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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la maraîche (Lamna nasus) au Canada

Habitat

Besoins de l’espèce

La maraîche est un requin pélagique, épipélagique ou littoral, généralement plus fréquent sur les plates-formes continentales, mais qu’on trouve aussi à distance des terres dans les bassins océaniques et, parfois, plus près des côtes (Scott et Scott, 1988; Compagno, 2001). Sa répartition bathymétrique va des eaux de surface et côtières de moins de 1 m de profondeur jusqu’à au moins 700 m de fond (Compagno, 2001). Il est arrivé que l’espèce soit capturée à l’embouchure d’un estuaire saumâtre en Argentine (Lucifora et Menni, 1997), mais elle ne fréquente pas les eaux douces Compagno, 2001). Elle n’a jamais été rencontrée non plus dans des mers équatoriales (Compagno, 2001).

La maraîche préfère les eaux de température inférieure à 18 ºC, et sa plage thermique descend jusqu’à 1 ºC (Compagno, 2001; Branstetter, 2002). Dans les eaux canadiennes, elle semble occuper toute l’année des zones thermiques bien définies (Campana et al., 2001). Une analyse de plus de 400 profils de température, relevés à mi-profondeur de travail des engins et fournis par des navires de pêche commerciale canadiens, a révélé que plus de la moitié des maraîches étaient capturées à des températures comprises entre 5 et 10 ºC, et que la température moyenne, 7,4 ºC, présentait peu de variation d’une saison à l’autre, ce qui donne à penser que la maraîche se déplace pour suivre sa plage thermique préférentielle (Campana et al., 2001). La plage de profondeurs des prises de maraîche est plus grande au printemps qu’à l’automne : les prises se font entre 200 et 2 800 m de profondeur au printemps, et à moins de 450 m en automne, majoritairement dans des eaux de moins de 150 m de fond (Campana et al., 2001). Pendant la plus grande partie du printemps, les maraîches étaient capturées le plus souvent dans des eaux immédiatement adjacentes au front séparant les eaux fraîches de la plate-forme des eaux plus chaudes du large (Campana et al., 2001); à l’automne, la présence des maraîches n’était pas liée aux fronts (Campana et al., 2001).

Les maraîches adultes exploitent un territoire beaucoup plus vaste que les juvéniles. Les individus immatures, caractérisés par des déplacements migratoires plus restreints, semblent fréquenter essentiellement le plateau néo-écossais (Joyce, 1997; Campana et al., 2001). L’analyse de données de capture des pêches canadiennes suggère que les requins les plus gros (>180 cm de LF), surtout des mâles, migrent chaque printemps le long du plateau néo-écossais vers les aires d’accouplement de Terre-Neuve (Campana et al., 2001; Campana et al., 2003). La migration des femelles vers ces aires est en retard sur celle des mâles.

Dans l’Atlantique Nord-Ouest, on pense que l’accouplement a lieu sur les grands Bancs, au sud de Terre-Neuve, et à l’entrée du golfe du Saint-Laurent (Campana et al., 2003). On a vu des femelles gravides entre le banc Georges et les Bancs de Terre-Neuve (Jensen et al., 2002). Entre la fin de septembre et décembre, la plupart des femelles gravides capturées l’ont été dans la région du plateau néo-écossais et des Bancs (Jensen et al., 2002). On rencontre rarement des maraîches femelles matures, qu’elles soient gravides ou non, dans les zones de pêche canadiennes de janvier à juin (Jensen et al., 2002); d’un autre côté, l’effort de pêche est limité en hiver. On sait peu de choses sur les aires d’hivernage (voir Déplacements et dispersion) ou sur les aires de mise bas de la maraîche.

Protection et propriété des terrains

Une zone de 2364 km2 dans le Goulet, canyon profond situé sur la marge du plateau néo-écossais près de l’île de Sable, devrait en 2004 être désignée réserve marine aux termes de la Loi sur les océans (Gazette du Canada, 2003; M. King, Fonds mondial pour la nature [Canada], comm. pers.). Cette réserve comprendra trois zones de gestion; la pêche à la palangre pélagique ne sera interdite que dans la Zone 1, soit la zone centrale. Comme la réserve marine ne couvrira qu’un très faible pourcentage (<1 p. 100) de l’aire de la population de maraîches de l’Atlantique Nord-Ouest, elle ne devrait pas avoir d’effet marqué sur l’espèce.