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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la lasthénie glabre (Lasthenia glaberrima) au Canada

Taille et tendances des populations

Activités de recherche

Les milieux pouvant servir d’habitat au Lasthenia glaberrima ont été décrits à partir des renseignements figurant sur les étiquettes des spécimens d’herbier provenant d’Oregon et de Californie. Bien qu’en Oregon et en Californie, l’espèce se rencontre à l’intérieur des terres, au Canada, il est peu probable qu’on la rencontre à plus de quelques mètres du littoral, comme pour de nombreuses autres espèces des mares printanières.

Au cours des dix dernières années, pratiquement toutes les parties intouchées du littoral ont été explorées, depuis Whiffen Spit (8 km au nord-ouest) jusqu’à Swartz Bay (45 km au nord-est). Toutefois, la zone précise où la population a été trouvée n’avait reçu, avant 2003, qu’une attention limitée de la part des botanistes locaux. La recherche s’est étendue à la plupart des îles et îlots situés au large de Victoria et de la péninsule Saanich. La plupart des grands complexes de mares printanières et de zones de suintement situés à proximité du littoral ont été fouillés plusieurs fois. À l’ouest de Whiffen Spit, les milieux propices au Lasthenia glaberrima sont rares, voire inexistants, en raison des différences dans la géomorphologie de la côte et des gradients climatiques marqués. Les mares printanières et zones de suintement littorales sont relativement peu communes au-delà de la limite nord-est du secteur exploré, mais la plupart de celles pour lesquelles d’autres espèces rares sont répertoriées ont été explorées à la recherche du L. glaberrima, de même que la plupart des complexes de mares printanières suffisamment grands pour être visibles sur une photographie aérienne. Les localités les plus septentrionales explorées dans le cadre de ces recherches se trouvent près de Nanoose Bay (un peu plus de 100 km au nord). Il est certes possible que d’autres populations de l’espèce soient découvertes, mais presque tous les secteurs prometteurs ont été explorés.

Depuis le début des années 1980, les milieux susceptibles d’abriter le L. glaberrima ont été explorés à maintes reprises dans le cadre de divers projets visant à déterminer la répartition des plantes rares poussant dans les mares printanières et les zones de suintement du sud-est de l'île de Vancouver et des îles Gulf. Les principaux chercheurs étaient Adolf et Oldriska Ceska, Matt Fairbarns, Hans Roemer, Jenifer Penny, Harvey Janszen, Frank Lomer et feu George Douglas.

Il est vrai que le L. glaberrima est une espèce peu voyante pouvant aisément passer inaperçue au cours de relevés floristiques généraux. Cependant, le présent rapport a été rédigé après des recherches ciblées menées par des botanistes connaissant bien l’espèce. Ceux-ci ont consacré à la recherche du L. glaberrima environ 6 jours-personnes en 2003, 8 jours-personnes en 2004, 4 jours-personnes en 2005 et 5 jours-personnes en 2006. Ces recherches comprennent les relevés infructueux des nombreux secteurs pour lesquels sont répertoriées d’autres espèces rares des mares printanières et des zones de suintement (figure 4). En dépit de ces recherches intensives, aucune autre population de L. glaberrima n’a été découverte.

Figure 4. Localités où le Lasthenia glaberrima a été recherché en vain, 2003-2006.

Figure 4.Localités où le Lasthenia glaberrima a été recherché en vain, 2003-2006.

Abondance

L’unique population canadienne de Lasthenia glaberrima, située dans le parc régional East Sooke, comptait 21 individus matures en 2006 (tableau 1), comparativement à environ 200 individus en 2003, année de sa découverte.

Tableau 1. Tendances de la population canadiennede Lasthenia glaberrima.
Date de l’observationÉtendue de la population
(superficie actuelle occupée)
Nombre d’individus
25 mai 200320 180 +/- 20
18 mai 20048 m²75 +/- 10
3 juin 20054 m²20
8 juin 200610 m²21

Fluctuations et tendances

Il n’y a pas eu de suivi à long terme du Lasthenia glaberrima, mais les données des dernières années révèlent une diminution de l’effectif de l’espèce (tableau 1). Ces données ne permettent pas de savoir cependant s’il s’agit d’un réel déclin ou simplement d’un creux dans un cycle de fluctuations. D’autres annuelles connaissent d’importantes fluctuations naturelles d’effectif (Harper, 1977). Les Lasthenia sont particulièrement sujets à ces fluctuations en réponse aux fluctuations des pluies annuelles et à la durée des mares; ainsi, la population de L. conjugens de Ford Ord est passée de 500 à 1 500 individus en 1998 à 56 000 individus en 1999 puis à 162 500 individus en 2000 (U.S. Federal Register, 2003).

Immigration de source externe

La population de Lasthenia glaberrima la plus proche de celle du Canada se trouve près du fleuve Columbia dans le sud de l’État de Washington. Cette localité se trouve à environ 300 km de la plus proche localité canadienne et à peu près à la même distance de la seule population canadienne connue de l’espèce. La probabilité que des graines produites par une population américaine viennent augmenter l’effectif de la population canadienne est faible, car les graines de l’espèce ne sont pourvues d’aucun organe favorisant leur dispersion à grande distance.