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Plan de gestion de la gonidée des Rocheuses (Gonidea angulata) en Colombie-Britannique [version finale]

Sommaire

La gonidée des Rocheuses, un mollusque d’eau douce, a été désignée en tant qu’espèce préoccupante en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) en juillet 2005. La coquille de ce grand bivalve d’eau douce, qui est trapézoïdale, se distingue principalement par une crête postérieure saillante presque parallèle au bord antérieur, depuis l’umbo jusqu’au bord postéro-basal angulaire de chaque valve. La moitié postérieure de la coquille est plus longue que la moitié antérieure.

Le cycle biologique de la gonidée des Rocheuses est complexe et demeure méconnu. Après avoir été fécondée, la femelle incube les œufs dans sa coquille, jusqu’à l’éclosion de larves microscopiques appelées glochidies. Les glochidies planctoniques, une fois libérées par la moule femelle, doivent se fixer aux branchies d’un poisson hôte approprié (espèce inconnue) dans les jours qui suivent. Après ce stade parasitaire, les glochidies deviennent des juvéniles benthiques autonomes qui quittent le poisson hôte pour s’installer dans le substrat où elles deviennent des moules adultes. Les gonidées adultes vivent dans des substrats appropriés des zones littorales, où elles siphonnent l’eau et poursuivent leur croissance. On ignore à quelle profondeur vivent les moules. L’âge maximal et l’âge à la maturité des moules adultes demeurent aussi inconnus.

Au Canada, la gonidée des Rocheuses est présente en Colombie-Britannique dans le bassin hydrographique de l’Okanagan; on possède un spécimen recueilli au début des années 1900 et portant l’étiquette « Kootenays »  (emplacement inconnu) et un autre portant l’étiquette « Vancouver Island » (emplacement inconnu également).

D’après l’ensemble des observations rapportées par diverses sources, on a constaté la présence de spécimens vivants dans onze sites au sein du bassin hydrographique de l’Okanagan (un emplacement). Il est difficile de définir un emplacement (d’après la définition du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada) pour la gonidée des Rocheuses en raison du manque d’information sur la dispersion des individus à tous les stades de développement.

L’aire de répartition actuelle de la gonidée des Rocheuses comprend le bassin hydrographique de la rivière Okanagan, du lieu d’occurrence rapporté le plus au nord, à Vernon, jusqu’au lieu d’occurrence rapporté le plus au sud, dans la région des Osoyoos. L’aire de répartition sera agrandie si on observe des spécimens dans les bassins hydrographiques de la rivière Kootenay ou du fleuve Columbia, ou si on confirme l’observation historique sur l’île de Vancouver.

On ne dispose pas d’information sur la population des gonidées des Rocheuses, et les densités semblent varier selon la disponibilité et la qualité de l’habitat, la densité étant plus faible lorsque la qualité de l’habitat est moins bonne. La plupart des observations font état de 1 à 10 individus par zone de relevé. Cependant, trois sites du bassin hydrographique de l’Okanagan contiennent des colonies de > 100 individus.

On sait peu de choses sur les menaces qui pèsent sur la gonidée des Rocheuses. Parmi les menaces potentielles, mentionnons : 1) l’aménagement des zones de basse plage et riveraines; 2) la canalisation des cours d’eau; 3) la modification et la régularisation des caractéristiques hydrographiques; 4) les espèces aquatiques introduites; 5) la disponibilité d’espèces hôtes; 6) la pollution des bassins hydrographiques attribuable à l’utilisation des terres; 7) les perturbations ou les dommages directs; 8) le changement climatique.

Le but de la gestion de la gonidée des Rocheuses est de maintenir des populations viables, autonomes, remplissant leurs fonctions écologiques et largement réparties au sein d’habitats appropriés dans son aire de répartition actuelle en Colombie-Britannique.

Les objectifs de gestion établis pour la gonidée des Rocheuses sont les suivants : 1) d’ici 2015, combler les lacunes dans les connaissances sur le cycle biologique, sur l’aire de répartition provinciale et sur les menaces pesant sur l’espèce; 2) d’ici 2015, dresser l’inventaire de 75 % de l’habitat littoral potentiel dans le bassin hydrographique de la rivière Okanagan en utilisant un protocole normalisé pour recueillir l’information sur l’habitat et les menaces à chaque site examiné; 3) d’ici 2015, faire en sorte qu’il y ait eu augmentation du nombre d’activités d’intendance lancées ou complétées par les utilisateurs et les gestionnaires des terres situées près d’habitats de la gonidée des Rocheuses; 4) lorsque les résultats des recherches et des inventaires sur la gonidée des Rocheuses seront disponibles, les intégrer à la planification de l’utilisation des terres afin d’éclairer la prise de mesures d’atténuation des menaces et de protection des terres.

L’approche pour la mise en œuvre de nouvelles mesures met l’accent sur la réduction de l’incertitude au sujet de la gonidée des Rocheuses, par exemple son cycle biologique, les facteurs limitatifs et les menaces, par l’intermédiaire de recherches et d’évaluations qui renforceront les fondements des futures mesures de gestion.