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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la lasthénie glabre (Lasthenia glaberrima) au Canada

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur la
Lasthénie glabre
Lasthenia glaberrima
au Canada

Lasthénie glabre

En voie de disparition 2008

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2008. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la lasthénie glabre (Lasthenia glaberrima) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.Ottawa. vii + 20 p.

Note de production

Le COSEPAC aimerait remercier Matt Fairbarns qui a rédigé le rapport de situation sur la lasthénie glabre (Lasthenia glaberrima) au Canada. Le COSEPAC aimerait également remercier chaleureusement la division des parcs du Capital Regional District qui a fourni le financement pour la préparation du présent rapport. Erich Harber, coprésident (plantes vasculaires) du Sous-comité de spécialistes des plantes et lichens du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision avec la participation des membres du COSEPAC. Cet examen peut avoir entraîné des modifications et des ajouts à la version initiale de ce rapport.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s'adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684
Courriel du COSEPAC
Site web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Rayless Goldfields Lasthenia glaberrima in Canada.

Illustration de la couverture

Lasthénie glabre - Illustration par John H. Rumley dans Hitchock et al. 1955, avec permission.
©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2008.
de catalogue CW69-14/555-2008F-PDF
ISBN 978-0-662-04179-5

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Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Avril 2008

Nom commun : Lasthénie glabre

Nom scientifique : Lasthenia glaberrima

Statut : En voie de disparition

Justification de la désignation : Il n’existe qu’une seule population très petite de cette plante florifère annuelle qui est exposée à un risque continu attribuable à un certain nombre de facteurs limitatifs, dont la propagation de plantes exotiques.

Répartition : Colombie-Britannique

Historique du statut : Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 2008. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

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Résumé

Lasthénie glabre
Lasthenia glaberrima

Informationsur l’espèce

La lasthénie glabre (Lasthenia glaberrima) est une espèce du genre de la famille des asters (Astéracées). Il s’agit d’une herbacée annuelle à pousses de forme étalée à dressée, à racine pivotante, à tige simple à très ramifiée et glabre. Des racines adventices peuvent se former à partir des nœuds inférieurs des tiges. Les feuilles sont opposées, linéaires, longues de 2 à 10 cm, entières et glabres. La plante produit des groupes de capitules. Chaque capitule, en forme de cloche, réunit de nombreuses fleurs serrées. Les fleurs, jaune pâle, sont peu apparentes et peuvent facilement passer inaperçues. Les akènes (fruits secs typiques de la famille des Astéracées) sont linéaires, pubescents et mesurent moins de 4 mm de longueur. L’espèce présente une grande variation morphologique et est autogame; il est donc fort possible que certaines populations soient génétiquement distinctes, en particulier les populations isolées, comme celle du Canada.

Les seules espèces avec lesquelles la lasthénie glabre risque d’être confondue sont le cotule pied-de-corbeau (Cotula coronopifolia) et la jaumée charnue (Jaumea carnosa). Les trois espèces poussent en tapis et produisent de petites inflorescences jaunes groupées et, vues à distance, peuvent paraître semblables. Cependant, le cotule pied-de-corbeau se distingue aisément par ses feuilles alternes, souvent dentées, et par ses bractées involucrales, séparées plutôt que soudées. La jaumée charnue se distingue par ses feuilles charnues épaisses et par ses bractées involucrales séparées. Le cotule pied-de-corbeau et la jaumée charnue poussent dans les zones intertidales salines, tandis que la lasthénie glabre est inféodée aux mares et aux zones de suintement d’eau douce.

Répartition

La lasthénie glabre se rencontre depuis l’île de Vancouver jusqu’au centre de la Californie, principalement à l’ouest des monts Cascade. Au Canada, il y a une seule population connue de l’espèce; elle se trouve près de Victoria, en Colombie-Britannique. La localité américaine la plus proche pour laquelle l’espèce est répertoriée se trouve à environ 300 km au sud, dans le comté de Klicktat, dans l’État de Washington. La population canadienne occupe une superficie de moins de 40 . Sa zone d’occurrence et sa zone d’occupation, calculées selon la méthode du COSEPAC, ont un maximum de 1 km² chacune lorsque qu’elles sont établies en utilisant une grille de 1 km carré.

Habitat

La population de lasthénie glabre de Colombie-Britannique pousse dans une mare printanière située dans une falaise rocheuse, à environ 15 m au-dessus du niveau de la mer. Le fond de la mare comporte une mince couche de sol à texture moyenne reposant sur un substratum gneissique. Le site devient mouillé avec les premières pluies, à la fin de l’été ou au début de l’automne, et demeure saturé ou inondé une bonne partie de l’hiver jusqu’au début du printemps. Le sol s’assèche ensuite progressivement, à mesure que s’installe la sécheresse estivale, et est très sec de la mi-juin à la fin août ou au début septembre. La superficie de milieu pouvant servir d’habitat à la lasthénie glabre s’est beaucoup rétrécie depuis un siècle, la zone côtière du sud-est de l’île de Vancouver ayant été en grande partie aménagée à des fins d’habitation et de récréation. Une grande partie de ce qu’il reste d’habitat disponible pour la lasthénie glabre a été profondément transformée par plusieurs espèces introduites de graminées et de plantes à grandes feuilles envahissantes.

