Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Naseux de Nooksack (Rhinichthys sp.)

Importance de l'espèce

Le naseux de Nooksack est un des éléments de la faune de la Chehalis (McPhail, 1967, 1987; McPhail et Lindsey, 1986), faune isolée issue de celle du Columbia et, sauf pour le Novumbra hubbsi qui est endémique de la péninsule Olympic, entièrement composée d’espèces étroitement apparentées à celles du Columbia. Les populations isolées de la Chehalis ont commencé à se différencier de leurs congénères du Columbia quelque temps avant la dernière glaciation (Fraser ou Vashon), et ont survécu dans un refuge glaciaire délimité au nord par le Puget Sound et au sud par le fleuve Columbia. C’est pourquoi leur répartition géographique actuelle comprend la rivière Chehalis, les cours d’eau drainant le côté ouest de la péninsule Olympic et certains cours d’eau situés à l’est du Puget Sound. Après le retrait des glaces, deux des éléments de la faune de la Chehalis, le meunier de Salish et le naseux de Nooksack, ont migré vers le nord jusqu’à la vallée du bas Fraser (figure 2).

Le naseux de Nooksack est un isolat typique de la Chehalis : il est apparenté à la forme qu’on trouve dans l’ouest de l’Amérique du Nord d’une espèce très largement répandue, le naseux des rapides (Rhinichthys cataractae), dont il est probablement issu. Il s’en distingue cependant par le nombre d’écailles (McPhail, 1967; Bisson et Reimers, 1977), par la forme du corps et par des différences constantes de séquences dans les gènes mitochondriaux et les gènes nucléaires. Ainsi, les différences de séquences dans les gènes mitochondriaux du naseux de Nooksack et du naseux des rapides sont comparables à celles observées entre le meunier à grandes écailles (Catostomus macrocheilus) et le meunier rouge (Catostomus catostomus), espèces unanimement reconnues comme distinctes (McPhail et Taylor, en préparation). En outre, la répartition du naseux de Nooksack est typique de celle des isolats de la Chehalis : populations dispersées dans la rivière Chehalis et les cours d’eau drainant l’ouest de la péninsule Olympic et le secteur situé à l’est du Puget Sound (figure 2).

De façon générale, les différences génétiques entre les populations isolées de la Chehalis et leurs congénères du Columbia, déterminées d’après les fréquences alléliques d’alloenzymes ou les séquences géniques, sont plus importantes que les différences morphologiques (McPhail et Lindsey, 1986; McPhail et Taylor, en préparation). Néanmoins, les populations de la Chehalis se distinguent généralement de celles du Columbia par un certain nombre de caractères morphologiques. Comme la plupart des éléments de la faune de la Chehalis n’occupent pas la même aire que leurs plus proches parents, toute décision concernant leur statut taxinomique (espèce ou sous‑espèce) ne peut être qu’arbitraire. Mais quel que soit le niveau taxinomique où se situe leur différence, l’existence de lignées divergentes est incontestable, et aux fins de conservation, les isolats de la Chehalis devraient être considérés comme espèces distinctes. Les différences observables sur le plan des caractères morphologiques, des séquences géniques et de la répartition géographique indiquent qu’il n’y a pas eu d’échanges génétiques entre le naseux de Nooksack et le naseux des rapides depuis longtemps (c’est‑à‑dire bien avant le début de la dernière glaciation et peut‑être même avant le Pléistocène).