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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Polystic des rochers (Polystichum scopulinum) au Canada

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur le
polystic des rochers
Polystichum scopulinum
au Canada

polystic des rochers

Menacée 2005

COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada



COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2005. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le polystic des rochers (Polystichum scopulinum) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa . vii + 23 p.

Note de production

Le COSEPAC aimerait remercier feu George W. Douglas ainsi que Monsieur Jacques Labrecque qui ont rédigé le rapport de situation sur le polystic des rochers (Polystichum scopulinum). Le présent rapport a été préparé grâce à l’aide et au financement du Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique. Erich Haber, coprésident (plantes vasculaires) du Sous-comité de spécialistes des plantes et lichens du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision, avec la participation des membres du COSEPAC. L’examen a peut-être mené à des modifications ou à des ajouts à la version initiale du rapport.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684
Courriel du COSEPAC
Site web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC assessment and status report on the Mountain Holly Fern Polystichum scopulinum in Canada.

Photo de la couverture

Polystic des rochers -- Dessin de Hitchcock et al., 1969; reproduction autorisée.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2005.

PDF : CW69-14/445-2005F-PDF
ISBN 0-662-74251-6
HTML : CW69-14/445-2005F-HTML
ISBN 0-662-74252-4

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COSEPAC Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Mai 2005

Nom commun : Polystic des rochers

Nom scientifique : Polystichum scopulinum

Statut : Menacée

Justification de la désignation : Il s’agit d’une fougère à l’occurrence très limitée observée sur les substrats de serpentine dans trois zones éloignées du Canada. Ces très petites populations sont en péril en raison des phénomènes stochastiques et, en ce qui concerne les 3 populations de Colombie-Britannique, en raison de l’éventuelle exploitation minière pour des métaux précieux.

Répartition : Colombie-Britannique, Québec, Terre-Neuve-et-Labrador

Historique du statut : Espèce désignée « menacée » en mai 2005. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

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COSEPAC Résumé

Polystic des rochers
Polystichum scopulinum

Information sur l’espèce

Le Polystichum scopulinum est une fougère cespiteuse vivace à rhizome court et robuste. Les feuilles (frondes) sont simplement pennées, persistantes, ascendantes, longues de 10 à 50 cm et larges de 3 à 7 cm. Les folioles (segments primaires des frondes), au nombre de 20 à 40 de chaque côté du rachis, sont oblongues avec des divisions (segments secondaires ou pinnules) aiguës et bordées de dents épineuses minuscules. Les sores (groupes de sporanges) sont ronds, insérés près de la nervure médiane et protégés par une indusie (membrane) entière ou frangée.

Répartition

On trouve le Polystichum scopulinum dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique, puis sporadiquement au sud, dans l’ouest des États-Unis, jusque dans le Colorado, l’Arizona et la Californie. Une population isolée a aussi été répertoriée dans le nord-est du Québec, et une autre dans l’ouest de l’île de Terre-Neuve. En Colombie-Britannique, on trouve l’espèce dans la vallée de la rivière Tulameen, au nord-ouest de Princeton dans le sud-ouest de la province. Au Québec, on la trouve au mont Albert, en Gaspésie. La situation actuelle d’une population historique connue grâce à une récolte réalisée en 1950 dans la région de Humber West (mont North Arm), dans l’ouest de l’île de Terre-Neuve, demeure inconnue, malgré des recherches récentes quoique limitées.

Habitat

En Amérique du Nord, on ne trouve le P. scopulinumque dans des terrains où affleurent des roches ferromagnésiennes ou ultramafiques (serpentine). Bien que l’on trouve un certain nombre d’affleurements ultramafiques dans l’ouest de la Colombie-Britannique, l’espèce occupe uniquement la bande ultramafique (clinopyroxénite à olivine) entre le mont Olivine et le mont Grasshopper dans la vallée de la rivière Tulameen, à des altitudes de 978 à 1768 m. On trouve habituellement sur ces versants une flore ligneuse et non ligneuse appauvrie, typique des milieux ultramafiques, qui contraste avec les forêts montagnardes denses avoisinantes dominées par le douglas (Pseudotsuga menziesii). Au Québec, on ne trouve le P. scopulinum que sur les pentes de la vallée du Diable orientées au sud, sur le flanc est du mont Albert, à une altitude de 800 à 900 m. La flore y est également appauvrie et comprend des espèces endémiques locales serpentinicoles, comme le Minuartia marcescens, le Salix chlorolepis et le Solidago simplex ssp. simplex var. chlorolepis. La population observée à Terre-Neuve occupait les pentes d’une crête serpentineuse sèche orientées au sud.

Biologie

On ne dispose que d’information limitée sur la biologie et l’écologie du P. scopulinum. Les végétaux qui occupent les milieux ultramafiques sont adaptés à de faibles concentrations de calcium, d’azote, de phosphore et de molybdène, et à de fortes concentrations de magnésium, de chrome et de nickel. Ces affleurements rocheux sont aussi caractérisés par des sols peu profonds et une couverture végétale clairsemée, ce qui crée des microclimats xériques qui excluent de nombreuses espèces avoisinantes adaptées à des microclimats plutôt mésiques. 