Biologie

La lasthénie glabre est une plante annuelle à vie courte. Les graines germent à partir d’avril jusqu’au début de mai. La plante continue de croître jusqu’à ce que la sécheresse estivale entraîne son dépérissement. La mortalité survient normalement à la fin mai ou en juin, et les pluies estivales semblent trop rares pour pouvoir provoquer un regain de croissance végétative, la floraison et la fructification. La floraison commence au début de mai et atteint son apogée au plus tard à la mi-mai. L’espèce est autogame. La dispersion des akènes s’observe à partir de la mi-mai, et, à la fin juin, la plupart des individus ne portent plus d’akènes.

Taille et tendances des populations

Depuis le début des années 1980, les milieux susceptibles d’abriter la lasthénie glabreont été explorés à maintes reprises dans le cadre de divers projets visant à déterminer la répartition des plantes rares poussant dans les mares printanières et les zones de suintement du sud-est de l'île de Vancouver et des îles Gulf. En dépit de ces recherches intensives, la population canadienne de lasthénie glabre n’a été découverte qu’en 2003. Des recherches ciblées réalisées en 2003, 2004, 2005 et 2006 n’ont pas mené à la découverte d’autres populations.

La population canadienne de lasthénie glabre comptait 20 individus matures en 2006, comparativement à environ 200 individus l’année de sa découverte. Elle occupe une superficie variant entre 4 et 20 m².

Facteurs limitatifs et menaces

Les menaces pesant sur la population canadienne de lasthénie glabre sont liées au piétinement, aux plantes exotiques envahissantes, à la perte d’habitat, à l’effondrement démographique et à la modification des régimes hydrologiques pouvant influer sur la disponibilité de l’eau et sur les caractères du milieu.

Importance de l’espèce

La petite population de lasthénie glabre de Colombie-Britannique se trouve à environ 300 kilomètres de l’aire principale de l’espèce.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

La lasthénie glabre n’est pas visée par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) ni par l’Endangered Species Act des États-Unis et ne figure pas dans le Red Data Book de l’UICN. L’organisme NatureServe lui a attribué la cote G5 (secure, ou non en péril à l’échelle mondiale).

En Colombie-Britannique, la lasthénie glabre a été classée comme espèce gravement en péril (S1, critically imperiled), mais ne bénéficie d’aucune protection juridique. L’espèce ne se rencontre nulle part ailleurs au Canada.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2008)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged,Note de bas de pagee
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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Information sur l’espèce

Nom et classification

Nom scientifique :
Lasthenia glaberrima A.DC.
Synonyme :
L. minima Suksd.
Nom français :
Lasthénie glabre
Noms anglais :
Rayless Goldfields, Smooth Goldfields
Famille :
Astéracées (famille des asters)
Grand groupe végétal :
Eudicotylédones

Le Lasthenia glaberrima est un taxon bien défini dont la classification n’est aucunement problématique. Des sujets de taille réduite, produisant de petites inflorescences, ont été désignés L. minima Suksd., mais ce nom a été abandonné dans les flores modernes parce que les différences de taille semblent être attribuables uniquement aux conditions du milieu (Ornduff, 1966).

Description morphologique

Le Lasthenia glaberrima est une plante annuelle étalée à dressée, à racine pivotante, à tige simple à très ramifiée et glabre (figure 1). Des racines adventices peuvent se former à partir des nœuds inférieurs des tiges. Les feuilles sont opposées, linéaires, longues de 2 à 10 cm, entières et glabres. Les fleurs sont disposées en capitules groupés dressés à l’anthèse, mais retombants par la suite. Chaque capitule, en forme de cloche, mesure de 5 à 7 mm de longueur et est sous-tendu par un involucre de 5 à 10 bractées pubescentes soudées. Les fleurs sont serrées sur un réceptacle conique entouré par les bractées involucrales. Les fleurs du pourtour, au nombre de 6 à 13, comportent des ligules (structures pétaloïdes) jaune pâle très peu apparentes. Les fleurs du centre, ou du disque, plus nombreuses, sont également jaune pâle, mais non ligulées. Le fruit (akène) linéaire pubescent, mesure moins de 4 mm de longueur. Il est pourvu d’une aigrette formée d’écailles effilées à elliptiques. L’aigrette peut compter jusqu’à 10 écailles (Ornduff, 1966, 1993).

Figure 1. Morphologie du Lasthenia glaberrima. Illustration de John H. Rumley, tirée de Hitchock et al. (1955) et reproduite avec la permission des auteurs.

  1. plante entière
  2. involucre du capitule
  3. fleur à ligules courtes du pourtour du capitule
  4. fleur non ligulée du centre du capitule
Figure 1. Morphologie du Lasthenia glaberrima

Description génétique

Chez le genre Lasthenia, le nombre chromosomique de base est x=8. Le genre est monophylétique, et son évolution semble avoir été marquée par un rayonnement initial rapide suivi de longues périodes d’adaptation et de spéciation. Les données disponibles donnent à croire que les principales différences morphologiques, écologiques, cytologiques et biochimiques entre les espèces de Lasthenia résultent de l’accumulation de seulement quelques différences génétiques (Ornduff, 1976). Le Lasthenia glaberrima a un nombre chromosomique de 2n=10 (Ornduff, 1993). Ornduff (1966) croyait que le L. glaberrima était une espèce plutôt évoluée du genre, mais après examen de données de séquençage d’espaceurs transcrits internes (ITS), Desrochers et Dodge (2003) ont conclu qu’il s’agissait plutôt d’une espèce primitive. Le L. glaberrima présente une grande variation morphologique et est autogame; il est donc fort possible que certaines populations soient génétiquement distinctes, en particulier les populations isolées, comme celle du Canada (Chan, comm. pers., 2005).

