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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Mulette feuille d'érable (Quadrula quadrula) au Canada

Résumé

Mulette feuille d'érable
Quadrula quadrula
Population de la Saskatchewan - Nelson
Population des Grands Lacs - Ouest du Saint-Laurent

Information sur l’espèce

La mulette feuille d’érable, Quadrula quadrula (Rafinesque, 1820), est un mollusque bivalve d’eau douce de la famille des unionidés. Sa coquille est épaisse et quadrangulaire, et la couleur peut varier du vert jaunâtre au brun pâle, en passant par le brun foncé. L’espèce se distingue généralement par ses deux rangées de nodules qui s’étendent en forme de « V » de l’umbo à l’extrémité ventrale, mais cette disposition varie à l’occasion. Les spécimens canadiens atteignent 125 mm de longueur, 100 mm de hauteur et 50 mm de largeur. L’intérieur de la coquille est blanc, et la charnière comporte des dents robustes.

Répartition

La localité typique de la mulette feuille d’érable est la rivière Ohio. Aux États-Unis, l’espèce est présente tout au long des bassins hydrographiques de la rivière Ohio et du fleuve Mississippi, du Texas à l’Alabama et du Minnesota à la Pennsylvanie. Son aire de répartition s’étend jusqu’au bassin versant des Grands Lacs, du Minnesota à l’État de New York, et jusqu’au bassin versant de la rivière Rouge, au Minnesota et au Dakota du Nord. Au Canada, l’espèce n’est présente au Manitoba que dans la rivière Rouge et quelques-uns de ses affluents, notamment dans la basse Assiniboine, et dans le sud de l’Ontario dans de vastes rivières qui alimentent les lacs Sainte-Claire et Érié.

Habitat

Le Quadrula quadrula occupe divers types d’habitats : des rivières de taille moyenne à grande aux courants faibles ou modérés ainsi que des lacs et des réservoirs. Les substrats peuvent être boueux, sablonneux ou graveleux. Au Manitoba et en Ontario, l’espèce est généralement prélevée dans des rivières de taille moyenne à grande où les substrats, d’argile et de boue ou de sable et de gros gravier, sont bien tassés.

Biologie

Le Quadrula quadrula est dioïque, et la morphologie de la coquille ne présente à peu près aucune différence selon le sexe. Les larves, appelées glochidies, sont couvées dans les branchies des femelles et parasitent des espèces de barbues. Parmi les hôtes connus, on trouve la barbue à tête plate, qui n’est pas présente au Canada, et la barbue des rivières. Le développement sur les poissons hôtes dure de 50 à 60 jours. Pendant cette période, la larve se transforme en juvénile, puis se détache de l’hôte et croît jusqu’à la taille adulte et la maturité. À l’instar des autres moules d’eau douce, le Q. quadrula se nourrit d’algues et de bactéries filtrées de la colonne d’eau et du substrat. Cette espèce est longévive; au Manitoba, des individus atteignent l’âge de 64 ans, et la durée de vie moyenne s’établit à 22 ans.

Taille et tendances des populations

Bien que l’effectif estimatif de la population soit de 1 à 4 millions d’individus au Manitoba et d’environ 5,5 millions en Ontario, les densités de population sont généralement très faibles et semblent en déclin. Les populations du Manitoba ne sont présentes que dans la rivière Rouge et les tronçons inférieurs des rivières Assiniboine et Roseau. La comparaison des données historiques sur la répartition indique un déclin global des espèces de moules d’eau douce au Manitoba. Le Quadrula quadrula n’est jamais présent en abondance, et on trouve de nombreuses valves vides, ce qui révèle un grand nombre de mortalités récentes.

En Ontario, les populations de Quadrula quadrula se limitent à quelques rivières qui s’écoulent dans les lacs Érié et Sainte-Claire. Certains rapports font état du déclin des espèces de moules dans cette région également, et de nombreuses espèces sont considérées comme disparues des zones qu’elles occupaient auparavant. En comparant les données actuelles et les données historiques, on constate une réduction de l’aire de répartition de l’espèce en Ontario. Selon de récentes études, le Q. quadrula est considéré comme rare dans les endroits qu’il occupe et il est peut-être en déclin, même si son aire de répartition semble s’accroître dans la rivière Sydenham.

Facteurs limitatifs et menaces

Comme presque toutes les moules d’eau douce nord-américaines, l’espèce est menacée par la perte et la dégradation de l’habitat ainsi que par les répercussions des espèces envahissantes, en particulier les moules zébrées et quaggas (Dreissena polymorphaet D. bugensis) en Ontario. Au Manitoba et en Ontario, le Quadrula quadrula est présent dans des régions densément peuplées qui subissent les effets de la pollution industrielle et municipale ainsi que du lessivage des terres cultivées.

Importance de l’espèce

Il existe 20 espèces reconnues du genre Quadrula; de ce nombre, 1 est considérée comme disparue aux États-Unis et 4 autres sont en voie de disparition. Le Quadrula quadrula est la seule espèce présente au Canada, soit au Manitoba et dans le sud-ouest de l’Ontario. Les populations canadiennes se trouvent dans le bassin des Grands Lacs et du Saint-Laurent (Ontario) et dans celui de la baie d’Hudson (Manitoba). Ces bassins hydrographiques continentaux sont séparés de l’aire de répartition principale de l’espèce, dans le bassin du Mississippi. Ces populations canadiennes représentent peut-être une source exceptionnelle de données génétiques et écologiques qui jouent un grand rôle dans la conservation de la diversité de l’espèce.

Protection actuelle de l’espèce

L’espèce n’est pas expressément protégée au Canada. Les populations de Quadrula quadrula sont jugées stables dans certains États et gravement en péril dans d’autres, mais, dans la majorité des compétences, l’espèce n’est pas classée ou est en cours de classement.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2006)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged, Note de bas de pagee
Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce àl'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page d

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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