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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Polystic des rochers (Polystichum scopulinum) au Canada

Habitat

Besoins en matière d’habitat

En Amérique du Nord, on ne trouve le P. scopulinum que dans des terrains où affleurent des roches ferromagnésiennes ou ultramafiques (figure 3; Kruckeberg, 1969; Wagner, 1993). Bien que l’on trouve un certain nombre d’affleurements ultramafiques dans l’ouest de la Colombie-Britannique, l’espèce occupe uniquement la bande ultramafique (clinopyroxénite à olivine) entre le mont Olivine et le mont Grasshopper dans la vallée de la rivière Tulameen, à des altitudes de 978 à 1768 m. On trouve habituellement sur ces versants une flore ligneuse et non ligneuse appauvrie typique des milieux ultramafiques, qui contraste avec les forêts montagnardes denses avoisinantes dominées par le Pseudotsuga menziesii. Parmi les espèces le plus facilement remarquées sur ces versants, on compte les suivantes : Pinus contorta, P. albicaulis, Aspidotis densa, P. kruckebergii, Juniperus communis, Sedum lanceolatum, Senecio streptanthifolius et Arctostaphylos uva-ursi. Au Québec, on ne trouve le P. scopulinum que sur les pentes de la vallée du Diable orientées au sud, sur le flanc est du mont Albert, à une altitude de 800 à 900 m. Serpentinite, dunite et pyroxénite sont parmi les types de roches ultramafiques présents dans la région. La flore y est également appauvrie, les espèces dominantes étant le Picea mariana, le Betula glandulosa, le Ledum groenlandicum, le Vaccinium vitis-idaea et le Potentilla fruticosa. Au nombre des plantes associées, on compte des espèces endémiques locales serpentinicoles, comme le Minuartia marcescens, le Salix chlorolepis et le Solidago simplex ssp. simplex var. chlorolepis, de même que des espèces de l’Ouest qui y forment des populations isolées, comme l’Adiantum aleuticum et l’Aspidotis densa. Selon sa description originale, la population signalée à Terre-Neuve occupait les pentes d’une crête serpentineuse sèche orientées au sud.

Tendances en matière d’habitat

Les tendances en matière d’habitat aux sites de la Colombie-Britannique dépendent principalement des activités de développement. La coupe de bois est importante dans la région et l’exploration minière y est occasionnelle. La plus grande population, soit celle du ruisseau Britton, serait particulièrement exposée à ces activités. Au Québec, la population du mont Albert semble stable et est protégée contre le développement. Aucune information précise n’est disponible en ce qui a trait au site de la région du mont North Arm, à Terre-Neuve.

Protection et propriété

Aucune loi britanno-colombienne ne protège spécifiquement les plantes vasculaires rares et en péril dans la province. La population de la région de la rivière Tulameen est située sur des terres publiques, mais ne fait pas partie d’une zone protégée. Cette région pourrait devenir une réserve écologique, toutefois, aucune proposition à cet effet n’a encore été faite. Au Québec, le gouvernement provincial a attribué à l’espèce le statut d’espèce menacée (Loi sur les espèces menacées ou vulnérables, gouvernement du Québec, 1993). La population québécoise se trouve dans le parc de la Gaspésie et son habitat bénéficie ainsi d’une protection légale. Il est interdit de récolter le P. scopulinum et de modifier son habitat, les contrevenants étant passibles de poursuites judiciaires. La propriété du terrain où a été observée l’espèce à Terre-Neuve, sur le mont North Arm, n’a pas encore été déterminée.