Taille et tendances des populations

Les trois populations de P. scopulinum répertoriées en Colombie-Britannique occupent une bande d’affleurements rocheux ultramafiques qui mesure 100 m sur 4 km et s’étend du mont Olivine, situé du côté sud de la rivière Tulameen, au mont Grasshopper, situé du côté nord. L’effectif de ces populations varie entre 5 et 400 individus. Il est fort probable que d’autres populations occupent cette bande ultramafique, mais le terrain accidenté en rend l’accès extrêmement difficile. L’effectif du P. scopulinum en Colombie-Britannique est demeuré stable entre 1996 et 2002. L’unique population québécoise est composée de neuf petites colonies situées à proximité les unes des autres et comptant au total environ 215 individus. Aucune donnée démographique n’est disponible en ce qui concerne la population de Terre-Neuve, observée pour la dernière fois en 1950. En raison de sa localisation relativement éloignée, de sa nature vivace et de sa reproduction asexuée par allongement des rhizomes, il se peut que cette population existe toujours.

Facteurs limitatifs et menaces

Ce qui menace actuellement le plus directement la population de Polystichum scopulinum de Colombie-Britannique est l’exploitation minière, l‘aménagement routier ou les feux de forêt. Au Québec, on pense qu’une récolte excessive a fortement réduit la population durant la première moitié du XXe siècle; cette menace n’existe toutefois plus aujourd’hui. Les espèces introduites ne représentent aucune menace en raison des propriétés ultramafiques des sols à tous les sites. Il est actuellement impossible de déterminer les menaces éventuelles pour la population historique de Terre-Neuve.

Importance de l’espèce

Le Polystichum scopulinum appartient à un groupe d’espèces relativement petit dont les aires de répartition se limitent à la côte du Pacifique et ont comme limite nord le sud-ouest de la Colombie-Britannique. La population du Québec est extrêmement isolée. On n’a pas encore étudié de façon adéquate l’importance de ces populations périphériques et isolées, surtout en ce qui concerne leurs caractéristiques génétiques. Ces populations sont souvent différentes des populations centrales sur les plans génétique et morphologique et peuvent avoir une importance évolutionnaire et écologique hors de proportion avec le pourcentage de l’effectif de l’espèce qu’elles représentent. Il pourrait se révéler important de protéger les populations périphériques et génétiquement distinctes pour la survie de l’espèce tout entière.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le Conservation Data Centrede la Colombie-Britannique a attribué la cote S1 à l’espèce, qui figure sur la liste rouge du Ministry of Sustainable Resource Management de la province. Il s’agit du classement le plus alarmant pour ce qui est des plantes vasculaires indigènes rares en péril dans la province. Au Québec, l’espèce est également classée S1 par le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec du ministère de l'Environnement. Ce classement signifie que l’espèce est considérée comme gravement menacée en raison de son extrême rareté (5 occurrences ou moins, ou très peu d’individus restants) ou de certains facteurs la rendant particulièrement susceptible de disparaître de la province ou de s’éteindre complètement. À l’échelle mondiale, le P.  scopulinum a la cote G5 et il est fréquent à commun dans son aire de répartition principale.

Aucune loi britanno-colombienne ne protège spécifiquement les plantes vasculaires rares et en péril dans la province. La population de la région de la rivière Tulameen est située sur des terres publiques mais ne fait pas partie d’une zone protégée. Cette région pourrait devenir une réserve écologique, mais aucune proposition à cet effet n’a encore été faite. La population québécoise se trouve dans un parc provincial (parc de la Gaspésie) et, en 1993, le gouvernement provincial a attribué à l’espèce le statut d’espèce menacée; l’habitat de cette population bénéficie ainsi d’une protection légale. À Terre-Neuve, l’espèce a été classée SH par NatureServe et comme pouvant être en péril (May Be At Risk) par le gouvernement provincial.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétences, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (Novembre 2004)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged,Note de bas de pagee
Espèce sauvage pour laquelle l’information est insuffisante pour évaluer directement ou indirectement son risque de disparition.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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Information sur l’espèce

Nom et classification 

Nom scientifique :

Polystichum scopulinum (D.C. Eaton) MaxonNote de bas de page1

Synonyme :

Polystichum mohrioides (Bory) Presl var. scopulinum(D.C. Eaton) Fern.

Nom français :

polystic des rochers

Nom anglais :

Mountain Holly Fern

Famille :

Dryoptéridacées

Grand groupe végétal :

Fougères

Description

Le polystic des rochers P. scopulinum (D.C.  Eaton) Maxon, appartient à un genre cosmopolite qui compte plus de 175 espèces (Wagner, 1993; Smith et Lemieux, 1993). Il s’agit d’une des huit espèces de Polystichum que l’on trouve en Colombie-Britannique (Ceska, 2000; Douglas et al., 2002a), d’une des quatre que l’on trouve au Québec (Wagner, 1993) et d’une des trois que l’on trouve dans l’île de Terre-Neuve (Meades et al., 2000). On compte au total neuf espèces de Polystichum au Canada (Cody et Britton, 1989; Wagner, 1993).

Le Polystichum scopulinum est une fougère cespiteuse vivace sempervirente à rhizome court et robuste (figure 1; Ceska, 2000). Les frondes sont simplement pennées, ascendantes, longues de 10 à 40 cm et larges de 3 à 7 cm. Les segments primaires des frondes, au nombre de 20 à 40 de chaque côté du rachis, sont oblongs avec des segments secondaires (pinnules) aigus et bordés de dents épineuses minuscules. Les sores sont ronds, insérés près de la nervure médiane et protégés par une indusie entière ou frangée.

