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Pleurobème écarlate (Pleurobema sintoxia)

Répartition

Répartition mondiale

On trouvait autrefois le pleurobème écarlate depuis l’État de New York et l’Ontario à l’est jusque dans le Dakota du Sud, le Kansas et l’Oklahoma à l’ouest et dans l’Arkansas et l’Alabama au sud (figure 3). Il habitait l’Alabama, l’Arkansas, l’Illinois, l’Indiana, l’Iowa, le Kansas, le Kentucky, le Michigan, le Minnesota, le Missouri, le Nebraska, le New York, l’Ohio, l’Oklahoma, la Pennsylvanie, le Dakota du Sud, le Tennessee, la Virginie-Occidentale, le Wisconsin et l’Ontario. Aujourd’hui, l’aire de répartition du pleurobème écarlate est similaire. Même si les populations des grands cours d’eau ont à peu près disparu dans le Haut-Midwest, on retrouve toujours de nombreuses populations dans des affluents du Mississippi et de l’Ohio.


Figure 3 : Répartition nord-américaine du Pleurobema sintoxia (d’après les informations fournies par les gouvernements)

Figure 3 : Répartition nord-américaine du Pleurobema sintoxia (d’après les informations fournies par les gouvernements).


Répartition canadienne

Au Canada, le P. sintoxia n’a été observé que dans le sud de l’Ontario. Nous avons eu recours à la base de données sur les Unionidés des Grands Lacs inférieurs de l’Institut national de recherche sur les eaux pour recenser les mentions du P. sintoxia en Ontario. Au moment de la rédaction du présent rapport, la base de données comptait environ 7 600 mentions de 40 espèces recueillies depuis 1860 à près de 2 400 sites du bassin des Grands Lacs inférieurs (pour une description détaillée de la base de données et de ses sources, voir Metcalfe-Smith et al., 1998a). Le pleurobème écarlate a été observé dans les rivières Niagara, Detroit, Grand, Thames et Sydenham et dans les lacs Érié et Sainte-Claire. La mention la plus ancienne de l’espèce au Canada concerne une coquille entière et fraîche recueillie en 1885 dans la rivière Grand, à Caledonia, par J. Townsend (spécimen conservé au Musée canadien de la nature, no de catalogue 002417). La figure 4 montre la répartition historique du pleurobème écarlate en Ontario, d’après 84 mentions faites entre 1885 et 1995. La répartition actuelle de l’espèce, établie d’après 57 mentions d’individus vivants et de coquilles faites entre 1997 et 2002, est donnée à la figure 5. Les observations les plus récentes de spécimens vivants ont été faites dans la rivière Sydenham pendant l’été 2002.


Figure 4 : Répartition historique (1885-1995) du Pleurobema sintoxia en Ontario (d’après les données de la base de données sur les Unionidés des Grands Lacs inférieurs)

Figure 4 : Répartition historique (1885-1995) du Pleurobema sintoxia en Ontario.


Figure 5 : Répartition actuelle (1997-2002) du Pleurobema sintoxia en Ontario (d’après les données de la base de données sur les Unionidés des Grands Lacs inférieurs)

Figure 5 : Répartition actuelle (1997-2002) du Pleurobema sintoxia en Ontario.

La disparition de populations de P. sintoxia des rivières Niagara et Detroit et des lacs Érié et Sainte-Claire est surtout due aux impacts négatifs de la moule zébrée (Dreissena polymorpha). Toutefois, de petits groupes isolés peuvent toujours être observés dans quelques zones proches des rives et protégées de l’infestation des moules zébrées. Par exemple, on a récemment trouvé des P. sintoxia vivants dans le marais Metzger, sur la rive pennsylvanienne de l’ouest du lac Érié (Nichols et Amberg, 1999), et dans le delta de la rivière Sainte-Claire (Zanatta et al., 2002). Un recensement de la rivière Niagara, en 2001, n’a relevé aucun Unionidé. Les sites de Long Point n’ont pas été recensés ces dernières années et nous supposons que l’espèce y vit toujours. Une population qui se reproduit existe toujours dans la rivière Sydenham et de petites populations, peut-être sénescentes, se retrouvent dans les rivières Middle Thames et Grand (Metcalfe-Smith et al., 1998b, 1999 et données inédites). Dans l’ensemble, le pleurobème écarlate a disparu d’environ 54 p. 100 de son ancienne zone d’occurrence au Canada; alors qu’elle était autrefois de 26 592 km2, la superficie de la zone d’occurrence n’est plus que de 12 360 km2, avec une zone d’occupation d’environ 15 km2.