Unités désignables

Il y a une seule population connue de l’espèce au Canada, donc une seule unité désignable.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

Le Lasthenia glaberrima se rencontre depuis l’île de Vancouver jusqu’au centre de la Californie, principalement à l’ouest de la chaîne des Cascades (figure 2) (Hitchcock et al., 1955; Ornduff, 1993). La localité américaine la plus proche pour laquelle l’espèce est répertoriée est le comté de Klicktat, dans l’État de Washington (Björk, comm. pers., 2005). Il existe également une mention historique pour le comté de Clark, dans l’État de Washington. Ces deux populations américaines sont situées à plus de 300 km au sud de la population canadienne, et ni l’une ni l’autre ne se trouve près de la côte (Washington Natural Heritage Program, sans date). En Oregon, l’espèce est répertoriée pour la vallée de la Willamette, mais non pour la côte (Segotta, comm. pers., 2004).

Figure 2. Aire de répartition mondiale du Lasthenia glaberrima.

Figure 2. Aire de répartition mondiale du Lasthenia glaberrima.

Aire de répartition canadienne

Au Canada, il y a une seule population connue de Lasthenia glaberrima; elle se trouve près de Victoria, dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique (figure 3). Elle y occupe une superficie de moins de 40 . Comme il n’y a qu’une population, cette superficie est à la fois la zone d’occurrence et la zone d’occupation de l’espèce. L’aire de répartition canadienne du L. glaberrima correspond ainsi à beaucoup moins de 1 p. 100 de son aire mondiale. La zone d’occurrence et la zone d’occupation, calculées selon la méthode du COSEPAC, sont chacune de 1 km² lorsque fondée sur l’utilisation d’une grille de 1 km carré.

Figure 3. Aire de répartition canadienne du Lasthenia glaberrima.

Figure 3.Aire de répartition canadienne du Lasthenia glaberrima.

Bien qu’au Canada le L. glaberrima ait été signalé pour la première fois en 2003, rien n’indique qu’il s’agissait alors d’une introduction récente. Avant 2003, le secteur où pousse l’espèce avait été relativement peu exploré par les botanistes, et les recherches y avaient été menées surtout tôt au printemps, au moment où les annuelles hivernales, dont le Limnanthes macounii (espèce menacée), sont en fleur. En outre, le L. glaberrima, même en période de floraison, n’attire pas beaucoup l’attention, car ses inflorescences sont peu voyantes. Dans la région de Victoria, le L. glaberrima n’est pas la seule espèce qui soit représentée par une seule population très isolée. L’Orthocarpus bracteosus, espèce des mares printanières, est également présent dans une seule localité canadienne, et, pour cette espèce comme pour le L. glaberrima, la population américaine la plus proche se trouve dans le sud de l’État de Washington, dans la gorge du fleuve Columbia. Pour ces raisons et en l’absence de preuve du contraire, il est prudent de considérer le L. glaberrima comme espèce indigène au Canada.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Le Lasthenia glaberrima se rencontre généralement dans des lieux humides dégagés, souvent sur le sol boueux de mares printanières ou de nappes d’eau perchées (Hitchcock et al., 1955; Peck, 1941; Segotta, comm. pers., 2004; Ornduff, 1993). La population de Colombie-Britannique pousse dans une mare printanière située dans une falaise rocheuse, à environ 15 m au-dessus du niveau de la mer. Le fond de la mare comporte une mince couche de sol à texture moyenne reposant sur un substratum gneissique. Le site devient mouillé avec les premières pluies, à la fin de l’été ou au début de l’automne, et demeure saturé ou inondé une bonne partie de l’hiver jusqu’au début du printemps. Le sol s’assèche ensuite progressivement, à mesure que s’installe la sécheresse estivale, et est très sec de la mi-juin à la fin août ou au début septembre. Le site est dominé par des herbacées annuelles, dont le vulpin géniculé (Alopecurus geniculatus), la callitriche hétérophylle (Callitriche heterophylla), la lasthénie glabre (Lasthenia glaberrima) et le plantain de Bigelow (Plantago bigelovii).

Tendances en matière d’habitat

La superficie de milieu pouvant servir d’habitat au Lasthenia glaberrima s’est beaucoup rétrécie depuis un siècle, la zone côtière du sud-est de l’île de Vancouver ayant en grande partie été aménagée à des fins d’habitation et de récréation.

Le L. glaberrima se rencontre dans un type de mares printanières rares, généralement associées aux écosystèmes du chêne de Garry. La perte d’habitat pour l’espèce peut donc se mesurer indirectement au déclin de ces écosystèmes. Or, les chênaies de Garry de la région de Victoria ont été réduites depuis un siècle à moins de 5 p. 100 de leur superficie d’origine (Lea, 2002). Celles qui subsistent sont isolées et morcelées, de sorte qu'il ne peut y avoir d'échanges importants de matériel génétique entre leurs communautés. Le L. glaberrima semble préférer les sites littoraux, également recherchés pour la construction d’habitations. Les écosystèmes du chêne de Garry n’étant pas restreints au littoral, on peut penser que l’habitat du L. glaberrima a connu un déclin supérieur à celui de ces écosystèmes.