En Colombie-Britannique, il est possible de confondre le P. scopulinum avec le P. lemmonii Underw. ou le P. kruckebergii W.H. Wagner. On peut le distinguer du P. lemmonii par les dents de ses pinnules, qui sont épineuses (Hitchcock et al., 1969; Wagner, 1993; Ceska, 2000), et du P. kruckebergii par ses segments primaires à extrémité obtuse (surtout à la base des frondes) et à dents fines et incurvées, les segments primaires du P. kruckebergii ayant plutôt une extrémité très pointue (surtout à la base des frondes) et des dents fortes et droites (Hitchcock et al., 1969; Wagner, 1993; Ceska, 2000). Avant le travail de Wagner (1966), qui a reconnu et nommé l’espèce P. kruckebergii, tous les spécimens de cette dernière en Colombie-Britannique étaient identifiés comme étant de l’espèce P. scopulinum(p. ex. Taylor, 1963, 1970).

Les quatre espèces de Polystichum du Québec et les trois de l’île de Terre-Neuve se distinguent facilement par la morphologie de leurs feuilles (voir Gleason, 1963).

Figure 1. Illustration du Polystichum scopulinum : port de la plante avec des agrandissements de la feuille et des segments primaires (segments primaires x 0,5), dont un montre le dessous d’un segment primaire avec les sores (en haut à gauche), et un autre un sore avec les sporanges entourant l’indusie (membrane protectrice au centre; en haut à droite, x 15). Dessin tiré de Hitchcock et al.(1969), reproduit avec permission.

Figure 1. Illustration du Polystichum scopulinum : port de la plante avec des agrandissements de la feuille et des segments primaires (segments primaires x 0,5), dont un montre le dessous d’un segment primaire avec les sores (en haut à gauche), et un autre un sore avec les sporanges entourant l’indusie (membrane protectrice au centre; en haut à droite, x 15). Dessin tiré de Hitchcock et al. (1969), reproduit avec permission.

Note de bas de page 1

Taxinomie et nomenclature d’après Douglas et al. (1998a, 1998b, 1999, 2000), Gleason et Cronquist (1991), ou Marie-Victorin (1995).

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Répartition

Aire de répartition mondiale

On trouve le Polystichum scopulinum dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique, puis sporadiquement au sud, dans l’ouest des États-Unis, jusque dans le Colorado, l’Arizona et la Californie (figure 2, Wagner, 1993). Une population isolée a aussi été répertoriée dans le nord-est du Québec, et une autre dans l’ouest de l’île de Terre-Neuve (figure 2, Wagner, 1993).

Figure 2. Répartition nord-américaine du Polystichum scopulinum, établie d’après Wagner (1993). La population de Terre-Neuve a été observée pour la dernière fois en 1950.

Répartition nord-américaine du Polystichum scopulinum, établie d’après Wagner (1993)

Aire de répartition canadienne

Au Canada, le Polystichum scopulinum est répertorié à trois endroits : un en Colombie-Britannique, un au Québec et un dans l’île de Terre-Neuve. En Colombie-Britannique, on trouve trois populations (celle du mont Grasshopper comptant deux sous-populations) dans la région de la rivière Tulameen (figure 3; Ceska, 2000; Douglas et al., 2002a, b). Au Québec, la population se trouve sur le mont Albert, en Gaspésie (figure 4; Labrecque et Lavoie, 2002). Une population a aussi été répertoriée en 1950 dans la région de Humber West (mont North Arm), dans l’ouest de l’île de Terre-Neuve (Bouchard et al., 1991; Meades et al., 2000). En 2000, une recherche limitée a été effectuée sur le mont North Arm, mais aucune plante n’a été repérée (Djan-Chékar, comm. pers., 2004). Ce site est éloigné et la description originale de sa localisation et du milieu fournie par Rouleau, qui a effectué la récolte, n’est pas détaillée, de sorte qu’on ne peut conclure avec certitude que la population a disparu (Djan-Chékar, comm. pers.).

La première récolte de Polystichum scopulinum en Colombie-Britannique a été effectuée en 1952 par A. R. Kruckeberg sur le mont Olivine, dans la vallée de la rivière Tulameen. En 1996, G. W. Douglas a visité et évalué les trois populations de cette vallée (figure 3), où il est ensuite retourné en 2002 pour évaluer la population du ruisseau Britton.

En Amérique du Nord, on ne trouve le P. scopulinum que sur des sols ultramafiques (serpentine) (Kruckeberg, 1969). En Colombie-Britannique, on compte environ 20 secteurs de ce genre, mais un seul abrite l’espèce. Presque tous les terrains ultramafiques ont été fouillés minutieusement, puisqu’on y trouve toujours au moins une de trois espèces rares de Polystichum (P. kruckebergii, P. lemmonii et P. scopulinum) et qu’ils présentent un intérêt particulier pour les botanistes. Dans le sud du Québec, le principal autre secteur de substrat rocheux serpentineux se trouve dans la région fortement perturbée des mines d’amiante de Thetford Mines, dans les Cantons de l’Est; ce secteur a fait l’objet d’une fouille approfondie. L’espèce n’y est probablement pas présente parce qu’elle est de nature plutôt alpine et que les affleurements des Cantons de l’Est sont situés à faible altitude.

Figure 3. Répartition (●) du Polystichum scopulinum en Colombie-Britannique. On trouve trois populations, celle du mont Grasshopper étant composée de deux sous-populations.

