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Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Bruant vespéral de la sous-espèce affinis (Pooecetes gramineus affinis) au Canada

Résumé

Bruant vespéral de la sous-espèce affinis

Pooecetes gramineusaffinis

Information sur l’espèce

Trois sous-espèces de Bruants vespéraux nichent au Canada. La plus rare est le Bruant vespéral de la sous-espèce affinis, le Pooecetes gramineus affinis, dont la population est disjointe et l’aire de répartition limitée. Les autres sous-espèces reconnues ont des populations beaucoup plus importantes et plus stables. Le Bruant vespéral est un passereau d’assez grande taille que l’on distingue grâce à ses tectrices marron, ses rectrices extérieures blanches et son cercle oculaire blanc.

Répartition

Le Bruant vespéral de la sous-espèce affinis est présent dans l’ouest de la chaîne des Cascades dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique, dans l’ouest de l’État de Washington, en Oregon et dans le nord-ouest de la Californie. En Colombie-Britannique, son aire de répartition historique se limitait à la vallée du bas Fraser et au sud-est de l’île de Vancouver. À l’heure actuelle, on ne connaît qu’un seul lieu où il continue de nicher en Colombie-Britannique. En raison de sa proximité avec la population d’affinis de l’État de Washington, la plupart des experts s’entendent pour dire que le Bruant vespéral qui niche dans la région de la dépression de Georgia, au sud-ouest de la Colombie-Britannique, est un prolongement de cette population. Les premières mentions de la présence de cet oiseau nicheur dans la dépression de Georgia remontent à 1890.

Habitat

Le Bruant vespéral niche dans les habitats de prairies à la végétation parsemée, où l’on trouve ça et là quelques arbres ou arbustes. La diversité structurale revêt une grande importance pour cet oiseau qui a besoin de hauts perchoirs pour chanter et de zones dégagées pour chercher de la nourriture.

Biologie

Le Bruant vespéral niche au sol. En Colombie-Britannique, la période de reproduction s’étend de la fin avril à la mi-juillet. L’espèce semble très fidèle à son lieu de reproduction. Pendant la saison des amours, l’oiseau se nourrit surtout d’insectes, mais mange aussi des graines. Le Bruant vespéral peut s’adapter à des habitats modifiés. Le risque que les nids soient détruits est cependant plus grand en raison du fauchage fréquent de ces zones ou d’autres perturbations d’origine humaine.

Taille et tendances des populations

On estime actuellement la population nicheuse canadienne de Bruants vespéraux de la sous-espèce affinis à entre cinq et dix couples reproducteurs. Même si on n’a pas d’estimation de la population historique, on pense que la population a diminué, du fait que le nombre de localités occupées par cette sous-espèce a baissé. Les populations sont également en déclin dans les États de Washington et de l’Oregon.

Facteurs limitatifs et menaces

La principale menace est la perte ou la dégradation des habitats du Bruant vespéral dans toute son aire de répartition. Les pratiques agricoles modernes et l’urbanisation ont toutes deux contribué à la dégradation des habitats du Bruant vespéral. Ses habitats sont devenus très rares dans le sud-est de l’île de Vancouver et dans la vallée du bas Fraser. Les prédateurs constituent une autre menace, plus particulièrement les chats domestiques et féraux, que l’on trouve en grand nombre dans les régions urbaines. Compte tenu du déclin de la population dans l’État adjacent de Washington, la possibilité que cette population se disperse et aille augmenter la population existante de l’île de Vancouver apparaît de plus en plus mince.

Importance de l’espèce

La répartition du Bruant vespéral de la sous-espèce affinis est isolée des populations des autres sous-espèces et, par conséquent, possède une diversité génétique qu’il importe de conserver. Le Bruant vespéral de la sous-espèce affinis est considéré comme une espèce prioritaire relativement aux efforts de rétablissement par l’Équipe de rétablissement de l’écosystème des chênes de Garry (GOERT) du groupe de mise en œuvre du rétablissement des vertébrés en péril.Toute amélioration de l’habitat profitant à cette espèce profitera aussi aux autres espèces moins connues de cet écosystème rare.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le Bruant vespéral de la sous-espèce affinis figure sur la Liste rouge en Colombie-Britannique. Il est candidat à la liste des espèces en voie de disparition dans l’État de Washington et est considéré comme une « espèce sensible de l’État » (state sensitive species) en Oregon.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2006)

Espèce :
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D) :
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC) :
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)* :
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M) :
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)** :
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)*** :
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)**** :
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

* Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
*** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
**** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.