Une grande partie de ce qu’il reste d’habitat disponible pour le L. glaberrima a été profondément transformée par plusieurs espèces introduites de graminées et de plantes à grandes feuilles envahissantes.

La population canadienne de L. glaberrima se trouve au cœur de l’une des régions d'Amérique du Nord qui connaissent la plus forte croissance. La population du Grand Victoria est passée d'environ 180 000 habitants en 1966 à 318 000 habitants en 1996, et on prévoit qu'elle dépassera 400 000 habitants d'ici 2026. Le plan d’aménagement de la région de la capitaleadopté en 1959 a donné lieu à l’étalement de la ville sur les zones rurales environnantes, et cet étalement urbain, qui dure depuis 44 ans, risque de se poursuivre en conséquence de la croissance démographique (Capital Regional District, 2003a). Au cours des 18 dernières années, la pression de la demande a fait grimper le prix moyen des maisons unifamiliales dans le Grand Victoria de 94 000 $ à 313 000 $, soit une augmentation de 330 p. 100 (Capital Regional District, 2003b). Depuis 2003, le rythme s’est accéléré, et le prix moyen a augmenté d’environ 50 p. 100 pour atteindre environ 470 000 $ (Victoria Real Estate Board, 2005). Les propriétés les plus recherchées et les plus chères sont celles du bord de mer, apparemment l’habitat de prédilection du L. glaberrima.

Protection et propriété

L’unique population canadienne de Lasthenia glaberrima se trouve à l’intérieur du parc régional East Sooke. Les autorités du Capital Regional District (CRD) ont récemment redéfini la vocation prioritaire des parcs comme étant la conservation et la protection des espèces animales et végétales menacées ou en voie de disparition ainsi que de leur habitat (Capital Regional District Parks, 2000). Bien que la population de L. glaberrima se trouve à l’intérieur d’un parc, elle a été fortement piétinée, du moins jusqu’à récemment. En septembre 2005, le service des parcs du CRD a érigé une clôture autour de cette population afin de la protéger.

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Biologie

 Peu de données ont été publiées sur la biologie du Lasthenia glaberrima, si on exclut la description taxinomique du genre publiée par Ornduff (1966). Sauf indication contraire, l’information présentée ci-dessous repose sur les données inédites recueillies sur le terrain par Matt Fairbarns.

Cycle vital et reproduction

Le Lasthenia glaberrima est une plante annuelle à vie courte. Les graines germent à partir d’avril jusqu’au début de mai. En dépit de nombreuses visites du site en 2003, 2004 et 2005, aucune plantule n’a été observée plus tard qu’en mai. Ornduff (1966) mentionne que chez certaines espèces de Lasthenia, toutes les graines viables germent après un arrosage abondant et ne constituent donc pas de réservoir de longue durée.

La floraison commence au début de mai et atteint son apogée au plus tard à la mi-mai. À la différence de la plupart des Lasthenia, l’espèce est autogame (Chan, comm. pers., 2005; Ornduff, 1966), ce qui explique probablement les rayons réduits des fleurs. La dispersion des akènes s’observe à partir de la mi-mai, et, à la fin juin, la plupart des individus ne portent plus d’akènes. L’espèce produit généralement plusieurs inflorescences, les individus de petite taille en produisant parfois seulement une ou deux. Chez les individus matures, la plupart des capitules produisent de nombreux akènes qui parviennent à maturité.

La plante continue de croître jusqu’à ce que la sécheresse estivale entraîne son dépérissement. La mortalité survient normalement à la fin mai ou en juin, et les pluies estivales semblent trop rares pour pouvoir provoquer un regain de croissance végétative, la floraison et la fructification.

Herbivores

Aucun cas de dommages causés au Lasthenia glaberrima par des herbivores n’est répertorié, et aucun dommage foliaire attribuable à des herbivores n’a été observé au cours des nombreuses visites de la population canadienne de l’espèce effectuées en trois ans. Cependant, en 2005 et 2006, des capitules ont été broutés.

Physiologie 

Le Lasthenia glaberrima survit à la sécheresse de l’été et au froid de l’hiver sous forme de graines. Comme chez de nombreuses autres espèces annuelles de Lasthenia, la plante meurt probablement avant le milieu de l’été même si on ne cesse de l’arroser (Ornduff, 1966).

Dispersion

Il est peu probable que l’aigrette favorise la dispersion des akènes par le vent; elle sert probablement plutôt à attacher les akènes au pelage de mammifères (Ornduff, 1966). Une étude du Lasthenia californica, qui produit des akènes à aigrette semblables à ceux du L. glaberrima, a montré qu’une petite proportion seulement des akènes est dispersée par des mammifères. Chez le L. californica, un courant d’air ou un petit coup sur la plante suffisent à détacher les akènes mûrs. Ceux-ci ne se dispersent pas à très grande distance; ils tombent au pied de la plante mère ou se prennent dans des touffes de graminées poussant à proximité (Rajakaruna et Bohm, 1999). Le L. glaberrima est néanmoins l’une des espèces les plus répandues du genre, et on peut penser que son mode de fécondation autogame et l’aigrette écailleuse de ses akènes ont joué un rôle primordial dans sa répartition.