Répartition (●) du Polystichum scopulinum en Colombie-Britannique

 

Figure 4. Répartition (●) du Polystichum scopulinum au Québec.

Répartition (●) du Polystichum scopulinum au Québec

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

En Amérique du Nord, on ne trouve le P. scopulinum que dans des terrains où affleurent des roches ferromagnésiennes ou ultramafiques (figure 3; Kruckeberg, 1969; Wagner, 1993). Bien que l’on trouve un certain nombre d’affleurements ultramafiques dans l’ouest de la Colombie-Britannique, l’espèce occupe uniquement la bande ultramafique (clinopyroxénite à olivine) entre le mont Olivine et le mont Grasshopper dans la vallée de la rivière Tulameen, à des altitudes de 978 à 1768 m. On trouve habituellement sur ces versants une flore ligneuse et non ligneuse appauvrie typique des milieux ultramafiques, qui contraste avec les forêts montagnardes denses avoisinantes dominées par le Pseudotsuga menziesii. Parmi les espèces le plus facilement remarquées sur ces versants, on compte les suivantes : Pinus contorta, P. albicaulis, Aspidotis densa, P. kruckebergii, Juniperus communis, Sedum lanceolatum, Senecio streptanthifolius et Arctostaphylos uva-ursi. Au Québec, on ne trouve le P. scopulinum que sur les pentes de la vallée du Diable orientées au sud, sur le flanc est du mont Albert, à une altitude de 800 à 900 m. Serpentinite, dunite et pyroxénite sont parmi les types de roches ultramafiques présents dans la région. La flore y est également appauvrie, les espèces dominantes étant le Picea mariana, le Betula glandulosa, le Ledum groenlandicum, le Vaccinium vitis-idaea et le Potentilla fruticosa. Au nombre des plantes associées, on compte des espèces endémiques locales serpentinicoles, comme le Minuartia marcescens, le Salix chlorolepis et le Solidago simplex ssp. simplex var. chlorolepis, de même que des espèces de l’Ouest qui y forment des populations isolées, comme l’Adiantum aleuticum et l’Aspidotis densa. Selon sa description originale, la population signalée à Terre-Neuve occupait les pentes d’une crête serpentineuse sèche orientées au sud.

Tendances en matière d’habitat

Les tendances en matière d’habitat aux sites de la Colombie-Britannique dépendent principalement des activités de développement. La coupe de bois est importante dans la région et l’exploration minière y est occasionnelle. La plus grande population, soit celle du ruisseau Britton, serait particulièrement exposée à ces activités. Au Québec, la population du mont Albert semble stable et est protégée contre le développement. Aucune information précise n’est disponible en ce qui a trait au site de la région du mont North Arm, à Terre-Neuve.

Protection et propriété

Aucune loi britanno-colombienne ne protège spécifiquement les plantes vasculaires rares et en péril dans la province. La population de la région de la rivière Tulameen est située sur des terres publiques, mais ne fait pas partie d’une zone protégée. Cette région pourrait devenir une réserve écologique, toutefois, aucune proposition à cet effet n’a encore été faite. Au Québec, le gouvernement provincial a attribué à l’espèce le statut d’espèce menacée (Loi sur les espèces menacées ou vulnérables, gouvernement du Québec, 1993). La population québécoise se trouve dans le parc de la Gaspésie et son habitat bénéficie ainsi d’une protection légale. Il est interdit de récolter le P. scopulinum et de modifier son habitat, les contrevenants étant passibles de poursuites judiciaires. La propriété du terrain où a été observée l’espèce à Terre-Neuve, sur le mont North Arm, n’a pas encore été déterminée.

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Biologie

Généralités

On ne dispose que d’information limitée sur la biologie et l’écologie du P. scopulinum. Les végétaux qui occupent les milieux ultramafiques sont adaptés à de faibles concentrations de calcium, d’azote, de phosphore et de molybdène, et à de fortes concentrations de magnésium, de chrome et de nickel (Kruckeberg, 1969). Ces affleurements rocheux sont aussi caractérisés par des sols peu profonds et une couverture végétale clairsemée, ce qui crée des microclimats xériques qui excluent de nombreuses espèces avoisinantes adaptées à des microclimats plutôt mésiques.

On possède certains renseignements sur la génétique de l’espèce. Le Polystichum scopulinum est un allopolyploïde qui, selon sa morphologie, serait issu du croisement entre les espèces P. imbricans et P. lemmonii (Wagner, 1979). Son nombre chromosomique est 2n = 164.

Reproduction

Comme la plupart des fougères sempervirentes, le P. scopulinum conserve souvent un nombre considérable de spores mûres durant l’hiver, qu’il libère ensuite au printemps (Farrar, 1976). L’espèce se reproduit aussi végétativement par allongement des rhizomes, ce qui donne souvent naissance à de grandes colonies clonales. En raison des conditions arides observées aux sites, conditions qui ne sont pas propices à la germination des spores ni à la fécondation, la reproduction se fait probablement le plus souvent par allongement des rhizomes. Aucun prothalle (minuscule plante sexuée issue de la germination d’une spore) n’a été observé aux sites du Québec et de la Colombie-Britannique.

Survie

Aucune information n’est disponible.

Physiologie

Aucune information n’est disponible.

