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Naseux de Nooksack (Rhinichthys sp.)

COSEPAC Résumé du Rapport de situation 1996

Naseux de Nooksack

Rhinichthyssp.

Description 

Le naseux de Nooksack est un cyprinidé de petite taille (longueur standard pouvant atteindre 105 mm environ) largement répandu dans les rivières et les ruisseaux aux eaux limpides et relativement vives de l’ouest du Washington et du sud‑ouest de la Colombie-Britannique. C’est un poisson mince à museau dépassant nettement la bouche, à dos profilé et à ventre aplati. L’adulte a la partie supérieure du corps vert grisâtre, avec une bande de couleur bronze terne juste au‑dessus de la ligne latérale. Les flancs sont blanchâtres à partir de la ligne latérale et deviennent progressivement blanc argenté, comme le ventre. Souvent, les flancs portent des mouchetures foncées, et on distingue une bande noire devant les yeux. La coloration n’est pas très différente d’un sexe à l’autre. Les nageoires pectorales sont cependant visiblement plus longues et plus foncées chez le mâle que chez la femelle. Les juvéniles ont une rayure noire nette au milieu du flanc, qui va depuis le museau jusqu’à une tache sombre et diffuse à la base de la queue.

Répartition 

Le naseux de Nooksack se rencontre dans l’ouest du Washington ainsi qu’au Canada, où il est confiné aux tributaires de la Nooksack, dans la vallée du bas Fraser, en Colombie-Britannique.

Taille et tendances des populations 

Bien que la répartition du naseux de Nooksack au Canada soit restreinte, on peut penser, d’après les spécimens de musée récoltés dans les années 1960, que l’espèce a déjà été abondante dans cette aire. Il n’existe malheureusement aucune estimation officielle de l’effectif passé ou présent de l’espèce. Cependant, un relevé effectué en octobre 1993 dans cinq radiers du ruisseau Bertrand a révélé une densité moyenne de 1,4 adulte au mètre carré (e. t. = ± 0,24). Les populations des ruisseaux Bertrand, Cave, Fishtrap et Pepin semblent toutes saines.

Cependant, les données montrent que l’aire canadienne de l’espèce se rétrécit. Ainsi, l’espèce est disparue du cours supérieur des ruisseaux Bertrand et Fishtrap ainsi que de certains de leurs petits tributaires, notamment le ruisseau Howes, alors qu’elle y était présente dans les années 1960. L’urbanisation rapide des régions d’Aldergrove, de Clearbrook et d’Abbotsford a aggravé l’envasement, la pollution et les fluctuations de débit de ces cours d’eau, de sorte qu’en aval la qualité des eaux se dégrade et la quantité de milieux susceptibles d’abriter le naseux de Nooksack diminue. Les années normales, la plupart des petits cours d’eau sont asséchés à la fin d’août, et les années de sécheresse, même les plus gros (Bertrand et Fishtrap) sont réduits à un filet d’eau. Comme les adultes se nourrissent et se reproduisent dans le gravier meuble des radiers, l’envasement du lit et la diminution du débit en été sont particulièrement néfastes pour l’espèce. Le marché de l’habitation et la demande de gravier étant à la hausse dans la vallée du bas Fraser, les milieux pouvant abriter le naseux de Nooksack continueront de s’amoindrir, et l’espèce disparaîtra probablement du Canada avant dix à vingt ans. 

Habitat 

Les naseux de Nooksack adultes vivent normalement dans les radiers où le courant dépasse 0,25 m/s et où le fond est formé de gravier (éléments de 4 à 10 cm de diamètre), de galets ou de pierres non consolidés. Au Canada, l’espèce ne se trouve que dans des cours d’eau petits ou moyens (1 à 4 m de largeur), probablement parce que la Nooksack n’a pas de plus gros affluents, car au Washington, l’espèce est présente dans plusieurs cours d’eau importants. Contrairement aux adultes, les jeunes de l’année préfèrent les eaux lentes (0,14 ± 0,022 m/s); on les trouve près de l’extrémité aval des fosses.

Biologie générale 

En Colombie-Britannique, le naseux de Nooksack fraye au printemps (avril et mai), apparemment la nuit. Les œufs sont généralement déposés dans la partie amont des radiers. Mâles et femelles atteignent la maturité sexuelle à la fin du deuxième été de leur vie (1+) et se reproduisent au cours du troisième printemps (2+). Le plus vieux spécimen connu de l’espèce est une femelle dans sa sixième année (5+), mesurant 105 mm de longueur (standard). Comme chez la plupart des poissons, le nombre d’œufs par ponte dépend de la taille de la femelle : les femelles du naseux de Nooksack pondent de 200 à plus de 2 000 œufs. En été, les adultes se nourrissent principalement d’insectes vivant dans les eaux des radiers (nymphes de phryganes et d’éphémères, larves de dytiques et adultes de coléoptères de la famille des Elmidés). Dans les bassins, les jeunes se nourrissent surtout d’ostracodes et de pupes de Chironomidés. L’espèce semble se nourrir la nuit. Dans la vallée du bas Fraser, il semble que les adultes demeurent dans les radiers toute l’année. Dans les régions où le climat est plus rude, on pense qu’ils gagnent des eaux plus profondes et plus calmes pour l’hiver.

Facteurs limitatifs 

En Colombie-Britannique, la principale menace pour la population de naseux de Nooksack est la destruction de son habitat par l’activité humaine. Dans la région où vit l’espèce, les ensembles d’habitations, les centres commerciaux et les parcs industriels remplacent les champs et les boisés à une allure vertigineuse. Les ruisseaux Bertrand et Fishtrap ainsi que leurs tributaires sont exposés à plusieurs formes de dégradation : remodelage du tracé, envasement, pollution par des produits chimiques d’origine domestique ou industrielle, dépôt d’ordures, ou encore « embellissement » par la création d’étangs et de parcs pour le plus grand agrément de la population humaine, au détriment de l’habitat naturel des poissons. Les populations canadiennes de naseux de Nooksack, déjà en déclin, sont prises entre un milieu en voie de dégradation en amont et, en aval, un milieu qui ne répond pas à ses exigences écologiques.

Protection 

Au Canada, le naseux de Nooksack ne bénéficie d’aucune protection particulière. Cependant, comme son aire est entièrement englobée dans celle du meunier de Salish (Catostomus sp.), désigné « espèce en voie de disparition » par le COSEPAC en avril 1986 et inscrit sur la liste des espèces fortement menacées du ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique, le naseux de Nooksack bénéficie indirectement des mesures de protection du meunier de Salish mises en œuvre par le ministère de l’Environnement, des Terres et des Parcs de la province.

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 MANDAT DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

DÉFINITIONS

Espèce : Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D) : Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC) : Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)* : Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M) : Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)** : Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)*** : Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)**** : Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

* : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

** : Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

*** : Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

**** : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Environment Canada         Environnement Canada

Canadian Wildlife Service          Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.