Relations interspécifiques

On ne connaît aucune relation interspécifique qui pourrait accroître le risque que le Lasthenia glaberrima disparaisse du Canada.

Adaptabilité

Le Lasthenia glaberrima est bien adapté aux fortes fluctuations saisonnières du régime hydrique des mares printanières formées dans la roche. L’espèce tolère l’état de saturation en eau du sol au moment de la germination de ses graines et au début de sa croissance, condition limitant la croissance des espèces vivaces qui partagent son habitat. Au début de sa croissance, la plante est submergée, ses entre-nœuds sont courts, et ses feuilles sont longues et flasques. Les ramifications inférieures peuvent être distantes et former des tissus corticaux aérenchymateux en réponse au manque d’oxygène du milieu. La tolérance de la plante à l’inondation lui permet de croître rapidement et d’atteindre la maturité avant la sécheresse estivale. Lorsque la mare s’assèche, les tiges aériennes croissent rapidement. Leurs entre-nœuds sont généralement plus longs, et les feuilles sont plus courtes et plus rigides. Le L. glaberrima survit à la longue période de sécheresse intense de l’été, caractéristique des mares printanières, grâce à ses graines enfouies dans le sol. Comme de nombreuses autres espèces annuelles des mares printanières, les Lasthenia affichent une grande variation selon les fluctuations des précipitations, fleurissant et produisant des graines dans des circonstances très variables. Dans une même localité, les plantes peuvent avoir une taille réduite et produire peu de feuilles et de capitules durant les années sèches, tandis qu’elles sont énormes et très ramifiées durant les années plus favorables. En règle générale, les plantes produisent un unique capitule terminal au début de la période de floraison puis produisent d’autres capitules sur les ramifications latérales si le milieu demeure humide. Paradoxalement, durant les années sèches (alors que les plantes ont tendance à avoir une taille très réduite), le nombre d’individus peut être très élevé alors que leur biomasse et leur production de graines peuvent être nettement en deçà des niveaux atteints durant les années pluvieuses. La taille des plantes varie par ailleurs fortement selon la densité de la population (Ornduff, 1966).

Aucune expérience de transplantation n’a été tentée. Comme il s’agit d’une espèce annuelle à racine pivotante ayant des exigences écologiques particulières, les chances de réussir la transplantation de plants de source horticole sont faibles.

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Taille et tendances des populations

Activités de recherche

Les milieux pouvant servir d’habitat au Lasthenia glaberrima ont été décrits à partir des renseignements figurant sur les étiquettes des spécimens d’herbier provenant d’Oregon et de Californie. Bien qu’en Oregon et en Californie, l’espèce se rencontre à l’intérieur des terres, au Canada, il est peu probable qu’on la rencontre à plus de quelques mètres du littoral, comme pour de nombreuses autres espèces des mares printanières.

Au cours des dix dernières années, pratiquement toutes les parties intouchées du littoral ont été explorées, depuis Whiffen Spit (8 km au nord-ouest) jusqu’à Swartz Bay (45 km au nord-est). Toutefois, la zone précise où la population a été trouvée n’avait reçu, avant 2003, qu’une attention limitée de la part des botanistes locaux. La recherche s’est étendue à la plupart des îles et îlots situés au large de Victoria et de la péninsule Saanich. La plupart des grands complexes de mares printanières et de zones de suintement situés à proximité du littoral ont été fouillés plusieurs fois. À l’ouest de Whiffen Spit, les milieux propices au Lasthenia glaberrima sont rares, voire inexistants, en raison des différences dans la géomorphologie de la côte et des gradients climatiques marqués. Les mares printanières et zones de suintement littorales sont relativement peu communes au-delà de la limite nord-est du secteur exploré, mais la plupart de celles pour lesquelles d’autres espèces rares sont répertoriées ont été explorées à la recherche du L. glaberrima, de même que la plupart des complexes de mares printanières suffisamment grands pour être visibles sur une photographie aérienne. Les localités les plus septentrionales explorées dans le cadre de ces recherches se trouvent près de Nanoose Bay (un peu plus de 100 km au nord). Il est certes possible que d’autres populations de l’espèce soient découvertes, mais presque tous les secteurs prometteurs ont été explorés.

Depuis le début des années 1980, les milieux susceptibles d’abriter le L. glaberrima ont été explorés à maintes reprises dans le cadre de divers projets visant à déterminer la répartition des plantes rares poussant dans les mares printanières et les zones de suintement du sud-est de l'île de Vancouver et des îles Gulf. Les principaux chercheurs étaient Adolf et Oldriska Ceska, Matt Fairbarns, Hans Roemer, Jenifer Penny, Harvey Janszen, Frank Lomer et feu George Douglas.

Il est vrai que le L. glaberrima est une espèce peu voyante pouvant aisément passer inaperçue au cours de relevés floristiques généraux. Cependant, le présent rapport a été rédigé après des recherches ciblées menées par des botanistes connaissant bien l’espèce. Ceux-ci ont consacré à la recherche du L. glaberrima environ 6 jours-personnes en 2003, 8 jours-personnes en 2004, 4 jours-personnes en 2005 et 5 jours-personnes en 2006. Ces recherches comprennent les relevés infructueux des nombreux secteurs pour lesquels sont répertoriées d’autres espèces rares des mares printanières et des zones de suintement (figure 4). En dépit de ces recherches intensives, aucune autre population de L. glaberrima n’a été découverte.