Déplacements et dispersion  

La présence de l’espèce en Amérique du Nord dans des endroits très éloignés les uns des autres sur des substrats ultramafiques témoigne du succès de la dispersion à longue distance des spores du P. scopulinum. Le caractère hasardeux de ce genre de dispersion ou des disparitions locales pourraient expliquer l’absence de l’espèce dans certaines zones à substrat rocheux ultramafique. L’espèce n’a pas été observée au mont Baldy, en Colombie-Britannique, à 125 km à l’est, ni dans les monts Twin Sisters, dans l’État de Washington, à 125 km au sud-ouest, deux endroits où l’on trouve le P. lemmonii (Kruckeberg, 1969; Douglas, 2002). L’espèce est également absente au nord-ouest en Colombie-Britannique là où le P. kruckebergii est présent sur des affleurements rocheux ultramafiques. La population états-unienne la plus proche de la zone d’occurrence britanno-colombienne se trouve à une distance d’environ 230 km dans l’État voisin de Washington, plus précisément dans les monts Wenatchee, qui font partie de la chaîne des North Cascades (Kruckeberg, 1969). La population du Québec est extrêmement isolée (environ 4000 km) des populations de Colombie-Britannique (Canada) et d’Utah (États-Unis). La population de Terre-Neuve se trouve à environ 600 km à l’est de la population du Québec, de l’autre côté du golfe du Saint-Laurent.

Alimentation et relations interspécifiques

Aucune information n’est disponible.

Comportement et adaptabilité

Aucune information n’est disponible.

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Taille et tendances des populations

Les trois populations de P. scopulinum répertoriées en Colombie-Britannique occupent une bande d’affleurements rocheux ultramafiques qui mesure 100 m sur 4 km et s’étend du mont Olivine, situé du côté sud de la rivière Tulameen, au mont Grasshopper, situé du côté nord (figure 3). L’effectif de ces populations varie entre 4 et 400 individus (tableau 1). Il est fort probable que d’autres populations occupent cette bande ultramafique, mais le terrain accidenté en rend l’accès extrêmement difficile. L’effectif du P. scopulinum au ruisseau Britton est demeuré stable entre 1996 et 2002.

Tableau 1. Données relatives aux populations de la vallée de la rivière Tulameen, en Colombie-Britannique
Population (sous-population)AltitudeDernière observation -
observateur
Nombre d’individus -
superficie
Mont Olivine1768 m1996 – Douglas et Norris
4 - 200 
Ruisseau Britton979 m2002 – Douglas et Penny
400 - 10 000 m²
Mont Grasshopper (sous-population nord)1378 m1996 – Douglas et Norris
5 - 200 m²
Mont Grasshopper (sous-population sud)1360 m1996 – Douglas et Norris
3- 500 m²

Lors de l’examen de l’unique population du Québec réalisé en 2002, on avait établi qu’elle était composée de sept petites colonies rapprochées les unes des autres (0,04 km²) comptant au total environ 100 individus. Un relevé plus détaillé réalisé en 2004 a révélé neuf petites colonies sur une superficie de 0,08 km², avec au total environ 215 individus. Vu le caractère accidenté du terrain, il est possible que l’on puisse trouver d’autres individus dans la vallée du Diable ou sur le versant sud du mont Albert. On pense que la population est stable. La cote de qualité A (qualité la plus élevée pour une occurrence) a été attribuée à la population québécoise et à son habitat, l’occurrence comptant plus de 200 individus, occupant une zone de plus de 200 m² et se trouvant dans une zone peu perturbée (un parc provincial). Il se peut que l’espèce pousse dans le petit affleurement de serpentine observé sur le mont du Sud, qui est situé à quelques kilomètres au sud-ouest du mont Albert.

On ne dispose pas d’information détaillée sur la population de Terre-Neuve, mais son étendue et peut-être sa taille sont probablement très limitées. Dans la figure 5, le lieu de la récolte de 1950 est identifié « site 1 » dans la zone de serpentine A. Plusieurs récoltes de Minuartia marcescens, autre espèce serpentinicole, ont récemment été effectuées aux environs du site 1, mais aucun nouveau site de P. scopulinum n’a été repéré. L’effort de recherche dans les deux plus importantes zones de serpentine de Terre-Neuve (zones A et B, figure 5) est en partie reflété par les quelque 20 et 10 récoltes récentes et historiques de M. marcescens dans les zones A et B, respectivement, le nombre total de M. marcescens dans ces zones s’élevant à des millions.

L’absence d’autres mentions pour ces deux grandes zones de serpentine pourrait signifier que le nombre de P. scopulinum y est probablement petit et que la zone d’occupation de l’espèce y serait très limitée. Les zones noires de la figure 5 indiquent les zones d’affleurements serpentineux à Terre-Neuve. Ces dernières couvrent environ 3 p. 100 (environ 3200 km²) de la superficie totale de l’île, qui est de 106 000 km² (Roberts, 1992). Il est concevable que l’on puisse trouver l’espèce dans d’autres zones de serpentine mais, compte tenu que le M. marcescens, qui abonde dans les zones A et B le long de la côte ouest, n’est présent qu’en petit nombre dans une seule autre zone dans l’intérieur (zone C, le long de la rivière North Gander), la répartition du P. scopulinum, qui semble être une plante beaucoup plus rare, pourrait être beaucoup plus restreinte. Les zones de serpentine de la côte ouest sont situées dans une région qui reçoit plus de précipitations que les zones de l’intérieur et seraient donc plus propices à la germination des spores et à l’établissement de l’espèce sur ce type de substrat, caractérisé par des sols minces et de faibles couverts végétaux.

