèce est adéquatement protégée au Canada. On recommande les stratégies suivantes pour répondre aux besoins en matière de recherche scientifique.

  • R1. Confirmer la répartition et l'abondance :Entreprendre des recherches scientifiques pour préciser l'étendue de la répartition et de l'abondance relative de l'espèce dans le ruisseau Lee, la rivière Milk Nord et la rivière Milk associée à l'utilisation de l'habitat.
  • R2. Préciser les exigences relatives au cycle biologique : Entreprendre des recherches scientifiques pour comprendre le cycle biologique, l'écologie de l'espèce de même que la dynamique et la structure de la population.
  • R3. Préciser les exigences en matière d'habitat : Mener des recherches scientifiques pour déterminer les propriétés biophysiques de l'habitat saisonnier nécessaire à chaque stade de développement du chabot des montagnes Rocheuses afin de mieux comprendre le lien entre un habitat particulier et la viabilité de la population.
  • R4. Élaborer des modèles de la population :Mener des recherches scientifiques pour établir des modèles de population fiables qui comprennent des estimations de la viabilité de la population, de même que des mesures provisoires appropriées fondées sur l'abondance relative de l'espèce, sa présence ou son absence, les déplacements entre les bassins de même que les données concernant la structure de la population.
  • R5. Évaluer les facteurs de stress : Mener des recherches scientifiques pour mieux comprendre les menaces potentielles liées aux activités humaines, notamment la réglementation des eaux (p. ex., l'exploitation des barrages et les pratiques en matière d'utilisation des terres).


6.2.2 Surveillance

Une surveillance régulière est nécessaire pour que l'on établisse des tendances concernant l'abondance relative du chabot des montagnes Rocheuses et pour que l'on décrive la disponibilité et la viabilité des habitats, y compris les habitats essentiels désignés. En outre, on doit surveiller régulièrement les paramètres physiques et biologiques de l'eau de la rivière pour évaluer sa qualité. On recommande les stratégies suivantes pour combler les besoins en matière de surveillance.

  • M1. Surveiller la population : Élaborer un protocole de surveillance approprié pour surveiller l'abondance relative, la répartition et l'utilisation de l'habitat du chabot des montagnes Rocheuses.
  • M2. Surveiller l'habitat : Surveiller régulièrement les paramètres de l'environnement physique, y compris les débits, la turbidité, la température de l'eau, l'oxygène dissous, la concentration d'éléments nutritifs et la salinité.


6.2.3 Gestion et réglementation

Certaines mesures de gestion et de réglementation sont nécessaires pour protéger le chabot des montagnes Rocheuses et son habitat. De telles mesures aideront à réduire ou à éliminer les menaces connues, notamment la perte et la dégradation de l'habitat, la pollution et l'introduction d'espèces exotiques. Puisque le programme de rétablissement est centré sur le maintien de l'espèce, les approches à adopter doivent être axées sur les mesures qui permettront de maintenir et de protéger l'espèce plutôt que sur la reconstitution de la population ou la création d'un nouvel habitat. Voici les stratégies recommandées :

  • MR1. Gérer et conserver l'eau : Réduire les effets du prélèvement de l'eau sur le chabot des montagnes Rocheuses grâce à l'application de mesures appropriées de gestion et de conservation à l'utilisation de l'eau.
  • MR2. Atténuer les effets de l'aménagement du territoire : L'élaboration de toute proposition de projet pour les rivières St. Mary et Milk doit prendre en considération les effets environnementaux possibles sur le chabot des montagnes Rocheuses et son habitat essentiel au tout début de l'étape de la planification, et doit être axée sur l'élimination ou l'atténuation de tout effet néfaste potentiel sur l'espèce.
  • MR3. Rationaliser le programme d'ensemencement : Réduire le potentiel d'introductions d'espèces et les incidences liées à l'ensemencement du chabot des montagnes Rocheuses.
  • MR4. Collaborer à l'échelle internationale :Travailler avec des organismes américains pour atténuer les effets des interruptions de débit imprévues des rivières Milk Nord et Milk pendant la crue.
  • MR5. Conserver les données : Pour assurer une continuité et faciliter la consultation future, toute l'information et tous les échantillons (actuels et futurs) doivent être conservés adéquatement ou archivés dans des dépôts connus.


6.2.4 Éducation et sensibilisation du public

Il est essentiel d'éduquer le public afin de l'inciter à accepter le programme général de rétablissement et à s'y conformer. On peut obtenir l'appui du public grâce à une sensibilisation accrue au chabot des montagnes Rocheuses et à sa participation aux programmes d'intendance. Les stratégies suivantes sont recommandées.

  • E1. Améliorer la sensibilisation à l'espèce : Élaborer et publier des documents d'information dans lesquels on décrit l'espèce, ses besoins et les répercussions du programme de rétablissement.
  • E2. Favoriser la participation des personnes concernées : Favoriser et soutenir la participation des intervenants aux initiatives d'intendance.
  • E3. Faciliter l'échange d'information :Faciliter l'échange d'information sur les activités de recherche, de rétablissement et de gestion se rapportant au chabot des montagnes Rocheuses entre les chercheurs, les intervenants et les organismes responsables des pêches au Canada et aux États-Unis.
  • E4. Prévenir les introductions d'espèces :Prévenir les introductions d'espèces (volontaires ou non) en offrant des programmes d'éducation qui accroissent la sensibilisation à cet enjeu.