Figure 4. Localités où le Lasthenia glaberrima a été recherché en vain, 2003-2006.

Figure 4.Localités où le Lasthenia glaberrima a été recherché en vain, 2003-2006.

Abondance

L’unique population canadienne de Lasthenia glaberrima, située dans le parc régional East Sooke, comptait 21 individus matures en 2006 (tableau 1), comparativement à environ 200 individus en 2003, année de sa découverte.

Tableau 1. Tendances de la population canadiennede Lasthenia glaberrima.
Date de l’observationÉtendue de la population
(superficie actuelle occupée)
Nombre d’individus
25 mai 200320 180 +/- 20
18 mai 20048 m²75 +/- 10
3 juin 20054 m²20
8 juin 200610 m²21

Fluctuations et tendances

Il n’y a pas eu de suivi à long terme du Lasthenia glaberrima, mais les données des dernières années révèlent une diminution de l’effectif de l’espèce (tableau 1). Ces données ne permettent pas de savoir cependant s’il s’agit d’un réel déclin ou simplement d’un creux dans un cycle de fluctuations. D’autres annuelles connaissent d’importantes fluctuations naturelles d’effectif (Harper, 1977). Les Lasthenia sont particulièrement sujets à ces fluctuations en réponse aux fluctuations des pluies annuelles et à la durée des mares; ainsi, la population de L. conjugens de Ford Ord est passée de 500 à 1 500 individus en 1998 à 56 000 individus en 1999 puis à 162 500 individus en 2000 (U.S. Federal Register, 2003).

Immigration de source externe

La population de Lasthenia glaberrima la plus proche de celle du Canada se trouve près du fleuve Columbia dans le sud de l’État de Washington. Cette localité se trouve à environ 300 km de la plus proche localité canadienne et à peu près à la même distance de la seule population canadienne connue de l’espèce. La probabilité que des graines produites par une population américaine viennent augmenter l’effectif de la population canadienne est faible, car les graines de l’espèce ne sont pourvues d’aucun organe favorisant leur dispersion à grande distance.

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Facteurs limitatifs et menaces

Piétinement

Le piétinement est l’une des principales menaces à la survie de l’unique population canadienne de Lasthenia glaberrima, celle-ci se trouvant à proximité d’un sentier de randonnée. Des empreintes ont été observées parmi les plantes durant la période critique de croissance, en avril et mai, et, en 2005, six des vingt individus de la population ont été piétinés. En septembre 2005, le Capital Regional Parks Department a érigé une clôture autour de la mare. Cette mesure réduira probablement les dommages accidentels, mais peut en revanche attirer sur la population de L. glaberrima l’attention indésirable de certains randonneurs.

Espèces exotiques envahissantes

Plusieurs espèces exotiques ont envahi l’habitat actuel et potentiel du Lasthenia glaberrima. Parmi celles-ci se trouvent plusieurs graminées, dont l’agrostide stolonifère (Agrostis stolonifera), le vulpin géniculé (Alopecurus geniculatus), la flouve odorante (Anthoxanthum odoratum) et le pâturin annuel (Poa annua), ainsi que plusieurs espèces à grandes feuilles, dont la porcelle enracinée (Hypochaeris radicata) et la petite oseille (Rumex acetosella). Les arbustes exotiques envahissants, comme le genêt à balais (Cytisus scoparius), ne peuvent s’établir dans le site où pousse le L. glaberrima, mais peuvent s’enraciner à proximité, dans les endroits où le sol est épais, et jeter de l’ombre sur les petites colonies de L. glaberrima.

Herbivores

Il n’existe pas de données à long terme sur les dommages causés au Lasthenia glaberrima par des herbivores, mais on a observé, en 2005, que des herbivores avaient mangé quelques-uns, voire la totalité, des capitules chez huit des vingt individus recensés et, en 2006, chez deux des vingt-et-un individus recensés.

Perte d’habitat

La destruction du milieu naturel est la principale cause de la perte d’habitat pour le Lasthenia glaberrima. Dans la région du Grand Victoria, une grande partie de la côte qui aurait pu abriter le L. glaberrima a été aménagée, pour l’essentiel à des fins d’habitation et industrielles et avant 2003, année où l’espèce a été mentionnée pour la première fois au Canada.

Effondrement démographique

L’unique population canadienne de Lasthenia glaberrima est menacée du seul fait de son effectif et de sa zone d’occurrence très réduits, facteur la rendant vulnérable aux événements stochastiques qui ne présenteraient aucun risque pour des populations plus abondantes et plus étendues.

Modification des régimes hydrologiques

Le Lasthenia glaberrima dépend des suintements hivernaux et printaniers. Toute action ayant pour effet de modifier le régime hydrologique peut faire disparaître ce processus essentiel à la survie de l’espèce.

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Importance de l'espèce

La petite population de Lasthenia glaberrima de Colombie-Britannique se trouve à 300 kilomètres de l’aire principale de l’espèce.

D’autres Lasthenia (en particulier le L. glabrata, le L. californica et leL. coronaria) occupent une niche en horticulture. Ces espèces ont été choisies pour plusieurs raisons : elles sont faciles à cultiver, elles procurent rapidement une bonne couverture et de la couleur, elles dégagent, en massif, un parfum agréable, leur nectar attire les papillons, et leurs akènes attirent les chardonnerets. Le L. glaberrima n’est pas efficace comme couverture de sol en raison de ses exigences écologiques particulières. En outre, il produit peu de couleur, et il ne produit pas de nectar. L’espèce a donc peu de valeur en horticulture.