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Facteurs limitatifs et menaces

Ce qui menace actuellement le plus directement la population de P. scopulinum de la Colombie-Britannique est l’exploration minière, l’aménagement routier ou les feux de forêt. Toutes les formations géologiques ultramafiques peuvent contenir des métaux précieux, en témoigne la présence de concessions minières sur tous les affleurements ultramafiques. Le site Web du babillard électronique de Bright Star Ventures (BSV) (semaine du 20 au 24 août 2001), qui a été consulté le 1er février 2005, indiquait que l’entreprise prévoyait mettre en place un important programme d’exploration sur sa propriété renfermant du platine et du palladium récemment acquise à l’intérieur du complexe ultramafique de la rivière Tulameen (Tulameen Ultramafic Complex), situé à l’ouest de Princeton, en Colombie-Britannique. On a déjà extrait plus de 20 000 onces de platine et d’or placériens dans cette zone, qui contient également du cuivre, du nickel et de l’argent. Bright Star Ventures est également propriétaire d’environ 560 ha (1400 acres) sur le mont Grasshopper et 1760 ha (4400 acres) sur le mont Olivine.

Au moment de la rédaction du présent rapport, seule une exploration minière minimale avait eu lieu dans la région de la vallée de la rivière Tulameen où l’on trouve le P. scopulinum. Compte tenu des importants terrains miniers et de la présence de divers métaux précieux, ce ne pourrait être qu’une question de temps avant que les activités minières débutent, mais on ne sait toutefois pas exactement quand. L’excavation minière et les coupes de bois nécessiteront probablement l’amélioration de la route actuelle et auront une incidence sur le drainage.

Figure 5. Lieu de l’unique site (historique) de Polystichum scopulinum (site 1) à Terre-Neuve, en rapport avec les affleurements de serpentine (zones noires). Les zones A, B et C représentent les zones d’occurrence de l’espèce serpentinicole Minuartia marcescens. (image disponible en anglais seulement)

Lieu de l’unique site (historique) de Polystichum scopulinum (site 1) à Terre-Neuve, en rapport avec les affleurements de serpentine (zones noires)

La plus grande population, soit celle du ruisseau Britton, est particulièrement menacée par l’amélioration éventuelle de la route, puisque l’endroit pourrait soit devenir un nouveau secteur de coupe forestière, soit servir de banc d’emprunt pour la construction routière. Les feux de forêt constituent également une menace importante dans la vallée de la rivière Tulameen. On trouve d’importantes charges de combustible sur le plancher des forêts secondaires en raison des importantes activités de lutte contre les incendies. Les feux de forêt qui sévissent dans des conditions de vents forts et de faible humidité dans les combustibles du sous-étage deviennent des brasiers extrêmement intenses qui détruisent presque entièrement la végétation du sous-étage. Les forêts des terrains ultramafiques sont relativement ouvertes par rapport aux forêts immédiatement adjacentes, mais des vents forts pourraient facilement y propager le feu, qui éliminerait l’espèce rare qu’est le P. scopulinum.

Au Québec on pense qu’une récolte excessive a fortement réduit la population durant la première moitié du XXe siècle, mais on considère aujourd’hui que cette occurrence isolée sise dans le parc de la Gaspésie est relativement stable. Les espèces introduites ne constituent pas une menace en raison des propriétés ultramafiques des sols à tous les sites. Étant donné que certaines colonies se trouvent sur le parcours d’un sentier, le piétinement pourrait constituer une menace; on ne connaît toutefois pas l’incidence réelle des marcheurs puisque le site ne fait l’objet d’aucune surveillance.

Le site historique de l’ouest de l’île de Terre-Neuve se trouve dans un endroit plutôt inaccessible et n’est probablement pas en péril pour l’instant, si il existe toujours.

Étant donné que l’espèce n’occupe qu’une partie des terrains ultramafiques à des altitudes et sous des conditions d’exposition bien précises, il se peut que sa répartition soit influencée par certaines de ses caractéristiques propres, qui limiteraient son étendue géographique, ou par la variation de la répartition des éléments dans le substrat.

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Importance de l'espèce

Le Polystichum scopulinum appartient à un groupe d’espèces relativement petit dont les aires de répartition se limitent à la côte du Pacifique et ont comme limite nord le sud-ouest de la Colombie-Britannique. La population du Québec est extrêmement isolée. On n’a pas encore étudié de façon adéquate l’importance de ces populations périphériques et isolées, surtout en ce qui concerne leurs caractéristiques génétiques. Ces populations sont souvent différentes des populations centrales sur les plans génétique et morphologique et peuvent avoir une importance évolutionnaire et écologique hors de proportion avec le pourcentage de l’effectif de l’espèce qu’elles représentent (Mayr, 1982; Lesica et Allendorf, 1995). Il pourrait se révéler important de protéger les populations périphériques et génétiquement distinctes pour la survie de l’espèce tout entière (Lesica et Allendorf, 1995).

Aucune utilisation de l’espèce par les Autochtones n’est indiquée dans une grande base de données ethnologiques (en anglais seulement), mais les polystics P. acrostichoides et P. munitum, largement répandus, sont utilisés à diverses fins médicinales et autres par des peuples autochtones.

