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Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Bruant vespéral de la sous-espèce affinis (Pooecetes gramineus affinis) au Canada

Taille et tendances des populations

Toutes les sous-espèces

Sur la population nicheuse totale de Bruants vespéraux au Canada, l’Alberta en abrite environ 18 p. 100, la Saskatchewan, 15 p. 100, et le reste du Canada, 14 p. 100 (Wells et Rosenberg, 1999). Si l’on prend la population totale de 30 millions estimée dans le cadre du programme Partenaires d’envol (Rich et al., 2004), on compte environ 14 millions de Bruants vespéraux nichant au Canada.

Les données des relevés des oiseaux nicheurs compilées au cours des 40 dernières années indiquent une baisse notable dans 11 États, 12 strates physiographiques, la région de l’est du BBS, la zone continentale des États-Unis, ainsi qu’à l’échelle du recensement. Les hausses se limitent à trois États et trois strates, alors que les estimations des autres tendances régionales avoisinent le zéro (Sauer et al., 2004). À l’échelle du continent, les données du BBS révèlent une baisse annuelle importante de 0,6 p. 100 de 1966 à 2003; les données du Recensement des oiseaux de Noël indiquent une baisse similaire (Sauer et al., 2004). Au Canada, les données du BBS révèlent un taux de déclin annuel important de 0,9 p. 100 de 1968 à 2002, qui est passée à 2,5 p. 100 durant la dernière décennie. Les récentes tendances (de 1993 à 2002) pour l’ensemble des régions canadiennes de conservation des oiseaux sont négatives, notamment des baisses annuelles marquées de 6,7 p. 100 dans la taïga des plaines boréales, de 8,4 p. 100 dans les Rocheuses septentrionales, et de 7,2 p. 100 dans la forêt mixte boréale. Le Bruant vespéral est devenu tellement rare au Canada atlantique que les baisses récentes ne peuvent être calculées, mais la tendance de 1968 à 2002 montre un déclin annuel de 9,9 p. 100.

Bruant vespéral de la sous-espèce affinis

À la fin des années 1990, des chercheurs ont estimé l’effectif de Bruants vespéraux canadiens à cinq à dix couples reproducteurs (Fraser et al., 1999).Les résultats des travaux de recensement réalisés en 2002, 2003 et 2004 concordent avec cette estimation et relèventcinq territoires de reproduction probables documentés à l’aéroport de Nanaimo ces années-là. Des recherches ont également été effectuées entre Mill Bay et Nanaimo, ainsi que dans les îles Gabriola et Saltspring en mai et juin 2002 (Beauchesne, 2002a), et entre Cassidy et Campbell River, et dans les îles Gulf adjacentes, d’avril à juin 2003 (Beauchesne, 2003). Aucun autre lieu de reproduction n’a été signalé lors de ces recherches, et l’aéroport de Nanaimo reste la seule localité connue à abriter cette espèce dans le sud-est de l’île de Vancouver (Beauchesne, 2002). Toute l’aire de répartition historique canadienne de la sous-espèce est fréquentée par un grand nombre d’observateurs d'oiseaux avertis, qui signalent rapidement toute observation de cette espèce rare.

D’autres auteurs ont mentionné le Bruant vespéral de la sous-espèce affinis comme étant un oiseau nicheur « occasionnel » (Cannings, 1998) en Colombie-Britannique (Campbell et al., 2001). L’espèce n’a jamais été recensée dans le cadre du Relevé des oiseaux nicheurs (BBS) ni les Recensements des oiseaux de Noël réalisés sur la côte (Campbell et al., 2001). Cela dit, les itinéraires du BBS ne sont pas conçus pour rechercher les oiseaux rares, et l’on aperçoit rarement l’espèce au Canada pendant l’hiver. 

Dans l’État de Washington, Rogers (2000) a estimé à quelque 125 le nombre de Bruants vespéraux mâles chanteurs en 1998. Toutefois, dans l’île San Juan, le lieu de reproduction le plus près de la Colombie-Britannique, seulement deux Bruants vespéraux ont été aperçus cette année-là (Rogers, 2000). Il n’y a aucune estimation de l’effectif en Oregon ou en Californie.

Il se peut que cette sous-espèce n’ait jamais été très abondante en Colombie-Britannique, puisqu’elle n’a jamais été relevée en grand nombre ou dans plus de quelques localités. Le recensement maximal d’oiseaux à un emplacement pendant la saison de reproduction est de 13 oiseaux dans la région de Cobble Meadows/ Cobble Hill dans l’île de Vancouver en 1978 (Campbell et al., 2001).Comme il n’y a jamais eu d’inventaire officiel des populations de Bruants vespéraux dans le passé, il est difficile de dégager des tendances. Cependant, l’espèce a disparu de certains lieux de reproduction historiques (p. ex. Cobble Meadows, l’île Iona et la vallée du fleuve Fraser), ce qui indique probablement un déclin de la population (Fraser et al., 1999).Les récents recensements faits à l’aéroport de Nanaimo suggèrent que la population est plus ou moins stable à cet endroit.

Dans l’État de Washington, on a également constaté une diminution de la répartition et de l’abondance de cette sous-espèce, bien qu’on ne dispose pas de données précises sur la population historique dans cette région (Rogers, 2000). À l’heure actuelle, on considère le Bruant vespéral de la sous-espèce affinis comme une espèce en voie de disparition dans l’État de Washington, en raison de la destruction des habitats (Smith et al., 1997; Rogers, 2000).

En Oregon, des observations anecdotiques montrent une baisse considérable de l’effectif de Bruants vespéraux au cours des 40 à 50 dernières années (Altman, 2003). Il n’y a aucune donnée sur les tendances de la population de la sous-espèce en Californie.

Compte tenu du déclin de la population dans l’État de Washington et de la perte des habitats en Colombie-Britannique, l’immigration de source externe apparaît, au mieux, minime.