À ce que l’on sache, les Premières nations n’utilisaient pas le L. glaberrima ni d’autres espèces de Lasthenia pour la fabrication d’objets, à des fins médicinales ni pour d’autres usages.

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le Lasthenia glaberrima n’est pas visé par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) ni par l’Endangered Species Act des États-Unis et ne figure pas dans le Red Data Book de l’UICN. L’organisme NatureServe a attribué à l’espèce la cote G5 (non en péril à l’échelle mondiale). Dans l’État de Washington, le Washington State Natural Heritage Program lui a attribué la cote S1 (critically imperiled, ou gravement en péril) (Washington Natural Heritage Program, 2005). En Oregon, le L. glaberrima a la cote SNR (espèce non classée). L’Oregon Natural Heritage Information Centre avait envisagé de l’inscrire sur la liste des espèces dont la situation devait être étudiée, mais en a décidé autrement puisque le L. glaberrima est très abondant à certains endroits, notamment dans le comté de Lane, dans le sud de la vallée de la Willamette (Vrilakas, comm. pers., 2003). En Californie, l’espèce a également la cote SNR (NatureServe, 2005).

En Colombie-Britannique, le L. glaberrima a été classé comme espèce gravement en péril (S1, critically imperiled). L’espèce ne se rencontre nulle part ailleurs au Canada. Le Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique a également inscrit le L. glaberrima sur la liste rouge des espèces menacées ou en voie de disparition dans la province (B.C. Conservation Data Centre, 2005). Le L. glaberrima ne bénéficie d’aucune protection juridique en Colombie-Britannique.

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Résumé technique

Lasthenia glaberrima

Lasthénie glabre – Rayless Goldfields

Répartition au Canada :

Colombie-Britannique

Données démographiques

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population) :

3 mois

Tendance et dynamique de la population

Pourcentage observé d’une réduction du nombre total d’individus matures au cours des dix dernières années.

>> 50 %

Pourcentage prévu d’une réduction du nombre total d’individus matures au cours des dix prochaines années.

Inconnu

Pourcentage observé d’une réduction du nombe total d’individus matures au cours d’une période de dix ans, couvrant une période antérieure et ultérieure.

Inconnu

Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles?

Inconnues

Est-ce que les causes du déclin sont parfaitement comprises?

Oui

Est-ce que les causes du déclin ont effectivement cessé?

Non

Tendance observée du nombre de populations :

Stable

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures?

Inconnu, mais probable

Y a-t-il des fluctations extrêmes du nombre de populations?

Non

Nombre d’individus matures dans chaque population

Parc régional East Sooke : il ne reste plus qu’environ 21 individus (en 2006), ce qui représente un décin du nombre initial d’environ 200 individus.

Information sur la répartition

Estimation de la superficie de la zone d’occurrence (km²) :

1 km²

Tendance observée de la zone d’occurrence :

Inconnue

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence?

Non

Estimation de la superficie de la zone d’occupation (km²)

La zone occupée à l’heure actuelle est de moins de 40 m², mais en se fondant sur la superposition d’une grille de 1 x 1 km, elle est de 1 km². 1 km²

Tendance observée dans la zone d’occupation :

Stable

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation?

Non

La population totale est-elle très fragmentée?

Oui

Nombre d’emplacements actuels :

1

Tendance du nombre d’emplacements :

Stable

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements?

Non

Tendances observées en matière de qualité de l’habitat :

En déclin

Analyse quantitative

[0,00 % de probabilité de disparition du pays depuis des années]

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  1. Piétinement (menace passée; population entourée d'une clôture en 2006)
  2. Plantes exotiques envahissantes
  3. Perte d'habitat (historique)
  4. Effondrement démographique (menace éventuelle)
  5. Modification des régimes hydrologiques(menace éventuelle)

Immigration de source externe

L’espèce existe-t-elle ailleurs (au Canada ou à l’extérieur)? États-Unis :

sécure (Secure)

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible? Inconnue ou peu probable :

Peu probable

Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?

Inconnu

Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?

Oui

La possibilité d’une immigration de populations externes existe-t-elle?

Non

Statut existant

COSEPAC : En voie de disparition (2008)

Statut et justification de la désignation

Statut : En voie de disparition

Code alphanumérique : B1ab(iii,v)+2ab(iii,v); C2a(i,ii); D1

Justification de la désignation : Il n’existe qu’une seule population très petite de cette plante florifère annuelle qui est exposée à un risque continu attribuable à un certain nombre de facteurs limitatifs, dont la propagation de plantes exotiques.

Applicabilité des critères

  • Critère A (Déclin du nombre total d’individus matures) : Sans objet.
  • Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : Correspond au critère de la catégorie « en voie de disparition », B1ab(iii,v) + 2ab(iii,v), avec une zone d'occurrence et une zone d'occupation bien en deça des seuils et une seule population connue, dont l'habitat subit continuellement des répercussions, et une réduction inférée des individus matures.
  • Critère C (Petite population et déclin du nombre d’individus matures) : Correspond au critère de la catégorie « en voie de disparition », C2a(i,ii), avec une seule population de moins de 2 500 individus et un déclin continue inféré fondé sur la présence et la propagation de plantes exotiques.
  • Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : Correspond au critère de la catégorie « en voie de dispation », D1; moins de 250 individus sur le seul site.
  • Critère E (Analyse quantitative) :Aucune donné disponible.