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

Situation internationale

Le Polystichum scopulinum n’est pas protégé par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), par l’Endangered Species Act (États-Unis) ni par la Liste rouge de l’UICN. NatureServe lui a attribué la cote G5, ce qui indique qu’à l’échelle mondiale, on juge qu’il est « commun à très commun et non en péril et qu’il ne peut pratiquement pas disparaître dans les conditions actuelles » [traduction] (NatureServe, 2002).

Situations nationale et provinciale

Le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique a attribué la cote S1 à l’espèce et l’a placée sur la liste rouge du Ministry of Sustainable Resource Management de la province (Douglas et al., 2002b). Il s’agit du classement le plus alarmant pour ce qui est des plantes vasculaires indigènes rares en péril dans la province. Au Québec, l’espèce est également classée S1 par le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec du ministère de l'Environnement. Ce classement signifie que l’espèce est considérée comme gravement menacée en raison de son extrême rareté (5 occurrences ou moins, ou très peu d’individus restants) ou de certains facteurs la rendant particulièrement susceptible de disparaître de la province ou de s’éteindre complètement. Elle a aussi été désignée comme « menacée » en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables du Québec. Pour Terre-Neuve, NatureServe a attribué à l’espèce la cote SH (historique). À l’échelle nationale, elle est classée N1. Elle est aussi classée comme pouvant être en péril (May Be At Risk) en Colombie-Britannique, au Québec et à Terre-Neuve (Espèces sauvages 2000, site Web).

Aucune loi britanno-colombienne ne protège spécifiquement les plantes vasculaires rares et en péril de la province; le Polystichum scopulinum n’est donc pas protégé. Au niveau fédéral, la Loi sur les espèces en péril ne protège les plantes listées que sur le territoire domanial. Le ministre fédéral de l’Environnement peut toutefois recommander l’adoption d’un décret fédéral qui protégerait sur les terres provinciales également une espèce inscrite donnée si celle-ci et ses résidences ou habitats essentiels ne sont pas adéquatement protégés par les lois de la province. Au Québec, l’habitat du Polystichum scopulinum se trouve dans un parc provincial (le parc de la Gaspésie) et fait donc l’objet d’une protection légale. On pourra consulter la publication du gouvernement provincial rédigée par Lavoie et al. (1994) pour obtenir plus de détails sur l’espèce.

 


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Résumé technique

Polystichum scopulinum

Polystic des rochers – Mountain Holly Fern

Répartition au Canada :

Colombie-Britannique (C.-B.), Québec (Qué.) et Terre-Neuve-et-Labrador (T.-N.) (possiblement toujours présente sur l’île de Terre-Neuve).

Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km²)

[zone approximative où se trouve le polystic, p. ex. une bande de 0,1 km sur 4 km en Colombie-Britannique]

  • C.-B. : 0,4 km²
  • Qué. : 0,08 km²
  • T.-N. : incertaine, mais probablement très limitée 

Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

stable

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?

non

Superficie de la zone d’occupation (km²)

[zone totale occupée par le polystic]

  • C.-B. : 0,01 km²
  • Qué. : 0,003 km²
  • T.-N. : incertaine, mais probablement très limitée 

Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

stable en C.-B. et au Québec et probablement aussi dans les zones reculées du site à T.-N.

 Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?

non

Nombre d’emplacements existants (connus ou supposés).

  • C.-B. : 1 zone (3 populations)
  • Qué. : 1 zone (1 population)
  • T.-N. : situation incertaine d’une population historique 

 Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

stable

 Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?

non

Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).

stable

Information sur la population

 Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population :  indiquer en années, en mois, en jours, etc.).

inconnue (plusieurs années)

Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles). (Possiblement sous-estimé selon des relevés scientifiques et du secteur industriel.)

> 250 et probablement < 1 000, mais aucune donnée n’est disponible pour le site de T.-N.

Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue.

probablement stable

S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).

sans objet

 Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?

non

La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de < 1 individu/année)?

(La population totale est grandement isolée au Canada, et en Colombie-Britannique, elle l’est de 230 km de la population de l’État de Washington; elle est présente de façon sporadique et ne se trouve pas à tous les emplacements serpentins et sa reproduction est probablement presque exclusivement végétative puisque son habitat relativement sec n’est pas propice à la germination de spore et à la reproduction sexuée.) oui

Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

stable

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)?

non

Énumérer les populations et donner le nombre d’individus matures dans chacune :

  • C.-B. : 412;
  • Qué. : 215;
  • T.-N. : inconnues

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  • C.-B. : construction éventuelle de routes, exploration minière et feux de forêts
  • Qué. : l’espèce et son habitat sont protégés par la loi et ne risquent pas de disparaître de façon imminente bien que les plantes se trouvent le long d’un sentier et peuvent être piétinées
  • T.-N. : le site est relativement inaccessible, et une menace imminente ne pèse probablement pas sur la population, si elle existe

Effet d’une immigration de source externe

Statut ou situation des populations de l’extérieur?

États-Unis : mondialement non en péril (Globally secure) (G5)

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

possible, mais peu probable

Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?

inconnu

Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?

possiblement

L’effet d’une immigration de source externe est-il possible?

peu probable

Analyse quantitative

[fournir les détails sur les calculs, les sources de données, les modèles, etc.] : sans objet

Statut actuel

COSEPAC :menacée (mai 2005)

Statut et justification de la désignation

Statut : Menacée

Code alphanumérique : Correspond au critère « en voie de disparition », B1ab(iii,iv)+2ab(iii,v), mais désignée « menacée » en raison de l’incertitude entourant les menaces imminentes découlant des activités minières sur les sites de la Colombie-Britannique. L’espèce est également protégée au Québec. Correspond au critère « menacée », B1ab(iii,v)+2ab(iii,v); C2a(i); D1+2. 

