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Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Rorqual boréal (Balaenoptera borealis) au Canada

Taille et tendances des populations

Historiquement, le rorqual boréal n’a jamais été aussi abondant dans l’Atlantique Nord que dans le Pacifique Nord (Horwood, 1987). Toutefois, aucune estimation récente de l’abondance ou des tendances des populations de rorquals boréaux n’est disponible pour les deux océans. Les meilleures estimations des populations (encore citées aujourd’hui) sont fondées principalement sur les données concernant les captures par unité d’effort (CPUE) provenant de la chasse commerciale à la baleine.

Tillman (1977) a estimé l’ensemble (1974) de la population du Pacifique Nord à 7 260 à 12 620 individus. Selon lui, la population « pré-exploitation » comptait 42 000 individus. Par contre, d’après Nemoto et Kawamura (1977), l’aire de répartition du rorqual boréal dans le Pacifique Nord s’est agrandie grâce au déclin des populations de rorquals bleus et de rorquals communs. Avec le déclin des baleines franches du Pacifique Nord, les populations de rorquals boréaux ont pu grossir avant d’être à leur tour visées par la pêche. Par conséquent, toutes les estimations « pré-exploitation » concernant le rorqual boréal sont peut-être gonflées.

Les estimations pour tout l’Atlantique Nord varient entre 4 000 (Braham, 1991, cité dans Perry et al., 1999) et 12 000 à 13 000 (Cattanach et al., 1993) rorquals boréaux. Toutefois, l’estimation de Braham (1991) est considérée comme imprécise (Perry et al., 1999), et celle de Cattanach et al. (1993) combine l’estimation de Mitchell et Chapman (1977) touchant les eaux occidentales de l’Atlantique (2 248) aux résultats d’un relevé par bateau de 1989 dans les eaux islandaises et adjacentes (10 300 individus; CV=0,268).

Mitchell et Chapman (1977) ont estimé la taille du stock de la Nouvelle-Écosse en recourant à la méthode de capture-marquage-recapture (CMR) et aux données de recensement. L’analyse CMR a estimé le stock à 1 393 à 2 248 animaux. D’après le recensement, la population du nord-ouest de l’Atlantique s’élèverait à 2 078 individus, avec des minima de 870 pour le stock de la Nouvelle-Écosse et de 965 pour le stock présumé de la mer du Labrador.

Dans le cadre du CeTAP (Cetacean and Turtle Assessment Program), on a estimé que la région située entre le cap Hatteras (Caroline du Nord) et la Nouvelle-Écosse (plate-forme continentale et rebord) abriterait 253 animaux. Cette estimation est fondée sur les données issues de relevés aériens réalisés entre 1978 à 1982 (Waring et al., 2001) et correspond à peu près, après correction selon la durée de plongée et la probabilité de détection sur le transect, à l’estimation obtenue par CMR de Mitchell et Chapman (1977) (Waring et al., 2001). Les données du CeTAP ont également été utilisées pour estimer la taille maximale de la population (2 273 individus) dans les eaux américaines de l’Atlantique (Mizroch et al., 1984). Toutefois, ces estimations et celles « pré-exploitation » ne sont plus considérées comme fiables pour l’Atlantique Nord (Perry et al., 1999).

Historiquement, peu de rorquals boréaux ont été capturés dans le nord-ouest de l’Atlantique avant la dernière période d’exploitation au large de la Nouvelle-Écosse (entre 1966 et 1972), dans le cadre de laquelle un total de 825 animaux ont été tués. Le rorqual boréal n’était pas l’espèce la plus recherchée dans le nord-ouest de l’Atlantique (Mitchell et Chapman, 1977; Tonnessen et Johnsen, 1982). Sur le littoral du Pacifique, en Colombie-Britannique, au moins 4 002 rorquals boréaux ont été capturés par des stations côtières entre 1908 et 1967, dont la majorité après 1955 (Gregr et al., 2000).

Aujourd’hui, le rorqual boréal est considéré comme rare dans les eaux de la Californie. De plus, un relevé récent (2002) des grands cétacés au large de la Colombie-Britannique, y compris le rebord de la plate-forme continentale, n’a pas permis d’observer un seul rorqual boréal (MPO, données inédites). Lors des relevés approfondis, par avion et par bateau, du littoral américain du Pacifique, qui ont été menés par le NMFS (cité dans Carretta et al., 2001) pendant six ans (1989 à 1993 et 1996) et qui allaient jusqu’au 131e degré de longitude ouest, on n’a observé qu’un seul rorqual boréal. Ce maigre résultat peut être dû à la difficulté de distinguer le rorqual boréal du rorqual commun par une simple observation en surface.

Sur le littoral atlantique, on aperçoit plus fréquemment des rorquals boréaux. Lors des relevés aériens de 1999 et 2000, on a découvert, au printemps, des concentrations le long de l’extrémité sud du banc Georges (Waring et al., 2001). En outre, on a vu des rorquals boréaux entrer dans les eaux au large du Maine et du Massachusetts entre 1986 et 1989 (Waring et al., 2001). Ces individus se déplacent très probablement dans les eaux canadiennes plus tard dans la saison.

En 1991, Perry et al. (1999) ont mentionné une estimation de 4 000 individus pour tout l’Atlantique Nord, laquelle est toutefois considérée comme peu précise. À partir de relevés par bateau, on a estimé le stock Islande/détroit de Danemark à 1 290 rorquals (1987), puis à 1 590 rorquals (1989). Ces estimations ont été signalées sans intervalles de confiance (Perry et al., 1999).

Les données limitées des relevés laissent croire que la population de la Colombie-Britannique est extrêmement petite et qu’elle ne montre aucun signe de rétablissement, et ce, malgré le fait que l’on protège l’espèce contre la chasse commerciale depuis 1976. Le stock de la Nouvelle-Écosse est peut-être composé d’environ 2 000 individus, mais aucune information n’est disponible pour évaluer les tendances des populations des deux côtes.