Incertitudes

D’autres espèces annuelles de Lasthenia connaissent d’énormes fluctuations de leur effectif mature, et il est possible que ce soit également le cas des populations de L. glaberrima.

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Remerciements et experts contactés

Le rédacteur tient à remercier Marilyn Fuchs, Anita Holtham et James Miskelly (Capital Regional District) de leur aide dans l’obtention de soutien financier et organisationnel pour le présent rapport.

M. Gerry Ansell, un botaniste amateur doué installé à Victoria, a découvert la population canadienne de Lasthenia glaberrima en 2003 et a aidé le rédacteur à suivre la population depuis ce temps.

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Sources d’information

Björk, C. Comm. pers. 2005. Correspondance par courriel adressée à M. Fairbarns, octobre 2005, Botanical consultant.

Capital Regional District 2003a. Capital Regional District Growth Strategy, A citizen’s guide to growth strategy options for the Capital Region. (http://www.crd.bc.ca/regplan/RGS/Choices/pdf/guide.pdf)

Capital Regional District 2003b. Capital Regional District Growth Strategy, Real Estate - Historical Average MLS Residential Prices, 1985 - Present, Victoria Metropolitan Area. (http://www.crd.bc.ca/regplan/RIS/Facts/RealEst/reshist.htm)

Capital Regional District Parks. 2000. Master Plan, Victoria (Colombie-Britannique), 49 p.

Chan, R. Comm. pers. 2005. Correspondance par courriel adressée à M. Fairbarns, le 1er novembre 2005, Research Associate, Department of Botany, National Museum of Natural History, Smithsonian Institution.

Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique. 2005. BC Species and Ecosystems Explorer, Ministry of Environment de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique). (Disponible à l’adresse : http://srmapps.gov.bc.ca/apps/eswp/ consulté le 31 octobre 2005).

Desrochers, A.M., et B. Dodge. 2003. Phylogenetic relationships in Lasthenia (Heliantheae: Asteraceae) based on nuclear rDNA Internal Transcribed Spacer (ITS) sequence data, Systematic Botany 28: 208-215.

Harper, J.L. 1977. Population biology of plants, Chapter 18: Annuals and biennials, p. 515-547, Academic Press, London.

Hitchcock, C.L., A. Cronquist, M. Ownbey et J.W. Thompson. 1955. Vascular Plants of the Pacific Northwest. Part 5: Compositae, University of Washington Press, Seattle.

Lea, E. 2002. Garry oak ecosystem maps, Terrestrial Information Branch, Ministry of Sustainable Resource Management de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique). (http://www.goert.ca/resources/oak_map.htm)

NatureServe. 2005. NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life [application Web], version 4.6, NatureServe, Arlington (Virginie). (consulté le 31 octobre 2005).

Ornduff, R. 1966. A biosystematic survey of the Goldfield genus Lasthenia, University of California Publication. Botany 40: 1-92.

Ornduff, R. 1976. Speciation and Oligogenic Differentiation in Lasthenia (Compositae), Systematic Botany 1(1): 91-96.

Ornduff, R. 1993. Lasthenia, p. 298-300, in J.C. Hickman (éd.), The Jepson Manual: Higher Plants of California, University of California Press, Berkeley, 1 400 p.

Peck, M.E. 1941. A manual of the higher plants of Oregon, Binfords and Mort, Portland (Oregon), 866 p.

Rajakaruna, N., et B. Bohm. 1999. The edaphic factor and patterns of variation in Lasthenia californica (Asteraceae), American Journal of Botany 86: 1576-1596.

Segotta, D. Comm. pers. 2004. Conversation téléphonique avec M. Fairbarns, le 12 février 2004, Botanist, Siuslaw National Forest.

United States Federal Register. 2003. Endangered and Threatened Wildlife and Plants; Final Designation of Critical Habitat for Four Vernal Pool Crustaceans and Eleven Vernal Pool Plants in California and Southern Oregon, le 6 août 2003, p. 46 733-46 782.

Victoria Real Estate Board. 2005. Monthly Sales Summary, octobre 2005. Disponible : http://www.vreb.org/images/vrebmss.pdf (consulté le 31 octobre 2005).

Vrilakas, S. Comm. pers. 2003. Correspondance par courriel adressée à M. Fairbarns, le 14 août 2003, botaniste, Oregon Natural Heritage Information Center.

Washington Natural Heritage Program. 2005. Lasthenia glaberrima. Disponible à l’adresse : http://www.dnr.wa.gov/nhp/refdesk/fguide/pdf/lasgla.pdf (consulté le 31 octobre 2005).

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Sommaire biographique des rédacteur du rapport

Matt Fairbarns a étudié la biologie de conservation des plantes durant plus de 25 ans. Il s’intéresse particulièrement à la flore et aux formations végétales de la Colombie-Britannique et de l’Alberta. Il a été à l’emploi du gouvernement de la Colombie-Britannique, à titre de botaniste, jusqu’en 2003. Il dirige actuellement la société Aruncus Consulting, société indépendante de recherche en conservation.

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