Justification de la désignation : Il s’agit d’une fougère à l’occurrence très limitée observée sur les substrats de serpentine dans trois zones éloignées du Canada. Ces très petites populations sont en péril en raison des phénomènes stochastiques et, en ce qui concerne les 3 populations de Colombie-Britannique, en raison de l’éventuelle exploitation minière pour des métaux précieux.

Application des critères

Critère A (Population globale en déclin) : Sans objet. 

Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : L’espèce répond aux critères B1ab(iii,v)+2ab(iii,v), « espèce en voie de disparition », en raison d’occurrences extrêmement limitées et isolées à trois endroits (l’activité minière pourrait avoir une incidence sur les populations de la Colombie-Britannique; elles sont donc considérées comme trois populations à un seul endroit); un déclin continu est prévu si des activités minières sont réalisées près des populations de la Colombie-Britannique, avec une perte subséquente de la qualité et de l’étendue de l’habitat, ainsi qu’une perte possible d’individus; l’imminence de la menace contre la population de la Colombie-Britannique est incertaine (aucune activité minière n’a été entreprise depuis 2001, lorsque les concessions minières ont été attribuées). Il existe une menace potentielle sur le site québécois en raison d’activités de randonnée sur un sentier qui traverse le site. Toutefois, comme il est peu probable que l’espèce sera éradiquée le long de l‘étendue de 4 km de serpentines en Colombie-Britannique si des activités minières sont entreprises et comme l’espèce est protégée au Québec, le statut d’« espèce menacée » est recommandé.  

Critère C (Petite population globale et déclin) : L’espèce répond au critère C2a(i), « espèce menacée ». Des déclins récents n’ont pas été prouvés, mais peuvent être prévus si des activités minières sont entreprises sur le site de la Colombie-Britannique; aucune population ne compte > 1 000 individus matures. Cette estimation repose sur le fait que la population de Terre-Neuve, si elle existe toujours, semble extrêmement limitée et, selon les chiffres relevés sur les sites du Québec et de la Colombie-Britannique, relativement petite.  

Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : L’espèce répond au critère D1, « menacée », avec au total < 1 000 individus, et au critère D2, avec < 5 endroits hautement fragmentés, une zone d’occupation très petite (< 20 km² au total) et un risque possible d’activités minières en Colombie-Britannique et de piétinement au Québec.

Critère E (Analyse quantitative) : Sans objet.

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Remerciements

Le rédacteur principal aimerait remercier Charlotte Norris et Jenifer Penny pour leur aide sur le terrain, et Louise Bacon, Jenifer Penny et Shyanne Smith pour leur aide administrative. 

Le financement pour la préparation du présent rapport de situation a été fourni par le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique.

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Sources d’information

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Djan-Chékar, N. Comm. pers. 2004, correspondance par courriel, le 12 octobre 2004, Curator of Botany, Provincial Museum of Newfoundland and Labrador, St. John’s (Terre-Neuve).

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Douglas G.W., D. Meidinger et J. Pojar. 2002a. Illustrated Flora of British Columbia.Volume 8 – General Summary, Maps and Keys, Ministry of Sustainable Resource Management de la Colombie-Britannique et le Ministry of Forests de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique), 457 p.

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Douglas, G.W., G.B. Straley, D. Meidinger et J. Pojar. 1998b. Illustrated flora of British Columbia.Volume 2. Dicotyledons. (Balsaminaceae through Cuscutaceae), Ministry of Environment, Lands and Parks de la Colombie-Britannique et Ministry of Forests de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique), 401 p.

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Sommaire biographique des rédacteurs du rapport

George Wayne Douglas (Ph.D.) (1938-2005), botaniste fort reconnu et respecté de la Colombie-Britannique, qui a notamment contribué au COSEPACpar la rédaction de plus de 30 rapports de situation, est décédé à Duncan (Colombie-Britannique), le 10 février 2005, après une courte lutte contre le cancer.

George W. Douglas détenait une M.Sc. en foresterie de la University of Washington ainsi qu'un doctorat en botanique de la University of Alberta, à Edmonton. Il a étudié les plantes rares pendant plus de 20 ans. Il est auteur principal de Plantes vasculaires rares du Yukon (1981), de The Rare Vascular Plants of British Columbia (1985) et de Rare Native Plants of British Columbia (1998, 2002). Il a également été le réviseur en chef de la publication Illustrated Flora of British Columbia (de 1998 à 2002). Il a occupé le poste de botaniste de programme au Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique de 1991 à 2003. Durant cette période, il a été auteur ou coauteur de 33 rapports de situation et de trois mises à jours de rapports du COSEPAC.

Jacques Labrecque détient une maîtrise en botanique de l’Université de Montréal. Il travaille dans le domaine des plantes vasculaires rares depuis 1990 et, depuis 1994, occupe le poste de botaniste de programme pour le Centre de données sur le patrimoine naturel. Il est le coauteur de la publication Les plantes menacées ou vulnérables du Québec (2002). Il a également rédigé deux rapports de situation pour le COSEPAC et quatre rapports de situation pour le gouvernement provincial.

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Collections examinées

Des spécimens des herbiers du Royal British Columbia Museum à Victoria (V) ont été examinés.

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