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Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Rorqual boréal (Balaenoptera borealis) au Canada

Résumé du rapport de situation

Le rorqual boréal a été la dernière espèce de baleine exploitée commercialement dans les eaux canadiennes, et cette exploitation par l’industrie baleinière a surtout eu lieu pendant la seconde moitié du XXe siècle (années 1950 à 1980). Il y a beaucoup plus de données sur les aires fréquentées par le rorqual boréal dans le Pacifique Nord et l’Antarctique que dans l’Atlantique Nord.

On en sait très peu sur la taille et les tendances actuelles des populations. De nos jours, les efforts déployés pour établir la taille des populations de rorquals boréaux au moyen d’études sur transects linéaires sont compliqués par l’étendue de l’aire de répartition de l’espèce, son utilisation imprévisible des aires d’alimentation des hautes latitudes et la difficulté à la distinguer du rorqual commun. Les dépenses associées aux relevés extensifs en haute mer sont aussi un facteur limitatif important.

Le rorqual boréal est un mysticète au régime alimentaire particulièrement varié. Comme le rorqual commun, le rorqual boréal est capable de consommer du zooplancton, des poissons qui vivent en bancs et probablement d’autres groupes de petites proies (par exemple des calmars). Les différences d’alimentation observées entre les rorquals boréaux des trois grands bassins (Pacifique Nord, Antarctique et Atlantique Nord) découlent peut-être des adaptations alimentaires à la répartition trophique des espèces de proies qui y sont présentes.

Le rorqual boréal et les autres mysticètes font face à des menaces semblables, mais le premier s’adapte peut-être mieux aux conditions écologiques changeantes grâce à sa morphologie intermédiaire. La dégradation de l’habitat résultant de la pollution acoustique, de la contamination chimique et de la compétition pour les proies à l’échelle écosystémique est sans doute la plus grande menace pour cette espèce.

Nous ne comprendrons probablement jamais les effets écosystémiques de l’élimination par la chasse d’une biomasse aussi importante des océans. Quoi qu’il en soit, nous ne devrions pas être surpris si les espèces qui parviennent à se rétablir affichent des répartitions et des profils d’utilisation de l’habitat significativement différents de ceux qu’elles avaient avant leur exploitation.