6.3 Mesures déjà prises ou en cours de mise en œuvre

Plusieurs activités liées au rétablissement du chabot des montagnes Rocheuses ont déjà été mises en oeuvre. Les voici :

  • En juin 2004, on a effectué un relevé de l'habitat dans le cours inférieur de la rivière Milk (pont de la route 880 menant à Pinhorn Ranch) afin de définir l'habitat qui pourrait être utilisé pendant la période de frai et lors des premiers stades de croissance. On a décrit des endroits pouvant offrir un habitat convenable, mais on n'a pas effectué d'échantillonnage pour confirmer la présence du chabot.
  • On a effectué des relevés d'automne opportunistes pour étudier les poissons et leur habitat à certains sites du cours inférieur de la rivière Milk en octobre et en novembre 2004 dans le cadre desquels on cherchait à vérifier la présence de l'espèce dans son habitat potentiel d'hivernage.
  • Un plan de conservation de l'eau a été élaboré par la Ville de Milk River en 2004. Le plan tient compte des circonstances économiques entourant la planification urbaine de même que des besoins en matière de conservation de l'eau dans le bassin de la rivière Milk. De manière générale, on aborde la question de la conservation par la planification des activités et le stockage de l'eau.
  • On a effectué des relevés aériens d'automne en octobre et en novembre 2004 pour consigner les principaux tronçons servant de macro-habitat dans les rivières Milk et Milk Nord. Ce relevé a permis de géoréférencer et de cartographier les principales caractéristiques de l'habitat aux fins de l'évaluation. On a également mené une analyse limitée de l'habitat. Le Ministère des Pêches et des Océans (MPO) et Alberta Sustainable Resource Development (ASRD) ont effectué un relevé semblable, mais moins détaillé, dans la rivière St. Mary et dans certains tronçons de la rivière Milk au printemps 2008 afin de déterminer les types d'habitat utilisés par l'espèce.
  • On a installé des pancartes de désignation des espèces en péril, dont le chabot des montagnes Rocheuses, au parc provincial Writing-On-Stone.
  • Le Milk River Watershed Council Canada (2008) a rédigé un rapport détaillé sur l'état du bassin de la rivière Milk. Les membres du comité consultatif collaborent avec Alberta Environment et d'autres organismes afin d'analyser toutes les deux semaines les indicateurs chimiques de la qualité de l'eau à dix endroits du bassin de la rivière Milk. Le taux de pH, la conductance, le taux d'oxygène dissout, la température, les substances nutritives dissoutes et en suspension, le niveau de chlorophylle, les ions, les particules métalliques, les pesticides et les bactéries (coliformes fécaux et Escherichia coli) comptent parmi la série de paramètres analysés (W. Koning, communication personnelle, 2007). Des données sur la température recueillies à Aden Bridge par Alberta Environment viennent compléter ces renseignements (K. Miller, communication personnelle, 2007).
  • Environnement Canada a relancé ses activités de surveillance de la qualité de l'eau à la frontière située au confluent de la rivière Milk Nord, à l'endroit où elle pénètre au Canada, et de la rivière Milk, à l'endroit où elle sort du pays (W. Koning, communication personnelle, 2006).
  • On poursuit la collaboration avec le programme MULTISAR pour la rivière Milk.
  • Pêches et Océans Canada a rempli une fiche de renseignements sur le chabot des montagnes Rocheuses.
  • Les sites de la Division des relevés hydrologiques du Canada sont bien établis. On surveille les débits du ruisseau Lee et des rivières St. Mary et Milk (par l'entremise de la HYDAT).
  • Pêches et Océans Canada a échantillonné des populations de poissons dans le bassin de la rivière Milk en juillet 2005, en mai, en août et en octobre 2006, en juin 2007 et en mai 2008. Ils ont prélevé des échantillons de la population du bassin de la rivière St. Mary entre la fin du mois d'août et le début du mois d'octobre 2006, en juillet et en août 2007, en mai et en août 2008 et en août 2009 (D. Watkinson, données non publiées). Il a recueilli de nouvelles données sur le régime alimentaire, les structures et la densité de la population, l'utilisation de l'habitat par les poppulations juvénile et adulte et l'aire de répartition du chabot des montagnes Rocheuses.
  • En collaboration avec le gouvernement provincial de la Colombie-Britannique, M. David Neely effectue une analyse taxinomique détaillée (comparaisons sur le plan génétique et morphologique) des populations de chabots dans les bassins des rivières St. Mary et Milk, en Alberta, et dans la rivière Flathead, en Colombie-Britannique. Cette analyse portera également sur des populations représentatives qui semblent provenir du même taxon, ainsi que sur des populations apparentées comme Cottus bairdi et C. confusus. Taylor et Gow (2008) ont mené une étude semblable, à plus petite échelle, dans le but de comparer les caractéristiques génétiques du chabot des montagnes Rocheuses vivant en Alberta à celles des chabots de la rivière Flathead pour le compte de Pêches et Océans Canada.